Un mois déjà…

Jour 32, Salzbourg, 2.857 km

Eh oui, cela fait déjà un mois que Bob nous a rejoint. Un mois de pur bonheur, d’apprentissage de la vie avec un petit Dino, de nuits interrompues, de moments privilégiés, de couches changées et de biberons préparés… Ça fait aussi un mois que nous sommes partis de Hambourg. Jay a pris quelques rayures. Bob n’a ni grossi, ni grandi, malgré le fait que nous le nourrissions correctement (cela doit être la croissance normale d’un Dino en plastique, s’il y a des experts parmi vous, tout avis est le bienvenu…). En ce qui me concerne, j’aimerais lancer un concours parmi les lecteurs. Ci-dessous, vous pouvez trouver une photo prise le jour du départ de Hambourg. Il s’agit maintenant de me dessiner (ou de dessiner Bob, ou Jay, à vous de voir), un mois après. Quelques indices : le volume de la partie inférieure de mon corps a doublé, celui de la partie supérieure a été divisé par deux. La vitesse de pousse de ma barbe est d’environ 0,02 cm par kilomètre parcouru. Celle de mes cheveux de 0,003 cm par heure de pédalage. J’ai un bronzage uniforme des poignets à la moitié du bras et du haut des chevilles au milieu des cuisses, et une peau uniformément blanche autrement (je vous laisse deviner pour le visage). Un jury d’experts composé de Jay, Bob et moi-même déterminera le gagnant, à qui j’aurai l’honneur d’offrir un sandwich. Les résultats du concours dans une semaine !

Départ de Hambourg

Sinon, qu’est-ce qu’on fait après un mois sur la route ? On fait le bilan, calmement, en se remémorant chaque instant, pensant aux étapes d’avant comme si on était parti il y a 50 ans… (Toute ressemblance avec un texte ayant existé est totalement fortuite, c’est Jay qui m’a soufflé ces vers). Et pour les amoureux des statistiques, voici quelques chiffres pour résumer ce premier mois de voyage :

  • 32 jours au total, 27 jours de vélo, 5 de repos
  • 6 nuits de camping sauvage, 11 au camping, 11 à l’hôtel et 4 chez des amis
  • 2.857 kilomètres parcourus
  • 18.734 mètres de dénivelé positif
  • Une altitude maximale atteinte de 1.225 mètres
  • 156 heures et 42 minutes de pédalage (soit un peu plus de 6,5 jours)
  • Une moyenne de 106 kilomètres, 5h et 40 minutes de pédalage par étape
  • Une vitesse moyenne de 18,23 km/h
  • Une pointe à 75,5 km/h
  • La plus longue étape : Graz – Aigen im Ennstal : 180 kilomètres (pour ceux qui crieraient au scandale, j’avoue avoir triché : les 60 derniers kilomètres étaient en descente avec le vent dans le dos)
  • La plus courte étape : Frohnleiten – Graz : 27 kilomètres
  • 427 photos (soit une photo toutes les 22 minutes de pédalage, un ratio bien meilleur que celui de Lewandowski en Ligue des Champions)
  • 10 posts, en comptant celui-ci, soit un post tous les 3,2 jours (pour ceux qui s’inquiétaient de la fréquence à laquelle je donnerais des nouvelles, j’espère que vous êtes satisfaits)
  • 61 commentaires, soit une moyenne de 6,78 commentaires par post, merci pour votre assiduité !!
  • 12.317 moustiques de 327 espèces différentes exterminés (pour Olivier, j’ai soigneusement collecté un représentant de chaque espèce pour que nous puissions procéder à une analyse détaillée)
  • 4 pays (et leurs capitales respectives) traversés
  • 99 pages de mon petit carnet de voyage noircies d’une écriture illisible, soit une moyenne de 3,1 pages par jour (il faut bien s’occuper le soir dans la tente)
  • 1.081 pages lues (2,1 livres), soit 33,8 pages par jour (il faut bien s’occuper le soir dans la tente après avoir écrit… Merci Rémy !)
  • 0 crevaison
  • 1 chute (mais à l’arrêt, sans gravité)
  • 2 baignades rafraîchissantes dans un lac

Et surtout plein de souvenirs, de bons moments (de moins bons aussi, mais ils rendent les bons moments encore meilleurs), des gens rencontrés en coup de vent sur le chemin, ou un peu plus longuement le soir au camping ou à l’hôtel, des messages de soutien, des coups de fil ou des mails qui me donnent le sourire quand je rallume mon téléphone, du soleil, des coups de soleil, du vent et de la pluie, et avant tout une superbe aventure que je ne regrette pas d’avoir commencé…

Pour changer, je vous mets les cartes maintenant avant de vous raconter les meilleurs moments de chaque étape :

Graz – Aigen im Ennstal
Aigen im Ennstal – Sankt Gilgen
Sankt Gilgen – Salzburg

Etape 1: Graz – Aigen im Ennstal

  • Je dois revenir sur mes pas et faire la même route que les deux jours précédents pour environ 50 kilomètres : du coup, je passe de l’autre côté du Mur (non, les autrichiens de l’Ouest n’ont pas construit un mur pour se séparer des autrichiens de l’Est, on n’est pas dans le bon pays ni à la bonne époque. Le Mur est le fleuve qui passe à Graz).
  • Vu que le temps est couvert, je ne mets pas de crème solaire. Erreur fatale, je me retrouve à 14h avec le pire coup de soleil que j’aie eu depuis la Corse en 1997. Je sors les manches longues pour arrêter le massacre.
  • Je me suis dégotté un camping pour le soir, mais quand j’arrive sur les lieux je me rends compte que mon camping est en fait un vendeur de camping-car… Je me disais aussi que mettre un camping au milieu d’une zone industrielle c’était un peu osé.
Je me suis toujours demandé ce que les gens faisaient sur les ponts qui surplombent l’autoroute… J’ai pris une photo…

Camping au bord de l’eau

Etape 2 : Aigen im Ennstal – Sankt Gilgen

  • Saltzkammergut / Hallstäter See : Les gens qui ont créé l’Autriche ont dû tricher. C’est vraiment magnifique (pauvres tchèques, difficile de tenir la comparaison…). Comme dirait Will Ferrell : « It’s like fishing with dynamite ».
  • En revanche les autrichiens essayent de surexploiter leur avantage concurrentiel : 18€ pour un tour de funiculaire… Même s’il y a une plateforme à 600 mètres de hauteur avec vue sur le lac, on sent un peu l’abus là… Du coup je me suis acheté un Twix au distributeur de snack. Toujours abusé mais au moins j’ai eu de l’énergie pour les kilomètres suivants.
  • Quand les 5 derniers campings que tu viens de voir affichent complet, tu commences à te demander si tu ne vas pas dormir sur le bord de la départementale… Heureusement, Google est là pour te sauver la mise… Comment faisaient les gens avant pour voyager ??
On rentre dans le Saltzkammergut
Une ancienne mine de sel
La ville de Hallstatt
La Hallstätter See

Etape 3 : Sankt Gilgen – Salzburg

  • Pluie. Pluie. Pluie. Vent de face. Et pluie. Mais étanche donc tout va bien
  • Salzburg = Mozart à tous les coins de rue. Même le sucre s’appelle Mozart…
  • J’ai craqué, j’ai pris le funiculaire pour aller visiter le château. Il faut quand même que je me repose pour préparer les Alpes !
Sous la pluie…
… mais quand même joli!
Salzburg = Mozart
La Kapitelplatz
Salzburg depuis les hauteurs

Maintenant direction Innsbruck, avec passage en très haute montagne et arrivée prévue samedi ou dimanche ! A très vite !

These little details that make all the difference…

Day 29, Graz, 2.541 km

Sometimes all it takes is a little thing, that little something that makes you go from having a good time to having a bad time, that makes a good idea a bad idea, go from success to failure, from heaven to hell … (okay, I’m getting a little excited). And to my delight, these little things have (almost) always changed the situation to my advantage since my departure from Vienna: a breakfast that goes on longer than expected, a campsite not quite closed, a badly negotiated turn, a lamp which turns red, a timely arrival at the campsite, a well placed mountain, 9 minutes, a « Rain Jay-cket », a recalcitrant zipper, or even a weather forecast a few hours wrong… I see some hands raised at the back of the room asking for more details. Don’t worry. I will come to it…

Departure from Vienna on Tuesday morning, after a hearty breakfast and a new question-and-answer session with Marion and Sinan’s children. As I also have to finish my last post, I don’t take the road until around 11:15 am. Along the Danube, direction Melk. As announced, the start of the route is quite monotonous. It’s wide, it’s flat, you bump into people every other minute, but other than that not much is happening. The weather is nice and there is no wind so the ride is nice. A few drops threaten but finally the sun emerges victorious from its duel with the clouds. And as I go, the road gets wetter and wetter: if I had left an hour earlier (as I thought I would), the rain would have hit me … Double thank you to Marion and Sinan !!

So I continue, delighted not to be in the rain, and I get into real business: the Wachau valley. Marion was right: the road is magnificent. The Danube flowing between the hills, with a castle (or sometimes only remains of it) on the heights, small villages along the water, vineyards on the hills, it is superb, a real pleasure. I arrive in Melk, greeted by the majestic monastery which overlooks the city (and whose bell tower is under renovation, but this does not count anymore), and after a small visit I sit down to eat a bit and do my planning. I realize that my original idea (Melk-Graz-Admont-Linz) forces me to do the same 200km of road twice. Not great. I change my mind and decide to go first to Linz, then Admont, then Graz. I go to the campsite that I had planned for the night. Bad luck, it is closed. But the water fountain outside is working. It’s like a pimped wild camp, what more to ask for!!

The Danube and the Wachau valley
Same
Arrival to Melk

Night without fuss, apart from an invasion of slugs, and I leave early the next day. The road continues to be superb, and with the wind behind my back I have never been so fast. I arrive in the vicinity of Linz, buildings and industrial sites are multiplying along the Danube, it is quite ugly. Then I am at a crossroads and climb on a dike instead of following the cycle path. Since the two roads meet again after about 10 kilometers, I continue. A good surprise awaits me after a bend of the road: a perfect opportunity to use my swimsuit for the first time on the trip: a lake with turquoise waters that catches my eye! A little refreshing bath later, I head back to town. The surroundings of the Danube are more and more beautiful, with parks, museums, beautiful bridges, and I end up arriving at the main square. I take out my camera to immortalize the moment, and I tell myself that I will continue to walk around the old town, camera in hand, to do my tourist homework in Linz. The signal in front of me turns red (I still have my camera in my hand), I can’t take my pedal off, try to catch to the pole to my right, don’t want to let go of the camera, in short… FALL AT THE REAR OF THE PLATOON !!!! Luckily nothing serious, just a broken self-esteem that will be forgotten as soon as I leave this town…

My welcome gift from the city of Linz
The picture responsible from « The Fall » (quite appropriate in Linz)

I walk around town a bit, even go visit a contemporary art museum (the Lentos, good but not great) and set off again to go to a campsite about forty kilometers away. When I arrive and start to plant my tent, a German cyclist starts talking to me: she has just finished with her husband a 5-week trip across the whole country, highly recommends the Alps (especially Innsbruck – Bregenz) and offers me a beer (« I know what it is when you arrive, it’s always nice to have a cold beer »). On the other hand, she tells me that the weather is going to be pretty bad for the days to come, especially Friday (the day I planned my biggest stage…). I also chat with a Dutch girl who is going in exactly the same direction as me! Unfortunately, she has already left the next day when I get out of my tent at 7 am…

We leave, this time along the Enns valley. It’s hilly, very hilly, and in addition it is very, very hot (I even have to buy a bottle of water in the middle of the day because all the gourds are empty and I have not found a place to refill in time), but it is so beautiful! A blue-green river that winds between the mountains, cut from time to time by a bridge or a dam, and villages that appear with their ocher, red, blue, purple or pink houses, magnificent. I also meet a moose, apparently not very wild…

The Enns river
THE moose

The day progresses, the road goes up and down, I enter the national park of Gesäuse and there, I am speechless. The sheer mountains bordering the river. It is superb. In addition, the weather, which is beginning to get cloudy, gives an ethereal side (I’ve been looking for the right word for a long time, we will say that ethereal will do the trick) to the landscape which is simply magnificent. I hear the storm rumbling, thunder is nearby, but on the other side of the mountain (whoever decided to put the storm and the mountain in their respective positions is a genius !!). So I ride still dry, my mouth open looking at the landscape, and finally up receiving my first drops of rain. And this is where the « Rain Jay-cket » makes all the difference: derived from the « rain jacket », it describes the harness that I equip Jay when the rain threatens. Note that the color was chosen with care by Bob! In short, despite it raining for a few hours, everything is dry at night and the rain is just something in the brain! (Loub’s, Sam (and the B I guess…), mark my words…)

The ether
The « Rain Jay-cket »

A little wet but in great shape, I arrive at Admont, famous for its monastery, which contains one of the most beautiful monastic libraries in the world. I arrive at the entrance to the museum and the clerk at the counter looks at me apologetically, telling me they’ve been closed since 3:30 pm, Corona obliges. I look at my watch: 3:39 p.m. I just did more than 6.30 hours of cycling to arrive 9 minutes late… Damn virus. I’m left with a hot chocolate and a sandwich at the local bistro before turning around to return to the campsite. The rain stops just long enough for me to pitch my tent (another well-negotiated arrival !!). On the other hand, woken up in the middle of the night by a pressing need, I cannot close the tent. I try sheer force. The zipper breaks. Repair at 2 a.m. with insects attracted to the headlamp: bad idea. I still manage to close the tent and fall asleep again.

Since I am going much faster than expected, I decide to take a short hike before leaving the next day (Friday, when the weather forecast announces thunderstorms). I find a « short » hike just next to the campsite: 5 km round trip, 600m of elevation gain. It’s very pretty, I’m almost all alone at this early hour, but it already warms up the legs… And besides, I plan to go through a high pass this afternoon… Smart… At least I have beautiful views on the mountains despite the clouds and it’s not raining. And I can also use my hiking pants for the first time (which also turn into shorts, I don’t know if I had specified it, very practical by the way). I then set off, not without having discussed with a Czech cyclist who is heading for Croatia with his wife and children and who passes me with cheers after a few kilometers. It gives me a little extra boost for the start!

Head in the clouds

We then start with the high mountain: Präbichl Pass. I take a break before the start of the climb. Eat lots of chocolate and nuts. I see a bridge on the mountainside but I’m not sure that’s where I’m going. It’s very high. I’m going for it. It goes up hard. I get overtaken by a lot of cars and trucks. Luckily it’s a two-lane road and they (almost) all make an effort to take some distance. It’s still going up. I reel but I move forward. I arrive at the bridge. It continues to rise. I cross the bridge. It’s still going up. I tell myself that Olivier was right, it has to go up for it to go down one day. And considering the way it goes up the descent is going to be interesting. I finally arrive at the top of the pass: 1225m! And the descent afterwards, a treat. It’s wide, the view is clear, it’s still not raining, I’m even speeding (a peak at 77 km/h in a 70 zone, if my gendarme of a father knew that …), I do 10 kilometers at more than 30 on average, the best!

Picture of the bridge
Picture from the bridge
First successful pass!!

It is still not raining (despite the announced thunderstorms) and I swallow the last kilometers to the campsite. I finish setting up my tent and bam! here is the storm. I am safe sipping a beer in the inn. Grand success! I still have 27 kilometers to go before reaching Graz, my smallest total over a day (by far) but given the 4 days that I just had a short break is welcome. I take the opportunity to take a walk around town, climb the hill that (again) overlooks the old town and take a tour of the castle. And to eating. And sleep. And eat more. And drink a little… I even get stopped by the cops because I don’t have lights on. Alcohol test as well. All good, I can go back to the hotel…

Sandcastles on the main square

Graz from the heights

Ready to hit the road again towards Salzburg tomorrow! (I go back the same road unfortunately, but that’s the price to pay to see Melk, Linz and Graz…). And for those who have no idea where all the places I just mentioned are located, here are the maps!

Vienna – Melk
Melk – Linz – Steyr
Steyr – Admont – Gstatterboden
Gstatterboden – Frohnleiten
Frohnleiten – Graz

Ces petits détails qui font toute la différence…

Jour 29, Graz, 2.541 km

Il suffit parfois d’un petit rien, ce petit quelque chose qui vous fait passer du bon moment au mauvais moment, de la bonne idée à la mauvaise idée, du succès à l’échec, du paradis à l’enfer… (bon d’accord, je m’enflamme un petit peu). Et à mon plus grand bonheur, ces petits riens ont (presque) toujours fait évoluer la situation à mon avantage depuis mon départ de Vienne : un petit déjeuner qui se prolonge, un camping pas tout à fait fermé, un virage mal négocié, un feu qui passe au rouge, une arrivée à point nommé au camping, une montagne bien placée, 9 minutes, une « Rain Jay-cket », une fermeture éclair récalcitrante, ou encore une prévision météo fausse de quelques heures… Je vois les mains qui se lèvent au fond de la salle en demandant plus de précisions. Ne vous inquiétez pas. Je vais y venir…

Départ de Vienne mardi matin donc, après un petit-déjeuner copieux et une nouvelle séance de questions-réponses avec les petits de Marion et Sinan. Comme je dois aussi finir mon dernier post, je ne prends la route que vers 11h15. Le long du Danube, direction Melk. Comme annoncé, le début de la route est assez monotone. C’est large, c’est plat, on croise des gens toutes les 2 minutes, mais à part ça il ne se passe pas grand-chose. Il fait beau et il n’y a pas de vent donc la route est agréable. Quelques gouttes menacent mais finalement le soleil sort vainqueur de son duel avec les nuages. Et comme j’avance, la route devient de plus en plus mouillée, comme quoi si j’étais parti une heure plus tôt (comme je pensais le faire), ça me serait tombé dessus… Double merci à Marion et Sinan !!

Je continue donc, tout réjoui de ne pas être sous la pluie, et je rentre dans le vif du sujet : la vallée de la Wachau (ou du Wachau, les puristes me pardonneront j’espère). Marion avait raison : la route est magnifique. Le Danube qui s’écoule entre les montagnes, avec un château (ou parfois seulement ce qu’il en reste) sur les hauteurs, des petits villages au bord de l’eau, des vignes sur les collines, c’est superbe, un véritable régal. J’arrive à Melk, accueilli par le majestueux monastère qui surplombe la ville (et dont le clocher est en travaux, mais à ce niveau là ça ne compte plus), et après une petite visite je me pose pour manger un bout et faire mon planning. Je réalise que mon idée d’origine (Melk-Graz-Admont-Linz) me faire faire deux fois les mêmes 200km de route, pas génial. Je change donc d’avis et décide d’aller d’abord à Linz, puis Admont, puis Graz. Je me remets en route vers le camping que je vise pour la nuit, manque de pot, il est fermé. Mais le point d’eau à l’extérieur fonctionne. Ça me fait donc un bivouac amélioré. Que demande le peuple !!

Le Danube et la vallée du Wachau
Idem
Arrivée à Melk

Nuit sans histoires, à part une invasion de limaces, et je repars de bonne heure le lendemain. La route continue d’être superbe, et avec le vent dans le dos je n’ai jamais été aussi vite. J’arrive aux environs de Linz, les bâtiments et exploitations industrielles se multiplient le long du Danube, c’est assez laid. Puis je me plante à un croisement et monte sur une digue au lieu de suivre la piste cyclable. Etant donné que les deux routes se rejoignent après une dizaine de kilomètres, je continue. Et une bonne surprise m’attend au détour d’un virage : une occasion parfaite d’utiliser mon maillot de bain pour la première fois du voyage, un lac aux eaux turquoises qui me fait de l’œil ! Un petit bain rafraichissant plus tard, je me remets en route vers la ville. Les abords du Danube sont de plus en plus jolis, avec des parcs, des musées, des beaux ponts… et je finis par arriver à la place principale. Je dégaine mon appareil photo pour immortaliser le moment, et je me dis que je vais continuer un peu à me promener dans la vieille ville, appareil à la main, pour faire mes devoirs de touriste envers Linz. Le feu en face de moi passe au rouge (j’ai toujours mon appareil à la main), je n’arrive pas à déchausser ma pédale, essaie de me rattraper au poteau à ma droite, ne veut pas lâcher l’appareil photo, bref… « CHUTE A L’ARRIERE DU PELOTON !!!! » Heureusement rien de grave, juste une fracture de l’amour propre qui sera oubliée dès que j’aurais quitté cette ville…

Mon cadeau de bienvenue de la ville de Linz
La photo à l’origine de « La Chute » (tout à fait de circonstance à Linz)

Je tourne donc un peu en ville, vais même visiter un musée d’art contemporain (le Lentos, bien mais pas top) et me remets en route pour aller vers un camping à une quarantaine de kilomètres. Au moment où j’arrive et commence à planter ma tante, une cycliste allemande engage la conversation : elle vient de finir avec son mari un périple de 5 semaines à travers tout le pays, me recommande chaudement les Alpes (notamment Innsbruck – Bregenz) et m’offre une bière (« je sais ce que c’est quand on arrive, c’est toujours agréable d’avoir une bière bien fraîche »). Par contre elle me dit que la météo s’annonce plutôt mauvaise pour les jours à venir, notamment vendredi (le jour où j’ai prévu ma plus grosse étape…). Je discute également avec une néerlandaise qui va exactement dans la même direction que moi ! Malheureusement, elle est déjà partie le lendemain quand je sors de ma tente à 7h…

On repart donc, cette fois dans la vallée de l’Enns. C’est vallonné, très vallonné, et en plus il fait vraiment très chaud (je dois même acheter une bouteille d’eau en milieu de journée car toutes les gourdes sont vides et je n’ai pas trouvé de point où me ravitailler à temps), mais qu’est-ce que c’est beau ! Une rivière bleu-vert qui serpente entre les montagnes, coupée de temps à autre par un pont ou un barrage, et des villages qui apparaissent avec leurs maisons ocres, rouges, bleues, violettes ou roses, magnifique. Je croise aussi un élan, pas très sauvage apparemment mais tout de même…

La rivière Enns
Un élan, ça boise énormément?

La journée avance, la route monte et descend, je rentre dans le parc national de Gesäuse et là, je reste bouche bée. Les montagnes à pic qui bordent la rivière. C’est superbe. En plus le temps qui commence à se couvrir donne un côté éthéré (j’ai longtemps cherché le bon mot, on dira qu’éthéré fera l’affaire) au paysage qui est tout simplement magnifique. J’entends l’orage qui gronde, le tonnerre tonne tout près, mais de l’autre côté de la montagne (celui qui a decidé de mettre l’orage et la montagne à leurs positions respectives est un génie !!). J’avance donc encore au sec, la bouche ouverte devant le paysage, et finit tout de même par recevoir mes premières gouttes de pluie. Et c’est là que le « Rain Jay-cket » fait toute la différence : dérivé de l’anglais « rain jacket » (imperméable), il décrit le harnachement dont j’équipe Jay lorsque la pluie menace. On notera que la couleur a été choisie avec soin par Bob ! Bilan des courses, malgré une pluie de quelques heures, les affaires sont au sec le soir et la pluie n’est plus qu’une vue de l’esprit ! (Loub’s, Sam (et le B j’imagine…), mark my words…)

L’éther
La « Rain Jay-cket »

Un peu mouillé mais en pleine forme, j’arrive à Admont, célèbre pour son monastère qui recèle une des plus belles bibliothèques monacales du monde. J’arrive à l’entrée du musée et l’employée au guichet me regarde d’un air désolé en me disant qu’ils sont fermés depuis 15h30, Corona oblige. Je regarde ma montre : 15h39. Je viens de faire plus de 6h30 de vélo pour arriver 9 minutes trop tard… Foutu virus. J’en suis quitte pour un chocolat chaud et un sandwich au bistro du coin avant de faire demi-tour pour revenir vers le camping. La pluie s’arrête juste assez longtemps pour me permettre de monter ma tente (encore une arrivée bien négociée !!). En revanche, réveillé en pleine nuit par une envie pressante, je ne parviens pas à refermer la tente. Je force. La fermeture éclair lâche. Réparation à 2h du matin avec les insectes attirés par la lampe frontale : mauvaise idée. Je parviens quand même à faire une réparation de fortune et à me rendormir du sommeil du juste.

Etant donné que j’avance beaucoup plus vite que prévu, je me décide à faire une petite randonnée avant de partir le lendemain (le vendredi, jour où la météo annonce des orages). Je trouve une « petite » randonnée juste à côté du camping : 5 km aller-retour, 600m de dénivelé positif. C’est très joli, je suis quasiment tout seul à cette heure matinale, mais ça fait déjà chauffer les jambes… Et en plus j’ai prévu de passer un col cet après-midi… Malin… Au moins j’ai de belles vues sur les montagnes malgré les nuages et il ne pleut pas. Et je peux en plus étrenner mon pantalon de rando (qui se transforme d’ailleurs en short, je ne sais plus si je l’avais précisé, très pratique d’ailleurs…). Je me mets ensuite en route, non sans avoir discuté avec un cycliste tchèque qui se dirige vers la Croatie avec femme et enfants et qui me dépasse en klaxonnant après quelques kilomètres. Ça me donne un petit boost en plus pour le départ !

La tête dans les nuages

On s’attaque ensuite à la haute montagne : col de Präbichl. Je fais une pause avant le début de la montée. Me gave de chocolat et de noix. Je vois un pont à flanc de montagne mais je ne suis pas sûr que c’est par là que je vais passer. C’est haut tout de même. Je me lance. Ça monte dur. Je me fais doubler en plus par plein de voitures et de camions qui passent à fond la caisse. Heureusement c’est une deux voies et ils font (presque) tous l’effort de prendre leurs distances. Ça monte toujours. Je mouline mais j’avance. J’arrive au niveau du pont. Ça continue de monter. Je passe le pont. Ca monte encore. Je me dis qu’Olivier avait raison, il faut que ça monte pour que ça se descende un jour. Et vu ce que ça monte la descente va être intéressante. Je finis par arriver en haut du col : 1225m ! Et la descente après, un régal. C’est large, la vue est dégagée, il ne pleut toujours pas, je fais même des excès de vitesse (une pointe à 77 km/h dans une zone à 70, si mon gendarme de père savait ça…), je fais 10 kilomètres à plus de 30 de moyenne, le top !

Photo du pont
Photo depuis le pont
Premier passage de col!!

Il ne pleut toujours pas (malgré les orages annoncés) et j’avale les derniers kilomètres jusqu’au camping. Je finis de monter ma tente et crac ! voilà l’orage. Je suis bien à l’abri en train de siroter une bière dans l’auberge. Que du bonheur ! Il me reste 27 kilomètres à faire avant d’atteindre Graz, mon plus petit total sur une journée (et de loin) mais vu les 4 jours que je viens de faire une petite pause est la bienvenue. J’en profite pour faire un tour en ville, monter sur la colline qui surplombe (encore) la vieille ville et faire un tour du château. Et pour manger. Et dormir. Et encore manger. Et boire un peu… Je me fais même contrôler par les flics en sortant du bar parce que je n’ai pas de lumière. Test d’alcoolémie en prime. Tout va bien, j’ai le droit de rentrer à l’hôtel…

Des châteaux de sable sur la place principale
Graz depuis les hauteurs

Prêt à reprendre la route en direction de Salzburg demain ! (Je retourne sur mes pas malheureusement, mais c’est le prix à payer pour voir Melk, Linz et Graz…). Et pour ceux qui n’ont aucune idée de où se situent tous les lieux que je viens de mentionner, voilà les cartes !

Vienne – Melk
Melk – Linz – Steyr
Steyr – Admont – Gstatterboden
Gstatterboden – Frohnleiten
Frohnleiten – Graz

The second plague of the cyclist

Day 25, Vienna, 2.000 km

I hope that in a few months I will not be writing a post named « The Twelve Plagues of the Cyclist », but it turns out that I had to face a second challenge of nature. The rain was already something, but I didn’t expect them at all: mosquitoes (!!). But let’s proceed with method so that nobody gets lost.

I’m leaving Olomouc, after a good night’s sleep in a good bed. The sun is shining, it’s nice after the two days I just spent. I’m so happy that I compose a little song: « Under the Sun », to the tune of « Under the Sea » in The Little Mermaid. I will sing it to you if we find the occasion. And I’ll ask Etienne to make me a Dubstep remix. The road is nice, small detour because of roadworks on the path but overall a fairly calm day. I have to cross a lake (or a river I’m not sure), a kilometer on a dike, pretty cool. I also happen to pass by a « museum » where planes, helicopters and tanks of the Czech army are stored. A vestige of the communist era probably. Simply a field on the side of the road with the machines put there with no order at all. Papa and Gogo would have liked it.

The dike that crosses the river-lake
An army of Mig
Gogo, you think you could fly that one?

Then I arrive in Brno. Second largest city in the Czech Republic. I have time to walk around a bit. The structure is classic: a pedestrianized old town, cobbled streets and a castle on a hill overlooking it all. I meet two guys doing a fight with plastic sabers. Attend a punk concert in the castle courtyard. Have one of the best hot chocolates of my life in a little cafe in a park. Pass by a band playing jazz in front of the university. People are dancing. Unfortunately, I don’t dare to invite someone and join in the round. Next time maybe.

Brno: the cabbage market
Interesting way of decorating a cathedral

A bishop hiding in its bible

Then on to Bratislava (some gossips will say I’m going there only to add a country to my list – I’ll let them think what they want). At the reception of the youth hostel in Brno, I was given recommendations for the itinerary: castles and a museum on the Iron Curtain. Direction Lednice first. Magnificent castle and gardens. Plus it just fits on my lunch break. Perfect. Then Valtice, almost on the Austrian border. Less impressive but with beautiful views of the surrounding vineyards. I also visit the museum there. 90% in Czech (which does not help with understanding things) but still interesting.

Lednice’s castle…

… and Valtice’s
View on the vineyard near Valtice

I spend my last crowns on an ice cream (luxury !!) and then head to Slovakia. I ride along the border with Austria for a little while (I don’t want to enter there until Sunday) and I end up changing countries: the third since the start of the trip!

The Slovak border

I am all alone on the road. Not much of a difference with the Czech Republic. I come across bunkers from time to time. Probably remains of the Iron Curtain. I’m very close to the border and at one point I’m in Slovakia, I have Austria in front of me on the left and the Czech Republic on the right. I can’t resist the temptation to take a photo. You can only see trees…

Bunkers on the road
3 countries at once!

The day is drawing to a close and I start looking for a place to camp. I find a small forest right next to the bike path. Seems perfect to me. This is when hell gets unleashed. I am attacked by a horde of mosquitoes. I tell myself that it will be fine. I set up the tent. The number of mosquitoes is increasing. Loubs, you’re gonna tell me it’s in my head. It is true. And also in the eyes, in the ears, on the arms and legs…. There are so many of them that I manage to kill 5 or 6 with one blow on my foot. I tell myself that I will make a fire to try to keep them away. It becomes unbearable. I pack it up and run away. Mosquitoes 1 – Pierre 0. If I could have taken my tent on my back and ran away, I would have done it. I am aiming for a campsite about ten kilometers further down the road. I am in shock. I didn’t think mosquitoes could be such a nuisance. Things are a little better at the campsite, I sip a beer to calm myself down. But as soon as the night starts they are back. I tell myself that it will be better after a shower. Wrong. It’s worse. I give up on the idea of ​​cooking. Mosquitoes 2 – Pierre 0. I lock myself in the tent as quickly as possible and start hunting down the mosquitoes that have entered it. After 45 minutes of an intense battle, I exterminated them all. All that’s left is to eat (cold) and sleep, hoping the enemy will not find an opening in the tent to disturb my night. Final score 2 – 1 for mosquitoes. Damn Vietnam. It was not my war…

The night goes well at the end, I had managed to get rid of the enemy completely. The sun is out, the day looks like it’ll be beautiful. Especially since I have a short way before arriving in Bratislava at the end of the morning and I will be able to enjoy the city a bit. I ride along the Danube for the last few kilometers, it’s quite pretty, the cycle path is well laid out, it’s nice. After a good meal to celebrate my arrival, I drop off my things at the hostel and go for a walk around town. Once again the structure is known: the old town, the castle, a cemetery of Soviet soldiers from the Second World War on top of a hill (the main monument is under construction, it reminds me of the Golden Rider of Dresden … I will let you use Google like grown-ups this time), churches (including a blue one), parks, that’s pretty cool. Back to the hostel where the team has planned a typical Slovak meal (potato salad and a kind of vegetarian schnitzel, very good), very nice atmosphere, it allows me to discuss a little with people: French (including a walker), a Polish truck driver who speaks 6 languages, German cyclists (who unfortunately leave too early for me the next day), English, other Germans, Italians, Americans, in short, a good mix. The evening continues at the hostel bar and then into town. Beer is cheap and flowing, it feels good to find back some kind of social life.

The blue church
The Danube-Philharmonie (not very nautical style, but not everyone can have the talent of the architects in Hamburg…)
Tribute to an unknown DJ?
The monument (under construction) at the Slavin cemetery
Bratislava from the hilltop

The night is short and the morning complicated. But I finally ride Jay again around 9am, heading for Vienna. Bright sun again. Unspectacular Austrian border crossing (there is not even the proper sign to take the usual photo … very sad) and then straight and clean cycle path to Vienna. It would almost be boring but at least I’m moving fast and I’m arrived early in the afternoon. I make a small loop which adds 400m to my route for the day to arrive exactly at 2000 kilometers. For the 2000 pilgrimage, it will suffice to go to Vienna (renamed Thousand Town in the near future?). I’m at Michael’s, the first known face since Berlin, it feels good! Rest the next day, bike ride around town, it’s clean, full of castles and beautiful buildings on every corner, very pleasant for cyclists too, and especially as the weather is still super nice.

The Schönbrunn castle…
The cathedral
Path along the Danube canal …
… and the Hofburg Palast
The Hundertwasser House
… and in the Stadtpark

Finally, I am welcomed by Marion and Sinan, assailed with metaphysical questions by their two children during dinner (Why are you tall? Why do people have houses?) and given good advice for the road to follow in Austria. Next: along the Danube to Melk, then Graz and Linz, with a pass at 1,200m in the middle, we will start to prepare properly for the Alps !!

And as usual, the maps:

Olomouc – Brno
Brno – Malé Lévaré
Malé Lévaré – Bratislava
Bratislava – Vienna

La deuxième plaie du cycliste

Jour 25, Vienne, 2.000 km

J’espère que dans quelques mois je n’écrirai pas un post intitulé « les douze plaies du cycliste », mais il s’avère que j’ai dû faire face à un second défi de la nature. La pluie c’était déjà quelque chose, mais ceux-là je ne les attendais pas du tout : les moustiques (!!). Mais procédons de manière méthodique pour ne pas perdre le fil.

Je pars donc d’Olomouc, après une bonne nuit dans un bon lit. Le soleil est au rendez-vous, ça fait plaisir après les deux jours que je viens de passer. Je suis tellement content que je compose une petite chanson : « Sous le soleil », sur l’air de « Sous l’océan » de la petite Sirène. Je pourrai vous la chanter à l’occasion. Et je demanderai à Etienne de me faire un remix Dubstep. La route est sympa, petit détour à cause de travaux sur la piste cyclable mais globalement une journée assez calme. Je traverse un lac (ou un fleuve je ne sais pas trop), un kilomètre sur une digue c’est assez sympa. Je passe aussi par hasard à côté d’un « musée » où sont entreposés des avions, des hélicos et des chars de l’armée tchèque. Vestige de l’époque communiste probablement. Simplement un champ sur le bord de la route avec les machines disposées un peu n’importe comment. Ça aurait plu à Papa ou à Gogo.

La digue qui traverse le fleuve-lac
Une armée de Mig
Gogo tu crois que tu pourrais nous faire voler celui-là?

J’arrive ensuite à Brno. Deuxième ville de République Tchèque. J’ai le temps de me promener un peu. Le schéma est classique : une vieille ville piétonne, des rues pavées et un château sur une colline qui surplombe le tout. Je croise deux types qui font un combat avec des sabres en plastique. Assiste à un concert de punk dans la cour du château. Prend un des meilleurs chocolats chauds de ma vie dans un petit café dans un parc. Passe à côté d’un groupe qui joue du jazz en face de l’université. Les gens dansent. Je n’ose malheureusement pas inviter quelqu’un et me joindre à la ronde. La prochaine fois peut-être.  

Brno: La place du marché
Intéressante manière de décorer une cathédrale
Un évêque caché dans sa bible

Direction Bratislava ensuite (certaines mauvaises langues diront que je vais là-bas seulement pour ajouter un pays à ma liste – je les laisse penser ce qu’ils veulent). À la réception de l’auberge de jeunesse où j’ai passé la nuit, on m’a donné des recommandations pour l’itinéraire : châteaux et un musée sur le rideau de fer. Direction Lednice d’abord. Château et jardins magnifiques. En plus ça tombe juste sur ma pause de midi. Parfait. Ensuite Valtice, quasiment sur la frontière autrichienne. Moins impressionnant mais avec de belles vues sur les vignobles aux environs. Je visite aussi ce fameux musée. 90% en tchèque (ce qui ne favorise pas la compréhension des choses) mais intéressant tout de même.

Le château de Lednice…
… et celui de Valtice
Vue sur les vignobles aux environs de Valtice

Je dépense mes dernières couronnes pour m’acheter une glace (grand luxe !!) et me dirige ensuite vers la Slovaquie. Je longe la frontière avec l’Autriche pendant un petit moment (je ne veux pas y entrer avant dimanche) et je finis par changer de pays : le troisième depuis le début du voyage !

La frontière slovaque

Je suis tout seul sur la route. Pas beaucoup de différence avec la République Tchèque. Je croise des bunkers de temps en temps. Probablement des vestiges du rideau de fer. Je suis tout près de la frontière et à un moment mon GPS me dit que je suis en Slovaquie, j’ai l’Autriche en face de moi à gauche et la République Tchèque à droite. Je ne résiste pas à la tentation de faire une photo. On ne voit que des arbres…

Les bunkers sur la route
3 pays d’un coup!

La journée touche à sa fin et je commence à chercher un endroit pour camper. Je trouve une petite forêt juste à côté de la piste cyclable. Ça me semble parfait. C’est à ce moment-là que les enfers se déchainent. Je me fais attaquer par une horde de moustiques. Je me dis que ça va passer. Je monte la tente. Les moustiques sont toujours plus nombreux. Loubs, tu vas me dire que c’est dans la tête. C’est vrai. Et aussi dans les yeux, dans les oreilles, sur les bras, les jambes… Ils sont tellement nombreux que j’arrive à en tuer 5 ou 6 d’un seul coup sur mon pied. Je me dis que je vais faire un feu pour essayer de les éloigner. Ça devient intenable. Je remballe le tout et je fuis. Moustiques 1 – Pierre 0. Si j’avais pu prendre ma tente sur le dos et partir en courant je l’aurais fait. Je vise un camping à une dizaine de kilomètres un peu plus loin sur la route. Je suis sous le choc. Je ne pensais pas que les moustiques pourraient être une telle nuisance. Ça va un peu mieux au camping, je sirote une bière pour me calmer. Mais dès que la nuit commence à tomber ils sont de retour. Je me dis que ça ira mieux après la douche. Faux. C’est pire. J’abandonne l’idée de me faire à manger. Moustiques 2 – Pierre 0. Je m’enferme dans la tente le plus vite possible et commence à faire la chasse aux moustiques qui s’y sont engouffrés. Après 45 minutes d’une bataille intense, je les ai tous exterminés. Il ne me reste plus qu’à manger (froid) et dormir, en espérant que l’ennemi ne trouvera pas une ouverture dans la tente pour venir troubler ma nuit. Score final 2 – 1 pour les moustiques. Foutu Vietnam. C’était pas ma guerre…

La nuit se passe bien finalement, j’avais bien réussi à me débarrasser complètement de l’ennemi. Le soleil est de sortie, la journée s’annonce belle. Surtout que j’ai une étape courte avant d’arriver à Bratislava en fin de matinée et je vais pouvoir profiter un peu de la ville. Je longe le Danube sur les derniers kilomètres, c’est assez joli, la piste cyclable est bien aménagée, c’est agréable. Après un bon repas pour fêter mon arrivée, je dépose mes affaires à l’auberge de jeunesse et je pars faire un tour en ville. Encore une fois la structure est connue : la vieille ville, le château, un cimetière de soldats soviétiques de la seconde guerre mondiale en haut d’une colline (le monument principal est en travaux, ça me rappelle le Cavalier Doré de Dresde… je vous laisse utiliser Google comme des grands cette fois), des églises (dont une bleue), des parcs, c’est assez sympa. Retour à l’auberge où l’équipe a prévu un repas slovaque typique (salade de pommes de terre et une sorte de schnitzel végétarien, très bon), très bonne ambiance, ça me permet de discuter un peu avec des gens : des français (dont un marcheur), un chauffeur de poids lourds polonais qui parle 6 langues, des cyclistes allemands (qui partent malheureusement trop tôt pour moi le lendemain), des anglais, d’autres allemands, des italiens, des américains, bref, un bon petit mélange. La soirée se poursuit au bar de l’auberge puis en ville. La bière n’est pas chère et coule à flots, ça fait du bien de retrouver une sorte de vie sociale.

L’église bleue
Le Danube-Philarmonie (pas très marin comme style, mais tout le monde ne peut pas avoir le talent des architectes à Hambourg…)
Hommage à un DJ inconnu?
Le monument (en travaux) du cimetière de Slavin
Bratislava depuis les hauteurs

La nuit est courte et le réveil compliqué. Mais j’enfourche à nouveau Jay vers 9h, direction Vienne. Encore un soleil radieux. Passage de la frontière autrichienne non spectaculaire (il n’y a même pas le panneau idoine où prendre la photo habituelle… quelle tristesse) et ensuite piste cyclable toute droite et toute propre jusqu’à Vienne. Ça en serait presque ennuyeux mais au moins j’avance vite et je suis arrivé en début d’après-midi. Je fais une petite boucle qui rajoute 400m à mon parcours de la journée pour arriver pile à 2000 kilomètres. Pour le pèlerinage des 2000, il suffira d’aller à Vienne (rebaptisée Mille-Ville dans un futur proche ?). Je retrouve Michael, premier visage connu depuis Berlin, ça fait du bien ! Repos le lendemain, petit tour de vélo en ville, c’est propre, plein de châteaux et de beaux bâtiments à tous les coins de rue, très agréable pour les cyclistes aussi, et surtout encore sous un beau soleil.

Le château de Schönbrunn…
La cathédrale
Promenade le long du canal du Danube…
… et celui du Hofburg
La maison Hundertwasser
… et dans le Stadtpark

Pour finir je suis accueilli chez Marion et Sinan, assailli de questions métaphysiques par leurs deux enfants pendant le dîner (Pourquoi t’es grand toi? Pourquoi les gens ont une maison?) et abreuvé de bons conseils pour la route à suivre en Autriche. La suite : le Danube jusqu’à Melk, puis Graz et Linz, avec un col à 1.200m au milieu, on va commencer à se préparer comme il faut pour les Alpes !!

Et comme de coutume, les cartes :

Olomouc – Brno
Brno – Malé Lévaré
Malé Lévaré – Bratislava
Bratislava – Vienne

One day in hell

Day 19, Olomouc, 1.636 km

And I thought that it would be a piece of cake, that it would pass handily, that it would go like a knife through butter … (and the list is long, I could go on for a little while – I am not 100% sure of the English translation though, thank you for your comprehension) and well we can say that I completely messed up! I almost went as far as to think that it had been too easy until then …

But let’s start with the beginning: Monday morning, it’s gray, a little cold, I’m leaving Prague. I tell myself (silly) that at least it won’t be too warm. I have a bit of a hard time getting out of town because the GPS takes me through small paths in a park, it’s all muddy, I slip and I almost fall once or twice. I’m happy to find the road again and to get out of town. First destination: Kutna Hora. I ride well, my legs are on fire and I have a little wind in my back, the rain does not bother me too much so I arrive at my destination in the early afternoon (approximately 20 km/h on average on the first 4 hours, it’s like being on the banks of the Elbe again). The city is pretty, but it’s still raining so I don’t stay for too long. You can also visit a church decorated with the bones of nearly 40,000 people. It’s a bit macabre but quite impressive. Unfortunately no photos. The only proof of my visit: a distant view of the St Barbara’s Cathedral.

St Barbara under a gray sky

As I am a little cold I make a little soup break in a small restaurant on the road (the lady obviously did not understand a word of what I said to her, when I tried to ask her for another bowl of soup she brought me the bill…) and I’m off. I’m thinking of going to Zďár nad Sázavou, because some of Luc’s clients run a pension there and I think it would be nice to have a little glass of Riesling in the middle of the Czech countryside. However, that would bring my total for the day to over 150 km. With the rain I’m not sure I can do it. But since the road is nice (the rain stops) and I always have a little wind at my back, I continue. And the closer I get, the more I tell myself that I can’t stop there, that I would sleep in the next day, etc. etc. and I finally get there. 158 km in total, 8h30 of cycling during the day, more than 10 hours after my departure from Prague, I knock on the door of the pension only to be told that they no longer have any free rooms and that the bosses won’t be here until tomorrow. Never mind, I fall back on the neighboring campsite, telling myself that I will stop by the next morning. I notice when setting up my tent that my bags are not 100% waterproof. Fortunately, since the rain was not too hard, the damage was minimal.

The next day, I sleep in as planned, and return to the pension at around 10 a.m. No luck, the bosses went out shopping … Fate does not want me to meet them apparently. I still take a picture of the beautiful collection of bottles and go out and visit the city a bit. It’s drizzling and it’s cold. Not a great time to be a tourist. I sit down in a cafe to have something to eat and pass time. I have planned a short day anyway.

The Church of Saint John of Nepomuk, listed as a World Heritage Site by Unesco

A nice collection of Alsace wine! It should be familiar to most of you !

I finally set off in the early afternoon. The rain still hasn’t stopped but I want to move forward a bit (I have 130 km to do in two days, and I want to have a bit of time to stroll when I get to Olomouc). And I have to say, even if I’m not made of sugar, I’m having a bit of a hard time. I think I am paying my efforts of the day before. I’m soaked, I’m cold, and despite the nuts and chocolate that I’m gulping down at frightening speed, I’m hungry. Moreover, the GPS advises me to avoid the road and take a small, very steep and stony forest path. I enjoy it! I slip, I skid, I almost fell several times and when the path flattens out a bit I come across not 1 but 2 fords (!!). For the first one, I go head on before remembering the non-waterproof saddlebags… Clever. We’ll see tonight. Even when it goes down I’m afraid of falling down, I feel like my brakes are going to give up, I would need wipers to see clearly. It’s hell. And just like that, it happens. The first traffic accident of the trip. Rest assured, Jay, Bob and I are fine. On the other side though, it’s not pretty. It’s raining, a nice slope. Tight turn to the right. I brake but I’m probably coming a bit fast. When I see him, it’s already too late. Head-on collision. Result: a dead snail. The doctors assure me he did not suffer.

Ford n°1
Ford n°2, 3 kilometers later

Small detail that those of you who follow your sports performance using a connected watch will see the importance: around 4 p.m., after more than 60km, my watch decides to erase all the data for the day. To sum up: I’m hungry, I’m cold, I’m drenched, left alone by technology, I have just committed a murder, and it’s increasingly difficult to pedal. I’m getting sick of it. I decide to look for a place for the night and to comfort myself I like to think that I will make a fire (it has been raining for two days, let’s remember). I find a corner in a wood of pine trees, not at all sheltered, and I quickly pitch my tent. I attempt to set a fire for ten minutes (I remove the bark from the wood to save the dry part, I make a nice pile, in short I prepare it as it should be) before realizing that the paper I wanted to use to lit up the whole thing is so wet (non-waterproof saddlebags, remember) that it doesn’t catch fire. And the rain that falls directly on my makeshift fireplace doesn’t help either. Complete failure. My sleeping bag is also wet, along with some of my change of clothes. I quickly swallow a soup and roll myself into a ball, hoping to warm up. It is 7 p.m. I don’t feel like reading or writing. I’m just cold.

The night is agitated. I am woken up every two hours by the drops of water falling on the tent. And the weather forecast said that it would no longer rain after 6 p.m. I turn around and try to go back to sleep. In the early morning it stopped raining but it is cold. And putting on wet coat and shoes is very far from pleasant. Luckily I have hot tea. And when I come out of the forest I see the sun in the distance. My morale is rising. I have a little day today, Olomouc is only about 40 kilometers away. By the time I get there, the coat and shoes are dry and morale is good again! At the end I don’t need much! I take advantage of the afternoon to stroll the city of Olomouc, very pretty and not too crowded with tourists.

The Trinity column
St Wenceslas cathedral

Inspired by Banksy?
A little hidden gallery

All in all, I complain a bit but as soon as I stop somewhere I want to start moving again. As soon as the sun comes out the rain is forgotten. And the day before is just a bad memory on the next day. Looking forward to tomorrow! Direction Brno, then Bratislava and Vienna. Arrival in Vienna scheduled for Sunday evening! Thank you again for all your messages and comments, it is always a great pleasure to read you !!

The maps (except for the small technical error…) :

Prague – Zďár nad Sázavou
Zďár nad Sázavou – Horni Stepanov (there is a piece missing on the left…)
Horni Stepanov – Olomouc

Oh, and I also met a weird guy on the side of the road…

Une journée en enfer

Jour 19, Olomouc, 1.636 km

Et dire que ça aurait dû être une partie de plaisir, que ça devait passer comme une lettre à la poste, rentrer comme dans du beurre … (et la liste est longue, on pourrait continuer pendant un petit moment) et bien on peut dire que je me suis fourré le doigt dans l’œil (jusqu’au coude comme diraient certains) ! Moi qui allais presque jusqu’à penser que ça avait été trop facile jusque-là…

Mais commençons par le commencement : Lundi matin, il fait gris, un peu froid, je pars de Prague. Je me dis (un peu simplet) qu’au moins je n’aurais pas trop chaud. Je galère un peu à sortir de la ville parce que le GPS me fait passer par des petits chemins dans un parc, c’est tout boueux, je glisse et je manque de tomber une ou deux fois. Je suis content de retrouver la route et de sortir de la ville. Première destination : Kutna Hora. Je roule bien, j’ai les jambes en feu et un peu de vent dans le dos, la pluie ne me dérange pas trop donc j’arrive à destination en début d’après-midi (un petit 20 km/h de moyenne sur les 4 premières heures, on se croirait de retour au bord de l’Elbe). La ville est jolie, mais il pleut toujours donc je ne m’attarde pas trop. On peut aussi visiter une église décorée avec les os de près de 40.000 personnes. C’est un peu macabre mais assez impressionnant. Malheureusement pas de photos. Seule preuve de mon passage : une vue lointaine de l’Eglise Sainte Barbe.

Sainte Barbe sous un ciel gris

Comme j’ai un peu froid je fais une petite pause soupe dans un troquet sur la route (la dame n’a manifestement pas compris un mot de ce que je lui ai dit, quand j’ai essayé de lui redemander un bol elle m’a apporté l’addition…) et je repars. J’ai dans l’idée de passer à Zďár nad Sázavou, parce que des clients de Luc y tiennent une pension et je me dis que ça serait sympa de déguster un petit verre de Riesling au milieu de la campagne tchèque. En revanche ça porterait mon total pour la journée à plus de 150 km. Avec la pluie je ne suis pas certain d’y arriver. Mais comme la route est agréable (la pluie s’arrête) et que j’ai toujours un petit vent dans le dos je continue. Et plus je m’approche plus je me dis que je ne peux pas m’arrêter en si bon chemin, que je ferais une grasse matinée le lendemain, etc. etc. et à force d’y penser je finis par arriver. 158 km au total, 8h30 de vélo sur la journée, plus de 10h après mon départ de Prague, je frappe à la porte de la pension pour m’entendre dire qu’ils n’ont plus aucune chambre de libre et que les patrons ne seront pas là avant demain. Qu’à cela ne tienne, je me rabats sur le camping voisin en me disant que je passerai le lendemain matin. Je note au passage en montant ma tente que mes sacoches ne sont pas 100% étanches. Heureusement, vu que la pluie n’a pas été trop forte les dégâts sont minimes.

Le lendemain, je fais comme prévu une grasse mat’, et retourne à la pension sur les coups de 10h. Manque de pot, les patrons sont sortis faire du shopping… Le destin ne veut pas que je les croise apparemment. Je fais quand même une photo de la belle collection de bouteilles et sors visiter un peu la ville. Il bruine et il fait froid. Pas un super temps pour jouer les touristes. Je me pose dans un café pour manger un bout et passer un peu le temps. J’ai prévu une petite journée de toute façon.

L’Eglise Saint Jean de Nepomuk, classée au patrimoine mondial par l’Unesco

Une belle collection de vin d’Alsace! Ça doit rappeler des souvenirs à la plupart d’entre vous !

Je finis par me mettre en route en début d’après-midi. La pluie ne s’est toujours pas arrêtée mais je veux quand même avancer un peu (J’ai 130 km à faire en deux jours, et je veux avoir un peu le temps de flâner en arrivant à Olomouc). Et je dois dire que j’ai beau ne pas être en sucre, j’ai un peu de mal. Je pense que je paye en plus la grosse étape de la veille. Bref, je suis trempé, j’ai froid, et malgré les noix et autres carrés de chocolats que j’ingurgite à une vitesse effrayante, j’ai faim. Pour joindre l’utile à l’agréable, le GPS me conseille d’éviter la route et de passer par un petit chemin de forêt bien raide et bien caillouteux. Je me régale ! Je glisse, je dérape, je manque de tomber plusieurs fois et quand le chemin s’aplanit un peu je tombe sur non pas 1 mais 2 gués (!!). Je passe le premier en fonçant tout droit avant de me rappeler le manque d’étanchéité des sacoches… Malin. On verra ce soir. Même quand ça descend j’ai peur de me gaufrer, j’ai l’impression que mes freins vont lâcher, j’aurais besoin d’essuie-glaces pour y voir clair. Un enfer. C’est dans ces conditions que se produit le premier accident de la route du voyage. Rassurez-vous, Jay, Bob et moi allons bien. En revanche, en face c’est pas beau à voir. Il pleut donc, une belle descente. Virage serré à droite. Je freine mais j’arrive surement un peu vite. Quand je le vois, c’est déjà trop tard. Collision frontale. Bilan : un escargot mort. Les médecins m’assurent qu’il n’a pas souffert.

Gué n°1
Gué n°2, 3 kilomètres plus loin

Petit détail dont ceux d’entre vous qui suivent leurs performances sportives à l’aide d’une montre connectée saisiront l’importance : vers 16h, après plus de 60km, ma montre décide d’effacer toute les données de la journée. Pour résumer : j’ai faim, j’ai froid, je suis trempé, lâché par la technologie, j’ai un meurtre sur la conscience et j’ai de plus en plus de mal à faire tourner les jambes. J’en ai ras le bol. Je me décide à chercher un endroit pour la nuit et pour me réconforter je me dis que je vais essayer de faire un feu (il pleut depuis deux jours, rappelons-le). Je trouve un coin dans un bois de sapins, pas du tout abrité, et je monte ma tente en vitesse. Je m’escrime ensuite pendant une dizaine de minutes sur une tentative de feu (j’enlève l’écorce du bois pour avoir la partie sèche, je fais un joli tas, bref je prépare ça comme il faut) avant de me rendre compte que le papier dont je voulais me servir pour allumer le tout est tellement humide (sacoches non-imperméables rappelez-vous) qu’il ne prend pas feu. Et la pluie qui tombe directement sur mon foyer improvisé n’aide pas non plus. Echec sur toute la ligne. Mon sac de couchage est aussi mouillé, ainsi qu’une partie de mes affaires de rechange. J’avale une soupe et me roule en boule en espérant parvenir à me réchauffer. Il est 19h. J’ai pas envie de lire ou d’écrire. J’ai juste froid.

La nuit est agitée. Je suis réveillé toutes les deux heures par les gouttes d’eau qui tombent sur la tente. Dire que la météo annonçait un arrêt de la pluie vers 18h. Je me retourne et essaie de me rendormir. Au petit matin il ne pleut plus mais il fait froid. Et remettre manteau et chaussures est très loin d’être agréable. Heureusement j’ai du thé bien chaud. Et quand je sors de la forêt j’aperçois le soleil au loin. Le moral remonte. J’ai une petite journée aujourd’hui en plus, Olomouc n’est qu’à une quarantaine de kilomètres. Le temps d’y arriver le manteau et les chaussures sont secs et le moral est à nouveau au beau fixe ! Comme quoi il ne m’en faut pas beaucoup ! Je profite un peu de l’après-midi et de la ville d’Olomouc, très jolie et pas trop envahie par les touristes.

La colonne de la Sainte Trinité
La cathédrale St Wenceslas
Inspiré de Banksy?
Petite galerie cachée

Dans tout ça, je me plains un peu mais dès que je m’arrête quelque part j’ai des fourmis dans les jambes et envie de repartir. Dès que le soleil arrive la pluie est oubliée. Et la journée de la veille n’est qu’un mauvais souvenir le lendemain. Alors vivement demain ! Direction Brno, puis Bratislava et Vienne. Arrivée à Vienne prévue dimanche soir ! Merci encore pour tous vos messages et commentaires, ça me fait toujours très plaisir de vous lire !!

Les cartes (à la petite erreur technique près…) :

Prague – Zďár nad Sázavou
Zďár nad Sázavou – Horni Stepanov (il manque un petit bout à gauche…)
Horni Stepanov – Olomouc

Et en bonus, on fait de drôles de rencontres sur le bord de la route…

Prague Summer

Day 16, Prague, 1.351 km

Like the Czechs in 68 (I realize that the comparison is a bit ambitious but I needed to explain the title of the article …) I have just made my own revolution: I did not pedal for a single second during the last two days! However, I still wanted to give some news and share pictures of Prague. I didn’t cycle, but I did walk, eat, drink and talk a lot. An orgy of new encounters compared to the last 15 days: a future Polish cyber security specialist, professional English poker players, a future Chinese-Dutch economist, a Mexican emigrated to Warsaw, … it feels good to meet people and to share a little more than with a bicycle and a plastic dino.

Prague is in any case a very beautiful city, where it is pleasant to walk, even if the hordes of tourists are everywhere. In addition, I had wonderful weather (although they predict rain for tomorrow, the day I decide to leave of course …) all day to accompany my peregrinations. Without further delays, here is my small selection of photos of Prague that you probably won’t see in a tourist guide (some maybe anyway):

Vaclav Poppins, Mary’s Czech cousin
I would have sat down too, but with the sun…

Charles’ Bridge: did you say social distancing?
They should have their statue on the bridge too

I wanted to take a nap in the castle gardens: fail

On the other hand, the banks of the Vltava: success!
Prague seen from the Castle
The Lennon Wall
More classic: the astronomical clock
Wenceslas Square

Departure tomorrow, in the direction of Moravia with Bratislava and Vienna in sight for next weekend!

L’été de Prague

Jour 16, Prague, 1.351 km

Comme les tchèques en 68 (je me rends bien compte que la comparaison est un peu osée mais c’est pour expliquer le titre de l’article…) je viens de faire ma propre révolution : je n’ai pas pédalé une seule seconde pendant les deux derniers jours ! En revanche je voulais quand même donner quelques nouvelles et partager avec vous certaines photos de Prague. Je n’ai pas pédalé, mais j’ai beaucoup marché, mangé, bu et parlé. Une orgie de nouvelles rencontres en comparaison des 15 derniers jours : un futur spécialiste en cyber sécurité polonais, des joueurs de poker professionnels anglais, une future économiste sino-néerlandaise, un mexicain émigré à Varsovie, … ça fait du bien de rencontrer des gens et de partager un peu plus qu’avec un vélo et un dino en plastique.

Prague est en tout cas une très belle ville, où il est agréable de se promener, même si les hordes de touristes sont partout. En plus j’ai eu un temps magnifique (alors qu’on annonce de la pluie pour demain, le jour où je décide de partir bien sûr…) toute la journée pour accompagner mes pérégrinations. Sans plus vous faire attendre, voici ma petite sélection de photos de Prague que vous ne verrez probablement pas dans un guide touristique (certaines peut-être quand même) :

Vaclav Poppins, le cousin tchèque de Mary
Je me serais bien assis aussi mais avec un soleil pareil…

Le Pont Charles: vous avez dit distanciation sociale?
Eux aussi devraient avoir une statue sur le pont!

J’ai voulu faire une sieste dans les jardins du château: échec…
En revanche les bords de la Vltava: succès!
Prague vue depuis le château
Le Lennon Wall
Plus classique: l’horloge astronomique
La place Wenceslas

Départ demain donc, direction la Moravie avec en ligne de mire Bratislava et Vienne le weekend prochain !

48 hours of the life of a cyclist

Day 14, Prague, 1.351 km

You are in a small family pension on the French Riviera on a spring evening. All customers are very excited because the media have just announced that the last winner of the Tour de France was using doping products. A heated discussion ensues between the various clients of the establishment, a discussion in which you cannot participate because of your lack of knowledge of the sport. You are having a very bad evening and you go to bed without saying a word … To face this imaginary but highly probable scenario, I will take along with me during 48 hours on the road, and to facilitate the exercise, we will assume that the action is located in the Czech Republic, somewhere between Pilsen, Cesky Krumlov and Prague.

You are lucky, the weather is nice, not too hot, wind is not too hard so that it is refreshing but not too much to make it a handicap on the bike. The kilometers go by pleasantly, more or less quickly depending on the relief or the direction of the wind, and you watch the Czech countryside pass by: fields (many fields, especially wheat), forests (the cycle path often becomes less cycleable at this time, watch out for pebbles!), villages (more or less large, some are even so small that the entrance and exit signs are only 150 meters apart) often with a church which can sometimes be quite pretty, ponds, rivers, in short, you can pleasantly occupy yourself admiring the landscape. On the animals side, there are a few horses, a few cows, a lot of birds and even the occasional doe or squirrel.

A church encountered on the road
and another one…

You might think that the day is monotonous, but it is punctuated by lots of small events: First, doctors recommend avoiding sitting for too long. I therefore take breaks, almost every hour, to avoid posterior problems (we even speak of amputation of the left buttock in the most serious cases). These breaks are an opportunity to perform various rituals: hydration, food (we note in the photo below the melted-resolidified effect of chocolate, which gives a particular taste that the best Swiss chocolate makers cannot deny), creaming (if you don’t have the skin of a redhead you will never understand the essential importance of this step) and of course the evacuation, which unfortunately cannot be done from the bike (or so with significant risk of accident).

Champions’ snack!

The day has also often a treasure hunt’s side, where the goal is to find the signs indicating the route to follow, sometimes very clear, sometimes a little less… In case of doubt, the phone’s GPS is fortunately ready to come to the cyclist’s rescue. This does not prevent twists and turns (example today, a small detour of 20 kilometers for having followed the wrong signs, it immediately makes a day a little longer than expected … especially since I had to cross a work area and carry Jay and all the luggage to pass… Not great)

Clues of the treasure hunt…
…find the correct way!
Road works

Otherwise what else to do with the passing time? One of my favorite occupations is to apply the Theorem of the cemetery, which was taught to me by Master Louis. This theorem could be expressed as follows: « Let V be a village on a road R. If V contains a cemetery, then said cemetery necessarily has a point of drinkable (and fresh!) water accessible to every cyclist ». Since I consume quite a lot of water because of the heat (and the importance of hydrating, again according to the doctors), I have to apply the theorem 2-3 times a day. And I must admit that after empirical verification, this theorem holds true in any case! It seems that there is a version that also applies to sports fields, which in my experience has not been demonstrated so far. Anyway, I always have fresh water, which makes the road all the more pleasant. And with the time that I have left, I talk: to myself, to Jay and Bob, to the road (to reproach it for continuing to go up when it obviously should have gone down for example), or to the drivers who pass me at 90 km/h in a climb (and I prefer not to reproduce here the vocabulary used). I also sing from time to time…

Then comes the part of the day when I tell myself that it is time to stop. It is then a matter of finding a place to spend the night. In general, I avoid fields or castles (although I was tempted by the castle) and instead look for a corner of the forest a bit off the road. There are days when Murphy’s Law applies, others when it does not: sometimes it takes 5 minutes between the moment I decide to stop and the moment I find the perfect place to camp, sometimes 45 minutes… Once the place is found, I get down to set up the camp: setting up the tent, inflating the mattress, the pillow, storing the bags in the tent, unfolding the sleeping bag, the routine is well set and takes me about half an hour. Then dinner of champions !!

I hesitated but did not dare
Hmmmm! instant pasta!!

In the morning, the ritual is even stricter: breakfast (rice or ebly with a little soy sauce to give flavor), an mint tea gourd for the morning, folding the tent and packing up things and we go off for a new day! And if the day ends in a city, the arrival is often accompanied by a hearty dinner and a good beer! And there you have it, you now have all the elements to shine in society!

As usual, a short summary of the stages of the last four days on the map:

Pilsen – Protivin
Protivin – Cesky Krumlov
Cesky Krumlov – Krenovice
Krenovice – Prague

And a few highlights as a bonus:

  • Shortly after leaving the small village of Dozice, I officially passed kilometer 1000! I have for the occasion erected a small monument for those who would like to make a pilgrimage to this place (not sure if it will last very long so hurry!)
The Thousand Monument
  • I did (and won !!) a race against the storm: it will bring back memories for some of you…

And to finish some photos taken on the road:

Cesky Krumlov
Cesky Krumlov

Jay playing the train
Little break next to a nice pond
Going up the Vltava river to Prague