Get ready for the worst and survive the least…

Day 283, Oviedo, 16.170 km

I was promised hell: thunderstorms, wind, and especially a lot of rain. In the end, I rode through the drops, I was sometimes faster than the rain, or just got lucky, I don’t know, in any case it seems that a good angel is watching over me these days…

In the morning, I take a little tour of Santiago, have a brunch to have something in my stomach for the day, and then set off. To answer some reactions to the last article, Santiago, like Dresden or Bratislava before it, decided to renovate one of its monuments, in this case the cathedral, at the time of my visit, as if to show me only a part of its charms. On the other hand, it was still possible to go for a walk in the cathedral and to admire the famous censer, which was unfortunately not moving…

It’s time to leave. The weather is stormy, and the sky is quite gray. The road goes up, for a change, and is far from being spectacular: as at the arrival the day before, gas stations, dealerships or industrial areas follow one another. Then I am a little more in the countryside, but we remain on a rather monotonous road: fields, forests, forests then fields. I make two photos in the day, two rivers which come to break a little the monotony of the landscape. Rivers which are very similar to each other by the way. About rain? Only a few drops that shorten one of my breaks. I decide to stop in a field for the night, and as I finish putting up the tent, the storm breaks. Clutch.

River n°1
Same same, but different (as my Indians friends often say)

The thunder is loud during the night, it even falls quite close to me once or twice but it doesn’t prevent me from sleeping like a log. The next day, it doesn’t rain anymore when I get up but I get a big shower a few minutes after the start: I have to admit that it’s not ideal for warm up… The road goes up a bit more, but I quickly find myself in a nice descent, with the sun coming out from behind the clouds. The road is quite flat, it’s good after the big hills of the last days. I decide to make a small detour to get closer to the sea, to try to see some beaches, and I’m glad I did! I follow the coast for about ten kilometers and my eyes are full of it…

I follow the national road again for a few kilometers, then again the beach, the cliffs, the rocks, the sea. All this always under the sun, with some clouds in the sky which seem to be pushed away from the sea, far from my road… I enjoy it! I cross the pretty town of Luarca, which reminds me a bit of Karlovy Vary in the Czech Republic, and I start to take the small mountain road that should bring me to the place I’ve found to stop tonight. It goes through the forest, passes and passes again under the highway, in small villages, in sight of the sea or a little more inland, under a very grey sky but still no rain. I arrive at the Playa del Silencio (a very poetic name), magnificent, and I spot a small hut below which will provide me with a perfect shelter against the wind. Unluckily, this hut seems to be someone’s bachelor pad, this someone being in the process of repainting his roof (he probably is a hussar, this boy…). Missed. Fortunately, there is a small flat piece of land a little higher on the cliff: best bivouac spot in the world, mark my words!

Luarca
Playa del Silencio
The hussar on the roof…
The Spot

As the day before, the rain starts to fall when I am under the tent. I look at the weather forecast to try to reassure me for the next day: failed, they announce rain all day. Great. I just have to sleep and hope… It rains all night long, but again no more in the morning when in wake up… What more to ask for! The day is again under the sun, few adventures, except when the national road I am following turns into a highway, or when I am so absorbed by my GPS that I crash into a car in Oviedo. Result: a bag to throw away and a good fright but otherwise everything is fine!

Cudillero
The countryside before arriving in Oviedo

I have time to have a little tour of Oviedo between the raindrops and the glasses of cider, and I find statues everywhere, it must be an electoral campaign topic for the mayors of Oviedo: to the one who will add the most statues! On that note, see you later!

Woody Allen
Mafalda
La Maternidad, by Botero
The Regent

Qui se prépare au pire supporte le moins…

Jour 283, Oviedo, 16.170 km

L’enfer m’était promis : des orages, du vent, et surtout beaucoup de pluie. Au final, je suis passé à travers les gouttes, j’ai parfois pris la pluie de vitesse, ou juste eu de la chance, je ne sais pas, en tout cas il semblerait qu’une bonne étoile veille sur moi ces derniers temps…

Le matin, je fais un petit tour de Compostelle, déguste un brunch pour avoir quelque chose dans le ventre pour la journée, puis me mets tranquillement en route. Pour répondre à certaines réactions au dernier article, Compostelle, comme Dresde ou Bratislava avant elle, a décidé de rénover un de ses monuments, dans ce cas la cathédrale, au moment de mon passage, comme pour ne me montrer qu’une partie de ses charmes. En revanche, il était tout de même possible de faire un tour dans la cathédrale et d’admirer le fameux encensoir, immobile malheureusement…

C’est l’heure du départ. Le temps est à l’orage, et le ciel est bien gris. La route monte, pour changer, et est loin d’être spectaculaire : comme à l’arrivée la veille, stations-service, concessionnaires ou encore zones industrielles se succèdent. Puis je me trouve un peu plus dans la campagne, mais on reste sur une route de type plutôt non-changeant: champs, forêts, forêts puis champs. Je fais deux photos dans la journée, deux rivières qui viennent rompre un peu la monotonie du paysage. Rivières qui se ressemblent fortement au demeurant. De pluie peu de traces, seulement quelques gouttes qui écourtent une de mes pauses. Je décide de m’arrêter dans un champ pour la nuit, et au moment où je finis de monter la tente, l’orage éclate. Clutch.

Rivière n°1
Same same, but different (comme disent souvent mes amis indiens)

Ça tonne fort pendant la nuit, ça tombe même assez près une ou deux fois mais ça ne m’empêche pas de dormir comme un loir. Le lendemain, il ne pleut plus quand je me lève mais je me prends une grosse averse quelques minutes après le départ : je dois avouer que c’est pas idéal pour l’échauffement… La route monte encore un peu, mais je me retrouve assez rapidement dans une belle descente, avec le soleil qui commence à sortir de derrière ses nuages. La route est bien plate en plus, ça fait du bien après les gros dénivelés des derniers jours. Je décide de faire un petit détour pour me rapprocher de la mer, essayer d’apercevoir quelques plages, grand bien m’en prend ! Je suis la côte pendant une dizaine de kilomètres et je m’en mets plein les yeux…

Je retrouve la nationale pendant quelques kilomètres, puis à nouveau la plage, les falaises, les rochers, la mer. Tout ça toujours sous le soleil, avec quelques nuages dans le ciel qui semblent repoussés loin de la mer, loin de ma route… j’en profite ! Je traverse la jolie ville de Luarca, qui me rappelle un peu Karlovy Vary en République tchèque, et me lance à l’assaut de la petite route de montagne qui doit m’amener à l’endroit que j’ai repéré pour m’arrêter cette nuit. Ça louvoie dans la forêt, ça passe et repasse sous l’autoroute, dans des petits villages, en vue de la mer ou un peu plus dans les terres, sous un ciel bien gris mais toujours pas de pluie. J’arrive à la Playa del Silencio (très poétique comme nom), magnifique, et je repère une petite cahute en contrebas qui me fera un abi parfait contre le vent. Manque de pot, cette cahute semble être la garçonnière de quelqu’un, ce quelqu’un étant justement en train de repeindre son toit (il doit probablement être hussard ce garçon…). Raté. Heureusement, il y a un petit bout de terrain plat un peu plus haut sur la falaise : meilleur spot de bivouac du monde, et je pèse mes mots !

Luarca
la Playa del Silencio
Le hussard sur le toit…
The Spot

Comme la veille, la pluie se met à tomber au moment où je suis à l’abri. Je regarde la météo pour essayer de me rassurer pour le lendemain : raté, ils annoncent de la pluie toute la journée. Génial. Il ne me reste plus qu’à dormir et espérer… Il pleut toute la nuit, mais encore une fois pas le matin quand je me réveille… Que demande le peuple ! La journée se passe encore une fois sous le soleil, peu de péripéties, sauf quand la nationale que je suis se transforme en autoroute, ou que je suis tellement absorbé par mon GPS que je rentre dans une voiture à Oviedo. Bilan : une sacoche à jeter et une bonne frayeur mais sinon tout va bien !

Cudillero
La campagne avant d’arriver à Oviedo

J’ai le temps de faire un petit tour d’Oviedo entre les gouttes de pluie et les verres de cidre, et je trouve des statues un peu partout, ça doit être un sujet de campagne électorale pour les maires d’Oviedo : à qui ajoutera le plus de statues ! Sur ce, à plus !

Woody Allen
Mafalda
La Maternidad, de Botero
La Régente

The Camino de Santiago

Day 280, Santiago de Compostella, 15.819 km

Like many things since the beginning of this trip, I had been told about it, but apparently hearing and feeling are not the same thing. « Santiago de Compostela, you’ll see, you need to climb it ». « The north of Spain, you don’t stop going up and down”. I have to admit, once again, that I didn’t choose the easiest way (at the same time I wouldn’t have left Hamburg if I had followed the easy way), but still: on average over the last 3 days: 138 km / 2. 534 m of ascent per day (the time is long gone when exceeding 2.500 m of ascent in one day was considered as a feat… and at that time I was « only » doing 100 km in one day… we’ll say that training pays off!). Indeed I confirm, you need to have good legs to go to Santiago…

Let’s meet where I left you last time: I’m sipping a glass of port, in Porto, to digest the gargantuan brunch I just ate. The weather is a bit cloudy, and I hurry to do the 2-3 errands I need to do before the rain breaks. Ready for the departure, I just have to enjoy a good night sleep before the next day. The weather is grey. I keep my fingers crossed that it will last as long as possible. The beginning of the ride is quite monotonous: I go from one village to another, without even a forest to break the continuity of car dealerships, supermarkets and industrial areas. I’m a little bit above the Douro valley, but apart from some houses and a few rows of vineyards here and there, there’s not much to admire… I arrive in Amarante, and the road starts to go down (or rather up) a little bit more in the nature, in the forest. Nice. On the other hand, this is the moment where raindrops start to fall… Less nice…

The Douro valley
Fortunately there are bus stops to take shelter during the breaks…

The advantage with the rain is that it refreshes you a bit during the climbs. And we’re not talking about a horizontal downpour that makes you feel like you have to lift mountains every time you pedal, but a light rain, not too violent… but I’m still wet… Anyhow, I’m still in a good mood, or at least in a good enough mood to admire the view during the climb. The colors come out differently, the top of the mountain is often in the clouds, it is difficult to evaluate the distances, but the bottom of the valley invaded by clouds is worth a look…

I finally arrive in Vila Real. The Lonely Planet sold me the highest wine region in Portugal. I may have the highest rainfall in Portugal, but I don’t feel like going for a walk in the vineyards… I take a little tour of the city center, but I quickly get tired of the cobblestones (a custom in Portugal apparently, for any medium-sized city, the city center has to be entirely cobblestoned…) and I start looking for a café for a little break. After 2 coffees, 2 sandwiches and 4 Pasteis de Nata, I’m still wet and the idea to stop in a hostel for the night crosses my mind. But it doesn’t last, and I quickly have a much better idea: to warm up, there is nothing like a little climb. And it’s a good thing, to get out of Vila Real, I have to go through a pass at 1.000 m. Andale!

Vila Real seen from above

The rain calms down on the last kilometers of the climb, I even have the impression to dry and I find a small corner of nice forest to spend the night. Just before the next rain shower… The next day, everything is soaked, especially the shoes that it is very unpleasant to put back on, but it is not raining. A fog covers everything and hides the road after a few meters. Not ideal for the descent. At a sharp bend in the road, I see a little late the car coming in front of me. None of us is going fast, the probabilities of collision are close to zero, but I brake anyway. Bad idea. The road is soaked, slippery, my rear wheel skids and I end up on the ground. Clever. Fortunately, more fear than harm, I can leave with a good fracture of my self-esteem but nothing more serious. Then I find a bike path (it must be the second one I find in Portugal…) that takes me through the vineyards, that goes up a little and down a lot, in short I enjoy it. 

The road in the fog
The vineyards without the rain this time

Against the advice of my GPS, I decide to follow the departmental road. Good idea! A nice artificial lake is waiting for me at the bend with a long descent towards Viera do Minho. With a few more degrees I would have gone for a swim. Viera do Minho, my last stop on Portuguese soil. For good measure, I order 4 Pasteis de Nata at the local pastry shop, then 2 more (I’m told that the ones from Lidl in Spain are not bad, I’ll have to test them…). Then I go against the GPS again (we will not have been very much in agreement during this day), and it is still a very good idea. The views on the valley of Cávado are simply grandiose. With the sun rising as a bonus. Fairy-like…

Mountain lake…
The valley of the Cávado

Then begins the ascent towards the Spanish border. The road winds in the forest, in the shade of the trees, with from time to time a view on the valley. The trees are gigantic, the rock formations too, and I feel very small in the middle of all these giants. The sun is beating down, but there is a water source to drink from almost every kilometer, and even some impressive waterfalls.

I wonder what is waiting for me at the border, as usual I start to think, to repeat in my head the story I will be able to tell to the customs officers. I come across some cars that have passed me a little earlier and are coming back down. I start to wonder. And when I reach the top, the border is indeed closed…

Ha Ha Ha

It is written that I will not have any problems at the borders. I lose one hour and I start a superb descent. Spain knows how to welcome ! I meet a German cyclist who makes the road in the other direction, we discuss a little and I set off again. There is a bit of wind, it’s still climbing (not too much but enough to feel it) and the day starts to be a bit long. I find a small flat spot just after a last big climb, perfect to bivouac.

The sun rises

I start by going downhill the next day, but as I will soon realize, « Every descent to Santiago must be climbed again ». Moreover the sky decided to play with my nerves. It’s raining. I put on pants, overshoes and close the jacket. I start to feel hot. So hot that I wonder if I’m wet from the rain or from sweat. It stops raining. I force myself to wait a bit before taking it all off, you never know. Finally I am too hot, I remove the rain gear. Guess what, it starts raining again. Too bad, all this will dry tonight… Last big climb before the finish, I get ready to push on the pedals for 20 km. After 10 km, it goes down again… « Nice to see these climbs going down, I think to myself ». Except that every descent must be climbed again… Ha Ha. The end of the stage reminds me of the departure from Porto. City, city then city. Gas station, car dealer, supermarket. In short, I arrive in Santiago…

I find cyclists in my room when I arrive, they go to Portugal, so we spend the evening together, get some drinks and eat a huge burger. I even discuss with a German who is travelling on foot, and meet a girl whom I had already met in Seville 3 weeks ago… Long live the travels!

The cathedral of Santiago under construction… coincidence, I don’t think so

Le chemin de Compostelle

Jour 280, Saint Jacques de Compostelle, 15.819 km

Comme beaucoup de choses depuis le début de ce voyage, on m’en avait parlé, mais apparemment, entendre et ressentir, ce n’est pas la même chose. « Compostelle, tu verras, ça grimpe ». « Le nord de l’Espagne, c’est des plateaux, t’arrêtes pas de monter et de descendre ». Alors je dois reconnaitre, encore une fois, que je n’ai pas choisi la voie la plus facile (en même temps je ne serais pas parti d’Hambourg si j’avais suivi la solution de facilité), mais tout de même : en moyenne sur les 3 derniers jours : 138 km / 2.534 m de dénivelé par jour (il est loin le temps ou le fait de dépasser les 2.500 m de dénivelé sur une journée passait pour un exploit… et à l’époque je ne faisais « que » 100 km sur la journée… on dira que l’entrainement porte ses fruits !). Donc je confirme, il faut avoir les jambes pour monter à Compostelle…

Retrouvons-nous là où je vous ai laissés la dernière fois : je suis en train de siroter un verre de Porto, à Porto, pour digérer le brunch gargantuesque que je viens d’avaler. Le temps est un peu couvert, et je me dépêche de faire les 2-3 courses qui me manquent avant que l’averse n’éclate. Fin prêt pour le départ, il ne me reste qu’à profiter d’une bonne nuit de sommeil avant le lendemain. Le temps est au gris. Je croise les doigts pour que ça tienne le plus longtemps possible. Le début de l’étape est assez monotone : je passe de village en village, sans même une forêt pour briser la continuité des concessionnaires auto, supermarchés et autres zones industrielles. Je suis un peu en surplomb de la vallée du Douro, mais à part des maisons et quelques rangs de vignes de ci de là, il n’y a pas grand-chose à admirer… J’arrive à Amarante, et la route commence à s’enfoncer (ou plutôt à s’élever) un peu plus dans la nature, dans la forêt. Chouette. En revanche c’est le moment que choisit la pluie pour se mettre à tomber… Moins chouette…

La vallée du Douro
Heureusement qu’il y a des abribus pour s’abriter pendant les pauses…

L’avantage avec la pluie, c’est que ça rafraichit un peu pendant les montées. Et puis on ne parle pas d’une pluie battante à l’horizontale qui donne l’impression de devoir soulever des montagnes à chaque coup de pédale, mais d’une petite pluie fine, pas trop violente… mais qui mouille quand même… Donc je suis encore de bonne humeur, du moins d’assez bonne humeur pour admirer la vue pendant la montée. Les couleurs ressortent différemment, le sommet de la montagne est souvent dans les nuages, il est difficile d’évaluer les distances, mais le fond de la vallée envahi de volutes de nuages vaut le coup d’œil…

Je finis par arriver à Vila Real. Le Lonely Planet m’a vendu la région viticole la plus haute du Portugal. J’ai peut-être la pluie la plus haute du Portugal, mais en tout cas pas l’envie d’aller me promener dans les vignes… Je fais un petit tour du centre-ville, mais j’en ai vite marre des pavés (une coutume au Portugal apparemment, pour toute ville de taille moyenne, le centre-ville doit être intégralement pavé…) et je me mets en quête d’un café pour une petite pause. Après 2 cafés, 2 sandwich et 4 Pasteis de Nata, je suis toujours mouillé et l’idée de m’arrêter dans une auberge pour la nuit me traverse l’esprit. Mais ça ne dure pas, et j’ai très vite une bien meilleure idée : pour se réchauffer, rien de tel qu’une petite montée. Et ça tombe bien, pour sortir de Vila Real, je dois passer un col à 1.000 m. Andale !

Vila Real vue d’en haut

La pluie se calme sur les derniers kilomètres de montée, j’ai même l’impression de sécher et je me trouve un petit coin de forêt sympa pour passer la nuit. Juste avant l’averse suivante… Le lendemain, tout est trempé, notamment les chaussures qu’il est très désagréable de remettre au pieds, mais il ne pleut pas. Un brouillard couvre tout et masque la route au bout de quelques mètres. Pas idéal pour la descente. Au détour d’un virage un peu serré, je vois un peu tard la voiture qui arrive en face. Ni elle ni moi n’allons très vite, les probabilités de collision sont proches du néant, mais je donne un gros coup de frein quand même. Mauvaise idée. La route est trempée, glissante, ma roue arrière dérape et je me retrouve par terre. Malin. Heureusement plus de peur que de mal, je peux repartir avec une bonne fracture de l’amour propre mais rien de plus grave. Je trouve ensuite une voie verte (ça doit être la deuxième que je trouve au Portugal…) qui m’emmène dans les vignes, qui monte un peu et descend beaucoup, en bref je me régale.  

La route dans le brouillard
Les vignes sans la pluie cette fois

Contre l’avis de mon GPS, je décide de suivre la départementale. Bonne idée ! Un joli lac artificiel m’attend au détour d’un virage avec une longue descente vers Viera do Minho. Avec quelques degrés de plus je serais allé me baigner. Viera do Minho, ma dernière halte en terre portugaise. Pour faire bonne mesure, je commande directement 4 Pasteis de Nata à la pâtisserie du coin, puis 2 de rab (on me dit dans l’oreillette que celles du Lidl en Espagne ne sont pas mauvaises, il va me falloir aller tester…). Puis je coinche le GPS à nouveau (on n’aura pas été très d’accord pendant cette journée), et c’est encore une très bonne idée. Les vues sur la vallée du Cávado sont tout simplement grandioses. Avec le soleil qui se lève en prime. Féerique…

Lac de montagne…
La vallée du Cávado

Puis commence la montée vers la frontière espagnole. La route serpente dans la forêt, à l’ombre des arbres, avec de temps en temps un point de vue sur la vallée. Les arbres sont gigantesques, les formations rocheuses aussi, et je me sens tout petit au milieu de tous ces géants. Le soleil tape, mais il y a de quoi boire quasiment tous les kilomètres, et même des cascades assez impressionnantes.

Je me demande ce qui m’attend à la frontière, comme d’habitude je commence à me faire des films, à répéter dans ma tête l’histoire que je vais pouvoir raconter aux douaniers. Je croise des voitures qui m’ont doublé un peu auparavant qui redescendent. Je commence à me poser des questions. Et quand j’arrive au sommet, la frontière est effectivement fermée…

Ha Ha Ha

Décidément, il est écrit que je n’aurai pas de problèmes aux frontières. Je perds une heure et je me lance dans une superbe descente. L’Espagne sait accueillir !! Je croise un cycliste allemand qui fait la route dans l’autre sens, on discute un peu et je me remets en route. Il y a un peu de vent, ça grimpe toujours autant (pas trop mais suffisamment pour le sentir) et la journée commence à être un peu longue. Je me trouve un petit coin plat juste après une dernière grosse montée, parfait pour bivouaquer.

Le soleil se lève

Je commence par descendre le lendemain, mais comme je vais assez vite m’en rendre compte, « Toute descente vers Compostelle se remonte un jour ». En plus le ciel a décidé de jouer avec mes nerfs. Il pleut. Je mets pantalon, sur-chaussures et ferme la veste. Je commence à avoir chaud. Tellement chaud que je me demande si je suis mouillé à cause de la pluie ou de la transpiration. Il s’arrête de pleuvoir. Je me force à attendre un peu avant d’enlever le tout, on ne sait jamais. Finalement j’ai trop chaud, je retire la tenue de pluie. Comme par hasard il se remet à pleuvoir. Tant pis, tout ça sèchera ce soir… Dernière grosse montée avant l’arrivée, je me prépare à pousser sur les pédales pendant 20 km. Au bout de 10, ça redescend. « Sympa ces montées qui descendent, me dis-je ». Sauf que toute descente se remonte… Ha Ha. La fin de l’étape me fait penser au départ de Porto. Ville puis ville puis ville. Station-service, concessionnaire, supermarché. Bref, j’arrive à Compostelle…

Je trouve des cyclistes dans ma chambre en arrivant, ils vont vers le Portugal, du coup on en profite pour passer la soirée ensemble, boire quelques coups et manger un énorme burger. Je discute même avec un allemand qui se déplace à pieds lui, et croise une fille que j’avais déjà croisé à Séville il y a 3 semaines… Vive les voyages !!

La cathédrale de Compostelle en travaux… coïncidence, je ne crois pas…

Quinta da Roda da Quintã: live elsewhere, live differently…

Day 276, Porto, 15.405 km

I leave the bike road and enter the village of Farminhão. I go up the main street. I look for a ceramic sign, as I have seen so many on my way. Here it is! Quinta da Roda da Quintã, here we are. Two grannies are talking in front of the door. They look at me while I pass by. They don’t say a word. No doorbell, I push the door, I enter. No one is there. Horses, chickens, a van (the famous « Berlingue », I’ll be introduced to it later), a horse trailer, but otherwise nobody in sight. I go around the house and finally come across some people: « Hello, I am Pierre Lunet – Ah, the cyclist! I’m going to look for Charlotte and Paul, they must be bottling ». This is how I meet the little community. Charlotte, Elena, Chamo, Edouard, Johnny H and Paul (some protagonists having preferred to remain anonymous, names may have been changed…). They are castle-owners, WWOOFers who have become associates or visitors. They are winemakers, brewers, horse, goose, duck or chicken breeders, farmers, handymen and cooks. They are also great puzzle and “palet” specialists. They are smiling and welcoming, full of projects and ideas. You feel good in Farminhão. So good that I decide to stay one more night (I have to admit that the prospect of tasting a Flemish carbonnade the second night weighed heavily in the balance). I leave with two books, a flask of Kombucha, but above all, lots of ideas to digest. Thank you, a thousand times thank you!

The geese, the vegetable garden
The castle

But before arriving in Farminhão, I have first to leave Coimbra. Big mountain stage planned with an arrival at the summit. At the Summit itself: Torre, the highest point of continental Portugal, in the middle of the Serra Da Estrela Natural Park. 1.993m. We’ll do some climbing. And without transition, it gets starts right at the beginning. I have to climb on the heights of Coimbra to get out of the city. At least I can engrave a nice image of it in my memory before turning my back on it. I go back down in the valley to follow the Mondego river, the road is magnificent: on the side of the mountain, with the river sparkling below. Long lazy curves that follow the relief. The sound of the wind in the trees. A village perched on the hill that appears from time to time. The sun shining. There are even fountains on the side of the road to fill my water bottles. I am in heavens…

I then leave the river and head towards the park. I start to see mountains in the distance. I wonder which one I will sleep on tonight. Hard to say at this distance. I am alone on the road that slowly starts to rise. I hear the wind and the birds. But nothing else. The landscape changes. Spots of yellow come to disturb the green. The ochre of the earth too. And rocks seem to come out of the ground everywhere. As if sown by a giant Tom Thumb. I approach and the mountain grows, grows, grows. I have a small ball in the stomach: it looks high and a lot to climb…

After the village of São Romão, things start to get serious: I just have to follow the signs « Torre ». It’s 4pm. The sun is shining hard. Just writing these words makes me thirsty (fortunately, I have a cold beer this time). And it climbs. The ascent is rather smooth, and I was able to find the only road that nobody uses. The sounds of the city, the wind, the birds are fading. All that remains is my breath and the occasional squeak of a pedal. And my heart racing as the slope gets harder. The landscape changes again. Drier. More rocks. And those endless twists and turns that go up and up and up.

Small break before starting the last 20 km. It’s cool. Even cooler than the last time I climbed this high, in Spain. There are a few more cars, and I get thumbs up, honks of encouragement, or sometimes just surprised looks… I pass a small dam, a big dam, and a big climb and I finally see it: Torre. The summit. The arrival.

Vale Da Nave Traversa
Torre, still in the distance

It’s easier to go on when you see the end of the climb. And the landscape is superb. The sun that starts to decline makes small pools sparkle, changes the color of the rocks. And in the corners of shade, snow (!!). A ski resort too, which lets you imagine the layout of its slopes on the snowless sides of the hills. And a last turn to the right, 500 meters of ascent, and there we are, after 115 km, 3.137 m of difference in height, almost 9 hours of bicycle, on the roof of Portugal. Just in time for the sunset. Moreover, there is almost nobody, and an abandoned house a little below, which offers a shelter to the glances and to the wind, ideal place to pitch the tent for the night. And wood everywhere : I absolutely have to make a fire !

It feels like the end is near
At the top!

I pitch the tent and I launch into the pyromaniac operation. I even fantasize about the fact that I will be able to cook with wood fire. The receipts and the tourist map of Lisbon that I kept specifically for this occasion are torn and rolled into paper balls, I look for kindling, rubbing my hands in anticipation. I try to light the paper. Too much wind. I build a fireplace with stones that are lying around, it’s not much better. I get my « walls » up, and I manage to get the paper to burn. It produces smoke, more smokes, but the wood doesn’t burn. I blow, I change the arrangement of my pieces of wood, blow again. Still smoke but no fire. Apparently one can also make smoke without fire. After one hour of efforts, I decide to take refuge in the tent, without fire. This time I failed. I only have the sleeping bag solution to escape the cold…

The next morning reminds me of the most beautiful winter mornings: no desire to get out of the sleeping bag, the feeling of freezing on the spot when I fold the tent, I have to do it twice to fold my mattress because my fingers are so numb. I take out my hat, gloves and pants and start the descent, under the sun. And it is magnificent. First the grey of the rock and the blue of the water, then the green of the glacial valley of Zêzere to go down to Manteigas.

Once in Manteigas, you have to get out of the valley. So go up. A « small » pass at a little more than 1,200 m of altitude. But here too, the slope is rather gentle, the road empty, the climb pleasant under the sun. Not a cloud in sight. Not a sound either. And once the summit is passed, a nice descent in the valley. The rest of the stage is rather quiet until the arrival to Farminhão

We finish the climb…
… to start descending

From Farminhão, direction Porto. One more mountain to climb, and I tell myself that like the two previous ones, I will have a nice and rolling road. It’s going to be a smooth ride. Funny. This time it’s a hard climb. Very hard. At kilometer 36 in particular, probably around 1.000% average (according to the unions, according to the police it’s more like 15%). It’s been a long time since I suffered so much on a climb. Or for such a long time. I am also almost attacked by a dog when I stop to take a picture. Great. But the view is beautiful from the top and I even pass by the São Pedro Velho (The Old Saint Peter, if Google Translate does not lie). And then the descent is a treat.

This good old São Pedro
And we go down again

The rest of the stage is rather urban, full of exhaust pipes and traffic lights. The sight on Porto from the Luis I bridge is worth the detour, the small restaurant of the evening as well. Next part of the program: rest and visit of the city before heading to Santiago de Compostela! Adeus!

Porto from the Luis I bridge

Current status: we approach the end of Portugal…

Quinta da Roda da Quintã: vivre ailleurs, vivre autrement…

Jour 276, Porto, 15.405 km

Je sors de la piste cyclable et rentre dans le village de Farminhão. Je remonte la rue principale. Je cherche des yeux un panneau en céramique, comme j’en ai vu tant sur mon passage. Le voilà ! Quinta da Roda da Quintã. On y est. Deux mamies discutent devant la porte. Elles me regardent passer. Ne disent rien. Pas de sonnette, je pousse la porte, je rentre. Personne. Des chevaux, des poules, une camionnette (la fameuse « Berlingue », on me fera les présentations plus tard), un van pour chevaux, mais sinon personne en vue. Je fais le tour de la maison pour finalement tomber sur des gens : « Bonjour, je suis Pierre Lunet – Ah, le cycliste ! Je vais chercher Charlotte et Paul, ils doivent être en train de mettre en bouteille ». C’est ainsi que je fais la rencontre de la petite communauté. Il y a Charlotte, Elena, Chamo, Edouard, Johnny H et Paul (quelques protagonistes ayant préféré garder l’anonymat, certains noms ont été modifiés…). Ils sont châtelains, WWOOFers devenus associés ou visiteurs. Ils sont vignerons, brasseurs, éleveurs de chevaux, d’oies, de canards ou de poules, maraîchers, bricoleurs et cuisiniers. Grands spécialistes de puzzle et de palet aussi. Ils sont souriants et accueillants, pleins de projets et d’idées. On se sent bien à Farminhão. Tellement bien que je décide de rester une nuit de plus (il faut avouer que la perspective de déguster une carbonnade flamande le second soir a fortement pesé dans la balance). Je repars avec deux livres, une gourde de Kombucha, mais surtout plein d’idées à digérer. Merci, mille fois merci !

Les oies, le potager
Le château

Mais avant d’arriver à Farminhão, il faut d’abord partir de Coimbra. Grosse étape de montagne prévue avec une arrivée au sommet. Au Sommet même : Torre, le point le plus haut du Portugal continental, au milieu du Parc Naturel Da Serra Da Estrela. 1.993m. Ça va grimper. Et sans transition, ça chauffe dès le départ. Il faut monter sur les hauteurs de Coimbra pour sortir de la ville. Au moins je peux graver une belle image de celle-ci dans ma mémoire avant de lui tourner le dos. Je redescends dans la vallée pour suivre le fleuve Mondego, la route est magnifique : à flanc de montagne, avec la rivière qui scintille en contrebas. De longues courbes paresseuses qui suivent le relief. Le bruit du vent dans les arbres. Un village perché sur la colline qui apparaît de temps en temps. Le soleil qui brille. Il y a même des fontaines au bord de la route pour remplir mes gourdes. Je plane…

Puis je quitte le fleuve et me dirige vers le parc. Je commence à voir des montagnes dans le lointain. Je me demande au sommet de laquelle je vais dormir ce soir. Difficile à dire à cette distance. Je suis seul sur la route qui commence doucement à s’élever. J’entends le vent et les oiseaux. Mais rien d’autre. Le paysage change. Des taches de jaune viennent troubler le vert. L’ocre de la terre aussi. Et des rochers semblent sortir de terre un peu partout. Comme semés par un petit Poucet géant. Je m’approche et la montagne grandit, grandit, grandit. J’ai une petite boule à l’estomac : ça a l’air haut tout ça…

Après le village de São Romão, les choses sérieuses commencent : je n’ai plus qu’à suivre les panneaux « Torre ». Il est 16h. Le soleil tape fort. Rien que d’écrire ces mots me donne soif (heureusement, j’ai une bière bien fraîche cette fois). Et ça grimpe. La montée est plutôt roulante, et j’ai dû encore trouver la seule route que personne n’emprunte. Les bruits de la ville, du vent, des oiseux s’estompent. Il ne reste que mon souffle et le grincement occasionnel d’une pédale. Et mon cœur qui s’emballe quand la pente se durcit. Le paysage change encore. Plus sec. Plus de rochers. Et ces lacets interminables qui montent, montent encore et montent toujours.

Petite pause avant d’entamer les 20 derniers kilomètres. Il fait frais. Plus frais encore que la dernière fois que je suis monté aussi haut, en Espagne. Il y a un peu plus de voitures, et j’ai le droit à des pouces levés, des coups de klaxon d’encouragement, ou parfois juste des regards étonnés… Je passe une petite retenue d’eau, un grand barrage, et une grosse montée et je l’aperçois enfin : Torre. Le sommet. L’arrivée.

Vale Da Nave Traversa
Torre, encore dans le lointain

C’est plus facile d’avancer quand on voit le bout de la montée. Et le paysage est superbe. Le soleil qui commence à décliner fait scintiller des petites mares, change la couleur des rochers. Et dans les coins d’ombre, de la neige (!!). Une station de ski aussi, qui laisse imaginer le tracé de ses pistes sur les pentes sans neige. Et un dernier virage à droite, 500 mètres de montée, et on y est, après 115 km, 3.137 m de dénivelé, presque 9 heures de vélo, sur le toit du Portugal. Juste à temps pour le coucher du soleil. En plus, il n’y a quasiment personne, et une maison abandonnée un peu en contrebas, qui offre un abri aux regards et au vent, lieu idéal pour planter la tente pour la nuit. Et du bois un peu partout : il faut absolument que je fasse un feu !!

Ça sent la fin
Tout en haut !

Je plante la tente et je me lance dans l’opération pyromane. Je fantasme même sur le fait que je pourrai faire la cuisine au feu de bois. Les tickets de caisse et la carte touristique de Lisbonne que je gardais spécifiquement pour cette occasion sont déchirés et roulés en boules, je cherche du petit bois, me frotte les mains par avance. J’essaye d’allumer le papier. Trop de vent. Je construis un foyer avec des pierres qui traînent, c’est pas beaucoup mieux. Je fais monter mes « murs », et je parviens à faire prendre le papier. Ça fume, ça fume, mais ça ne prend pas. Je souffle, je change la disposition de mes bouts de bois, souffle encore. Ça fume toujours mais ça ne brule pas. Comme quoi on peut aussi faire de la fumée sans feu. Au bout d’une heure d’efforts, je me résous à me réfugier dans la tente, sans feu. Raté pour cette fois. Il ne me reste que la solution sac de couchage pour échapper au froid…

Le lendemain matin me rappelle les plus beaux matins d’hiver : aucune envie de sortir du sac de couchage, le sentiment de geler sur place quand je replie la tente, je dois m’y reprendre à deux fois pour replier mon matelas tellement j’ai les doigts gourds. Je sors bonnet, gants et pantalon et me lance dans la descente, sous le soleil. Et elle est magnifique. D’abord le gris de la roche et le bleu de l’eau, puis le vert de la vallée glaciaire de Zêzere pour descendre jusqu’à Manteigas.

Une fois à Manteigas, il faut ressortir de la vallée. Donc remonter. Un « petit » col à un peu plus de 1.200 m d’altitude. Mais là aussi, la pente est plutôt douce, la route vide, la montée agréable sous le soleil. Pas un nuage en vue. Pas un bruit non plus. Et une fois le sommet passé une belle descente dans la vallée. Le reste de l’étape est assez tranquille jusqu’à l’arrivée à Farminhão

On finit de monter…
… pour commencer à descendre

Depuis Farminhão, direction Porto. Un col à passer encore, et je me dis que comme les deux précédents, j’aurais une belle route bien roulante. Ça va passer comme une lettre à la poste. Marrant. Cette fois ça monte dur. Très dur. Au kilomètre 36 notamment, probablement autour des 1.000% de moyenne (selon les syndicats, selon la police on serait plutôt autour des 15%). Ça fait longtemps que j’avais autant souffert dans une montée. Ni aussi longtemps. Je me fais aussi quasiment agresser par un chien alors que je m’arrête pour faire une photo. Super. Mais la vue est belle d’en haut et je passe même à côté du São Pedro Velho (Le Vieux Saint Pierre, si Google Translate ne ment pas). Et la descente ensuite un régal.

Ce bon vieux São Pedro
Et on redescend

Le reste de l’étape est plutôt urbain, plein de pots d’échappements et de feux tricolores. La vue sur Porto depuis le pont Luis I vaut le détour, le petit resto du soir aussi. Suite du programme : repos et visite de la ville avant de se lancer vers Compostelle ! Adeus !

Porto depuis le pont Luis I

Le point sur les scores : on se rapproche de la fin du Portugal…

Bom Bia!!

Day 272, Coimbra, 15.066 km

I must admit that, despite my 9 days in Portugal, my language skills are limited to saying « Hello » and « Thank you ». I asked at least 5 people how to say « I’m sorry, I don’t speak Portuguese, do you speak English? » only to forget it right away. But that doesn’t stop me from making myself understood when it comes to ordering a beer or a Pasteis de Nata, or saying hello to people I meet on the road. A vinyl seller on a scooter who is a soccer fan and stops on the side of the road to chat for a quarter of an hour. A granny in a small village who gives me a resounding « Bonjour ». A little old man in the next village who wants to high five me while passing. The operation failed despite a slightly perilous maneuver, but the intention was there. A woodcutter who answers me something incomprehensible. I smile. He also smiles. All good. And these girls who are looking for I don’t know what in the night, who see my tent, see me, say something. I answer « Ola ». They leave. Why not…

Lisbon – Coimbra. Some rain, a little. First, when leaving Lisbon. The kind of rain in which you are soaked the moment you step outside. Fortunately it didn’t last, and a Pasteis break in Belem allowed me to escape the main part of the deluge. In the evening when I arrive in Pedrogão too. I am on the Estrada Atlantica. Beautiful straight lines, all flat, with a bike path, not very pleasant with the rain and the headwind. I think I see a break through the clouds in the distance, I push on the pedals hoping that the rain will calm down. It’s still raining. I see a building (store ? hotel ?) a bit far from the road with a kind of covered courtyard : the cobblestones are not ideal to pitch my tent but at least I’m sheltered.

The Estrada Atlantica

Lisbon – Coimbra. This is also the most western point of my trip, and this time I got my sign (a monument even). I’m about 30 kilometers away from Lisbon, I left the coast to go up a bit inland. I am in a nice descent and the GPS makes me take a sharp right turn. I have a sign in front of me that tells me that there is something to see a little further down. « Cabo da Roca ». Probably a lighthouse. Allright. It’s always nice to see the sea. It turns out that in addition to the sea, I also see a sign that tells me I’m at the westernmost point of continental Europe. So it was a close call. I also meet a Belgian cyclist. No need to show off my knowledge of Portuguese this time…

The sea…
… and the Cabo da Roca
The Monument

Lisbon – Coimbra. Lots of beautiful cities and villages. Cascais first, just after Lisbon. Then Alcabideche, a little higher up in the mountains. Then Praia Das Maçãs, perched on a cliff overlooking the beach. Ericeira, where I feel like all the houses – I mean ALL the houses – are exactly the same. Geraldes, in homage to all the Geralds of this world. Peniche. I did the mandatory tour of Peniche, but not by boat (in French: peniche = barge). São Martinho do Porto, nestled on one of the arms of the cove whose name I could not find. Then Nazaré, which can be admired from the top of the cliff that dominates it. Montemor-o-Velho, overlooked by its castle (and since I passed by Montemor-o-Novo a little while ago, I thought it was a nice wink). Coimbra finally, its university, its cobbled streets, its parks, its churches and its full terraces (for once!!)

Cascais
Alcabideche
Praia Das Maçãs
Ericeira – find the 7 differences between the right and left row
São Martinho do Porto
Nazaré
Montemor-o-Novo
Arrival in Coimbra

Lisbon – Coimbra. Miles of cliffs. Endless beaches. And pork chops (difficult to translate in English, sorry) to earn all this (For vegetarians, and probably for most others as well, the pork chop is a steep, very steep hill, which stops you in the first two meters of the climb despite all the momentum you may have gained before. Once you get to the top of the hill – if you managed to keep your foot off the ground in the middle – you turn around and exclaim « What a pork! »). Moments spent with my mouth open, wondering how nature can make such beautiful things. The hour I spent riding around Peniche, stopping again and again to take pictures, trying to find words to describe what I see (a giant puzzle maybe), what I feel in front of these rocks that stand in the middle of the waves. I’m still trying…

Lisbon – Coimbra. Fishermen too. A lot of them. I didn’t see anyone reeling anything in, but I guess it was still biting…

From tomorrow on, I’ll go through the mountains before heading to Porto, the last city of my trip in Portugal. Until then, take care of yourself!

Bom Dia!

Jour 272, Coimbra, 15.066 km

Je dois reconnaitre que, malgré mes 9 jours de présence au Portugal, ma maitrise de la langue se résume à dire « Bonjour » et « Merci ». J’ai demandé à au moins 5 personnes comment on disait « Je suis désolé, je ne parle pas portugais, parlez-vous anglais ? » pour l’oublier aussitôt. Mais ça ne m’empêche pas de me faire comprendre quand il s’agit de commander une bière ou une Pasteis de Nata, ou encore de dire bonjour aux gens que je croise sur la route. Un vendeur de vinyles en scooter fan de foot qui s’arrête sur le côté de la route pour discuter pendant un petit quart d’heure. Une mamie dans un petit village qui me lance un « Bonjour » retentissant. Un petit vieux dans le village d’après qui veut me taper dans la main en passant. Echec de l’opération malgré une manœuvre un peu périlleuse, mais l’intention y était. Un bucheron qui me répond un truc incompréhensible. Je souris. Lui aussi. Tout va bien. Et ces filles qui cherchent je ne sais quoi dans la nuit, qui voient ma tente, me voient, disent un truc. Je réponds « Ola ». Elles s’en vont. Pourquoi pas…

Lisbonne – Coimbra. De la pluie, un peu. D’abord au départ de Lisbonne. Le genre de pluie où tu es trempé au moment où tu passes la tête dehors. Heureusement ça ne dure pas, et une pause Pasteis à Belem me permet d’échapper au gros du déluge. Le soir en arrivant à Pedrogão aussi. Je suis sur l’Estrada Atlantica. De belles lignes droites toutes plates avec une piste cyclable en plus, pas super agréable avec la pluie et le vent de face. Je crois voir une éclaircie au loin, je pousse sur les pédales en espérant que ça va se calmer. Il pleut toujours. J’aperçois un bâtiment (magasin ? hôtel ?) un peu à l’écart de la route avec une sorte de préau : les pavés c’est pas l’idéal pour planter les sardines mais au moins je suis à l’abri.

L’Estrada Atlantica

Lisbonne – Coimbra. C’est aussi le point le plus à l’ouest de mon voyage, et cette fois j’ai eu le droit à mon panneau (un monument même). Je suis parti de Lisbonne depuis une petite trentaine de kilomètres, j’ai quitté la côte pour monter un peu dans les terres. Je suis dans une belle descente et le GPS me fait prendre un virage serré à droite. J’ai un panneau devant moi qui m’indique un truc à voir un peu plus bas. « Cabo da Roca ». Un phare probablement. Allez. C’est toujours bien de voir la mer. Il s’avère qu’en plus de la mer, je vois aussi un panneau qui m’annonce que je suis au point le plus à l’ouest de l’Europe continentale. Comme quoi, il s’en est fallu de peu. Je croise aussi un cycliste belge aussi. Pas besoin de faire étalage de mes connaissances en portugais cette fois…

La mer…
… et le Cabo da Roca
Le Monument

Lisbonne – Coimbra. Des tas de belles villes et de beaux villages. Cascais d’abord, juste après Lisbonne. Alcabideche ensuite, un peu plus haut dans les montagnes. Puis Praia Das Maçãs, perché sur une falaise qui domine la plage. Ericeira, où j’ai l’impression que toutes les maisons – je dis bien TOUTES les maisons – sont exactement les mêmes. Geraldes, en hommage à tous les Géralds de ce monde. Peniche aussi. J’ai fait le tour de Peniche qui s’imposait, mais pas en bateau. São Martinho do Porto, nichée sur l’un des bras de la crique dont je n’ai pu trouver le nom. Puis Nazaré, qu’on peut admirer depuis le haut de la falaise qui la domine. Montemor-o-Velho, surplombé par son château (et vu que je suis passé pas Montemor-o-Novo il y a peu, je trouve le clin d’œil sympathique). Coimbra enfin, son université, ses rues pavées, ses parcs, ses églises et ses terrasses pleines (pour une fois !!)

Cascais
Alcabideche
Praia Das Maçãs
Ericeira – trouvez les 7 différences entre la rangée de droite et celle de gauche
São Martinho do Porto
Nazaré
Montemor-o-Novo
Arrivée à Coimbra

Lisbonne – Coimbra. Des kilomètres de falaises. Des plages interminables. Et des côtes de porc pour mériter tout ça (Pour les végétariens, et sûrement pour la majorité des autres aussi, la côte de porc est une côte de type pentue, très pentue même, qui t’arrête dans les deux premiers mètres malgré tout l’élan que tu as pu prendre avant. Une fois en haut de la côte de porc – si tu as réussi à ne pas mettre pied à terre au milieu, tu te retournes et tu t’exclames « Oh le porc !! »). Des moments passés la bouche ouverte, à me demander comment la nature peut faire des choses aussi belles. L’heure passée à faire le tour de Peniche, à m’arrêter pour faire et refaire des photos, à essayer de trouver des mots pour décrire ce que je vois (un puzzle géant peut être), ce que je ressens devant ces rochers qui se dressent au milieu des vagues. Je cherche encore…

Lisbonne – Coimbra. Des pêcheurs aussi. Beaucoup. Je n’ai vu personne remonter quoi que ce soit, mais j’imagine que ça devait quand même mordre…

A partir de demain, petit crochet par la montagne avant de me diriger vers Porto, dernière ville-étape de mon trajet au Portugal. D’ici là, prenez soin de vous !

In Portugal, it does (not?) only rains on dumb people!

Day 269, Lisbon, 14.727 km

There is a saying in France, that most people coming from Brittany use: “In Brittany, it rains only on dumb people”. If you have ever talked about rain to a Breton, he probably replied with this famous adage, while giving you a condescending look… I had been told about Portugal that it was a beautiful country, but very rainy. And so far, rain? No, only sunshine and even temperatures already summery (sorry for all those who are in the cold, rain, snow, but I give everything for a little bit of sunshine to come towards you…). And then, while looking at the weather forecast on Friday evening, I see that rain is announced for the next day. There it is. I check in the morning that everything is waterproof, take out the rain Jay-cket, and get ready to ride under the deluge. A few drops here. A few drops there. The sun even comes out. The more the day goes on, the more I start to think that I avoided the worst. The sky is gray but it is the case since the morning. I think of all the people who told me that it rained in Portugal and I see myself giving them a reply like: « Oh yes, it rains in Portugal? It must be like in Brittany then, only on a certain type of people. » I’m laughing until about 5:05 pm. Then after that, not at all. Wind, rain, everything happens at once. A little lull of 5 minutes, I have time to think: « Finally, it was not so bad », and again. I imagine that all the Portuguese are laughing at me at the moment. Finally I set up the tent, I eat and I sleep under the rain. Indeed, it rains on everybody in Portugal… But let’s be honest, it rained for 8 hours since I’m in Portugal, 6 of them spent sleeping, so I’m not going to complain about the weather, quite the contrary!

It’s grey, but it’s still not raining…
… until it starts.

But let’s go back to our story. Under the sun. Well not quite. When I leave Faro, the sky is grey. My spirits are a bit low too. The fact that everything was empty and closed probably. I hope it will not be like that everywhere in Portugal. I’m going towards nature. At least that’s what I think, because at the beginning of the journey, it’s rather dumps, building sites and sand. Well. Then cities. Ferragudo. Portimão. Lagos. Sometimes nice views, beaches, some cliffs, but always a bar or a restaurant (closed) to spoil the view a bit. And the grey sky doesn’t encourage me to stroll in the streets, so I continue, hoping that the best is to come…

Ferragudo
Portimão
Lagos

I’m a bit tired of hotels, camping sites, luxury residences, and it’s a good thing I’m a bit more in the nature. Less people, cars on the road, it’s nice. A paved road even, a slope at 20% (the sign said so), and lots of green. I arrive at the end of the day’s stage, in Sagres, a country of surfers. A nice beach and beautiful cliffs. But I have mixed feelings overall. I had been told so much about the beauty of the South of Portugal, I’m almost a little disappointed…

The paved road, and the slope behind
Sagres, its fort, its cliffs, its surfers…

The next day, we leave towards the North. It is beautiful, hot, the road is nice, in the forest, little wind, lots of pleasure! Then comes the small city of Carrapateira. I see that the cycle track makes a small detour to pass by the sea. « We are not here to follow the main roads, says Bob.” Excellent idea. Nature starts throwing its best at me. Cliffs, beaches, rocks in the water, creeks all more magnificent than one another, with almost nobody on the road. I stop every 200 meters to take a picture. And this goes on for kilometers. Hardly time to recover from my emotions, the road goes down and I find myself on a mini-beach, with all but 5 people. Perfect for a little break. And I have the wind at my back. And it goes on. Cliffs, flowers, colors, I don’t have enough eyes to look. I hesitate to swim, but the 5 minutes spent soaking my feet are enough for me. The water is still a bit cold. In the end I took about 60 pictures during the day… Here is a small selection:

Calm night, but with mosquitoes (I’m getting used to it…). And the next day, it’s Friday. Rainy day. Day in two parts. First part is quiet. I even make a small detour to see an artificial lake. Good but not great. Then I arrive in Évora. It’s supposed to be a small medieval city, with nice streets to stroll in, great for a coffee or a beer in a terrace. It’s true that it’s nice, but everything is paved (with a bike it’s not great), there is nobody in the streets and everything is closed. Impossible to find an open café. I could have visited all the pharmacies of the city, but for the rest, niet. Nada. Nichts. Moreover, the fateful hour of 5:05 pm is coming. I can’t take it anymore. I’m going crazy here. I want to leave this city. All this violence. So I head for Lisbon. I take a little break in Montemor-O-Novo to buy something to cheer me up in the evening. Then I start looking for a place for my tent. Private properties. Everything is fenced. I’m fed up. And it’s raining and I can’t stand it anymore. There is a tree on the side of the road. Between dump and public toilet, I am not sure how to call the place. But that will do. It gives me a relative shelter to set up the tent and I settle a little further. And to top it off, I spill half of my dinner on the ground. I look at the weather forecast to try to find a reason to be happy. Headwind for 2/3 of the way tomorrow. Great. I fall asleep to the sound of raindrops and cars passing by within 5 meters of me…

The dam of Vale do Gaio
Montemor-O-Novo

But it seems to be written that after a shitty day, there is always a day when everything is perfect! The announced headwind is a light side breeze. I pass groups of cyclists who all have a word or a sign of encouragement. The road goes down. In the middle of cork oak forests. And the sun takes its time but eventually shows up. I cross the Rio Tejo in Vila Franca and turn towards Lisbon. Straight line. Tailwind. I even have the whole afternoon to walk around the city…

The oaks have lost their socks
Crossing the Rio Tejo

Except for the people along the river, the city is empty. The cafes with overflowing terraces, the music, the people sitting on the stairs in Bairro Alto, nothing is as I remember. Sunday or COVID, we’ll see tomorrow. That doesn’t stop me from stuffing myself with Pasteis de Nata and climbing thousands of stairs!

The exhibition center
From the heights of the city

Rest day then we continue towards the North from Tuesday morning! See you soon!

Jay and Bob in Lisbon

Au Portugal, il ne pleut (pas?) que sur les cons!

Jour 269, Lisbonne, 14.727 km

Si vous avez un jour parlé de pluie à un breton, il vous a probablement répliqué ce fameux adage, en vous regardant d’un air condescendant… On m’avait dit du Portugal que c’était un pays magnifique, mais très pluvieux. Et jusqu’à présent, pluie ? Que nenni, uniquement du soleil et même des températures déjà estivales (désolé d’en rajouter pour tous ceux qui sont dans le froid, la pluie, la neige, mais je donne tout pour qu’un peu de soleil vienne par chez vous…). Et puis, en regardant la météo vendredi soir, je vois qu’il est annoncé de la pluie pour le lendemain. Allons bon. Je vérifie bien le matin que tout est étanche, ressors la « rain Jay-cket », et me prépare à pédaler sous le déluge. Quelques gouttes par ci. Quelques gouttes par là. Le soleil sort même le bout de son nez. Plus la journée avance, plus je commence à me dire que j’ai évité le pire. Le ciel est gris mais c’est le cas depuis le matin. Je pense à tous ces gens qui m’ont dit qu’il pleuvait au Portugal et me vois leur faire une réplique dans le genre : « Ah oui, il pleut au Portugal ? Ça doit être comme en Bretagne alors, seulement sur un certain type de personnes. » Je me marre bien jusqu’à 17h05 à peu près. Puis après plus du tout. Vent, pluie, tout arrive d’un coup. Petite accalmie de 5 minutes, j’ai le temps de penser : « Finalement, c’était pas si terrible », et rebelote. J’imagine que tous les Portugais rigolent bien en ce moment. Au final je monte la tente, je mange et je dors sous la pluie. En effet, il pleut sur tout le monde au Portugal… Mais soyons honnêtes, il a donc plu 8 heures depuis que je suis au Portugal, dont 6 passées à dormir, donc je ne vais pas me plaindre du temps, bien au contraire !!

C’est gris, mais ça tient…
… jusqu’à ce que ça ne tienne plus.

Mais reprenons le cours de notre histoire. Sous le soleil. Enfin pas tout a fait. Quand je quitte Faro, il fait gris. J’ai le moral un peu en berne aussi. Le fait que tout était vide et fermé probablement. J’espère que ce ne sera pas comme ça partout au Portugal. Je me lance à l’assaut de la nature. Du moins c’est ce que je crois, parce qu’au début du trajet, c’est plutôt décharges, chantiers et sable. Bof. Puis des villes. Ferragudo. Portimão. Lagos. Parfois de jolies vues, des plages, quelques falaises, mais toujours un bar ou un resto (fermés) pour gâcher un peu la vue. Et le gris du ciel ne m’encourage pas à flâner dans les rues, donc je continue, en espérant que le meilleur est à venir…

Ferragudo
Portimão
Lagos

J’en ai un peu marre des hôtels, des campings, des résidences de luxe, et ça tombe bien, je suis un peu plus dans la nature. Moins de gens, de voitures aussi sur la route, c’est agréable. Une route pavée même, une côte à 20% (c’est le panneau qui l’a dit), et plein de vert. J’arrive à la fin de l’étape du jour, à Sagres, pays de surfeurs. Une belle plage et de belles falaises. Mais je suis globalement mitigé. On m’avait tant vendu le Sud du Portugal, j’en serais presque un peu déçu…

La route pavée, et la côte derrière (pas pavée celle-là)
Sagres, son fort, ses falaises, ses surfeurs…

Le lendemain, on repart vers le Nord. Il fait beau, chaud, la route est belle, dans la forêt, peu de vent, beaucoup de plaisir ! Puis arrive la petite ville de Carrapateira. Je vois que la piste cyclable fait un petit détour pour passer en bord de mer. « On n’est pas là pour suivre les départementales, me dit Bob ». Excellente idée. C’est la nature qui déclenche les hostilités. J’en prends plein la vue, à coup de falaises, de plages, de rochers à fleur d’eau, de criques toutes plus magnifiques les unes que les autres, avec quasiment personne sur la route. Je m’arrête tous les 200 mètres pour faire une photo. Et ça dure pendant des kilomètres. À peine le temps de me remettre de mes émotions, la route descend et je me retrouve sur une mini-plage, avec en tout et pour tout 5 personnes. Parfait pour une petite pause. En plus j’ai le vent dans le dos. Et ça continue. Des falaises, des fleurs, des couleurs, je n’ai pas assez d’yeux pour regarder. J’hésite à me baigner, mais les 5 minutes passées à me tremper les pieds me suffisent. Encore un peu froide cette eau. Au final j’ai pris près de 60 photos sur la journée… En voici une petite sélection :

Nuit sans histoires, mais avec moustiques (je commence à avoir l’habitude…). Et le lendemain, c’est vendredi. Jour de pluie. Journée en deux temps donc. Première partie tranquille. Je fais même un petit détour pour aller voir un lac artificiel. Bien mais pas top. Puis j’arrive à Évora. C’est censé être une petite ville moyenâgeuse, sympa pour se balader dans ses rues et prendre un café ou une bière en terrasse. Alors c’est vrai que c’est joli, mais tout est pavé (en vélo c’est pas génial), il n’y a personne dans les rues et tout est fermé. Impossible de trouver un café ouvert. J’aurais pu visiter toutes les pharmacies de la ville, mais pour le reste, niet. Nada. Nichts. En plus l’heure fatidique de 17h05 arrive. Je n’en peux plus. Je devins fou moi ici. Je veux quitter cette ville. Toute cette violence. Cap sur Lisbonne donc. Je fais une petite pause à Montemor-O-Novo pour me procurer de quoi me remonter le moral le soir. Puis je commence à chercher un endroit pour ma tente. Propriétés privées. Tout est grillagé. Y’en a marre. En plus il pleut et j’en peux plus. Il y a un arbre au bord de la route. Entre décharge et toilette publique, je suis partagé. Mais bon. Ça me donne un abri relatif pour monter la tente et je me mets un peu plus loin. Et pour couronner le tout, je renverse la moitié de mon dîner par terre. Je regarde la météo pour essayer de trouver une raison de me réjouir. Vent de face pendant les 2/3 du trajet demain. Super. Je m’endors au bruit des gouttes de pluie et des voitures qui passent à moins de 5 mètres de moi…

Le barrage de Vale do Gaio
Montemor-O-Novo

Mais il semble écrit qu’après un jour pourri, il y a toujours un jour où tout souri ! Le vent de face annoncé est une légère brise de côté. Je croise des grappes de cyclistes qui ont tous un mot ou un signe d’encouragement. La route descend. Au milieu des forêts de chêne-liège. Et le soleil prend son temps mais fini par se montrer. Je traverse le Rio Tejo à Vila Franca et je tourne vers Lisbonne. Ligne droite. Vent arrière. J’ai même toute l’après-midi pour me promener en ville…

Les chênes ont perdu leurs chaussettes
Traversée du Rio Tejo

Mis à part les gens le long du fleuve, la ville est vide. Les cafés aux terrasses qui débordent, la musiques, les gens assis sur les escaliers dans Bairro Alto, rien n’est comme dans mon souvenir. Dimanche ou COVID, on verra demain. Ça ne m’empêche pas de me goinfrer de Pasteis de Nata et de monter des milliers de marches d’escaliers !

Le parc des expositions
Depuis les hauteurs de la ville

Journée de repos puis on continue vers le Nord à partir de mardi matin ! A très vite !

Jay et Bob à Lisbonne