Autumn Break

Day 68, Beaune, 5.728 km

Change of pace since the last article: I’ve spent more time eating and drinking than riding my bike during the past week. Some memorable moments anyway: part of journey at night, the 4 passes of the Chartreuse massif, the departure from La Féclaz under the storm, or the “Chemin des Grands Crus”, I still have some material to tell you a little story…

Lyon – Grenoble: Team-Stage, with Sandrine as my partner. Leaving the city is a bit complicated, a lot of big roads, cars, factories, eastern Lyon is apparently not known for its bucolic landscapes… We pass Bourgoin and things improve a little: it is more hilly, we go through pretty little villages, in orchards, and we end up with a nice climb to arrive at Lake Paladru. The original plan was to take a swim in the water but most of the shores are private and the public beaches are not on our way… Pause by the lake anyway before heading back to Grenoble. We find the Isère and its pretty cycle path for the last kilometers before arriving. The day is starting to get long (130 km in total) and the night is coming. Fortunately, Eve and Le B (who prefers to remain anonymous, so we will not reveal his real name) welcome us with a cold beer and a gigantic dish of ravioles… Everything is perfect! The following day, rest in Grenoble (still with a hike to climb to the top of the Bastille) to prepare for the next stage.

View of the Lac de Paladru
The A-team
Sunset on the banks of the Isère
View of Grenoble from the top of the Bastille

Grenoble – La Féclaz: The stage of the famous Quadricol (made up word that could mean “the 4 passes”). The team has welcomed a new member, Le B, who decided to test Jay’s resistance on the roads of the Chartreuse massif. Like every Friday for the last 20 years, the outfit is the « Pull-Cravate » (Sweater-Tie, especially good for cycling). As she does not have her tie with her, Sandrine prefers to go around the valley and join us in Chambéry. Early start, and after 5 kilometers of flat ride we immediately start: Col de Porte (long but not too hard, we can still see the traces of the passage of the Tour de France on the road), superb descent to Saint Pierre de Chartreuse , Col du Cucheron (short but intense), we descend and we go up via the Col du Granier (long and warm) before descending on the mountainside towards Chambéry. We find Sandrine there for a short lunch break before embarking on the last difficulty of the day: the climb to La Féclaz via the Col de Plainpalais (long and hard). Almost 3,000 m of elevation gain in total, at least 22 liters of sweat (a sweater and a tie keeps you warm!). But also superb landscapes and a memorable attack, what am I saying, The Attack, from Le B in the Pass du Granier! A cold beer, a hot shower and a huge tartiflette on arrival quickly gets everyone back on their feet!

Pull-Cravate…
… on passes
The Chartreuse massif
Saint-Pierre de Chartreuse
THE ATTACK
He does it again!
The climb to La Féclaz
Finally arrived!

La Féclaz – Beaune: Drinks and cheese is the theme for the birthday weekend (when raclette follows tartiflette and Beaufort and Comté are brought in by the kilos), and now it’s time to get back on the bike. It’s stormy on Sunday, but at least I’ll be able to test the new rain gear that I bought in Lyon: overshoes and Gore-Tex. In the end it only rains for 20 minutes and I get everything off pretty quickly because it’s not that cold but at least I’m not too wet. The descent into the Bauges massif is superb, and after a nasty climb I arrive at Fanny and Adrien’s, whom I haven’t seen for almost 10 years. I should go around Europe more often to see everyone again… It’s cool the next day but no rain. I am overlooked by the Highway of the Titans from the top of its viaducts, it is very impressive. I then arrive in Nantua, on the edge of a pretty small lake, before heading back down to the Ain valley. A final climb later, I descend under the sun towards Burgundy.

Lake Nantua
Reflections on the Ain
Rainbow over Mount February: a happy omen for this winter?

After a quiet night in the forest, I set off again. It is not raining. Then when I take off the jacket it starts to rain. And when I put it back it stops. But not much to complain about. I decide to take a little detour to join a cycle path that runs along the Saône. It looks like a good idea at the start. Then the “cycle path” turns into a mixture of earth, mud and pebbles all the way until Chalon-sur-Saône. Great. The city itself is not very pretty so I don’t stay too long. I then follow the Canal du Centre until Chagny (with a thought for Marine and Bruno when I see all the locks) and take the Grands Crus route to reach Beaune: Puligny-Montrachet, Meursault, Volnay and Pommard. A quick tour by the Domaine (vineyard run by my uncle) to check if the harvest was done properly, a visit to Bon-Papa’s grave and then on to Beaune to my Grandmother! After friends, now family! Next steps: Besançon then Barr before a short week’s break!

And to finish an overview of the route:

Lyon – Grenoble
Grenoble – La Féclaz
La Féclaz – Menthonnex-sous-Clermont
Menthonnex-sous-Clermont – Saint-Martin
Saint-Martin – Beaune

La trêve automnale

Jour 68, Beaune, 5.728 km

Petit changement de rythme depuis le dernier article : j’ai passé plus de temps à manger et à boire qu’à faire du vélo pendant la semaine qui vient de s’écouler. Quelques moments mémorables tout de même : une partie de trajet de nuit, les 4 cols du massif de la Chartreuse, le départ de La Féclaz sous l’orage, ou encore le chemin des Grands Crus, j’ai tout de même un peu de matériel pour vous raconter une petite histoire…

Lyon – Grenoble : Etape par équipe, avec Sandrine comme binôme. La sortie de la ville est un peu compliquée, beaucoup de grands axes, de voitures, d’usines, l’est lyonnais n’est apparemment pas connu pour ses paysages bucoliques… On passe Bourgoin et ça s’améliore un peu : c’est plus vallonné, on passe par de jolis petits villages, dans des vergers, et on finit par grimper une belle côte pour arriver au lac de Paladru. Le plan original était de faire un tour dans l’eau mais la majeure partie des rives est privée et les plages publiques ne sont pas sur notre chemin… Pause au bord du lac tout de même avant de repartir en direction de Grenoble. On retrouve l’Isère et sa jolie voie cyclable pour les derniers kilomètres avant d’arriver. L’étape commence à être longue (130 km au total) et la nuit à tomber. Heureusement, Eve et le B (qui préfère garder son anonymat, nous ne dévoilerons donc pas son véritable patronyme) nous accueillent avec une bière fraîche et un gigantesque plat de ravioles… Tout va bien ! Le lendemain journée de repos dans Grenoble (avec tout de même une randonnée pour monter en haut de la Bastille) pour préparer sereinement l’étape suivante.

Vue sur le lac de Paladru
La fine équipe
Coucher de soleil au bord de l’Isère
Vue sur Grenoble depuis le sommet de la Bastille

Grenoble – La Féclaz : L’étape du fameux Quadricol. L’équipe s’est enrichie d’un nouveau membre, le B, qui a décidé de tester la résistance de Jay sur les routes du massif de la Chartreuse. Comme tous les vendredis depuis 20 ans, la tenue de rigueur est le Pull-Cravate (surtout pour faire du vélo). Comme elle n’a pas sa cravate sur elle, Sandrine préfère faire le tour par la vallée et nous rejoindre à Chambéry. Départ à la fraiche, et après 5 kilomètres de plat on enchaîne tout de suite : Col de Porte (long mais pas trop dur, on voit encore les traces du passage du Tour de France sur la route), superbe descente vers Saint Pierre de Chartreuse, Col du Cucheron (court mais intense), on redescend et on remonte par le Col du Granier (long et chaud) avant de descendre à flanc de montagne vers Chambéry. On y retrouve Sandrine pour une petite pause déjeuner avant de se lancer dans la dernière difficulté du jour : la montée vers La Féclaz par le Col de Plainpalais (long et dur). Près de 3.000 m de dénivelé au total, au moins 22 litres de transpiration (un pull et une cravate ça tient chaud !) mais aussi de superbes paysages et une attaque mémorable, que dis-je, l’Attaque, du B dans le Col du Granier ! Une bière fraîche, une douche chaude et une énorme tartiflette à l’arrivée ont vite fait de remettre tout le monde d’aplomb !

Pull-Cravate…
… sur cols!
Le massif de la Chartreuse
Saint-Pierre de Chartreuse
L’ATTAQUE
Il en remet une couche!
La montée vers La Féclaz
Enfin arrivés!

La Féclaz – Beaune : Après un weekend d’anniversaire bien arrosé et bien fromagé (style raclette suit tartiflette et où Beaufort et Comté sont apportés par kilos), il est temps de remonter sur le vélo. L’orage est au rendez-vous le dimanche, mais au moins je vais pouvoir tester la nouvelle tenue de pluie dont j’ai fait l’acquisition à Lyon : sur-chaussures et Gore-Tex. Au final il ne pleut que 20 minutes et j’enlève tout assez rapidement parce qu’il ne fait pas si froid que ça mais au moins je ne suis pas mouillé. La descente dans le massif des Bauges est superbe, et après une méchante côte je retrouve Fanny et Adrien, que je n’ai pas vus depuis quasiment 10 ans. Je devrais faire des tours d’Europe plus souvent pour voir et revoir tout le monde… Il fait frais le lendemain mais pas de pluie. Je suis surplombé par l’autoroute des Titans du haut de ses viaducs, c’est très impressionnant. J’arrive en suite à Nantua, au bord d’un petit lac assez joli, avant de redescendre vers la vallée de l’Ain. Une dernière montée plus tard, je redescends sous le soleil vers la Bourgogne.

Le lac de Nantua
Reflets sur l’Ain

Arc-en-ciel sur le mont Février : heureux présage pour cet hiver ?

Après une nuit tranquille dans la forêt, je me remets en route. Il ne pleut pas. Puis quand j’enlève la veste il se met à pleuvoir. Et quand je la remets ça s’arrête. Mais pas vraiment de quoi se plaindre. Je décide de faire un petit détour pour aller rejoindre une voie verte qui longe la Saône. Ça s’annonce comme une bonne idée au départ. Puis la « voie verte » se transforme en un mélange de terre, de boue et de cailloux jusqu’à Chalon-sur-Saône. Super. La ville en elle-même n’est pas très jolie donc je ne m’attarde pas. Je suis le canal du Centre jusqu’à Chagny (petite pensée pour Marine et Bruno au passage en voyant toutes les écluses) et prends ensuite la route des Grands Crus pour rejoindre Beaune : Puligny-Montrachet, Meursault, Volnay et Pommard. Un petit tour au Domaine (géré par mon oncle) pour vérifier si les vendanges ont été bien faites, une visite sur la tombe de Bon-Papa et ensuite direction Beaune pour retrouver Mère-Grand ! Après les amis, on enchaîne avec la famille ! Prochaines étapes : Besançon puis Barr avant une petite semaine de pause !

Et pour finir un aperçu de la route :

Lyon – Grenoble
Grenoble – La Féclaz
La Féclaz – Menthonnex-sous-Clermont
Menthonnex-sous-Clermont – Saint-Martin
Saint-Martin – Beaune

Never say never

Day 60, Lyon, 5.228 km

It’s over, my pneumatic immunity is gone… The question often came up during conversations on the road: “What about incidents? – I was really lucky so far, just a spoke to change and some worn brake pads – Not a single flat tire? – Not one !” When I arrive at Coco and Morgane’s, same conversation while sipping a beer: “No flat tires in more than 5,000 km, not bad!”. We decide to go for a bike ride in the Beaujolais hills before a little picnic on the banks of the Saône, and full of confidence, I say: “I’m not going to take the repair stuff, if I have not had a flat tire for 5,000 km it’s not now that it’s going to happen …” I take the bike to leave and I realize that the front tire makes a strange noise. And it looks weird too. After a thorough analysis, it turns out that it is quite simply flat… Luckily it happens now and not at the top of a pass, under the snow … In short, the first flat tire after 2 months and 5,000 km, let’s hope that the next one will wait at least as long to come!!

You are probably thinking that I am going a little too far for a flat tire (in addition, it was really a mini-hole (to be pronounced with a high-pitched voice, I still specify it, but I hope you are learning), easy to repair, really nothing so dramatic), but in terms of cycling it is one of the rare significant events of the last few days… From Clermont, nothing out of the ordinary. Passage through Thiers, a town built on a hill, which means that between the bottom and the top of the town there is at least THOUSAND meters of elevation (and I am hardly exaggerating). Knowing that the city itself is not very big… I pass the 5,000 kilometer without even noticing it, we will celebrate at the next thousand… The road rises a little, a lot even and when I start the high percentages my GPS recommends me to go into the forest. Bad idea: dirt road, full of stones, slippery. I have to push Jay for a good part of the way. I call for help but no one comes … Luckily it doesn’t last too long…

No one to help us??

I also find again the Loire, which has grown considerably since the Ardèche. Unfortunately, it is not yet bordered by a beautiful cycle path and I have to go back to the departmental road. I take a little break in the “charming” town of Balbigny (charming is to be understood as irony, I do not recommend a weekend in Balbigny to anyone), and I realize that at the speed at which I am currently riding, I won’t even have 20 kilometers to go the next day. I see a small lake a little further up north and tell myself that it would make a nice stopover in the late morning the next day. I find a little corner in the forest that is kind of flat to pitch my tent and I call it a day. The next morning is sunny, and I am at the edge of Lac des Sapins around noon for a short swim and a lunch break. What’s more to ask!!

The Loire
The Lac des Sapins

I only have about thirty kilometers left to travel in the Beaujolais hills to reach Coco and Morgane’s place. The road is nice, bordered by vineyards, not too busy, still sunny. I also cross several villages with pretty stone houses characteristic of the region: the golden stones. The welcome on arrival is royal: a good shower, a burger, beers, amazing! The next day Jay makes a nice encounter while we prepare for the ride with Coco: a short ride in the hills then down to the Saône before following it for a few kilometers to join Morgane and other friends for a picnic. Two culinary orgies later, I head to Lyon on Sunday afternoon. I go along the Saône and the closer I get to the city, the more I see jet skis, boats, bars and canoe or paddle stands… Unfortunately to the detriment of nature … I climb the Croix Rousse hill to join the Rhône, and after a short break in the Par de la Tête d’Or I find Louis, Christelle and Sandrine. Less cycling but more friends and family! Departure Wednesday for the next stage: Grenoble then a house north of Chambéry for Louis’s birthday next weekend!

Arrival in Beaujolais
Jay chatting with his new friend
With Coco on the road!

Another highlight: I went to the hairdresser (a concept that we are trying to transform into a tradition with Loubs: the Bro-ber, a neologism made up of the derivative of the “Bro” and the last syllable of the word “ barber ”, which describes the action of going casually to a barber, drinking a coffee (the luxury Bro-ber possibly offers cigars and whiskey) and having your hair and beard cut with friends). Rest assured, the length of the beard is intact, most of the work having been done on the hair.

After going to the Bro-ber

Finally, the geography lesson: new format this time, with a summary of the entire journey since leaving Hamburg almost two months ago!

Itinerary since the start of the journey

Ne jamais dire jamais

Jour 60, Lyon, 5.228 km

C’est terminé, mon immunité pneumatique n’est plus… La question revenait souvent lors des conversations sur le chemin : « Et les incidents mécaniques ? – Vraiment de la chance jusqu’à maintenant, juste un rayon à changer et des plaquettes de frein un peu usées – Pas une seule crevaison ? – Pas une ! » En arrivant chez Coco et Morgane, on rejoue la même pièce en sirotant une bière : « Aucune crevaison en plus de 5.000 km, pas mal ! ». On décide d’aller faire un tour de vélo dans les collines du Beaujolais avant un petit pique-nique au bord de la Saône, et plein de confiance, je dis : « Je ne vais pas prendre le matériel pour réparer, si j’ai pas crevé pendant 5.000 km c’est pas maintenant que ça va m’arriver… » Je prends le vélo pour partir et je me rends compte que le pneu avant fait un bruit bizarre. Et il a l’air bizarre aussi. Après une analyse poussée, il s’avère qu’il est à plat, tout simplement… Je me dis qu’il vaut mieux que ça m’arrive à ce moment-là qu’au sommet d’un col, sous la neige… Bref, première crevaison après 2 mois et 5.000 km, espérons que la prochaine se fasse attendre au moins aussi longtemps !!

Vous allez me dire que j’en fais un peu des tonnes pour une chambre à air percée (en plus percée d’un mini-trou (à prononcer avec une voix aiguë, je le précise encore, mais j’espère que vous apprenez), vraiment pas de quoi en faire un drame), mais sur le plan cycliste c’est l’un des rares événements marquants des derniers jours… Au départ de Clermont, rien à signaler. Passage par Thiers, ville construite sur une colline, ce qui fait qu’entre le bas et le haut de la ville il y a au moins MILLE mètres de dénivelé (et j’exagère à peine). Sachant que la ville elle-même n’est pas bien grande… Je passe le kilomètre 5.000 sans artifice, on fera la fête au prochain mille… La route s’élève un peu, un peu beaucoup même et au moment où j’attaque les gros pourcentages mon GPS me recommande de bifurquer dans la forêt. Mauvaise idée : chemin de terre, plein de cailloux, ça glisse, du coup je pousse Jay pendant une bonne part du chemin. J’appelle à l’aide mais personne ne vient… Heureusement ça ne dure pas trop longtemps…

Personne pour nous aider ??

Je retrouve également la Loire, qui a bien grandi depuis l’Ardèche. Malheureusement, elle n’est pas encore longée par une belle piste cyclable et je dois assez rapidement retrouver la départementale. Je fais une petite pause dans la « charmante » bourgade de Balbigny (les guillemets marquent bien entendu une certaine ironie, je ne recommande à personne un weekend à Balbigny), et je me rends compte qu’à la vitesse à laquelle j’avance, il ne me restera même pas 20 kilomètres à faire le lendemain. J’avise un petit lac un peu plus au Nord et me dis que ça me fera une belle halte en fin de matinée le lendemain. Je trouve un petit coin de forêt pas trop en pente pour y dresser ma tente et je m’arrête là pour la journée. Le lendemain matin est bien ensoleillé, et je me trouve au bord du Lac des Sapins vers midi pour une petite baignade et une pause déjeuner. Que demander de plus !!

La Loire
Le Lac des Sapins

Il ne me reste plus qu’une petite trentaine de kilomètres à parcourir dans les collines du Beaujolais pour arriver chez Coco et Morgane. La route est sympa, bordée par les vignes, pas trop fréquentée, mais toujours ensoleillée. Je traverse également plusieurs villages aux jolies maisons de pierre caractéristiques de la région : les pierres dorées. L’accueil à l’arrivée est royal : une bonne douche, un burger, des bières, que du bonheur ! Le lendemain Jay fait une belle rencontre pendant que nous préparons la balade avec Coco : petit tour dans les collines puis descente vers la Saône avant de la longer pendant quelques kilomètres pour rejoindre Morgane et d’autres amis pour un pique-nique. Deux nouvelles orgies culinaires plus tard, je me dirige le dimanche après-midi vers Lyon. Je longe la Saône et plus je me rapproche de la ville, plus les jet skis, les bateaux, les bars et les stands de canoé ou paddle se font nombreux… Au détriment de la nature malheureusement… J’escalade la Croix Rousse pour rejoindre le Rhône, et après une petite pause dans le parc de la Tête d’Or je retrouve Louis, Christelle et Sandrine. On continue de faire un peu moins de vélo et de profiter un peu plus des amis ! Départ mercredi pour la prochaine étape : Grenoble puis un gîte au nord de Chambéry pour l’anniversaire de Louis le weekend prochain !

L’arrivée dans le Beaujolais
Jay en pleine discussion avec son nouvel ami
Avec Coco sur la route !

Autre événement marquant : j’ai été faire un tour chez le coiffeur (concept que nous essayons de transformer en tradition avec Loubs : le Bro-bier, néologisme composé du dérivé de l’anglais « Bro » et de la dernière syllabe du mot « barbier », qui décrit l’action d’aller de manière décontractée chez un barbier, de boire un café (le Bro-bier de luxe propose éventuellement cigare et whisky) et de se faire couper les cheveux et tailler la barbe entre potes). Rassurez-vous, la longueur de la barbe est intacte, le plus gros du travail ayant été effectué au niveau des cheveux.

Après le passage chez le Bro-bier

Pour finir, la leçon de géographie : on change de format cette fois, avec un résumé de l’ensemble du trajet depuis le départ d’Hambourg, il y a quasiment deux mois !

Itinéraire depuis le départ

Les jolies colonies de vacances, … (song from Pierre Perret)

For these who are not 100% familiar with French music, this might help understand the title: https://www.youtube.com/watch?v=oeCM3V2lqfw

Day 54, Clermont, 4.947 km

July 1997, a small village lost in the heart of the Ardèche region, France. Little Pierre is torn between contradictory feelings: on one hand, he will have to live without his mother for 15 days. On the other hand, he will spend these 15 days with many other children of his age, and even some of his cousins, out in the open, doing wonders with his hands, camping, hiking, playing soccer and many other activities… But without his Mommy, little Pierre is lost and the tears flow out of his eyes. This scene has happened several summers in a row and will happen again for a few more years: the first day of the « Colo » (summer camp) in Lanarce. Flash forward: September 2020. Little Pierre has grown up and now has been blessed (infected, some would say) by a gorgeous red beard. Flanked by his faithful companions Jay and Bob, he again sees this scene happen in front of him. He blinks and everything disappears: there are only the empty buildings and the memories that still live within them…

I’m leaving Valence, after this weekend of rest with my cousins ​​and making a first stop at the supermarket: my bags are empty and I need some refueling. Probably influenced by the rumors of a potential new corona-shutdown, I go on a rampage: 1 kilo (1 KILO !!!) of plums, 500 grams of dried apricots, 8 chocolate bars, 6 rice dishes, sardines, more rice, sauce, soups,… in short, enough to last for at least 3 weeks while I am going to join Clermont in 3 days. Smart. I ask myself two questions once I leave the supermarket: 1. How do I fit all this into the saddlebags? 2. Why? I remember that I planned 2,000m of elevation gain for today’s stage. WHY ??? I manage to fit everything in and set off. The wind is on my back, I follow the Rhône on the Via Rhôna (cycle path which, as its name suggests, follows the Rhône). So far, so good. I then head to the west and join the Dolce Via, another cycle path that runs along the Eyrieux river. It’s a bit old (the signs and stakes are all rusty) but very beautiful.

The Eyrieux river…
… seen from the Dolce Via

I leave the Dolce Via and start the ascent of the Ardèche hills. I am on a departmental road, alone. Not a single car, a single cow, a single sheep, not a single noise. Only the wind chatting with the chestnut trees… The views over the mountains are superb. The sun compensates for the drop in temperature associated with the increase in altitude. I go through Saint Pierreville (interesting name) and pass by the Roux tunnel (Roux = redhead). It goes up hard and I can feel the extra 6 kilos I am dragging, hopefully I’ll learn that lesson… Moreover, it goes down and up and down again all the time, hard to pick up a rhythm. The advantage is that I climb at least 8 passes in 30 minutes, I feel like a Tour de France climber!

During the ascent…
… view of the Ardèche hills

I also cross the Loire: I know it in Sologne (very large river indeed), I must admit that I find it hard to believe: a mini-Loire (to be pronounced with a shrill voice), very cute, very small, which is barely a few meters wide. Apparently even the Loire started out small… I finally arrive in Lanarce, where the local cheese maker is still open. I’ll have a feast for dinner! I find the buildings of my childhood, pitch my tent near them and taste my cheese, my saucisson accompanied by a bottle of red wine (now that I think about it, this one also helped to make the climb more enjoyable…).

Mini-Loire
Memories, memories…

The next day it is cold. And the sun is struggling warm me up. In order not to improve things, I realize that my gas bottle is empty. This guy buys 6 kilos of unnecessary supplies and doesn’t even think about buying a gas bottle. Did you say stupid? There is only one solution, the demonstration … Since no one seems to want to give in to my demands, all I have to do is pedal. I head for Le Puy en Velay. I find a small waterfall on the way, then a cycle path that goes through tunnels (Z would say it’s cheating, I know) one of which is over a kilometer long. Fortunately it is lit so Jay and Bob are not too scared… I arrive at Le Puy, where the old town is dominated by a statue of the Virgin Mary and the Saint Michel rock. It is easy to get lost in its cobbled streets. Especially since one in two restaurants is called « Le Relais du Pèlerin », orientation can become difficult…

Waterfall on the way
The Virgin of Le Puy en Velay
Jay gathers his strength before heading into the tunnel
The Saint Michel rock which dominates the city

The rest of the stage is rather ordinary, I follow small country roads, pass through villages with stone houses and fountains of non-drinkable water, forest paths where I am afraid of losing a wheel and end up finding a clearing to stop for the night. The next day, same game: forests, small villages, and the valley that opens before my eyes. After passing the “difficulty” of the day (The pass “De la Croix des Gardes”: 654m… Ha. Ha. Ha.) I see Clermont in the distance. The arrival in the city is not very cyclable, I go through a small dirt road. I have to get back to the road at some point, the slope seems steep to me. I tell myself that it will be ok. It’s not. I have to jump off my bike to avoid being run over (by my own bike, yes…). A few scratches but nothing broken. The GPS then recommends that I go through a motorway interchange. Okay. Detour. Fortunately it is early and I have time to eat and drink to recover from my emotions before meeting my uncle…

For geographers (and designers who carefully plot my travels on a map), here is the journey of the last three days:

Valence – Lanarce
Lanarce – Fayet-Ronaye
Fayet-Ronaye – Clermont-Ferrand

Les jolies colonies de vacances, …

Jour 54, Clermont, 4.947 km

Juillet 1997, un petit village perdu au cœur de l’Ardèche. Le petit Pierre est tiraillé entre des sentiments contradictoires : d’un côté, il va devoir vivre sans sa Maman pendant 15 jours. De l’autre, il va passer ces 15 jours avec plein d’autres enfants de son âge, et même certains de ses cousins, en plein air, faire des merveilles de ses mains, camper, randonner, jouer au foot et participer à de nombreuses autres activités… Le petit Pierre se sent perdu sans sa Maman et les larmes coulent. Cette scène s’est déjà produite plusieurs étés de suite et se reproduira pendant encore quelques années : le premier jour de la « Colo » à Lanarce. Bond en avant de quelques années : Septembre 2020. Le petit Pierre a bien grandi et il est maintenant affublé (infecté diraient certains) d’une superbe barbe rousse. Flanqué de ses fidèles compagnons Jay et Bob, il voit à nouveau cette scène se produire devant lui. Il cligne des yeux et tout disparaît : il ne reste plus que les bâtiments vides et les souvenirs qui les habitent…

Je pars donc de Valence, après ce weekend de repos chez les cousins et fais une première halte au supermarché : les sacoches sont vides et il s’agirait de se ravitailler. Probablement influencé par les bruits de reconfinement qui courent, je me laisse aller à une folie dépensière irraisonnée : 1 kilo (1 KILO !!!) de pruneaux, 500 grammes d’abricots secs, 8 tablettes de chocolat, 6 plats de riz, des sardines, de la sauce, des soupes, … en bref, de quoi tenir pendant au moins 3 semaines alors que je vais rejoindre Clermont en 3 jours. Malin. Deux questions se posent à moi une fois que je sors du supermarché : 1. Comment faire rentrer tout ça dans les sacoches ? 2. Pourquoi ? Je me rappelle que j’ai prévu 2.000m de dénivelé pour l’étape du jour. POURQUOI ??? Je parviens à tout faire rentrer et je me mets en route. J’ai le vent dans le dos, je longe le Rhône sur la Via Rhôna (piste cyclable qui, comme son nom l’indique, suit le Rhône). Jusqu’ici, tout va bien. Je bifurque ensuite vers l’ouest et rejoins la Dolce Via, une autre voie verte qui longe l’Eyrieux. C’est un peu viellot (les panneaux et piquets sont tout rouillés) mais très beau.

L’Eyrieux…
… vu depuis la Dolce Via

Je quitte la Dolce Via et me lance dans l’ascension des monts d’Ardèche. Je suis sur une route départementale, seul. Pas une voiture, pas une vache, pas un mouton, pas un bruit. Seulement celui du vent qui discute avec les châtaigniers… Les vues sur les montagnes sont superbes. Le soleil compense la baisse de température liée à l’augmentation de l’altitude. Je passe par Saint Pierreville (il fallait l’inventer celui-là) et non loin du tunnel du Roux (idem). Ça monte fort et je sens les 6 kilos superflus que je traîne, ça m’apprendra… En plus ça descend et remonte et redescend sans arrêt, difficile de prendre un rythme. L’avantage c’est que je passe au moins 8 cols en 30 minutes, je me sens tel un grimpeur du Tour de France !

Pendant la montée…
… vue sur les monts d’Ardèche

Je croise aussi la Loire : moi qui la connais plutôt en Sologne, je dois avouer que j’ai du mal à en croire mes yeux : une mini-Loire (à prononcer avec une voix aiguë), toute mimi, toute petite, qui fait à peine quelques mètres de large. Il faut croire que même la Loire a commencé petit… J’arrive finalement à Lanarce, où le fromager du coin est encore ouvert. Luxe! Je retrouve les bâtiments de mon enfance, plante ma tente près de ceux-ci et déguste mon fromage, mon saucisson accompagné d’une bouteille de rouge (tiens, celle-là aussi a contribué à rendre la montée plus agréable…).

Mini-Loire
Souvenirs, souvenirs

Le lendemain, il fait froid. Et le soleil peine à réchauffer l’air. Pour ne pas améliorer les choses, je me rends compte que ma bouteille de gaz est vide. Le type fait 6 kilos de courses inutiles et ne pense même pas à s’acheter une bouteille de gaz. Vous avez dit stupide ? Une seule solution, la manifestation… Puisque personne ne semble vouloir céder devant mes revendications, il ne me reste plus qu’à pédaler. Je me dirige vers le Puy en Velay. Je trouve une petite cascade sur le chemin, puis une voie verte qui passe dans des tunnels (Z dirait que c’est de la triche, je sais) dont un qui fait plus d’un kilomètre de long. Heureusement c’est éclairé donc Jay et Bob n’ont pas trop peur… J’arrive au Puy, où la vieille ville est dominée par une statue de la Vierge et le rocher Saint Michel. On se perd facilement dans ses rues pavées. Surtout qu’un restaurant sur deux s’appelle « Le relais du pèlerin », difficile de se repérer…

Cascade sur le chemin
Jay rassemble ses forces avant de se lancer à l’assaut du tunnel
La Vierge du Puy en Velay
Le rocher Saint Michel qui domine la ville

La suite de l’étape est plutôt quelconque, je suis des petites routes de campagne, passe par des villages avec des maisons en pierre et des fontaines d’eau non-potable, des chemins forestiers où j’ai peur de perdre une roue et finis par trouver une clairière où m’arrêter pour la nuit. Le lendemain, rebelote : forêts, petits villages, et la vallée qui s’ouvre devant moi. Après le passage de la « difficulté » du jour (Col de la Croix des Gardes :  654m… Ha. Ha. Ha.), j’aperçois Clermont au loin. L’entrée de la ville n’est pas très cyclable, je passe par un petit chemin de terre. Je dois rejoindre la route à un moment, la pente me parait raide. Je me dis que ça va passer. Ça ne passe pas. Je suis obligé de sauter de vélo pour éviter de me faire rouler dessus (par mon propre vélo, en effet…). Quelques égratignures mais rien de cassé. Le GPS me recommande ensuite de passer par un échangeur d’autoroute. Bof. Détour. Heureusement il est tôt et j’ai le temps de manger et de boire un coup pour me remettre de mes émotions avant de retrouver mon cher oncle…

Pour les géographes (et les dessinateurs qui soigneusement reportent mon trajet sur une carte), voici le trajet des trois derniers jours :

Valence – Lanarce
Lanarce – Fayet-Ronaye
Fayet-Ronaye – Clermont-Ferrand

Sweet France

Day 51, Valence, 4.641 km

No offense to my Berlin, Vienna and Rolle friends (and hosts), France has a little something that the countries I have just crossed do not have: it is (very) densely populated with family members, friends, friends of family members, friends of friends, etc … which makes its crossing much livelier! A chocolate bar and a packet of dried prunes suddenly turn into mutton ribs, green beans and reblochon… An evening looking for a nice bar and people to make conversation with me turns into a tour of the locals’ finest and a lively discussion about ecology, mountains, literature, drawing, cooking, and many other subjects… A Sunday wandering from cafe to cafe and from park to park turns into a descent of the Drôme in a canoe and a pint in a small brewery in the mountains… Let’s see what comes next!!

I’m leaving Rolle after spending the morning writing the last article you read. My stomach is full, the weather is nice, there is a little wind but not too much. I do not ride along Lake Geneva unfortunately but I go through small villages and fields… Too bad. I arrive in Geneva. It’s a bit of a chaos, there are people and cars everywhere. I quickly take pictures to be able to prove that I have been there (I am sure that some people would invoke a glaring lack of evidence to question the numbers I am showing…) and head for France.

Geneva and its fountain
Geneva again

The way out of town is terrible, people ride on the bike path, I’m supposed to cross 4-lanes roads every 5 minutes, I’m in the mufflers for several kilometers, well… looking forward to the end of it. I cross the border and enter the European Union again. Big disappointment: not even a border post, a sign or a flag… I was expecting a triumphant welcome, fireworks, dancers, champagne… Jay and Bob are very disappointed and I have to use all my powers of persuasion to prevent them from turning back… In addition, the road is bad, there is not really a cycle path or clear signs indicating the direction of Annecy… I hope that it does not represent the state of cycle paths in France, otherwise I might as well take the train… After a few kilometers on the emergency lane of a departmental road, watching out for drivers stuck in traffic jams looking at their phones, I find a nice bridge which overhangs the valley and meet a cyclist who recommends me a slight detour by a (I quote) « bucolic road to avoid all this s**t ». It is quieter, indeed, and I arrive in one piece in Annecy, by the lake. I’m not hungry (oddly enough, it must have been Valentin’s lunchtime muffin that set me up for the day), so I spend an hour watching people go by and thinking about what to do next. I finally decide to go around the lake until I find a place to camp for the night. Good plan. Even better execution. My tent pitched in a small forest, I can fall asleep peacefully.

The lake of Annecy
and the mountains above it

Wile analyzing the route of the stage the next morning, I realize that I am passing just a few kilometers away from Villaroux (a small village in the mountains where my family has a house). So I decide to take a little detour, just to relive some childhood memories (I haven’t been in this house for at least 10 years…). Departure ! The cycle path is superb (I am reassured, no need to take the train). Passage through Albertville for a breakfast and then I continue for a little while along the Isère. I ride. The mountains are watching me pass by. The cows too. I go through the vineyards, it looks like the harvest is approaching… I arrive in the village, next to the church, where in my memories the house is located, and I find an inn… It must be further away. I move forward a bit, think about it again, this house was definitely next to the church… I go back, take a closer look at the inn: it is indeed the family house! There is someone inside so I knock. My Aunt Martine opens. “Yes, hello, how can I help you? – It’s me, Pierre! – Pierre !! come on in!!” (It must be the beard, at this rate even my own mother will not recognize me in a few months…). And now my lunch break turns into a warm welcome in one of the houses of my childhood …

Jay and Bob discover Villaroux’s house

After this nice surprise and with a full belly, I set off again for Grenoble. I go along the Isère, in the forest, it’s very nice. On my arrival, I am greeted by a friend of Géraud (one of my cousins) who takes me out for a drink on a terrace, to eat Lebanese food and even offers me a glass of excellent whiskey, while pretending to be interested in my rantings on ecology, the benefits of cycling and life outside… What more could you ask for !! The next day, early morning departure for Valence, to meet some cousins ​​there. The weather is perfect, the road is flat, along the Isère, very pleasant. A road that sometimes deviates a little from the river to take me through vineyards or walnut trees (Sandrine, you can be proud of me, I recognized them on my own this time !!). Then comes down and meanders along the water’s edge again. At Romans-sur-Isère, instead of following my instinct which advises me to ride along the river all the way to Valence, I follow the sign indicating the cycle path that goes there. Result: I ride along the motorway, then I cross an industrial zone, with the wind head-on. Great. Only positive point, I do 8 kilometers less and am therefore a little earlier at the cousins ​​!! Weekend rest, we take advantage of the sun, we eat and drink well, and we even go as far as to change means of transport and go down part of the Drôme river on canoes! And to recover from our emotions (especially a collective fall in a « rapid », the pros will probably speak of small waves), we grab a small beer in a brewery in the village of Saou (providence sometimes does things well: Saou is very similar to saoul, which means drunk in French).

The road along the Isère
Descent of the Drôme

Tomorrow direction Clermont and the next member of the family on the list! In the meantime I am continuing the geography lessons, and for those who find that all this lacks a bit of overview, do not worry, I will prepare a short summary in pictures of the ride until now in the coming weeks!

Rolle – Annecy – Glières
Glières – Grenoble
Grenoble – Valence

Douce France

Jour 51, Valence, 4.641 km

N’en déplaise à mes amis (et hôtes) berlinois, viennois et rollois, la France a un petit quelque chose que les pays que je viens de traverser n’ont pas : elle est (très) densément peuplée de membres de la famille, d’amis, d’amis de membres de la famille, d’amis d’amis, etc… ce qui rend sa traversée bien moins solitaire ! Une tablette de chocolat et un paquet de pruneaux se transforment soudainement en côte de mouton, haricots verts et reblochon… Une soirée à chercher un bar sympa et des gens pour faire la conversation se transforme en une tournée des popotes et une discussion animée sur l’écologie, la montagne, la littérature, le dessin, la cuisine, et bien d’autres sujets… Un dimanche à errer de café en café et de parc en parc se transforme en descente de la Drôme en canoë et passage par une petite brasserie dans les montagnes… Ça promet pour la suite du trajet !!

Je pars donc de Rolle après avoir passé la matinée à rédiger le dernier article que vous avez lu. J’ai le ventre plein, il fait beau, il y a un peu de vent mais pas trop. Je ne longe pas le lac Léman malheureusement mais je passe par des petits villages et dans les champs… Dommage. J’arrive à Genève. C’est un peu la cohue, il y a des gens et des voitures partout. Je fais rapidement des photos histoire de pouvoir prouver que je suis passé par là (je suis persuadé que certaines mauvaises langues invoqueraient un manque criant de preuves pour mettre en doute les chiffres que j’avance…) et me dirige vers la France.

Genève, sa fontaine, et il n’y a toujours pas le feu au lac…
Genève toujours

La sortie de la ville est horrible, les gens roulent sur la piste cyclable, je suis censé traverser des 4-voies toutes les 5 minutes, je suis dans les pots d’échappement pendant plusieurs kilomètres, bref… vivement la fin. Je passe la frontière et entre à nouveau dans l’Union européenne. Grosse déception : même pas un poste frontière, un panneau ou un drapeau… Moi qui m’attendais à un accueil triomphal, des feux d’artifices, des danseuses, du champagne… Jay et Bob sont très déçus et il me faut user de toutes mes capacités de persuasion pour les empêcher de faire demi-tour… En plus la route est un peu pourrie, il n’y a pas vraiment de piste cyclable ni de panneaux clairs qui m’indiquent la direction d’Annecy… J’espère que ça ne représente pas l’état des pistes cyclables en France, sinon autant prendre le train… Après quelques kilomètres sur la bande d’arrêt d’urgence d’une départementale, à surveiller que les conducteurs coincés dans les bouchons ne fassent pas un écart en regardant leur téléphone portable, je trouve un joli pont qui surplombe la vallée et croise un cycliste qui me recommande un léger détour par une route (je cite) « bucolique pour éviter toute cette m***e ». C’est plus calme, en effet, et j’arrive en un seul morceau à Annecy, au bord du lac. Je n’ai pas faim (curieusement, ça doit être le muffin de Valentin le midi qui m’a calé pour la journée), du coup je passe une petite heure à regarder les gens passer et à réfléchir à quoi faire ensuite. Je me décide finalement à faire le tour du lac jusqu’à ce que je trouve un endroit pour bivouaquer. Bon plan. Exécution encore meilleure. Ma tente plantée dans un petit bois, je peux m’endormir du sommeil du juste.

Le lac d’Annecy…
… et les montagnes qui le surplombent

Je réalise en analysant le parcours de l’étape le lendemain matin que je passe à quelques kilomètres seulement de Villaroux (petit village dans les montagnes où ma famille possède une maison). Je me décide donc à y faire un petit tour, histoire de revivre quelques souvenirs d’enfance (je n’ai pas été dans cette maison depuis au moins 10 ans…). Départ ! La piste cyclable est superbe (je suis rassuré, pas besoin de prendre le train). Passage par Albertville pour un petit-dèj puis je continue un petit moment le long de l’Isère. Je monte. Les montagnes me regardent pédaler. Les vaches aussi. Je passe dans les vignes, on dirait que les vendanges approchent… J’arrive dans le village, sur la place de l’église, où dans mes souvenirs se situe la maison, et j’y trouve une auberge… Ça doit être plus loin alors. J’avance un peu, me creuse la tête, cette maison était définitivement sur la place de l’église… Je reviens sur mes pas, regarde l’auberge de plus près : c’est bien la maison familiale ! Il y a du bruit à l’intérieur donc je toque. Ma Tante Martine ouvre. « Oui, bonjour, vous désirez ? – C’est moi, Pierre ! – Pierre !! entre entre !! » (Ça doit être la barbe, à ce rythme-là même ma propre mère ne me reconnaitra pas dans quelques mois…). Et voilà que ma pause déjeuner se transforme en un accueil de roi dans une des maisons de mon enfance…

Jay et Bob découvrent la maison de Villaroux

Après cette belle surprise et le ventre bien rempli, je me remets en route vers Grenoble. Je longe l’Isère, dans la forêt, c’est un régal. A mon arrivée, je suis accueilli par un copain de Géraud (un de mes cousins) qui m’emmène boire une bière en terrasse, manger libanais et m’offre même un verre d’excellent whisky, tout en ayant l’air intéressé par mes élucubrations sur l’écologie, les bienfaits du vélo et de la vie au grand air… Que demander de plus !! Le lendemain, départ de bon matin direction Valence, pour y retrouver des cousins. Il fait beau, la route est plate, le long de l’Isère, très agréable. Une route qui parfois s’écarte un peu de la rivière pour m’emmener dans des vignes ou dans des vergers de noyers (Sandrine tu peux être fière de moi je les ai reconnus tout seul cette fois !!). Puis qui redescend et serpente au bord de l’eau à nouveau.  Au niveau de Romans-sur-Isère, au lieu de suivre mon instinct qui me conseille de longer le fleuve jusqu’à Valence, je suis le panneau qui m’indique la piste cyclable qui y va. Résultat : je longe l’autoroute, puis je traverse une zone industrielle, avec le vent de face. Super. Seul point positif, je fais 8 kilomètres de moins et suis donc un peu plus tôt chez les cousins !! Weekend de repos, on profite du soleil, on mange et on boit bien, et on pousse même le vice à changer de moyen de locomotion et à descendre une partie de la Drôme en canoë ! Et pour se remettre de nos émotions (notamment une chute collective dans un « rapide », les pros parleront probablement de petites vaguelettes), on va déguster une petite bière dans une brasserie au village de Saou (la providence fait décidément parfois bien les choses…).

La route le long de l’Isère
Descente de la Drôme

Demain direction Clermont et le prochain membre de la famille sur la liste ! En attendant je continue les leçons de géographie, et pour ceux qui trouvent que tout ça manque un peu de hauteur, ne vous inquiétez pas, je vous prépare un petit résumé en images du parcours dans les prochaines semaines !

Rolle – Annecy – Glières
Glières – Grenoble
Grenoble – Valence

Winter is coming!

Day 48, Rolle, 4.302 km

It seems that winter is coming (scientists agree that it begins around December 21, let’s see if it’s like that this year again…) and the last days have shown me that I was clearly not equipped for it… Cycling in the rain, all right, but in the snow, not all right… A night in the tent, fine, when it’s less than 5 degrees, not fine… Fortunately, I leave the high altitudes for a little while so I will have time to enhance my equipment for the harsh winter days ahead…

I’m leaving Interlaken, the lakes tour is over and I’m heading into the Alps. The weather is terrible, they predicted rain all day and even snow at high altitude (yes, I knew it, but I told myself that it would not last too long, that it would be ok … if I had known…). Before leaving, I discuss with two Swiss girls who will be riding the same route I did the day before in the opposite direction, we will be at least 3 on the road today!! I make the preparations take a bit longer, hoping that the rain will calm down a bit (this technique never works…) and I end up telling myself, “Wet for wet, I might as well go!”. The start of the stage is nice, I’m wet, yes, but prepared for it and that makes it almost acceptable. It is not too cold. I go along the lake of Brienze on the North coast (for a change) then the valley of the Aare, it is very pretty and the rain gives a slightly blurred side to all these landscapes, it is quite nice… I have a little thought for the Swiss girls seeing the road going up and thinking with emotion about the descent of the day before. I hope they arrived safely… The road is empty (probably because of the rain) and I think that there were in total 11 cyclists on the road that day (yes yes, I counted them!!). I’m riding fast and find myself at the beginning of the big difficulty of the day: the Grimsel pass.

Waterfall in the Aare valley
A lumberjack who encourages me at the beginning of the pass

Let’s go for 30 kilometers of ascent, 7.5% average, peaks at 12-15%: out of category classification here, but placed a little too far from the finish to create real gaps in the standings… And rain. The start of the climb goes well, the landscapes are superb, the mountain is overflowing with waterfalls, the colors stand out in the rain, the summits suddenly emerge from the clouds, I am speechless at what is before my eyes. The road is nice even if a little busy (especially in the tunnels, where I have the impression that a train is approaching every time a car passes me). So far, so good…

These colors…
The road in the clouds

The overflowing mountain

I’m starting to feel my feet. Cold. I am using the thermometer function of my speedometer for the first time. 8 degrees. Still OK. I continue to climb. Some cars that pass me are covered in snow. I hope it’s because they were parked at the summit and not just by passing by that they got covered like that, otherwise it will be complicated for me. The temperature is still going down. 5 degrees. I try to move my feet to get the blood flowing a bit. 3 degrees. At the start of the day I had told myself that if it was too hard I would turn around. The problem is, I’m only 5 kilometers away from the top. I’m not going back now… 2 degrees. It is starting to snow. The fog rises. I stop looking at the thermometer and just focus on pedaling. I pass by retention lakes, those famous Swiss dams. It’s great although I’m a little worried about my feet so I don’t linger too much. 3 kilometers. I wonder if I’m not going to lose some toes. There is wind too. Snow. I can’t see 20 meters away. Great. The bends seem endless to me. It’s still going up. It is snowing harder and harder. And cold… I finally see the pass sign, I scream with relief. People look at me strangely when I pass by. I try to dry off and warm my feet for 20 minutes at the top, change my socks and we’re off for the descent!

Lake Räterischsboden
At the top!

I tell myself, it’s okay, I’m saved, we’re going down now! What a mistake! He should have thought about the wind and the speed. After 400 m of descent I no longer feel my hands and I am barely able to brake. Problem. I am looking for the gloves I had planned for this occasion. Ah! But I hadn’t planned any gloves. A pair of socks will do. The descent is magnificent although I must admit that I don’t appreciate it as much as I should (I have the feeling that I am in more suffering than during the climb, interesting). Fortunately, the rain stops, I emerge from the fog, and the sun is even showing up when I reach the valley. I’m still cold though and pedaling like crazy thinking about the hot shower that awaits me when I arrive. I pass by hunters (the Swiss call it sport apparently), hikers (when it doesn’t rain anymore it’s easier), a suspension bridge over the Rhône (yes, already the Rhône) and I end up arriving in Fiesch . I write barely better than my 2 years old niece when I fill out the campsite contact form and rush to the shower. A quarter of an hour later I feel a little better. An hour, a beer and a part of raclette later, much better! What a day!

Suspension bridge
The Rhône in the valley

The 102 kilometers of this crazy stage have brought me to a total of 4,000 km since the start in Hamburg, and to celebrate that I go to see the Aletsch Glacier the next day. Beautiful monument for future pilgrims. The weather is a little overcast but I still take the funicular to go up to Eggishorn viewpoint, at 2,869 m. When I get to the top, the sky clears. The view is beautiful. The glacier is superb. When I come back down 20 minutes later, the sky is cloudy again. Nice timing!

The Aletsch Glacier

Down below the sun is shining. All my things are dry. The day is looking good! I descend the Rhône valley to Visp and set off on the ascent to Zermatt, from where you can admire Switzerland’s highest peak, the Matterhorn. The climb is great: not too violent, with small descents from time to time to recover, and above all I am in the sun all the time! It’s almost too easy! To add a little more difficulty, I take the wrong path and find myself on a mountain bike trail for the last 4 kilometers. I don’t know who is going up this trail but for my part I do a good deal of it on foot. And Jay is a bit heavy to be pushed… Zermatt finally. Ski resort. Hotels everywhere. And everything is so expensive… But the view of the Matterhorn is worth the detour. And it’s cold (1,600 m altitude). Especially in the last hours of the night. It wakes me up. And I had the good idea to install my tent next to a lamppost that comes on at 4.30am. Great. Impossible to sleep again so I go for a walk, hoping to have nice views of the Matterhorn at dawn. Bad luck, it’s cloudy. The walk was still nice. And the views over Zermatt too…

The Matterhorn
It’s 5 a.m., Zermatt is waking up

Descent towards the Rhône again then I follow the valley towards Lake Geneva. It’s very industrial. A bit ugly unfortunately. But the cycle path is nice. Then, around Sion, I arrive in the vineyards. It’s much nicer. Nice view of the two castles in the city (Tourbillon, in ruins, and Valère, under construction) which I also visit. The views from the top of the hill are stunning. The rest of the way to Martigny is pretty ordinary. I lose myself and end up on a highway interchange. I got off with a little scare but no damage. There’s a lot of wind. The end of the stage is long. Martigny finally. To sum up, the view from the campsite is more interesting than the city center. It say everything about the city… Chat with my tent neighbors until late at night. They go from Sierre to Geneva by bicycle. Very nice. Jay also has a little problem with the brakes, luckily there is a bicycle shop next door, I’ll go early tomorrow…

The Rhône, Valère and Sion

To sum up: new pads and a disc brake to change. The guy looks at me with wide eyes when I tell him I have made 4,000 kilometers. “Normally you have to change the pads every 1,500 km sir” Yes. Thank you. How much is it? I eat my wallet. Within two days I could have done that in France and it would have cost me 30% less… Ah Switzerland. Then off to Lake Geneva. The weather is nice and warm. I arrive on the lake: Villeneuve, the castle of Chillon, Montreux, Vevey, Lausanne and finally Rolle. The views are superb, I find a nice spot to bathe recommended by one of the Interlaken cyclists but I dare not to go swimming: not a single shade and I think that leaving Jay and all the gear in the sun for 20 minutes is not a great idea. I ask a guy on the road where the next access to the lake is and he directs me to a little pearl. Amazing! Only downside, leaving Lausanne: I breathe car exhaustion for 20 kilometers before finally arriving at Rolle (which, as my brother rightly points out to me, is not far from Gland). The welcome is royal. Thank you Valentin and Sara!!

The lake and the castle of Chillon
Montreux
My little private beach

So that you don’t get completely lost, the usual maps:

Interlaken – Fiesch
Fiesch – Zermatt
Zermatt – Martigny
Martigny – Rolle

Now that Switzerland is over, let’s go to France, family and even more friends!

Winter is coming…

Jour 48, Rolle, 4.302 km

Il parait que l’hiver arrive (les scientifiques s’accordent pour dire qu’il commence vers le 21 décembre, voyons si ça se passe comme ça cette année encore…) et les derniers jours m’ont démontré que je n’étais clairement pas équipé pour… Le vélo sous la pluie, ça passe encore, mais sous la neige, ça passe moins… La nuit sous la tente, ça va, quand il fait moins de 5 degrés, ça va moins… Heureusement, je quitte les hautes altitudes pour un petit moment donc je vais avoir le temps d’étoffer mon matériel pour les rudes journées d’hiver qui s’annoncent…

Je pars donc d’Interlaken, la tournée des lacs est finie et je me lance dans les Alpes. La météo est exécrable, ils ont prévu de la pluie toute la journée et même de la neige en altitude (eh oui, je le savais déjà, mais je me suis dit que ça ne durerait pas trop, que ça passerait… si j’avais su…). Je discute avant de partir avec deux Suissesses qui vont faire le chemin que j’ai fait la veille en sens inverse, on sera au moins 3 sur la route aujourd’hui !! Je fais durer un peu les préparatifs en espérant que la pluie va se calmer un peu (ça ne marche jamais cette technique…) et je finis par me dire, « Mouillé pour mouillé, autant y aller ! ». Le début de l’étape est agréable, je suis trempé, certes, mais je m’y suis préparé et ça rend la chose quasiment acceptable. Il ne fait pas trop froid. Je longe le lac de Brienze par la côte Nord (pour changer) puis la vallée de l’Aare, c’est très joli et la pluie donne un côté un peu brouillé à tous ces paysages c’est assez sympa… J’ai une petite pensée pour les Suissesses en voyant la route qui monte et en pensant avec émotion á la descente de la veille, j’espère qu’elles sont arrivées à bon port… La route est vide (c’est probablement lié à la pluie) et je pense qu’il y avait en tout et pour tout 11 cyclistes sur la route aujourd’hui (si si, je les ai comptés !!). J’avance bien et finis par me retrouver au pied de la grosse difficulté de la journée : le col de Grimsel.

Cascade dans la vallée de l’Aare
Un bûcheron qui m’encourage au pied du col de Grimsel

C’est parti pour 30 kilomètres d’ascension, 7,5% de moyenne, des pics à 12-15% : on est bien sur du hors catégorie là, mais placé un peu trop loin de l’arrivée pour créer de véritables écarts… et surtout de la pluie. Le début de la montée se passe bien, les paysages sont superbes, la montagne déborde de cascades, les couleurs ressortent sous la pluie, les sommets sortent brusquement des nuages, je suis bouche bée devant ce qui s’offre à mes yeux. La route est agréable même si un peu trop fréquentée (surtout dans les tunnels, où j’ai l’impression qu’un train est en approche à chaque fois qu’une voiture me croise). Jusqu’ici, tout va bien…

Ces couleurs!
la route dans la montagne
La montagne qui déborde

Je commence un peu à avoir froid aux pieds. Je me sers pour la première fois de la fonction thermomètre de mon compteur de vitesse. On est à 8 degrés. Ça va encore. Je continue à monter, tranquillement. Certaines voitures que je croise sont couvertes de neige. J’espère que c’est parce qu’on les a laissées garées en haut et non pas juste en passant qu’elles se sont couvertes comme ça, sinon ça va être compliqué. La température descend toujours. 5 degrés. J’essaie de bouger les pieds pour faire circuler un peu le sang. 3 degrés. Au début de l’étape je m’étais dit que si ça devenait trop dur je ferais demi-tour. Le problème c’est que je ne suis plus qu’à 5 kilomètres du sommet. Je ne vais pas lâcher maintenant… 2 degrés. Il commence à neiger. Le brouillard se lève. J’arrête de regarder le thermomètre et j’avance. Je passe à côté de lacs de rétention, ces fameux barrages Suisses. C’est superbe même si je suis un peu inquiet pour mes pieds donc je ne m’attarde pas. 3 kilomètres. Je me demande si je ne vais pas y laisser mes doigts de pieds. Il y a du vent aussi. De la neige. Je ne vois pas à 20 mètres. Super. Les lacets me paraissent interminables. Ça monte toujours. Il neige de plus en plus fort. Et ce froid… J’aperçois enfin le panneau de passage du col, j’en hurle de soulagement. Les gens me regardent bizarrement quand je passe. J’essaie de me sécher et réchauffer les pieds pendant 20 minutes au sommet, je change de chaussettes et on est partis pour la descente !

Le lac de Räterischsboden
Au sommet!

Je me dis, c’est bon, je suis sauvé, on descend maintenant ! Mais quelle erreur ! Il aurait dû penser au vent et à la vitesse. Au bout de 400 m de descente je ne sens plus mes mains et je suis à peine capable de freiner. Problème. Je cherche les gants que j’avais prévu à cet effet. Ah ! Mais je n’avais justement pas prévu de gants. Une paire de chaussettes fera l’affaire. La descente est magnifique même si je dois avouer que je ne l’apprécie pas autant que je ne le devrais (j’ai le sentiment que je souffre plus que dans la montée, étonnant). Heureusement la pluie s’arrête, je sors du brouillard, et le soleil pointe même le bout de son nez quand j’arrive dans la vallée. J’ai quand même toujours froid et je pédale comme un dératé en pensant à la douche chaude qui m’attend à l’arrivée. Je croise des chasseurs (les Suisses appellent ça du sport apparemment), des randonneurs (quand il ne pleut plus c’est plus facile), un pont suspendu sur le Rhône (et oui, déjà le Rhône) et je finis par arriver à Fiesch. J’écris à peine mieux que Nina quand je remplis le formulaire de contact du camping et je me précipite sous la douche. Un quart d’heure plus tard je me sens un peu mieux. Une heure, une bière et une part de raclette plus tard, beaucoup mieux ! Quelle journée !

Pont suspendu
Le Rhône dans la vallée

Les 102 kilomètres cette étape folle m’ont donc amené au total de 4.000 km depuis le départ de Hambourg, et pour fêter ça je vais voir le lendemain le glacier d’Aletsch. Beau monument pour les futurs pèlerins. Le temps est un peu couvert mais je prends tout de même le funiculaire pour monter au point de vue d’Eggishorn, à 2.869 m. Quand j’arrive au sommet, le ciel se dégage. La vue est magnifique. Le glacier est superbe. Quand je redescends 20 minutes plus tard, le ciel se couvre à nouveau. Beau timing !

Le glacier d’Aletsch

En bas le soleil brille. Toutes mes affaires sont sèches. La journée s’annonce bien ! Je descends la vallée du Rhône jusqu’à Visp et me lance dans l’ascension vers Zermatt, d’où on peut admirer le plus haut sommet de la Suisse, le Matterhorn. La montée est un régal : pas trop violente, avec des petites descentes de temps en temps pour récupérer, et surtout je suis tout le temps au soleil ! C’est presque trop facile ! Pour me rajouter un peu de difficulté, je me trompe de chemin et me retrouve sur une piste de VTT pour les 4 derniers kilomètres. Je ne sais pas qui monte cette piste mais pour ma part j’ai fait une bonne partie à pied. Et Jay est un peu lourd pour être poussé… Zermatt finalement. Station de ski. Des hôtels partout. Et tout est tellement cher… Mais la vue sur le Matterhorn vaut le détour. Et il fait froid (1.600 m d’altitude tout de même). Surtout dans les dernières heures de la nuit. Ça me réveille. Et j’ai eu la bonne idée de m’installer au pied d’un lampadaire qui s’allume à 4h30. Super. Impossible de me rendormir du coup je vais un peu marcher en espérant avoir de belles vues sur le Matterhorn à l’aube. Manque de bol, c’est couvert. La promenade était quand même sympa. Et les vues sur Zermatt aussi…

Le Matterhorn
Il est cinq heures, Zermatt s’éveille

Descente vers le Rhône à nouveau puis je suis la vallée en direction du lac Léman. C’est très industriel. Un peu moche malheureusement. Mais la piste cyclable est belle. Puis, aux environs de Sion, j’arrive dans les vignobles. C’est beaucoup plus agréable. Jolie vue sur les deux châteaux de la ville (Tourbillon, en ruine, et Valère, en travaux) dont je fais aussi le tour. Les vues depuis le sommet de la colline sont superbes. Le reste du chemin vers Martigny est assez quelconque. Je me plante de route et fais un petit tour sur un échangeur d’autoroute. J’en suis quitte pour une petite frayeur mais pas de casse. Il y a beaucoup de vent. La fin d’étape est longue. Martigny finalement. Pour résumer, la vue depuis le camping est plus intéressante que le centre-ville. C’est dire… Discussion avec mes voisins de tente jusque tard dans la nuit. Ils vont de Sierre à Genève en vélo. Très sympa. Jay a aussi un petit problème de freins, heureusement il y a un vélociste juste à côté, j’irai demain à la première heure…

Le Rhône, Valère et Sion

Bilan des courses, des plaquettes neuves et un disque à changer. Le type me regarde avec de grands yeux quand je lui dis que j’ai fait 4.000 bornes. « Normalement il faut changer les plaquettes tous les 1.500 km monsieur » Oui. Merci. C’est combien ? J’en avale mon portefeuille. A deux jours près j’aurais pu faire ça en France et ça m’aurait couté 30% moins cher… Ah la Suisse. Départ ensuite vers le lac Léman. Il fait beau et chaud (les amateurs apprécieront la contrepèterie). J’arrive sur le lac : Villeneuve, le château de Chillon, Montreux, Vevey, Lausanne et finalement Rolle. Les vues sont superbes, je trouve un coin sympa pour se baigner recommandé par une des cyclistes d’Interlaken mais je n’ose pas y aller : pas un coin d’ombre et je me dis que laisser Jay et tout le matos en plein soleil pendant 20 minutes, mauvaise idée. Je demande à un type sur la route où est le prochain accès au lac et il me dirige vers une petite perle. Au top ! Seul bémol, la sortie de Lausanne : je mange du pot d’échappement pendant 20 kilomètres avant de finalement arriver à Rolle (qui comme Thibaut me le fait justement remarquer n’est pas loin de Gland). L’accueil y est royal. Merci Valentin et Sara !!

Le lac et le château de Chillon
Montreux
Ma petite plage privée

Pour que vous ne soyez pas complètement perdus, les cartes habituelles :

Interlaken – Fiesch
Fiesch – Zermatt
Zermatt – Martigny
Martigny – Rolle

Maintenant fini la Suisse, direction la France, la famille et encore plus d’amis !