The return of the prodigal son

Day 95, Nouan Le Fuzelier, 7.920 km

It took me 3 months, braving almost 8,000 km of roads and paths across 10 countries, overcoming the scorching heat, freezing cold, rain, snow and wind, escaping mosquitoes, geese and hedgehogs, eat kilos of rice, chocolate and dried fruits, to finally arrive home … Some of you will tell me that the shortest way to go from Hamburg to Nouan Le Fuzelier does not necessarily go through Bratislava, Zurich, Valence and Brussels. This is not completely wrong. However, I planned everything perfectly to arrive just before the rain. And I must say that I am glad to be comfortably seated in an armchair by the fireplace instead of pedaling on my bike at this precise moment…

But before getting home, I have to finish the Roubaix-Paris first. Last stage this Sunday. With a promising arrival on the Champs Elysées! In addition, the field is crowded with the presence in the peloton of Sophie, the rising star of French cycling, and Casca, quadruple winner of the classic of the South-West, the famous Montauban-Toulouse-Montauban race. In addition, the dire weather conditions promise to make this latest opus of the northern classic a true masterpiece. And the start already keeps all its promises: a very dense fog and a hill with terrible percentages (at least 1000% according to the unions, 10% according to the police) in the first 5 kilometers: no preliminary warm-up, the runners are already on fire!

The Seine disappears in the fog
Smiles are still in there before the actual departure

Quite quickly, we leave the city to take small country roads. The fog has not completely lifted but we can tell that the sun is not far away. There is not a breath of wind, the road is flat, almost without a single car, ideal for cycling on Sundays! Small attacks shake the peloton, especially on the climb of Radepont, but it is together that the favorites reach the first supply point…

We feel that the sun is coming…
Casca and Sophie attacking the climb of Radepont
Bicycles also need rest

Despite a little mechanical incident just before the lunch break (a portion of dirt track that was fatal to Sophie’s rear tire), we arrive at the famous T’Avernes in the village of Avernes (funny name right?) where the mid-stage refueling was planned. The boss does not seem delighted to see a cyclist pack invade her restaurant (« You want to eat? We are no longer allowed to have that many people in the restaurant with the new law … ») but the benevolent banter of Casca gets the better of her resistance and she quickly serves us a tournedos accompanied by its pepper sauce which heals morale and legs… Under the sun, the countryside is beautiful. We pass near castles, in the forest, we cross rivers, the birds accompany us in the plain, a real treat. The end of the stage is a little more complicated: the legs are heavy, the knees creak, landscapes are replaced by building bars and the fresh air by the exhaust gases. The crossing of Paris goes smoothly by following the new cycle paths of the mayor: La Défense, the Champs-Elysées and the rue de Rivoli. We finally go separate ways and I head to Maison-Alfort for a reunion raclette at Cannelle and Thomas with Adrien and Alexandra as surprise guests (a gap of almost 10 years before meeting is far too long …).

A castle on the road
Crossing the Oise
Arrival in Paris…

… and it’s Sophie who raises her arms on the Champs

The next day, the sun is still there and the temperatures are not too cold. Heading home! The start of the stage is not very exciting: lots of town, a bit of the Seine, but above all factories and industrial areas. I look forward to finally reaching the countryside. I get quickly disillusioned when I realize it’s windy. A lot of wind. Headwind. And not a single tree or a hill to shelter me from it. It’s hard. I’m not moving at all and start to tell myself that at this pace I won’t be in Nouan before 10:30 pm. I’m starting to think that if it’s really too late I’ll stop for the night. Wind turbines are becoming the object of fierce hatred for me. If I had had a spear I would have tried to become a modern-day Don Quixote … In the end, it only lasts about sixty kilometers before I reach the forest of Orleans. Rarely have I enjoyed trees so much. In addition, the road is flat, the weather is nice, it becomes pleasant to cycle again!

My worst enemies taunting me from afar
Rescued by the forest

I cross the Loire, which has since the last time I saw it reached its adult size, and I continue to ride in the Sologne forest. After my Sunday cyclists I will meet the Monday cyclist, my brother Thibaut, who comes to join me so that we do the last twenty kilometers together. Night begins to fall, Thibaut hopes to find wild boars, I would prefer not to. Finally everything goes well and we arrive home safely!

The Loire
Night is falling
Reunion on the way
Riding at night

Now a week off, to enjoy family and friends before heading west again mid next week! And this time I don’t bathe you with the daily itineraries but I have updated the map which represents the journey since my departure from Hamburg…

A not so straight way…

Le retour du fils prodigue

Jour 95, Nouan Le Fuzelier, 7.920 km

Il m’aura fallu 3 mois, braver presque 8.000 km de routes et de chemins à travers 10 pays, surmonter les chaleurs torrides, le froid glacial, la pluie, la neige et le vent, échapper aux moustiques, aux oies et aux hérissons, manger des kilos de riz, de chocolat et de fruits secs, pour finalement arriver à la maison… Certains d’entre vous me diraient que le chemin le plus court pour aller de Hambourg à Nouan Le Fuzelier ne passe pas nécessairement par Bratislava, Zurich, Valence et Bruxelles. Ce n’est pas complètement faux. En revanche j’ai parfaitement calculé mon coup pour arriver juste avant la pluie. Et je dois dire que je préfère être confortablement assis dans un fauteuil au coin du feu plutôt qu’à pédaler sur mon vélo à cet instant précis…

Mais avant d’arriver à la maison, il faut déjà finir le Roubaix-Paris. Dernière étape ce dimanche. Avec une arrivée sur les champs qui promet ! En plus le plateau est très relevé avec la présence dans le peloton de Sophie, l’étoile montante du cyclisme français, et Casca, quadruple vainqueur de la classique du Sud-Ouest, la fameuse course Montauban-Toulouse-Montauban. En sus, les conditions météo dantesques promettent de faire de ce dernier opus de la classique du Nord un véritable chef d’œuvre. Et le départ tient déjà toutes ses promesses : un brouillard à couper au couteau et une côte aux pourcentages terribles (au moins 1000% selon les syndicats, 10% selon la police) dans les 5 premiers kilomètres : pas de mise en jambes préliminaire, les coureurs sont déjà chauds !

La Seine se perd dans le brouillard
Les sourires sont encore de mise juste avant le départ réel

Assez rapidement, on quitte la ville pour prendre des petites routes de campagne. Le brouillard n’est pas complétement levé mais on sent que le soleil n’est pas loin. Il n’y a pas un souffle de vent, la route est plate, quasiment sans une seule voiture, idéal pour faire du vélo le dimanche ! De petites attaques secouent le peloton, notamment dans la côte de Radepont, mais c’est groupés que les favoris atteignent le premier point de ravitaillement…

On sent que le soleil arrive…
Casca et Sophie à l’attaque dans la côte de Radepont
Il faut bien que les vélos aussi se reposent

Malgré un petit indicent mécanique juste avant la pause déjeuner (une portion de piste qui aura été fatale au pneu arrière de Sophie), on arrive à la fameuse T’Avernes du village d’Avernes (cet excellent jeu de mots n’est pas du fait de l’auteur mais bien du propriétaire de l’établissement en question) où le ravitaillement de mi étape a été prévu. La patronne ne semble pas ravie de voir un peloton cycliste envahir son restaurant (« Vous voulez manger ? On n’a plus le droit avec la nouvelle loi… ») mais la gouaille bienveillante de Casca a raison de sa résistance et elle a vite fait de nous servir un tournedos accompagné de sa sauce au poivre qui redonne du baume au cœur et des forces dans les jambes… Sous le soleil, la campagne est belle. On passe près de châteaux, dans la forêt, on enjambe des rivières, les oiseaux nous accompagnent dans la plaine, un vrai régal. La fin de l’étape est un peu plus compliquée : les jambes sont lourdes, les genoux grincent, les paysages sont remplacés par des barres d’immeubles et l’air frais par les gaz d’échappement. La traversée de Paris se fait tout de même sans encombres en suivant les nouvelles pistes cyclables de madame la maire : La Défense, les Champs-Elysées et la rue de Rivoli. Je me sépare de mes partenaires et file vers Maison-Alfort pour une raclette retrouvailles chez Cannelle et Thomas avec en invités surprise Adrien et Alexandra (un trou de presque 10 ans avant de se revoir c’est bien trop long…).

Un château sur la route
Traversée de l’Oise
Arrivée à Paris…
… et c’est Sophie qui lève les bras sur les Champs

Le lendemain, le soleil est toujours au rendez-vous et les températures ne sont pas trop fraiches. Direction la maison ! Le début de l’étape n’est pas très excitant : beaucoup de ville, un peu de Seine mais surtout des usines et des zones industrielles. Je me réjouis d’atteindre enfin la campagne. Je déchante assez rapidement quand je réalise qu’il y a du vent. Beaucoup de vent. De face. Et pas un arbre ou une colline pour m’en abriter. C’est dur. Je n’avance tellement pas que je me dis qu’à cette allure je ne serai pas à Nouan avant 22:30. Je commence à me dire que si c’est vraiment trop tard je m’arrêterai pour la nuit. Tant pis. Les éoliennes deviennent pour moi l’objet d’une haine farouche. Si j’avais eu une lance je me serais pris pour un Don Quichotte des temps modernes… Au final ça ne dure qu’une soixantaine de kilomètres avant que je ne rejoigne la forêt d’Orléans. J’ai rarement autant apprécié les arbres. En plus la route est plate, il fait beau, ça redevient agréable de faire du vélo !

Mes pires ennemis qui me narguent au loin
La forêt salvatrice

Je traverse la Loire, qui depuis le temps a atteint sa taille adulte, et je continue à rouler dans la forêt de Sologne. Après mes cyclistes du dimanche je vais retrouver le cycliste du lundi, mon frère Thibaut, qui vient me rejoindre pour que nous faisions les vingt derniers kilomètres ensemble. La nuit commence à tomber, Thibaut espère tomber sur des sangliers, moi je préférerais éviter. Finalement tout se passe bien et on arrive sans encombres à la maison ! Enfin !

La Loire
La nuit tombe
Retrouvailles sur le chemin
La nuit

Maintenant une semaine de repos, pour profiter de la famille et des amis avant de repartir vers l’ouest en milieu de semaine prochaine ! Et cette fois je ne vous bassine pas avec les itinéraires quotidiens mais j’ai mis à jour la carte qui représente le trajet depuis mon départ d’Hambourg…

Un trajet pas très direct

Bike overboard!!

Day 92, Rouen, 7.592 km

A new initiation for Jay and Bob in the last days: we went to see the sea! To be fair, we are talking about the North Sea, I did not dare to go for a dip either, but it is still the sea! And on top of things, under the sun (it seems that the statement in my last post that the weather was cold and rainy in the north is wrong… or the limit between north and south is in Lille…). And since no one had been told that it could also be sunny in October in the region, we were pretty much alone during the last few days!

But let’s go back to Brussels first … my cousin Antoine who welcomes me in Lille asked me not to arrive before 6 p.m., so I take advantage of a quiet morning to have a huge breakfast, chat with Anaïs and Tunc and read a little. It doesn’t rain, is not too cold and there is very little wind, perfect weather for cycling! I leave Brussels fairly quickly and cross part of the Flemish countryside. The villages all have names that are more unpronounceable than each other, and I’m not talking about street names… My GPS is definitely very mischievous lately and takes me for a little ride through the fields (I don’t know who said there was a cycle path there but he should try to go there himself…). It must be the air of Belgium which makes it a little weird. To make my life easier, I decide to rely more on signs than GPS, and I’m doing pretty well. Until somehow there are stairs in the middle of the cycle path… interesting concept, especially with a bike that weighs 45 kilos…

Ah, the nice cycle path

I find myself riding along the Espierres canal and I run into a contingent of geese who demonstrate… I did not fully understand their demands but it is another sign of the current social tension… if even the geese get started… This canal takes me to France. Again, no border, sign, or anything that points the passage from one country to another. Only a few more trees on the banks of the canal, which is now called Canal de Roubaix.

Geese demonstration
The channel before…
… and after the border.

Another sign of the passage in France: the buildings. Bricks everywhere. Red. And brick chimneys. Red. The whole thing looks a little sinister under the gray sky. The classic cycling atmosphere is still there, and I tell myself that I will not be doing Paris-Roubaix this year but Roubaix-Paris (via Boulogne sur Mer and Rouen, not sure that this is validated by the organizers… and on top of that a week in advance). I then stay the rest of the trip in town and end up arriving in Lille. I’m probably passing very close to where my parents lived, but I don’t have enough memories to recognize. The day ends with beers and a nice discussion with Antoine.

The next day, however, I am kicked out at 7:30 am. Antoine has to « go to class »… We all know what students do in the morning and « going to class » is rarely one of their favorite activities … (Since he probably won’t read these lines, Antoine won’t be mad at me, at least I hope…). But at least I tell myself that I will potentially be able to move a little faster than expected in the direction of Rouen (330 km planned over 3 days). So I head for the sea. It’s flat, I have the wind at my back, I’m riding fast. In the sky the battle rages between the blues and the grays and I am afraid of being one of the collateral victims. Fortunately the blues do not let down and never stay too far. Saint-Omer. Ugly. The trees change along the road. It smells like the sea. Boulogne sur Mer. Disappointing. Fortunately I arrive at the edge of the beach with a little bit of sun. It was still worth making this little detour!

The sea

I rejoiced all day telling myself that I was going to follow the North Sea path. Stupid as I am, I imagined a cycle path on the seafront, rocked by the sound of the waves, pushed by a light sea breeze … As a seafront, I am served a departmental road, the sound of engines replace this of waves and exhaust gases the smell of salt. Great… On the other hand, the wind is still there to push me, and when I start looking for my bit of forest for the night I realize that I have almost done 190km. So I will push a little harder on the pedals the next day to arrive in Rouen on Friday evening!

I wake up early in the cold morning (4 ° when I leave) and I make a first stop by a bike repairer: I broke a spoke again, I will have to seriously think about lightening myself up, unless it is the cobblestones which got the better of this one… The sun is present but it has a hard time making itself felt. By mid-morning the countryside still looks sleepy. And I finally have the right to my end of the road along the sea. Between Le Tréport and Criel-Plage, I am at the top of the cliffs, I have the sea on my right, the sun in my eyes and the wind still in the back!

View of Le Tréport from the cliffs
The road flows into the sea

The cycle path at the top of the cliffs

Carried away, I take advantage of the descent and the wind and tell myself that all roads lead to Dieppe. Bad luck, I find myself making a detour through a power station. A clever mix of signs and GPS should be the solution… Dieppe, my last stop on the coast before turning off towards Rouen. I try to take a walk in the city center but I quickly decide to find a park instead… These northern towns are definitely a little sad…

Last stage towards Rouen. It’s straight, slightly hilly (the kind of hill you can see from a distance that hurts your head more than your legs), and it’s starting to get a bit long. Fortunately it goes down at the end and I end up arriving at my aunt Flo and my uncle Laurent before night.

We also found an interesting game to get an idea of ​​the distances: 7.500km, that’s about the distance I would have had to cover if I had wanted to go from Rennes to Kabul by bike … or go 7,5 times from Paris to Milan.

See you next time!!

Brussels – Lille
Lille – Quend
Quend – Rouen

Un vélo à la mer !!

Jour 92, Rouen, 7.592 km

Une nouvelle expérience initiatique pour Jay et Bob ces derniers jours: on a été voir la mer ! Il est vrai qu’on parle de la mer du Nord, je n’ai pas non plus osé aller faire trempette, mais ça reste la mer ! Et sous le soleil en plus (il semblerait que l’affirmation de mon dernier post disant qu’il faisait froid et moche dans le nord soit erronée… ou alors la limite entre le nord et le sud se trouve à Lille…). Et vu que personne n’avait été mis au courant qu’il pouvait aussi faire beau en octobre dans la région, on était plutôt tranquilles pendant les derniers jours !

Mais retournons d’abord à Bruxelles… mon cousin Antoine qui m’accueille à Lille m’a demandé de ne pas arriver avant 18h, du coup je profite d’une matinée tranquille pour prendre un énorme petit dèj, discuter avec Anaïs et Tunc et bouquiner un peu. Il ne pleut pas, ne fait pas trop froid et il y a très peu de vent, un temps idéal pour le vélo ! Je sors assez vite de Bruxelles et traverse une partie de la campagne flamande. Les villages ont tous des noms plus imprononçables les uns que les autres, et je ne parle pas des noms de rues… Mon GPS est décidément très facétieux ces derniers temps et m’emmène faire un petit tour à travers champs (je ne sais pas qui a dit qu’il y avait une piste cyclable à cet endroit-là mais il devrait essayer d’y aller lui-même en vélo…). Ça doit être l’air de la Belgique qui le rend un peu bizarre. Pour me simplifier la vie, je décide de plus me fier aux panneaux qu’au GPS, et je m’en sors assez bien. Jusqu’au moment où quelqu’un décide de mettre des escaliers au milieu de la piste cyclable… concept intéressant, surtout avec un vélo qui pèse 45 kilos…

Ah la belle piste cyclable!

Je me retrouve à longer le canal de l’Espierres et me fait alpaguer au passage par un contingent d’oies qui manifestent… je n’ai pas tout compris à leurs revendications mais c’est encore un signe de la tension sociale actuelle… si même les oies s’y mettent… Ce canal m’amène jusqu’en France. Encore une fois, pas de frontière, de panneau ou un quelconque signe qui indique le passage d’un pays à l’autre. Seulement un peu plus d’arbres sur les bords du canal, qui s’appelle tout de même canal de Roubaix à présent.

Les oies contestataires
Le canal avant…
… et après la frontière.

Un autre signe du passage en France : les bâtiments. Des briques partout. Rouges. Et des cheminées en briques. Rouges. Le tout a un air un peu sinistre sous le ciel gris. L’ambiance des classiques cyclistes est encore présente, et je me dis que je ne ferai pas Paris-Roubaix cette année mais Roubaix-Paris (en passant par Boulogne sur Mer et Rouen, pas certain que ce soit validé par les organisateurs… et avec une semaine d’avance en plus). Je reste ensuite tout le reste du trajet en ville et finis par arriver à Lille. Je passe probablement tout près de l’endroit où ont habité les parents, mais je n’ai pas assez de souvenirs pour reconnaitre. La journée se finit à boire des bières et refaire le monde avec Antoine.

Le lendemain en revanche, je suis mis à la porte à 7h30. Antoine doit « aller en cours »… On sait tous ce que font les étudiants le matin et « aller en cours » fait rarement partie des activités favorites… (Vu qu’il ne lira probablement pas ces lignes, Antoine ne m’en voudra pas trop j’espère…). Mais au moins je me dis que je vais pouvoir potentiellement avancer un peu plus vite que prévu en direction de Rouen (330 km prévus sur 3 jours). Je file donc vers la mer. C’est plat, j’ai le vent dans le dos, j’avance bien. Dans le ciel la bataille fait rage entre les bleus et les gris et j’ai peur de faire partie des victimes collatérales. Heureusement les bleus ne se laissent pas abattre et ne restent jamais trop loin. Saint-Omer. Moche. Les arbres changent le long de la route. Ça sent la mer. Boulogne sur Mer. Décevant. Heureusement j’arrive au bord de la plage avec un petit bout de soleil. Ça valait tout de même le coup de faire ce petit détour !

La mer

Je me suis réjoui toute la journée en me disant que j’allais suivre le chemin de la mer du Nord. Bête comme je suis, j’imaginais une piste cyclable sur le front de mer, bercé par le bruit des vagues, poussé par une petite brise iodée… En guise de front de mer, j’ai le droit à une départementale, le bruit des moteurs remplace celui des vagues et les gaz d’échappement l’odeur du sel. Super… En revanche le vent est toujours là à me pousser, et quand je commence à chercher mon bout de forêt pour la nuit je me rends compte que j’ai quasiment fait 190km. Du coup je pousserai un peu plus fort sur les pédales le lendemain pour arriver à Rouen dès le vendredi soir !

Réveil matinal et à la fraiche (4° quand je pars) et je fais un premier arrêt par un réparateur de vélo : j’ai encore cassé un rayon, il va falloir que je songe sérieusement à m’alléger, à moins que ce ne soient les pavés qui aient eu raison de celui-là… Le soleil est présent mais il a du mal à se faire sentir. En milieu de matinée la campagne a toujours l’air endormi. Et j’ai finalement le droit à mon bout de route le long de la mer. Entre le Tréport et Criel-Plage, je suis en haut des falaises, j’ai la mer à ma droite, le soleil dans les yeux et le vent toujours dans le dos !

Vue sur le Tréport depuis les falaises
La route se jette dans la mer
La piste cyclable en haut des falaises

Emporté dans mon élan, je profite de la descente et du vent et me dis que tous les chemins mènent à Dieppe. Manque de bol, je me retrouve à faire un détour par une centrale électrique. Un savant mélange de panneaux et de GPS devrait être la solution… Dieppe, ma dernière étape sur la côte avant de bifurquer vers Rouen. Je tente de faire un tour dans le centre-ville mais je décide rapidement de me trouver plutôt un parc… Ces villes du nord sont décidément un peu tristes…

Dernière ligne droite jusqu’à Rouen. C’est effectivement tout droit, légèrement vallonné (le genre de faux-plat qui se voit de loin et qui fait plus mal à la tête qu’aux jambes), et ça commence à être un peu long. Heureusement ça descend sur la fin et je finis par arriver chez ma tante Flo et mon oncle Laurent (tout ça avant 21h bien sûr, il faut déjà prendre des bonnes habitudes !!).

On a par ailleurs trouvé un jeu intéressant pour se donner une idée des distances: 7.500km, c’est à peu près la distance que j’aurai dû parcourir si j’avais voulu aller de Rennes à Kaboul en vélo… ou alors faire 7,5 fois Paris-Milan.

Sur ce, à la prochaine !!

Bruxelles – Lille
Lille – Quend
Quend – Rouen

He lives north, way up north

Day 89, Brussels, 7.139 km

I had been warned: « well, the North in October, that’s going be tough… ». Since I’m a little stubborn (I wonder who I got this from), I found a lot of excuses to go anyway (if I wanted to see everyone, I didn’t really have a choice, better October than January, etc. etc.) and that’s it: I reached the northernmost point of the trip for this winter: Brussels. And as I had been told, it was cold, it rained, there was wind… It’s less pleasant than riding in summer but I guess everyone already knew that…

I’m leaving Frankfurt on Friday morning, under a real deluge. As I expected it, I don’t really mind and decide to ignore the fact that I’m wet altogether (the full gear, including the overshoes, helps a lot). I ride along the Main, it’s flat, nothing out of the ordinary, except a factory every now and then… And it still rains. A lot. But since I decided to not be wet, it’s okay. I arrive in Mainz, where I join the Rhine. Nothing particular to report either (to be honest, I did not dig more than that)… I continue to follow the Rhine and begin to think that the poor Germans have not been spoiled by nature: even the banks of the river remain soporifically monotonous (fortunately I slept well the night before, otherwise I would probably have fallen asleep on the handlebars).

I arrive in Bingen am Rhein and I tell myself that I have judged a bit quickly: I understand why people have written poems about this region. Steep mountains that surround the Rhine, a castle perched on the heights every kilometer, vineyards on the hills and pretty little villages. The Lorelei region. It’s simply beautiful. I even forget that it’s raining. I wonder if I can follow the Rhine a little longer to enjoy the landscapes a bit more but that would make me make a « small » detour of about a hundred kilometers and I realize that despite everything I have decided I’m kind of wet… Too bad, I turn towards Luxembourg…

Mainz seen from the Rhine
The Rhine valley, its castles…
… its vineyards and small villages.

As I leave the banks of the Rhine, I climb. The road is quite steep even. The rain doesn’t help but I finally get on the plateau. I see windmills everywhere: bad sign. The rain stops but the wind takes over. Awesome. I take a look at the weather forecast, which tells me that it shouldn’t rain until the evening! Great. 5 minutes later it’s raining so hard that I can’t see 5 meters away. Thanks weather forecast! I run into an old man during a break who tells me he still rides a bike at 75 when the weather allows it. Not today, for example. We laugh and I leave. I’m starting feel my legs and I’m looking for a forest where I can hide for the night. Mission accomplished at nightfall, I manage to pitch the tent in the dark (I’m kind of used to it I imagine), have dinner and jump in bed!

The next day I wake up late (around 7:30 am) and it’s still dark… It’s a change from this summer… It’s cold too, so I put the full gear back on. In addition, I start my day with a big descent and Switzerland has taught me to beware of the cold in such cases … I join the Moselle at Bernkastel, a pretty little village by the river. The GPS recommends that I cut straight on towards Luxembourg but I decide to follow the Moselle instead: wise decision! It’s flat, in the sun, very pretty and I just have to reach out to pick a bunch of grapes for my breaks.

Bernkastel
The Moselle
The Moselle again

Still the Moselle

I cross a new border and enter into Luxembourg (9th country since the start). I find a sign for the traditional photo and set off to climb the last hills before arriving at Laura and Adrien’s place. Adrien picks me up on its bike (second reunion on the road, a little delay this time but nothing serious) and we ride the last kilometers together. We even go as far as to exchange our bikes (I have the impression of flying without my 30 kilos of luggage)! Small mechanical problems at the end of the stage: I get a flat tire (but with Adrien’s bike so I don’t know if that counts for the stats), I realize that my brake pads are dead and that one of my spokes is broken (though I lightened up at Barr…). We will have all that fixed on the road Monday morning, but before that, raclette, board games and well-deserved Sunday rest!

The photo-border
Together it’s funnier!
Visit of Luxembourg on Sunday

Monday morning, new start. First step: a bicycle repair shop to change my broken spoke. I leave in the rain wondering 1. If the store is open (conflicting information between Google and the website) 2. If the wheel will hold. In the end everything goes well and I quickly have a brand new spoke! However, I realize on the next climb that the derailleur has not been adjusted correctly (the repairman must have touched something when changing the spoke) and I almost broke my chain. Luckily, I had a derailleur-setup course at Coco’s and I can do it on my own like a grown-up man. I follow the bike path in the forest, it is a bit slippery at times (I have to push on a climb and hesitate to do it on a descent) but overall quite pleasant. I enter Belgium without realizing it (no photo-border this time) and I arrive in Bastogne. I also pass the 7.000 kilometer! In a few years, there will be a cycle race, the famous Pélunaise classic, between Sète (Sète is pronounced the same way as sept, which means seven in French) and Bastogne, which will have exactly 1,000 km: they will only have to change the letters on the roundabout…

A ride in the forest
The future monument of the Sète-Bastogne race

Belgium ! I cross the Ardennes. The forest is beautiful. There are bits of tanks or cannons in all the villages I pass through. There is also at least one tree called King Baudoin in each of these villages. We are not talking about dumps but container parks (it reminds me of an amusement park for containers… I’m trying to laugh as soon as I can). We are not talking about Cycle paths, but about RaVEL (that makes me laugh too). I cross Thon (Thuna in French) and Jambes (Legs in French). People smile at me and say hello. It’s raining but not too much. It’s hilly but not too much. There is wind… but not too much !! Happy Belgium!

After a night in my tent, I reach the Meuse before riding along it to Namur and then branching off towards Brussels. My GPS tricks me and takes me through paths at the limit of the practicable … I have to push on the climb and I fall hard in the descent. A big hit on the knee and I have to finish walking. But as soon as the Meuse is there I pedal again. Like any self-respecting cyclist in Belgium, I have to go through a little cobbled section, It shakes! Then a long streak through the forest and I arrive in Brussels at Anaïs’ place!

Namur
The cobblestones, but no flat tire for me…

From tomorrow on, I will be heading for the south and the nice weather again (at least I hope) … And I will stay in France until Christmas!

Frankfurt – Horbruch
Horbruch – Luxembourg
Luxembourg – Barsy
Barsy – Brussels

Il habite au Nord, bien plus au Nord…

Jour 89, Bruxelles, 7.139 km

On m’avait prévenu : « ouhla, le Nord au mois d’octobre, tu vas douiller… ». Vu que je suis un peu têtu (je me demande de qui je tiens ça), je me suis trouvé tout plein d’excuses pour y aller quand même (de toute façon, si je voulais voir tout le monde, je n’avais pas vraiment le choix, et puis mieux vaut octobre que janvier, etc. etc.) et ça y est : j’ai atteint le point le plus au Nord du voyage pour cet hiver : Bruxelles. Et comme on me l’avait dit, il a fait froid, il a plu, il y a eu du vent… C’est globalement moins agréable que de rouler l’été mais ça tout le monde le savait déjà…

Je pars donc de Francfort vendredi matin, sous un vrai déluge. Comme je m’y attendais, je ne me formalise pas et décide d’ignorer totalement le fait que je sois mouillé (l’équipement intégral, y compris les sur-chaussures, contribue pour beaucoup). Je longe le Main, c’est plat, rien qui ne sorte de l’ordinaire, hormis une usine de temps en temps… Et il pleut toujours. Fort même. Mais comme j’ai décidé de ne pas être mouillé ça va. J’arrive à Mayence, où je rejoins le Rhin. Rien de particulier à signaler non plus (pour être honnête, je n’ai pas creusé plus que ça)… Je continue à longer le Rhin et commence à penser que les pauvres allemands n’ont pas été gâtés par la nature : même les bords du fleuve restent d’une monotonie soporifique (heureusement que j’ai bien dormi la nuit d’avant, sinon je me serais probablement endormi au guidon).

J’arrive à Bingen am Rhein et je me dis que j’ai jugé un peu vite : je comprends pourquoi on a écrit des poèmes sur cette région. Des montagnes à pic qui entourent le Rhin, un château perché sur les hauteurs tous les kilomètres, des vignobles sur les collines et des jolis petits villages. La Lorelei. C’est tout simplement magnifique. J’en oublie même qu’il pleut. Je me demande si je ne peux pas suivre le Rhin un peu plus longtemps pour profiter encore des paysages mais ça me ferait faire un « petit » détour d’une centaine de kilomètres et je me rends compte que malgré tout ce que j’ai décidé je suis tout de même mouillé… Tant pis, je bifurque vers Luxembourg…

Mayence vue du Rhin
La vallée du Rhin, ses châteaux…
… ses vignobles et ses petits villages.

Comme je quitte les rives du Rhin, je grimpe. Assez fort même. La pluie n’aide pas mais je finis par arriver sur le plateau. Il est hérissé d’éoliennes: mauvais signe. La pluie se calme mais le vent prend le relais. Génial. Je jette un œil sur la météo qui m’annonce qu’il ne devrait plus pleuvoir jusqu’au soir ! Super. 5 minutes plus tard il pleut tellement fort que je ne vois pas à 5 mètres. Vive la météo ! Je croise un petit vieux pendant une pause qui me raconte qu’il fait encore du vélo à 75 ans quand le temps le permet. Pas aujourd’hui par exemple. On rigole et je repars. Je commence à en avoir plein les jambes et je cherche une forêt où me cacher pour la nuit. Mission accomplie à la nuit tombante, je parviens à monter la tente dans le noir (la force de l’habitude j’imagine), un dîner et au lit !

Le lendemain je me réveille tard (vers 7h30) et il fait toujours nuit… Ça me change de cet été… Il fait froid aussi donc je remets l’équipement intégral. En plus je commence ma journée par une grosse descente et la Suisse m’a appris à me méfier du froid dans ces cas là… Je rejoins la Moselle à Bernkastel, un joli petit village au bord de la rivière. Le GPS me recommande de couper tout droit vers Luxembourg mais je décide de suivre la Moselle à la place : bien m’en prend ! C’est plat, au soleil, très joli et je n’ai qu’à tendre le bras pour cueillir une grappe de raisin pour manger pendant mes pauses.

Bernkastel

La Moselle
La Moselle encore
La Moselle toujours

Je traverse une nouvelle frontière et rentre au Luxembourg (9ème pays depuis le départ). Je trouve un panneau pour faire la traditionnelle photo et me lance à l’assaut des dernières collines avant d’arriver chez Laura et Adrien. Adrien vient d’ailleurs me chercher à vélo (deuxièmes retrouvailles sur la route, un petit raté cette fois-ci mais rien de grave) et on fait les derniers kilomètres ensemble. On va même jusqu’à échanger nos vélos (j’ai l’impression de voler sans mes 30 kilos de bagages) ! Petits ennuis mécaniques en fin d’étape : je crève (mais avec le vélo d’Adrien donc je ne sais pas si ça compte pour les stats), je me rends compte que mes plaquettes de freins sont mortes et qu’un de mes rayons est cassé (pourtant je me suis allégé à Barr…). On fera réparer tout ça sur la route lundi matin, mais avant ça raclette, jeux de société et repos dominical bien mérité !

La photo-frontière
A deux c’est quand même plus drôle
Visite de Luxembourg le dimanche

Lundi matin, nouveau départ. Première étape : un atelier de réparation de vélo pour changer de rayon. Je pars sous la pluie en me demandant 1. Si le magasin est ouvert (informations contradictoires entre Google et le site internet) 2. Si la roue va tenir. Au final tout se passe bien et j’ai vite un rayon tout neuf ! En revanche je me rends compte dans la montée suivante que le dérailleur n’a pas été réglé correctement (le réparateur a dû toucher quelque chose en changeant le rayon) et je manque de casser ma chaîne. Heureusement, j’ai eu un cours de réglage de dérailleur chez Coco et je peux le faire tout seul comme un grand. Je suis la piste cyclable dans la forêt, c’est parfois un peu glissant (je dois pousser dans une montée et j’hésite à le faire dans une descente) mais globalement assez agréable. Je passe en Belgique sans m’en rendre compte (pas de photo-frontière cette fois) et j’arrive à Bastogne. Je passe aussi le kilomètre 7.000 ! Dans quelques années, il y aura une course cycliste, la fameuse classique Pélunaise, entre Sète et Bastogne, qui fera exactement 1.000 km : il suffira de changer les lettres sur le rond-point…

On roule dans la forêt
Le futur monument de la course Sète-Bastogne

La Belgique ! Je traverse les Ardennes. La forêt est belle. Il y a des bouts de tanks ou de canons dans tous les villages que je traverse. Il y a aussi au moins un arbre qui s’appelle Roi Baudoin dans chacun de ces villages. On ne parle pas de déchetterie mais de parc à conteneur (ça me fait penser à un parc d’attractions pour conteneurs… on rigole comme on peut). On ne parle pas non plus de Véloroute mais de RaVEL (route à vélo j’imagine, ça me fait rire aussi). Je traverse Thon et Jambes. Les gens me sourient et me disent bonjour. Il pleut mais pas trop. C’est vallonné mais pas trop. Il y a du vent… mais pas trop !! Joyeuse Belgique !

Après une nuit sous la tente je rejoins la Meuse avant de la longer jusqu’à Namur puis bifurquer vers Bruxelles. Mon GPS me joue des tours et me fait passer par des chemins à la limite du praticable… Je dois pousser dans la montée et je me mange dans la descente. Un gros coup sur le genou et je dois finir en marchant. Mais dès que la Meuse est là je pédale à nouveau. Comme tout coureur de classique qui se respecte, j’ai le droit à mon petit secteur pavé, Ça secoue ! Puis une longue séquence à travers la forêt et j’arrive à Bruxelles chez Anaïs !

Namur
Les pavés, mais pas de crevaison pour moi…

A partir de demain je redescend vers le sud et le beau temps (du moins j’espère)… Et je resterai en France jusqu’à Noel !

Francfort – Horbruch
Horbruch – Luxembourg
Luxembourg – Barsy
Barsy – Bruxelles

Back to the roots

Day 83, Frankfurt, 6.597 km

8 days. An eternity. An 8 days break (I am not counting the trip to Strasbourg, I had no luggage and no mountains to climb to justify it), 8 days without biking. In one go, almost as many days off as in the previous month and a half, and I barely exaggerate… That’s why when I take down the saddlebags on Monday morning I have the feeling of finally being back to the good things (Alsatians, please don’t blame me, it seems that it’s a story of endorphins). Jay and Bob don’t recognize me, I can’t fix my bags on the bike, it’s like I forgot my password after a 3 weeks vacation. Luc puts the usual bottle of wine in my hands (a good tradition there, I hope it will continue) and I set off on the road. Back to the roots, and also back to Germany, where it all began…

I aim for the Rhine, wondering if an army of doctors in coveralls is going to stop me to make sure I don’t have a few COVID molecules in my luggage. The crossing is (like every time I cross a border) hassle-free, as if no one cares about an isolated cyclist traveling in Europe. Probably better this way… I then head for Oldenburg where I will meet my cousin Géraud with whom we will travel for the next two days. It’s the first time that I have to meet someone on the road, and I am slightly apprehensive about missing him. Fortunately, he has brought a neon-yellow rain jacket that can be seen 12 kilometers away (and he also took a phone) and the reunion is carefree.

Gray sky over the Rhine
Don’t you agree that it can be seen from far away?!

Géraud has prepared a great route for us: 100 km of descent (not going up at all), along the Rhine to Karlsruhe. And he even had the good idea to ask for the wind in the back. However, he probably didn’t read all the terms and conditions, because we had a nice downpour in the early afternoon (after having thought for a long time that we would be faster than the rain). And to make it a bit funnier, he also asked the road network to do work on the bike path to pretend to get lost trying to get around them. A route planner that I recommend to everyone!! When we arrive in Karlsruhe, we even have time to have a bite to eat, admire the castle, take a walk in Géraud’s student memories, have a drink, meet up with one of his friends and have another drink… A busy day for the restart!

It’s raining on the Rhine
Karlsruhe’s Castle

The next day, we start with hilly roads. Nice hill at the exit of Karlsruhe, then we descend into the Pforzheim basin, then we go up again. It’s hard on the legs a bit but the troops are in good shape and we are still dry. And our planner also took care to take us through the forest, far from cars, so nice! And pretty views from the top of the hills allow us to admire the forest, which slowly takes on its fall colors. Before starting the last climb, we take a little detour to Mönsheim to take a short break (basically, I’m sure he had planned it, he absolutely wanted to see the famous local bakery…). And as we end up entering familiar ground, Géraud guides me with his eyes closed (or rather the GPS off) and we arrive in Stuttgart without further adventures, 10 minutes before the heavy downpour of the day… As I already told you, amazing preparation!

The next day, I take my time before leaving. I don’t want to be tempted to do the 200 km that separate me from Frankfurt in one go, the last time I ended at 228… In addition, it’s raining and it gives me the opportunity to enjoy the cousins ​​a little more… Finally, I start after lunch. It takes me a little while to leave Stuttgart and I end up following the Neckar (on the suggestions of Géraud and Miri, I decided to make a small detour…) and meeting a cyclist, Michael (pronounced the American way). We hang on, we discuss, and we do about thirty kilometers together. We are looking for a nice place to take a short break in Heilbronn (a small town that looks quite pretty, it would be worth visiting again), and at the very moment we stop we are an old retiree, anarchist, incomprehensible (even for the natives apparently), probably a little stoned too, starts telling us about his life and how unfair it is… great break… we quickly decide to run away…

Michael wants to follow the Neckar, and I want to cut through land to be in Heidelberg before nightfall, so we go our separate ways. I’m not sure I made the best decision of the day because it’s going up, it’s raining and I have the wind against me… But I do probably 20 km less than if I had followed the Neckar and I I’m even lucky enough to have a great sunset: the whole countryside is bathed in orange light, it must be the famous ginger hour. However, my plan to get there before dark didn’t really materialize. But I tell myself that driving at night is an experience I have to go through. So I keep going, but I must admit that it’s not so great: I can’t see anything, I’m dazzled by the cars, I don’t enjoy the scenery at all, I think I won’t be doing it again anytime soon. And when I arrive in Heidelberg I realize that my plan to camp in the woods by the Neckar is not going to materialize either: there is only a road and houses. Fortunately, Google Maps shows me a forest on a hill overlooking the city and I manage to find a flat place to pitch my tent. Only problem, my headlamp has been on all day in my bag and does not light anything at all … Fortunately I can set up the tent with my eyes closed…

Meeting on the road
The sun is setting…
…and night falls on the Neckar

Heidelberg by day looks way better than at night, even if the falling rain does not encourage me to stay… I will have to come back next time… The rest of the way to Frankfurt is quite monotonous: small villages, Darmstadt (for this one, no need to come back…), a bicycle motorway, the forest, the Skyline on arrival and a little tour of the city by night with my cousin Ombeline to top it off. From tomorrow on I will head to Luxembourg, then Belgium before returning to France to spend the rest of the autumn in the warmth (or not …)

Heidelberg
Arrival in Frankfurt

Below, the journey on German roads:

Barr – Karlsruhe
Karlsruhe – Stuttgart
Stuttgart – Heidelberg
Heidelberg – Frankfurt

Retour aux sources

Jour 83, Francfort, 6.597 km

8 jours. Une éternité. 8 jours de pause (je ne compte pas l’aller-retour à Strasbourg, je n’avais pas de bagages et pas de dénivelé atroce pour le justifier), 8 jours sans vélo. En une seule fois, quasiment autant de jours de repos que sur le mois et demi précédent, et j’exagère à peine… C’est pour ça que quand je descends les sacoches le lundi matin j’ai le sentiment de retrouver enfin les bonnes choses (les alsaciens, ne m’en voulez pas, il paraît que c’est une histoire d’endorphines). Jay et Bob ne me reconnaissent plus, je n’arrive plus à fixer mes sacs sur le vélo, c’est comme si j’avais oublié le mot de passe de mon PC après 3 semaines de vacances. Luc me met dans les mains la bouteille de vin habituelle (belle tradition s’il en est, j’espère qu’elle va perdurer) et je repars sur les routes. Retour aux sources donc, double retour même puisque je me dirige vers l’Allemagne, là où tout a commencé…

Je vise le Rhin, en me demandant si une armée de médecins en combinaison va m’arrêter pour s’assurer que je n’ai pas quelques molécules de COVID dans mes bagages. La traversée est (comme à chaque fois que je passe une frontière) sans histoires, comme si personne ne s’intéressait à un cycliste isolé voyageant en Europe. Tant mieux me direz-vous… Je me dirige ensuite vers Oldenburg où je vais retrouver mon cousin Géraud avec qui on va faire la route pour les deux prochains jours. C’est la première fois que je vais retrouver quelqu’un sur la route, légère appréhension à l’idée de le manquer. Heureusement, il a prévu une veste de pluie fluo qui se voit à 12 kilomètres (et il a aussi pris un téléphone) et les retrouvailles se font sans souci.

Ciel gris sur le Rhin
Avouez qu’on le voit de loin !

Géraud nous a préparé un itinéraire aux petits oignons : 100 km de descente (un faux-plat descendant en vérité, mais qui a au moins le mérite de ne pas monter du tout), le long du Rhin jusqu’à Karlsruhe. Et il a même eu la bonne idée de commander le vent dans le dos. Par contre il n’a probablement pas été au bout des conditions de vente, parce qu’on se prend une belle averse en début d’après-midi (après avoir longtemps cru qu’on serait plus rapides que la pluie). Et pour que ce soit un peu rigolo quand même, il a aussi demandé à la voirie de faire des travaux sur la piste cyclable pour faire semblant de se perdre en essayant de les contourner. Un planificateur d’itinéraire que je recommande à tous !! À l’arrivée à Karlsruhe, on a même le temps de manger un bout, admirer le château, faire une promenade dans les souvenirs étudiants de Géraud, boire des coups, retrouver un de ses potes et reboire des coups… Une journée bien remplie pour la reprise des hostilités !

Il pleut sur le Rhin
Le château de Karlsruhe

Le lendemain, on attaque la moyenne montagne. On se prend une belle côte à la sortie de Karlsruhe, puis on descend dans la cuvette de Pforzheim, puis on remonte. Ça casse un peu les jambes mais la troupe est en forme et on est encore au sec. Et notre planificateur a en plus pris soin de nous faire passer par la forêt, loin des voitures, que du bonheur ! Et de jolis points de vue depuis le sommet des collines nous permettent d’admirer la forêt qui se pare lentement de ses couleurs d’automne. Avant d’entamer la dernière montée, on fait un petit détour par Mönsheim pour une petite pause (au fond, je suis convaincu qu’il l’avait prévu, il voulait absolument voir la célèbre boulangerie du coin…). Et comme on finit par entrer en terrain connu, Géraud me guide les yeux fermés (ou plutôt le GPS éteint) et on arrive à Stuttgart sans autres aventures, 10 minutes avant la grosse averse de la journée… Je vous l’ai déjà dit, au petits oignons cette préparation !

Le lendemain, je prends mon temps avant de partir. Je ne veux pas être tenté de faire les 200 km qui me séparent de Francfort d’un coup, la dernière fois ça a fini à 228… En plus il pleut et ça me donne l’occasion de profiter encore un peu des cousins… Finalement, je me lance après le déjeuner. Je mets un peu de temps à sortir de Stuttgart et finis par tomber sur le Neckar (sur les suggestions de Géraud et Miri, j’ai décidé de faire un petit détour…) et sur un cycliste, Michael (à prononcer à l’américaine). On accroche bien, on discute, et on fait une trentaine de kilomètres ensemble. On cherche un endroit sympa pour faire une petite pause à Heilbronn (petite ville qui a l’air assez jolie d’ailleurs, ça mériterait d’y refaire un tour), et au moment même où on s’arrête on se fait alpaguer par un vieux retraité, anarchiste, incompréhensible (même pour les autochtones apparemment), probablement un peu défoncé aussi qui nous raconte sa vie et à quel point celle-ci est injuste… super pause… on décide assez vite de partir en courant…

Michael veut suivre le Neckar, et moi je veux couper pour être à Heidelberg avant la nuit, du coup on se sépare. Je ne suis pas sûr d’avoir pris la meilleure décision de la journée parce que ça monte, il pleut et j’ai le vent de face… Mais je fais probablement 20 km de moins que si j’avais suivi le Neckar et j’ai même la chance d’avoir un super coucher de soleil : toute la campagne est baignée d’une lumière orange, ça doit être la fameuse heure des roux. Par contre mon plan d’arriver avant la nuit ne se réalise pas vraiment. Mais je me dis que rouler de nuit est une expérience que je dois faire. Du coup je continue, mais je dois avouer que c’est pas top top : je ne vois rien, je suis ébloui par les voitures, je profite pas trop du paysage, je pense que je ne le referai pas de sitôt. Et en arrivant à Heidelberg je me rends compte que mon plan de camper dans les bois au bord du Neckar ne va pas se réaliser non plus : il n’y a que la route et des maisons. Heureusement, Google Maps m’indique une forêt sur une colline qui domine la ville et je parviens à trouver un endroit plat pour y planter ma tente. Seul hic, ma lampe frontale est restée allumée toute la journée dans mon sac et n’éclaire rien du tout… Heureusement que je peux monter la tente les yeux fermés…

Rencontre sur la route
Le soleil se couche…
… et la nuit tombe sur le Neckar

Heidelberg de jour, c’est quand même mieux que de nuit, même si la pluie qui tombe ne m’incite pas à rester… Faudra revenir une prochaine fois… Le reste du chemin vers Francfort est assez monotone : des petits villages, Darmstadt (pour le coup, pas la peine d’y revenir…), une autoroute de vélo, la forêt, la Skyline à l’arrivée et un petit tour de la ville by night avec ma cousine Ombeline pour couronner le tout. A partir de demain je me dirige vers le Luxembourg, puis la Belgique avant de revenir en France pour passer le reste de l’automne au chaud (ou pas…)

Heidelberg
Arrivée à Francfort

Ci-dessous, le trajet effectué sur les routes allemandes :

Barr – Karlsruhe
Karlsruhe – Stuttgart
Stuttgart – Heidelberg
Heidelberg – Francfort

The longest day

Day 73, Barr, 6.084 km

It flashed through my mind as I was planning my trip between Beaune and Barr: “What if …”. Then it went away quickly and I didn’t think about it anymore. And on the road to Besançon it came back: “What if I did it in one day …”. And the more I thought about it, the more I wanted to give it a try, just to see if I could. I spoke to Béné (my sister) in Besançon about it, and I convinced myself that it was a good idea: travel from Besançon to Barr in one day: 220 km, relatively flat. With my average around 20 km/h, it would be about 11 hours on the bike… A long, very long day…

But before that, I have to get to Besançon: I leave Beaune at the end of the afternoon for the day’s “stage” and cover the 5 km that separate me from Pommard where I will spend the night with my uncle and my aunt. A nice walk, paella, wine and tea make up for a nice evening menu which ends with a bit of reading (including a very nice comic book gem that I would be happy to recommend to those interested). The next day, when the time to leave has come, my aunt decides to make me a traveling advertising billboard for the Domaine Lejeune (their vineyard) and I leave loaded like a missile: a 2020 harvest t-shirt (which I must wear every day), a yellow vest (to go and demonstrate for the protection of Pinot Noir), a bottle of Grand Cru, not to mention a pot of wild boar terrine, a sandwich, an orange and half a cake for lunch. I have never been so well equipped to face a day of cycling!

The weather is a little overcast, it rained in the morning but it is dry when I leave. Let’s hope it will last for the day! On the road, a little before the village of Bonnencontre (which could be translated in French as “nice encounter”), I catch up with a couple of cyclists, Arnaud and Valérie, who are returning home to Alsace after a journey of a few weeks. We do a little bit of the road together, it’s nice to have a talk on the road. They give me some tips for cycling trips (not their first try), including a community that offers a hot shower and accommodation for passing cyclists. I definitely have to try this instead of sleeping outside one of these days! We finally take a little lunch break on the banks of the Saône. It’s a nice change from my usual dried fruits and seeds!

Unfortunately I have to leave them after the meal, they plan to stop at Dole while I want to push on to Besançon to meet Béné. It starts to rain. I ride along the Rhone-Rhine canal. I even race with a barge (for a lopsided victory). I find the Doubs around Dole. It must be nice, but since it has started to rain a lot, I don’t linger. I also start to feel a little cold. So I go along the Doubs to Besançon. Other than the entrance to town where the cycle paths are so narrow that I’m afraid of being run over at any time, the rest of the journey is smooth. I’m happy to be here, to be able to take a good shower and put on dry clothes!

Dole in the rain
The Doubs

I use the next day to visit Besançon, go up to the citadel under the pouring rain, enjoy a beautiful view of the city under the sun (we go from the rain to the sun in less than 20 minutes, quite impressive), drink a few beers, eat a fondue and even play games until late at night. In short, a busy day!

The citadel overlooks Besançon…
… and the Doubs surrounds it.

The next day is the big day: I get up earlier to leave at sunrise and try to get to Barr during the day. Departure at 7.45 am. The sky is gray. It’s cold. But I have the wind at my back, and that makes a big difference! The start of the stage is superb: the Doubs valley is quite deep, I am surrounded by mountains, the sun is even showing itself between the clouds, and the wind continues to push me. At 11:21 am, I decide that I will be in Barr at my sister’s house the evening before Nina (my niece) goes to bed. So I push harder on the pedals, stopping only to put on or take off layers of clothes and have a drink of tea. Cyclists who pass me are even surprised that Jay is not electric.

The banks of the Doubs
Still on the Doubs

I also pass kilometer 6.000. For those who would like to do the Pélurinage one day, you can go to Mulhouse (which will soon be renamed Millhouse): I haven’t really been there, but if you look at the map from far enough, you could almost think so. In a slightly megalomaniacal impulse, I intended to stage myself, I had even prepared a little speech that I intended to proclaim in front of Jay and Bob on a hill overlooking the Alsatian vineyard and which would have ended with: « From the top of these hills , 6,000 kilometers contemplate you… ”. In the end I don’t overlook anything at all, it has been raining for 3 hours, I’m soaked and I’m starting to feel cold. Maybe for the 7,000 km…

Fortunately the road is beautiful, in the vineyards, far from the cars. The Vosges appear from time to time from the clouds in the distance when the rain stops a little. With on their flanks small villages with colorful houses and from time to time a castle topping a summit.

We climb in the vineyards
A castle in the distance

The road is also long. I’ve never been this far in a day and my legs are starting to hurt. In addition, I left the flat behind me in the Doubs valley and I feel like I drain my remaining energy every time I have to climb a hill. But as always, I finally arrive after 228 kilometers and 9h48 of cycling (thanks for the wind!). I wouldn’t do this every day, and luckily I have a week to rest and enjoy Alsace and the family (Nina adopted Jay and Bob very quickly)!

Nina with her new bike

Finally, a quick look at the road traveled…

Beaune – Pommard
Pommard – Besançon
Besançon – Barr

Le jour le plus long

Jour 73, Barr, 6.084 km

Ça m’a traversé l’esprit d’un coup, alors que je planifiais mon trajet entre Beaune et Barr : « Et si… ». Puis c’est reparti aussi vite et je n’y ai plus pensé. Et sur la route de Besançon c’est revenu : « Et si je le faisais en un jour… ».  Et plus j’y pensais, plus j’avais envie d’essayer, juste pour voir si je pouvais le faire. J’en ai parlé à Béné (ma sœur) à Besançon, et je me suis convaincu que c’était une bonne idée : faire le trajet de Besançon à Barr en une journée : 220 km, relativement plat. Avec ma moyenne autour des 20 km/h je partais pour une journée de 11 heures sur le vélo… Une longue, très longue journée…

Mais avant ça, il me faut arriver à Besançon : je pars de Beaune en fin d’après-midi pour « l’étape » du jour et parcours les 5 km qui me séparent de Pommard où je vais passer la nuit chez mon oncle et ma tante. Promenade, paella, vin et tisane composent le menu du soir qui se termine par un peu de lecture (notamment un petit bijou de BD que je serai ravi de recommander aux intéressés). Le lendemain, au moment de partir, ma tante décide de faire de moi un panneau publicitaire ambulant pour le Domaine Lejeune et je repars chargé comme un missile : un tee-shirt des vendanges 2020 (que je dois porter tous les jours), un gilet jaune (pour aller manifester pour la sauvegarde du pinot noir), une bouteille de grand cru, sans oublier un pot de terrine de sanglier, un sandwich, une orange et une moitié de gâteau pour le midi. Je n’ai jamais été aussi bien équipé pour faire face à une journée de vélo !

Le temps est un peu couvert, il a plu le matin mais il fait sec quand je pars. Espérons que ça tienne ! Sur la route, un peu avant le village de Bonnencontre (faut le faire tout de même un nom pareil), je rattrape un couple de cyclistes, Arnaud et Valérie, qui rentrent chez eux en Alsace après un périple de quelques semaines. On fait un petit bout de route ensemble en discutant un peu. Ils me donnent quelques astuces pour les voyages à vélo (ils n’en sont pas à leur coup d’essai), notamment une communauté qui propose une douche chaude et un hébergement aux cyclistes de passage. Il faudra absolument que j’essaie ça au lieu de dormir dehors un de ces jours ! On fait finalement une petite pause déjeuner au bord de la Saône. Ça change de mes fruits secs et autres graines habituels !

Je les quitte malheureusement après le repas, ils ont prévu de s’arrêter à Dole alors que je veux pousser jusqu’à Besançon pour retrouver Béné. La pluie commence à tomber. Je longe le canal du Rhone au Rhin. Je fais même la course avec une péniche (pour une victoire sans appel). Je retrouve le Doubs vers Dole. Ça doit être joli mais vu qu’il s’est mis à pleuvoir plus fort je ne m’attarde pas. Et puis je commence à avoir un peu froid. Je longe donc le Doubs jusqu’à Besançon. A part l’entrée de la ville où les pistes cyclables sont tellement étroites que j’ai peur de me faire écraser à tout moment, le reste du trajet est sans histoires. Je suis content d’arriver, de pouvoir prendre une bonne douche et mettre des habits secs !

Dole sous la pluie
Le Doubs

Je profite du lendemain pour visiter Besançon, me prendre une belle averse, monter jusqu’à la citadelle (dessinée par Vauban lui-même), jouir d’une belle vue sur la ville sous le soleil (on passe de la pluie au soleil en moins de 20 minutes, assez impressionnant), boire quelques bières dans un bar associatif, manger une fondue et même faire des jeux jusque tard dans la nuit. Une journée bien remplie en somme !

La citadelle surplombe Besançon…
… et le Doubs l’entoure.

Le lendemain c’est le grand jour : Je me lève plus tôt pour partir au lever du soleil et tenter d’arriver à Barr dans la journée. Départ à 7h45. Le ciel est gris. Il fait froid. Mais j’ai le vent dans le dos, et ça fait une belle différence ! Le début de l’étape est superbe : la vallée du Doubs est assez encaissée, je suis entouré par les montagnes, le soleil pointe même le bout de son nez entre les nuages, et le vent continue de me pousser. A 11h21, je décide que je serais à Barr chez ma sœur le soir avant que Nina (ma nièce) ne soit couchée. Je pousse donc de plus belle sur les pédales, ne m’arrêtant que pour mettre ou enlever des couches de vêtements et boire une rasade de thé. Des cyclistes qui me doublent s’étonnent même que Jay ne soit pas électrique.

Les rives du Doubs
Encore le Doubs

Je passe aussi le kilomètre 6.000. Pour les adeptes du Pélurinage, vous pourrez vous rendre à Mulhouse (qui sera bientôt rebaptisée Millhouse) : je n’y suis pas vraiment passé mais si on regarde la carte d’assez loin, on pourrait presque croire que si. Dans un élan un peu mégalo, je comptais me mettre en scène, j’avais même préparé un petit discours que je comptais clamer devant Jay et Bob sur une colline surplombant le vignoble alsacien et qui se serait conclu par : « Du haut de ces collines, 6.000 kilomètres vous contemplent… ». Au final je ne surplombe rien du tout, il pleut depuis 3 heures, je suis trempé et je commence à avoir froid. Peut-être pour les 7.000 km…

Heureusement la route est belle, dans les vignes, loin des voitures. Les Vosges surgissent de temps en temps des nuages au loin quand la pluie se calme un peu. Avec à leurs flancs des petits villages aux maisons colorées et de temps à autre un château coiffant un sommet.

On grimpe dans les vignes
Un château dans le lointain

La route est aussi longue. Je n’ai jamais été aussi loin en une journée et les jambes commencent à tirer. En plus, j’ai laissé le plat derrière moi dans la vallée du Doubs et j’ai l’impression de me vider de mon énergie restante à chaque fois que je dois grimper une côte. Mais comme toujours, je finis par arriver après 228 kilomètres et 9h48 de vélo (merci le vent de dos!). Je ne ferais pas ça tous les jours, et heureusement que j’ai une semaine pour me reposer pour profiter de l’Alsace et de la famille (Nina a d’ailleurs très vite adopté Jay et Bob) !

Nina avec son nouveau vélo

Pour finir, un petit aperçu du chemin parcouru…

Beaune – Pommard
Pommard – Besançon
Besançon – Barr