Portugal, here we come…

Day 264, Faro, 14.137 km

Last turn and here I am, the border between Spain and Portugal. It should be the last administrative obstacle on my way. A border post on this small country road. 3 cars are in line, the occupants of the first one are talking with the customs officers. I put myself in the queue, my heart beating. I hope they will believe my story. The first car turns around. It seems that someone didn’t like their story. The pressure increases. The second car passes. The third one, with Portuguese plates, too. It’s my turn. « Olá – Olá – Ingles, Español? – Ingles, gracias – Where are you going, sir? – To Compostela – Really? You can stay in Spain then. Why do you want to cross the border ? – It was my grandfather’s dearest wish: to go to Compostela by following the coast. Unfortunately, he passed away before he could realize his dream. I’m trying to do it for him – I’m sorry, but it’s not going to be possible, we can’t let you pass for that – But, my grandfather… – Don’t insist, sir. The fine is very high here for those who try to enter the country without valid reasons. » Damn COVID…

Some of you may have already guessed it, but this scene only happened in my deranged brain. There are no more borders in Europe, at least not for bikes, and the last two days have proven this again. I do some preparatory work before leaving Sevilla, and it turns out that the ferry I was going to take in Ayamonte to cross the Guadiana river, which marks the border between Portugal and Spain, is not operating, and that the border between the two countries is closed… Nice. I study the map a bit and find a small mountain path that seems to cross the river a bit further north. It makes me make a small detour of a hundred kilometers, but if it gives me a chance to pass the border without trouble, I might as well try it.

I start from Sevilla, my legs are on fire and a little wind at my back gives me an extra boost. Especially since the road goes up a bit but gives the impression to go down even more. Easy. It’s hot, my chocolate bar is all melted, but the small wind mentioned above makes the temperature felt quite pleasant. The landscape changes. More colorful at first: the flowers, yellow, white or purple. The trees and bushes, of all shades of green. The gray and the ochre of the stone. And then there is water in the rivers, even if sometimes the colors are a bit surprising…

The Rio Odiel
The road that leads to Puebla de Guzmán

Just when I start to think that at the speed I’m going, I will have crossed the border before the night, I lose a screw that holds my luggage rack… Who’s being clever now?… Half an hour later I start again, praying that my bottle holder (from which I removed a screw to hold the luggage rack) doesn’t let me down on the way. Paymogo. Then my little dirt road. At each turn, my heart is racing: Will there be a border post. A passage even? A barrier blocking it all? A sign? The much awaited turn finally arrives and I can’t stop laughing… I let you judge by yourselves.

The border

It’s a ford. Nice luck! I play it safe, I take off my panniers to pass. It allows me to refresh myself while passing. Once on the other side, bam I gain one hour… This border is practical. I just passed the 14.000 km mark. I just entered Portugal. I find a ruin overhanging the river to protect me from the wind and I get ready to spend this first Portuguese night there.

Quiet, sheltered…

I hear bells during the whole night, it must be the cows playing the Easter bunny, but none of them bother me. In the early morning, I hear a car approaching. A little old man gets out, waves to me, and drives off. Why not. The roads are empty. I met 3 cars during the first 2 hours. It’s a bit more hilly than the day before (I think the wind is not pushing me this time, as lifeless windmills are watching me passing by). It’s getting hot. 30°. And not a shady place to hide. I drink my water bottles in less time than it takes to write this but I always find a fountain in the right place. Nothing to complain about. I enter the Algarve. Forest as far as the eye can see. Hills. And only the sound of birds to accompany the sun that hits.

Can you count the storks?
The forest of the Algarve

In the end, it’s a good thing the ferry didn’t cross the river, I would have missed it all… The arrival in Faro is anecdotal: a long straight line, trucks brushing me, factories and warehouses… After a quick shower, I take a little tour in the city. It’s empty. Covid rules I guess. That doesn’t prevent me from finding a small restaurant to recover from my day and to look forward to a new night in a real bed…

Jay and Bob in Portugal!

Portugal, nous voilà…

Jour 264, Faro, 14.137 km

Dernier virage et ça y est, j’y suis, la frontière entre l’Espagne et le Portugal. A priori le dernier obstacle administratif sur mon chemin. Un poste de frontière sur cette petite route de campagne. 3 voitures font la queue, les occupants de la première sont en train de discuter avec les douaniers. Je me mets dans la file, le cœur battant. J’espère qu’ils vont bien vouloir croire à mon histoire. La première voiture fait demi-tour. On dirait que leur histoire à eux n’a pas plu. La pression monte. La deuxième voiture passe. La troisième, plaques portugaises, aussi. C’est mon tour. « Olá – Olá – Ingles, Español ? – Ingles, gracias » (Je vous traduis la suite pour des raisons de convenance) « Où allez-vous monsieur ? – A Compostelle – Vraiment ? Vous pouvez rester en Espagne dans ce cas. Pourquoi vouloir traverser la frontière ? – C’était le vœu le plus cher de mon grand-père : aller à Compostelle en suivant la côte. Il est malheureusement décédé avant de pouvoir réaliser son rêve. J’essaie de le faire pour lui – Désolé mais ça ne va pas être possible, on ne peut pas vous laisser passer pour ça – Mais, mon grand-père… – N’insistez pas Monsieur. L’amende est très élevée ici pour ceux qui essayent d’entrer dans le pays sans raisons valables. » Foutu COVID…

Certains l’auront déjà deviné, mais cette scène ne s’est produite que dans mon cerveau dérangé. Il n’y a plus de frontières en Europe, en tout cas pas pour les vélos, et les deux derniers jours en ont encore apporté la preuve. Je fais un peu de travail préparatoire avant de partir de Séville, et il s’avère que le ferry que je comptais prendre à Ayamonte pour traverser la rivière Guadiana, qui marque la frontière entre le Portugal et l’Espagne ne fonctionne pas, et que la frontière entre les deux pays est fermée… Ça s’annonce bien. J’étudie un peu la carte et trouve un petit chemin de montagne qui semble traverser la rivière un peu plus au Nord. Ça me fait faire un petit détour d’une centaine de kilomètres, mais si ça me donne une chance de passer tranquillement autant le tenter.

Je pars de Séville, j’ai des jambes de feu et un petit vent de dos qui me donne une dose d’élan supplémentaire, j’avance assez fort sur le début de l’étape. D’autant que la route monte un peu mais donne l’impression de descendre encore plus. Facile. Il fait chaud, ma tablette de chocolat est toute fondue, mais le petit vent mentionné ci-dessus rend la température ressentie assez agréable. Le paysage change. Plus coloré d’abord : les fleurs, jaunes, blanches ou violettes. Les arbres et les buissons, de toutes les nuances de vert. Le gris et l’ocre de la pierre. Et puis il y a de l’eau dans les rivières, même si parfois les couleurs sont un peu surprenantes…

Le Rio Odiel
La route qui mène à Puebla de Guzmán

Au moment où je commence à me dire qu’à l’allure où je vais, j’aurai passé la frontière avant la nuit, je perds une vis qui tient mon porte-bagages… Qui fait le malin tombe dans le ravin… Une demi-heure plus tard je repars, en priant pour que mon porte bouteille (à qui j’ai enlevé une vis pour faire tenir le porte-bagages) ne me lâche pas en route. Paymogo. Puis mon petit chemin de terre. A chaque virage, j’ai le cœur qui s’emballe : Y-aura-t-il un poste frontière. Un passage même ? Une barrière bloquant le tout ? Un panneau ? Le virage tant espéré arrive enfin et je ne peux me retenir de rire… Je vous laisse juger par vous-mêmes.

La frontière

Un gué donc. La chance me sourit ! Je joue la prudence, j’enlève les sacoches pour passer. Ça me permet de me rafraichir un coup en passant. Une fois de l’autre côté, bim je gagne une heure… Pratique cette frontière. Je viens de passer le kilomètre 14.000. Je viens d’entrer au Portugal. Je me trouve une ruine qui surplombe la rivière pour me protéger du vent et je m’apprête à y passer cette première nuit portugaise.

Tranquille, à l’abri…

J’entends des cloches pendant toute la nuit, ça doit être les vaches qui jouent au lapin de Pâques, mais aucune ne vient me déranger. Au petit matin, j’entends une voiture qui s’approche. Un petit vieux en sort, me fait coucou, et repart. Pourquoi pas. Les routes sont vides. Je croise 3 voitures pendant les 2 premières heures. C’est un peu plus vallonné que la veille (je crois surtout que le vent ne me pousse pas cette fois, en témoignent les éoliennes qui me regardent passer, immobiles). Il commence à faire chaud. 30°. Et pas un coin d’ombre où se cacher. Je bois mes gourdes en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire mais je trouve toujours une fontaine au bon endroit. Rien à redire. Je rentre dans l’Algarve. De la forêt à perte de vue. Des collines. Et seul le bruit des oiseaux pour accompagner le soleil qui tape.

Saurez-vous compter les cigognes ?
La forêt de l’Algarve

Au final, heureusement que le ferry ne traversait pas la rivière, j’aurais manqué tout ça… L’arrivée à Faro est anecdotique : une longue ligne droite, des camions qui me frôlent, des usines et des entrepôts… Après une douche rapide je fais un petit tour en ville. C’est vide. Covid oblige j’imagine. Ça ne m’empêche pas de trouver un petit resto pour me remettre de ma journée et de me réjouir d’avance d’une nouvelle nuit dans un vrai lit…

Jay et Bob au Portugal !

April Fool(s)!!!!

Day 262, Sevilla, 13.830 km

I don’t know if the tradition of April Fool’s is very popular in Spain, but I decided to make jokes to myself for a few days to mark the occasion. More than doubtful roads, highways, military zones, sand, forbidden bridges, mosquitoes, we had a good laugh with Jay and Bob, well mostly me, often forcefully, but always under the sun so it made the pill a little easier to swallow…

At the departure of Malaga, the GPS wants me to make a lot of detours until Tarifa (the southernmost point of Spain), but a more detailed study of the map shows me two things: 1) a national road that makes the trip in a more direct way. 2) a small green line that runs along this national road almost all the way, which represents the Transandalus (For the record, I had already followed this Transandalus on the way to Almeria, and rather successfully: rocky road but still good to ride, with beautiful views). I tell myself that it would be stupid not to take advantage of such an opportunity, which would allow me to reduce my journey to Seville by several dozen kilometers. Let’s go! The beginning of the stage proves me right: small dirt road to leave Malaga, then we go along beaches for some time: palm trees, bars, campings, bars, campings, palm trees. Then I join the famous national road: there is indeed a small path on the side of the road, with the safety barrier protecting me from the cars. Great, I say to myself, and it is the signal to unleash the jokes… First the passage starts to narrow seriously, to the point that I have sometimes not more than one meter between the security barrier and the ditch to pass. It’s a nightmare. After a few kilometers, I can’t take it anymore, I try to reach the beach. There is a path along it. Great! Ah Ah Ah, it is forbidden for bikes. I ignore the reproachful looks of the walkers, I pray not to run into a police patrol and I go anyway. After two kilometers, a construction site, impossible to pass. What a laugh ! I turn around and go back to the road and my micro bike path. I have to take off my bags several times to pass because the path is too narrow. I laugh! I enter a park, with a track in wooden boards. At least I can move forward! I leave the track, a small path that should take me across the river. At a bend, a tree blocks my way and there is no bridge after that. My ribs hurt from laughing so much…

Hmmm, blocked…

I decide to join the national road. When I arrive in Marbella, I find a bicycle path along the beach, authorized for bicycles. Then comes the moment when I have to ride along the main road again. I’m really fed up with this path (I was about to put the bike down and sit on the side of the road to cry), and I decide to take the road, I’ve seen cyclists doing it, even if I’m not reassured by the idea of being grazed by trucks going 90… Picking my poison… I’m riding well, I’m starting to feel confident, and I tell myself that I just have to follow this road to the next town. I start to feel clever again, I feel better and better and I miss a fork in the road. I end up on the highway (the real one) towards Malaga. Everyone is laughing now! I am very far from being serene, I start to wonder how many kilometers I will have to do before finding an exit. The GPS indicates me a small road on my left. I cross the highway (which fortunately is empty). I see a small dirt road, on the other side of a fence. I can’t take it anymore, it’s really too funny. I go over it, fortunately I am tall and Jay is not too heavy…

The highway « exit »

Nothing to report after a few tens of kilometers, I pass to Algeciras, refuel and start a last climb for the day. I decide quite quickly to stop, I am starting to feel exhausted. I try 2-3 paths that leave the road: private properties. Too bad, need to go on. I have a pretty sight on the rock of Gibraltar at the bend of a lace, but the night is not far so I do not linger. I spot a forest a little further on the road, but when I arrive at the fork, I realize that it is a military field. Too much humor is starting to kill humor. I’m a bit fed up with everything and in defiance of all my principles, I pitch my tent right next to the road, on a slope, 50m away from the « Military Field » sign. We’ll see what will happen…

The rock of Gibraltar

The next morning, while I am folding my tent, a soldier in a car stops: « You know that it is a military ground? – Doesn’t it start a little further on? – No, you are in the middle of it. – Ah – You leave – Yes (No, I settle down sir, it is 8:37 am, and it is the perfect place to pitch a tent don’t you think?) – Very well, you’ll get a pass for this time « . We start having fun again in the morning! I go down to Tarifa, and go on a dike that separates the Mediterranean sea from the Atlantic ocean. I tell myself that there must be a nice viewpoint with a sign: « You have reached the southernmost point of continental Europe ». There is a sign, yes, but not the one I imagined. We are still laughing!

The dike between two seas
The sign

I say to myself, today, we follow the GPS, it is going to save us all the troubles of the day before. The first kilometers confirm this impression. The road is a little sandy while passing near a dune, but until here all is well. A nice path between the trees, the sun, I start to believe that I will spend a quiet day. Then without any warning this time, I find myself in the sand. And no way to cut to join the road, I have to push the bike. For nearly 3 kilometers. Hi Hi Hi. Despite it being April 2nd already, we continue with the auto-jokes. And as soon as the sand is not there anymore, a big hill! Ho Ho Ho. It gets funnier by the minute! But I have a beautiful sight on the ocean. And I do not know it yet but I am almost at the end of the jokes…

The Atlantic Ocean
The lighthouse of Camarinal

The road to Cadiz is uneventful, I cross several towns and villages, but no trace of a Good Friday procession (Covid regulations, apparently). On the other hand, there are terraces full of people. Especially in Cadiz, there are people everywhere: on the beach, in the streets, in the bars and restaurants. If people didn’t wear masks, I would almost think that we are back to the world from before… I take a tour of the city, which is very pretty. A beautiful beach, an impressive cathedral, and nice viewpoints every 200m. To go back, Google tells me that I can pass by the « Pepa Bridge ». My GPS tells me no. I trust Google. There is indeed a bus lane on the side of the bridge. Closed by a barrier. Good joke! But as we all know, a barrier doesn’t stop a bike, I cross as stealthily as I can and find myself on the bridge. 30 kilometers of detour avoided. I spotted a big park just after the bridge, I move a little away from the path and I am immediately attacked by a horde of mosquitoes. Laughing or crying, I don’t know anymore. Finally I move a little, find a place a little more open and a little more distant from the river with less mosquitoes. Maybe I’ll be able to sleep tonight!

Cadiz : The beach
Cadiz : The city
Cadiz : The promenade
Cadiz : The bridge

The next day, nothing to say, and I can’t complain about it! The weather is nice, not too hot, some clouds that make nice light effects on the hills, and that give from time to time a little freshness. I am on a paved road, almost alone all day long. It’s a bit windy, but hardly enough to move a hair on my beard. It goes up a bit, but never for long, and then it goes down again quickly. There’s even a bike path to get into Seville. Quiet. I rest and play tourist in the city for two days. I even meet Sandra, a friend of Etienne, and her boyfriend Juan for a little guided tour of the city.

The Plaza de España
The cathedral
Setas de Sevilla
The Guadalquivir with a view of the Triana district

The next part of the story will be written in Portugal, I don’t know yet how I will cross the border, but probably by a roundabout way… you’ll know more in the next episode!

The tour of Spain continues!

Poisson(s) d’Avril!!!!

Jour 262, Sevilla, 13.830 km

Je ne sais pas si la tradition du poisson d’Avril est très suivie en Espagne, mais j’ai décidé de me faire des blagues à moi-même pendant quelques jours pour marquer le coup. Des chemins plus que douteux, de l’autoroute, des zones militaires, du sable, des ponts interdits, des moustiques, on a bien rigolé avec Jay et Bob, enfin surtout moi, jaune souvent, mais toujours sous le soleil alors ça a rendu la pilule un peu moins dure à avaler…

Au départ de Malaga, le GPS me fait faire des tas de détours jusqu’à Tarifa (la pointe Sud de l’Espagne), mais une étude un peu plus poussée de la carte me montre deux choses : 1) une nationale qui fait le trajet de manière plus directe. 2) une petite ligne verte qui longe cette nationale quasiment tout le long du chemin, qui représente la Transandalus (Pour mémoire, j’avais déjà suivi cette Transandalus sur le chemin d’Almeria, et plutôt avec succès : route caillouteuse mais roulante tout de même, avec vues magnifiques). Je me dis qu’il serait stupide de ne pas profiter d’une telle aubaine, qui me permettrait de réduire mon trajet jusqu’à Séville de plusieurs dizaines de kilomètres. Et c’est parti ! Le début de l’étape me donne raison : petit chemin de terre pour quitter Malaga, puis on longe des plages pendant un bon moment : palmiers, bars, campings, bars, campings, palmiers. Puis je rejoins la fameuse nationale : il y a en effet un petit chemin sur le côté de la route, avec la barrière de sécurité qui me protège des voitures. Nickel, me dis-je, et c’est le signal pour déchaîner les blagues… D’abord le passage commence à se rétrécir sérieusement, au point que je n’ai parfois pas plus d’un mètre entre la barrière de sécurité et le fossé pour passer. Galère. Au bout de quelques kilomètres, je n’en peux plus, j’essaie de rejoindre la plage. Il y a un chemin qui la longe. Super ! Ah Ah Ah, il est interdit aux vélos. Je passe outre les regards chargés de reproches des promeneurs éventuels, prie pour ne pas tomber sur une patrouille de flics et j’y vais quand même. Au bout de deux kilomètres, un chantier, impossible de passer. Qu’est-ce qu’on rigole !! Demi-tour, je rejoins la route et ma micro piste cyclable. Je dois enlever les sacoches à plusieurs reprises pour passer tellement c’est étroit. Je me marre !! Je rejoins un parc, avec une piste en planches de bois. Au moins je peux avancer ! Je quitte la piste, un petit chemin qui doit m’amener à traverser une rivière. Au détour d’un virage, un arbre me barre le chemin et il n’y a pas de pont après. J’en ai mal aux côtes à force de rire…

Hmmm, bloqué…

Je me résous à rejoindre la nationale. En arrivant à Marbella, je trouve une piste cyclable qui longe la plage, autorisée aux cycles celle-là, petit moment de répit. Puis vient le moment où il faut à nouveau longer la nationale. J’en ai vraiment ma claque de ce chemin tout étroit (j’étais à deux doigts de poser le vélo et de m’asseoir sur le bas-côté pour pleurer), et je me décide de carrément prendre la route, j’ai vu des cyclistes le faire, même si je ne suis pas rassuré à l’idée de me faire frôler par des camions qui roulent à 90… Entre la peste et le choléra… J’avance bien, je commence à me sentir en confiance, et je me dis que je n’ai qu’à suivre cette route jusqu’à la prochaine ville. Je commence À faire le malin, je me sens de mieux en mieux et je rate une bifurcation. Je me retrouve sur l’autoroute (la vraie) en direction de Malaga. Les gens aussi se marrent !! Je suis très très loin d’être serein, je commence à me demander combien de kilomètres il va me falloir faire avant de trouver une sortie. Le GPS m’indique un petit chemin sur ma gauche. Je traverse l’autoroute (qui heureusement est vide). Je vois effectivement un petit chemin de terre, de l’autre côté d’un grillage. J’en peux plus, c’est vraiment trop drôle. Je passe par-dessus, heureusement que je suis grand et que Jay n’est pas trop lourd…

La « sortie » de l’autoroute

Rien à signaler ensuite sur quelques dizaines de kilomètres, je passe à Algeciras, me ravitaille en eau, et entame une dernière montée pour la journée. Je décide assez rapidement de m’arrêter, je commence à être épuisé. J’essaie 2-3 chemins qui partent de la route : propriétés privées. Tant pis, on continue. J’ai une jolie vue sur le rocher de Gibraltar au détour d’un lacet, mais la nuit n’est pas loin alors je ne m’attarde pas. Je repère une forêt un peu après sur la route, mais quand j’arrive à la bifurcation, je me rends compte que c’est un terrain militaire. Trop d’humour commence à tuer l’humour. J’en ai un peu marre de tout et en mépris de tous mes principes, je plante ma tente juste à côté de la route, en pente, à 50m du panneau « Terrain Militaire ». On verra bien ce que ça donnera…

Le rocher de Gibraltar

Le lendemain matin, au moment de replier ma tente, un militaire en voiture s’arrête : « Vous savez que c’est un terrain militaire ? – Ça ne commence pas un peu plus loin ? – Non, vous êtes en plein dedans. – Ah – Vous partez – Oui (Non, je m’installe monsieur, il est 8h37, et c’est l’endroit parfait pour planter sa tente vous ne trouvez pas ?) – Très bien, ça ira pour cette fois ». On recommence à se marrer de bon matin ! Je descends jusqu’à Tarifa, et vais sur une digue qui sépare la Méditerranée de l’Atlantique. Je me dis qu’il doit bien y avoir un joli point de vue avec un panneau : « Vous avez atteint le point le plus au Sud de l’Europe continentale ». Il y a un panneau, oui, mais pas celui que j’imaginais. On rigole encore et toujours !!

La digue entre deux mers
Le Panneau

Je me dis, aujourd’hui, on suit le GPS, il va nous épargner toutes les emmerdes de la veille. Les premiers kilomètres confirment cette impression. La route est un peu ensablée en passant près d’une dune, mais jusqu’ici tout va bien. Un joli chemin entre les arbres, le soleil, je commence à croire que je vais passer une journée tranquille. Puis sans signe annonciateur cette fois, je me retrouve dans le sable. Et pas moyen de couper pour rejoindre la route, il faut pousser le vélo. Sur près de 3 kilomètres. Hi Hi Hi. On a beau être déjà le 2 Avril, on continue les auto-blagues. Et dès que le sable n’est plus là, une grosse côte ! Ho Ho Ho. Toujours plus beau. Mais j’ai une belle vue sur l’océan. Et puis je ne le sais pas encore mais je suis presque au bout des blagues…

L’océan Atlantique
Le phare de Camarinal

La route jusqu’à Cadiz se fait sans histoire, je traverse plusieurs villes et villages, mais pas trace d’une procession de Vendredi Saint (Covid oblige, apparemment). En revanche des terrasses pleines à craquer. A Cadiz surtout, il y a du monde partout : sur la plage, dans les rues, aux bars et aux restos. Si le gens ne portaient pas le masque on se croirait presque revenu au monde d’avant… Je fais un tour de la ville, très jolie d’ailleurs. Une plage magnifique, une cathédrale impressionnante, et de jolis points de vue tous les 200m. Pour repartir, Google me dit que je peux passer par le « Pepa Bridge ». Mon GPS me dit que non. Je fais confiance à Google. Il y a effectivement une voie de bus sur le côté du pont. Fermée par une barrière. La bonne blague !! Mais comme on le sait tous, une barrière n’arrête pas un vélo, je traverse aussi furtivement que je peux et je me retrouve sur le pont. 30 kilomètres de détour évités. J’ai repéré un grand parc juste après le pont, je m’écarte un peu du chemin et me fait aussitôt agresser par une horde de moustiques. Rire ou pleurer, je ne sais plus trop. Au final je me déplace un peu, trouve un endroit un peu plus dégagé et un peu plus éloigné de la rivière avec moins de moustiques. Je vais peut-être pouvoir dormir ce soir !!

Cadiz : La plage
Cadiz : La ville
Cadiz : La promenade
Cadiz : Le pont

Le lendemain, journée sans histoire, et je n’ai pas à m’en plaindre ! Il fait beau, pas trop chaud, quelques nuages qui font des jolis jeux de lumière sur les collines, et qui donnent de temps en temps un peu de fraicheur. Je suis sur une route goudronnée, quasiment seul toute la journée. Il y a un peu de vent, mais à peine de quoi remuer un de mes poils de barbe. Ça monte un peu, mais jamais longtemps, et ça redescend vite après. Il y a même une piste cyclable pour rentrer dans Séville. Tranquille. Je me repose et fais le touriste en ville pendant deux jours. Je retrouve même Sandra, une copine d’Etienne, et son copain Juan pour une petite visite guidée de la ville.

La Plaza de España
La cathédrale
Setas de Sevilla
Le Guadalquivir avec vue sur le quartier de Triana

La suite de l’histoire s’écrira au Portugal, je ne sais pas encore comment je vais passer la frontière, mais probablement par une voie détournée… vous en saurez plus dans le prochain épisode !!

Le tour d’Espagne continue !

No plan is better than any plan…

Day 257, Malaga, 13.393 km

Before I left, when people asked me what I was going to do with my sabbatical year, I inevitably answered: « I don’t really know, I don’t want to make too many plans, just enjoy the time I’m going to have… ». In the end I made some plans, first to cycle around to visit all friends and family I have in Europe… Then to continue my tour along the sea, in Spain and Portugal… When I arrived in Valencia, I met Chris, a cyclist who is also doing his own tour of Europe, coming from Portugal and going up north. Chris tells me:  » if you don’t want to absolutely follow the coast, go and have a look at Tabernas, it’s really nice… And if you can go through Granada, it’s worth it ! « . Change of plans, we don’t follow the coast anymore but we enter a little in the lands. Great decision! 5.550 m of difference in height on the last four days, the legs still shaking of all these climbs, but in terms of landscapes, we are probably in the Top 3 of all the trip!

Departure from Almeria, direction the north! I don’t know it yet, but the specialists will recognize the route of the 12th stage of the Vuelta 2009: Almeria, Rioja (I didn’t see a lot of vineyards, normal, the wine region is located in the north of Spain), then the climb to Tabernas. Unfortunately, I ride along the highway for most of the way, with a little bit of a headwind, but my spirits are high. I also pass by the Fort Bravo studios, which are the shooting site in Europe for all western type movies. So far, so good.

First contact with the Sierra Nevada
Mini Hollywood

We go on then and start the serious part: a small transition in soft slope before attacking the climb of the pass of Velefique, classified first category (!!). I go up first to the village of Senés, with superb views on the valley while passing. The wind is still there, a bit cooler than in the morning (we are already around 1.000m of altitude). I miss the fork, a small kilometer of climbing for free, and we continue to go up. My beautiful asphalt road turns into a dirt and rocky road (it would be much too easy otherwise, thanks GPS), and continues to climb. I would like to say that I feel the air becoming rarefied, but except the fact that it is a little cooler and that my legs hurt a little more I do not feel much… The end of the ascent is rather soft, I even end up joining the road and arriving at the top of the pass. No sign for the picture, but the driver of a van is applauding me while passing, it’s just as nice!

The climb from Senés
The last part of the climb, with the Tetica de Bacares dominating

Once the climb is finished, we can go down again! And this descent towards Bacares is simply magnificent: the road is wide, with not too tight laces, I make a peak at 70 km/h, and the view is superb. Small detail that will be important later, I can see the road that goes up to leave the valley, and this climb is going to be tough. But for the moment I’m going down, I enjoy it, and I wish I had an extra pair of eyes to look at the landscape while I’m watching the road…

The beginning of the descent
The arrival in Bacares

I allow myself a little break in the village, the time to eat something and recharge my batteries before the last climb, my second first category pass of the day: the Calar pass. 15km. 800m of difference in altitude. I’m rested and ready to go. I am punished by the slope at the first kilometer of the climb. Impossible to move forward, I feel like my heart is going to explode, I’m liquid (while it’s 6pm and temperatures are starting to drop), I take a break. I still have 12km to go. I catch my breath, stretch my legs a bit, and go back on the bike. After a mini-flat (but really small), it’s punition time again. I have the impression that the bike weighs a ton, that the road clings to my wheels, I take another break. I still have 11km500 to go. I’m starting to think that I’ll spend the night there. A little overconfidence maybe? Finally, the hardest part was at the bottom and the rest of the climb goes pretty well (all things considered). I end up arriving at the top of the pass, almost at 2.000m of altitude (for the purists, the famous stage of the Vuelta went up a little bit higher, then they came down and went up a second time through the Velefique pass. I confess, I didn’t have the courage to go that far…). So I stop for the day. 2.700m of ascent with the luggage, we have a new record!

The arrival at the summit
The view from the bivouac

The next day, I start with a 20km descent. I should do that more often (on the other hand it means going up without going down the day before, dilemma…). 40 km/h average speed. Without pedaling. Easy. Then a few hills to pass and I find myself riding along the highway, on a paved service road (it’s not the case every day, I can tell you that) with the wind at my back and the snowy peaks of the Sierra Nevada looking at me. Very enjoyable! Then follows a last climb before arriving in Granada (pass at 1.300 m, but considering what I had to go through the day before, I feel like being on vacations) and a looooong descent in the Sierra Nevada, splendid views, I even have to stop every 200 m to take a picture, that’s to say! I’m in a very happy mood when I arrive, and a nice bunch of travelers to share tapas and chat with in the evening only adds to this perfect day!

The Sierra Nevada in the distance
The descent to Granada
Again and again the descent to Granada

The next day, I decided to spend part of the day visiting Granada, before making two short stages to reach Malaga. I’m glad I did! The visit of the Alhambra, a complex of palaces that overlooks the city leaves me speechless, a passage through the Generalife gardens a bit dreamy, and a small meal in town ready to face the road again!

These reliefs… what details!
The Albaicin district seen from the complex
It’s spring and the trees are blooming!
Granada seen from above

A short stage is planned, or so I think, and I intend to use the technique I discovered the day before: do the whole uphill part today and keep only the downhill for the next day. What a good idea! Except that the wind is there, that I leave the road quite quickly and eat a few kilos of dust on the way up, and that a gust or two are close to making me fall in the ditch. I love it. I still have a nice view on the olive fields, and the mountain opens a small passage for me to go down to Malaga! What more could I ask for!

In the valley, the olive trees
The beautiful descent!

After a quiet night under an olive tree, I go down easily to the coast at Torre Del Mar and then along the sea until Malaga. Small pause on the beach to wait for the hostel to open, quick shower and visit of the city before a quiet evening and a good night in a bed!

The sea again
The beach, best place for a small nap
Beautiful view on the city from the Castillo de Gibralfaro

Next step, Sevilla, for the Easter weekend and a few days of rest! Good evening !

A little point with regards to geography

Le meilleur plan, c’est encore de ne pas en avoir…

Jour 257, Malaga, 13.393 km

Avant de partir, quand on me demandait ce que je comptais faire de mon année sabbatique, je répondais inévitablement : « je ne sais pas trop, je ne veux pas trop faire de plans, juste profiter du temps que je vais avoir… ». Au final j’ai quand même fait des plans, d’abord celui de faire un tour à vélo de tous les amis et de la famille que j’ai en Europe… Ensuite continuer mon tour en longeant la mer, en Espagne et au Portugal… Arrivé à Valence, je fais la rencontre de Chris, un cycliste qui fait aussi son propre tour d’Europe, venant du Portugal et remontant vers le Nord. Chris me dit : « si tu ne veux pas absolument suivre la côte, va faire un tour du côté de Tabernas, tu verras c’est super joli… Et puis si tu peux passer par Grenade ça vaut le détour ! ». Changement de plans donc, on ne suit plus la côte mais on rentre un peu dans les terres. Bien m’en a pris ! 5.550 m de dénivelé sur les quatre derniers jours, les jambes qui tremblent encore de toutes ces montées, mais en termes de paysages, on est probablement dans le Top 3 de tout le voyage !

Départ d’Almeria, direction le nord ! Je ne le sais pas encore, mais les spécialistes reconnaîtront le tracé de la 12ème étape de la Vuelta 2009 : Almeria, Rioja (je n’ai pas vu beaucoup de vignes, normal, la région viticole est située dans le nord de l’Espagne), puis la montée vers Tabernas. Je longe malheureusement l’autoroute pendant la plupart du trajet, un petit vent de face assez désagréable m’accompagne, mais le moral est bon. Je passe aussi au large des studios Fort Bravo, qui sont le site de tournage en Europe de tous les films de type westerns. Jusqu’ici, tout va bien.

Premier contact avec la Sierra Nevada
Mini Hollywood

On passe ensuite aux choses sérieuses : une petite transition en pente douce avant d’attaquer la montée du col de Velefique, classé première catégorie (!!). Je monte d’abord au village de Senés, avec des superbes vues sur la vallée en passant. Le vent est toujours là, un peu plus frais que le matin (on est déjà autour des 1.000m d’altitude). Je loupe la bifurcation, un petit kilomètre de montée en rab, et on continue de monter. Ma belle route goudronnée se transforme en chemin de terre et de cailloux (ça serait bien trop facile sinon, merci le GPS), et continue de monter. J’aimerais pouvoir dire que je sens l’air se raréfier, mais à part le fait qu’il fait un peu plus frais et que j’ai un peu plus mal aux jambes je ne sens pas grand-chose… La fin de la montée est plutôt douce, je finis même par rejoindre la route et par arriver en haut du col. Pas de panneau pour la photo, mais le conducteur d’une camionnette qui m’applaudit en passant, c’est tout aussi bien !

La montée depuis Senés
La dernière partie de l’ascension, avec le Tetica de Bacares qui domine

Une fois montés, on peut redescendre ! Et cette descente vers Bacares est tout simplement magnifique : la route est large, avec des lacets pas trop serrés, je fais une pointe à 70 km/h, et la vue est superbe. Petit détail qui va avoir son importance par la suite, je vois le chemin qui remonte pour sortir de la vallée, et cette montée s’annonce corsée. Mais pour le moment je descends, j’en profite, et j’aimerais avoir une paire d’yeux supplémentaires pour regarder le paysage pendant que je surveille la route…

Le début de la descente
L’arrivée à Bacares

Je m’accorde une petite pause dans le village, le temps de manger un bout et de recharger les batteries avant la dernière montée, mon second col de première catégorie de la journée : le col de Calar. 15km. 800m de dénivelé. Je suis reposé, prêt à en découdre. Je me fais sanctionner par la pente dès le premier kilomètre de montée. Impossible d’avancer, j’ai l’impression que mon cœur va exploser, je suis liquide (alors qu’il est 18h et que les températures commencent à descendre), je fais une pause. Il me reste 12km à monter. Je reprends mon souffle, me dégourdis un peu les jambes, et je repars. Après un mini-replat (mais vraiment tout petit), c’est reparti pour une sanction. J’ai l’impression que le vélo pèse des tonnes, que la route s’accroche à mes roues, je refais une pause. Il me reste 11km500 à monter. Je commence à me dire que je vais y passer la nuit. Petit excès de confiance peut-être ? Finalement, le plus dur était en bas et le reste de la montée se passe plutôt bien (toutes proportions gardées). Je finis par arriver en haut du col, presque à 2.000m d’altitude (pour les puristes, la fameuse étape de la Vuelta est montée encore un peu plus haut, puis ils sont redescendus et remontés une deuxième fois par le col de Velefique. J’avoue, je n’ai pas eu le courage d’aller jusque-là…). Je m’arrête donc pour la journée. 2.700m de dénivelé avec les bagages, on a un nouveau record !

L’arrivée au sommet
La vue depuis le bivouac

Le lendemain, je commence par une descente de 20km. Je devrais faire ça plus souvent (en revanche ça veut dire monter sans descendre la veille, dilemme…). 40 km/h de moyenne. Sans pédaler. Facile. Puis quelques collines à passer et je me retrouve à longer l’autoroute, sur une voie de service goudronnée (c’est pas tous les jours le cas, ça je peux vous le dire) avec le vent dans le dos et les sommets enneigés de la Sierra Nevada qui me regardent. On est plutôt bien !! S’ensuit une dernière montée avant d’arriver à Grenade (col à 1.300 m, mais vu ce que je me suis mangé la veille, j’ai l’impression d’être en vacances) et une looooongue descente dans la Sierra Nevada, splendides vues, je dois même m’arrêter tous les 200 m pour faire une photo, c’est pour vous dire ! Je suis de très joyeuse humeur en arrivant, et une bande sympathique de voyageurs avec qui partager des tapas et discuter le soir ne fait qu’ajouter à cette journée parfaite !

La Sierra Nevada dans le lointain
La descente vers Grenade
Encore et toujours la descente vers Grenade

Le lendemain, je décide de passer une partie de la journée à visiter Grenade, avant de faire deux petites étapes pour rejoindre Malaga. Bien m’en prend ! La visite de l’Alhambra, un complexe de palais qui surplombe la ville me laisse sans voix, un passage par les jardins de Generalife un peu rêveur, et un petit repas en ville prêt à affronter la route à nouveau !

Ces reliefs… quels détails !
Le quartier d’Albaicin vu depuis le complexe
C’est le printemps et les arbres sont en fleur !
Grenade vue d’en haut

Petite étape prévue, me dis-je, et je compte mettre en œuvre la technique découverte l’avant-veille : faire toute la partie qui monte aujourd’hui et ne garder que la descente pour le lendemain. Quelle bonne idée ! Sauf que le vent est de la partie, que je quitte la route assez vite et mange quelques kilos de poussière dans la montée, et qu’en plus une rafale ou deux sont à deux doigts de me faire tomber dans le fossé. J’adore. J’ai tout de même de belles vues sur les champs d’oliviers, et la montagne me fait le plaisir de m’ouvrir un petit passage pour descendre vers Malaga ! Que demander de plus !

Dans la vallée, les oliviers
La belle descente !

Après une nuit calme sous un olivier justement, je descends tranquillement jusqu’à la côte à Torre Del Mar puis longe la mer jusqu’à Malaga. Petite pause sur la plage pour attendre que l’auberge soit ouverte, douche rapide et visite de la ville avant une soirée tranquille et une bonne nuit dans un lit !

On retrouve la mer
La plage, meilleur endroit pour une petite sieste
Belle vue sur la ville depuis le Castillo de Gibralfaro

Prochaine étape, Séville, pour le weekend de Pâques et quelques jours de repos ! Bonsoir !

Petit point de géographie…

The slap!

Day 253, Almeria, 13.010 km

It’s always the same thing. Considering the relief of the area it happens quite often. Several times a day at the moment. The road has been going up for a few kilometers. The drivers of the cars that overtake me raise their thumb, as if to say « Courage! ». The cyclists I pass give me a slightly surprised look: « Loaded like a mule, totally crazy that one ». I raise my head and I see the pass: a bend, the end of a signpost sticking out, it feels like the end! My thighs are burning, it’s hot. I’ve got sweat in my eyes, I’m short on breath. Only 100m left. I put my head in the handlebars, and I push. Right, left, right, left. Only 10m to go. I can’t take my eyes off my front wheel, I’m in a tunnel. There is only 20cm of asphalt in front of my tire. 5m. 3m. We’re there. The slope softens, I’m freewheeling. This is the moment when everything changes. My body relaxes, I take a deep breath, another pass done. I know that it will go down again. I enjoy it in advance. I raise my head, and there, bim, a real visual slap: the landscape unfolds in front of my eyes: the mountains, the sea, the road which goes down in twists and turns, sometimes going up again just after, promise of other painful kilometers and of a new slap to come. A treat!

Mountain slap
Valley slap
Sea slap

Quiet departure from Valencia after a good night in a real bed, but when I put on the bags I realize that my rear wheel is flat. For the second time in three days. I spend a good half hour looking for a spike or a thorn. It’s a waste of time. I’ll be careful on the road… My head is a bit elsewhere this morning, it’s hard to find the motivation… The prospect of spending 5 days alone maybe. Or the bed that I already miss. I don’t know. Besides, there is not much to see: endless straight lines between orange trees, a road that follows the coast but on the wrong side of the hotels, and impossible to find water, the fountains are closed and the employee of the cemetery where I stop makes me understand that « his » water is not drinkable. Fine. I go up to the small town of Xabia and then go down to the beach. At least it doesn’t change, it’s always so pleasant to see the sea. It’s getting late and the whole area where I am is full of houses… It’ll be hard to find a little corner of the forest for the night. The campsite is closed, I fall back on a small park, hoping that nobody will come to disturb me…

The beach, again the beach
Moraira, one night stop

The next day, I have a good and a bad news. Good news: nobody came during the night. Bad news: my rear wheel is deflated. Again… I want to leave so I just pump it up and hope it will last until the evening. Bad idea. I barely have time to admire the views of the Ifach rock, to ride around the Calpe salt marsh, to climb a small pass when I realize that my rear wheel feels weird on the descent to Benidrom. Flat again, for good this time. I stop, look for another needle, a piece of glass, plastic, something. Fail. I’m starting to think that I’ll have to go to a repairer – for a flat tire it doesn’t look serious – when I realize that the inside of my tire is damaged and that it’s killing my tubes. Great. I put a piece of plaster on the tire and tell myself that I’ll have to change it quickly. Cartagena maybe? Or maybe Almeria? We’ll see.

The rock of Ifach

The salt marsh of Calpe

And the ride goes on: mountain, beach, beach, mountain, road in edge of sea, with sights on an island in the open sea, it seems that the buildings go directly out of the water. I look for a place to bivouac and I fall back on a pine forest on the edge of beach. There are a lot of people still walking around, so I kill some time and wait for all these people to go back home. I fix my tubes, clean my bike. Then I sneak into the woods to an isolated spot. Isolated. What a joke. I pass not one, not two, not three, not four, not five but six people who also seem to enjoy this isolated place. Great. I decide to wait a bit before pitching the tent, I eat, and then I have a brilliant idea: I’ll pick up the garbage that is lying around me and I’ll tell the eventual guard who will come to ask me why I pitched my tent in this park that it’s my way of payment: a full 35-liter bag for a night of camping. It took me barely 25 minutes to fill it up and I didn’t even have to take my eyes off my bike… I let you imagine the state of the wood… and of course nobody came but I had my excuse ready just in case.

Sunrise in the pine forest

The next day, my wheel is not flat yet! So I decide that the tire will wait for Almeria. Small lunch break in Cartagena, tour of the city and we continue. I have two passes waiting for me in the next 30 kilometers and I decide to climb one of them before stopping for the evening. That goes smoothly, and in the descent I look for a place to sleep. I’m struggling a bit and I’m starting to think that I’ll have to fall back on a campsite when I see a small path leaving the road. Bingo! Perfectly sheltered from the wind, with a nice view on the mountains, I found my little corner of paradise!

Another nice sunrise

The next day is a long sequence of ascents and descents, with the mentioned slaps at the top of the passes, my legs hurt but I enjoy it! And there is always a nice beach that I ride along for a few kilometers. And a turtle that crosses the road in front of me and that I put safely in the grass on the side of the road. Then an uphill, a downhill, and again my rear wheel starts to feel weird. A look at the tire quickly shows me that the plaster technique does not work on the long term: I’ll change the tire in Almeria. Until then, I put 3 layers on so that it does not move during the next two days (fingers crossed), I am offered a beer by some Spanish people who camp next to the place where I repair (bike attracts beer apparently) and I leave! Still some nice roads before the night, which I will spend on top of a mountain with a view on the sea! It’s full of rocks, of course, but I have a good mattress and the view is worth it! And even a lighthouse watches over me if I have nightmares…

I’ve had worse views from my bedroom’s window…

Last stage before Almeria, I am not sure yet of the route: either the shorter, easier, by the road way. Or a portion of track, along the sea, promise of nice viewpoints but which adds me 30 kilometers and 500 meters of difference in height. We are here to see some landscapes, no? I choose the long way. Indeed it is full of stones, it shakes. That even makes Bob move, and he seems to turn to me to say « Are you serious there? Couldn’t you do things simply for once? « . But I have the wind at my back, and enough to dream about for years. I stop almost every 5 minutes to take a picture. It’s simply beautiful.

It shakes but it is worth it!

When I get to the top, I realize that the repairer I wanted to go to for the tire closes at 13:30. It’s 11:50. I have 37 km left and a big climb. It’s possible but I won’t have time to kid around. I start the time trial mode: the climb is cleared in a flash, downhill even faster and then comes a long straight line of 30 km along the beach. I push, I push. At a fork in the road I see a sign that says: « Almeria (by the beach) – 25 km / Almeria (by the road) – 30 km ». I take a look, the beach side looks like it is paved – Go – WHAT A MISTAKE!!! HE SHOULD HAVE THOUGHT A BIT!!!! Beach means sand. Sand means it’s impossible to move forward with a loaded bike. Sand means it’s hard to push the bike. I keep on hoping that the paved road will come back soon (Christelle, we’ll talk about the frost effect sometime…) but I finally realize that after a few kilometers of struggling, it will be sand until the end. I find a small path, half sand, half stones, which brings me back to the road: I lost 45 minutes and I will never be on time at the store. Quick search: I find another one that only closes at 14:00. It’s 13:07. 20 kilometers. All flat. Time trial mode again. I swallow the first 19 kilometers at almost 30 km/h, I begin to think that I am going to make it, I enter town and I must cross a kind of channel, with a puddle of mud in the middle. I put Jay up to his hubs and myself up to my ankles in it. Simple I said. When I leave, I get splashes up to my eyes (apparently it’s good for the skin). I finally arrive at the store at 13:52, just in time to find a new tire. A busy day that will end with a little restaurant, a little walk in town and a big night in a bed!

Next step, Granada! Until then, be well!

La claque!

Jour 253, Almeria, 13.010 km

C’est à chaque fois la même chose. Et vu le relief du coin ça se passe assez souvent. Plusieurs fois par jour en ce moment. Ça monte depuis quelques kilomètres. Les conducteurs et conductrices des voitures qui me doublent lèvent le pouce, l’air de dire « Courage !! ». Les cyclistes que je croise me jettent un regard un peu étonné : « Chargé comme une mule, totalement jeté celui-là ». Je lève la tête et j’aperçois le col : un virage, le bout d’un panneau qui dépasse, ça sent bon la fin ! Les cuisses brûlent, il fait chaud. J’ai de la sueur dans les yeux, le souffle court. Plus que 100 m. Je mets la tête dans le guidon, et je pousse. Droite, gauche, droite, gauche. Plus que 10 m. Je ne quitte plus ma roue avant des yeux, je suis dans un tunnel. Il n’y a plus que ces 20 cm d’asphalte à l’avant de mon pneu. 5 m. 3 m. On y est. La pente s’adoucit, je suis en roue libre. C’est le moment où tout bascule. Mon corps se relâche, je respire un grand coup, encore un col de passé. Je sais que ça va redescendre. Je savoure d’avance. Je lève la tête, et là, bim, une bonne claque visuelle : le paysage se déroule devant mes yeux : les montagnes, la mer, la route qui descend en lacets, parfois qui remonte juste après, promesse d’autres kilomètres douloureux et d’une nouvelle claque à venir. Un régal !

Claque Montagne
Claque Vallée
Claque Mer

Départ tranquille de Valence après une bonne nuit dans un vrai lit, en revanche au moment de mettre les sacoches je me rends compte que ma roue arrière est à plat. Pour la deuxième fois en trois jours. Je passe une bonne demi-heure à chercher une pointe ou une épine. Peine perdue. Je ferai bien attention sur la route… J’ai un peu la tête ailleurs ce matin, dur de trouver la motivation… La perspective de passer 5 jours tout seul peut-être. Ou le lit qui me manque déjà. Je ne sais pas. En plus il n’y a pas grand-chose à voir : des lignes droites interminables entre les orangers, une route qui longe la côte mais du mauvais côté des hôtels, et impossible de trouver de l’eau, les fontaines sont fermées et l’employé du cimetière où je m’arrête me fait comprendre que « son » eau n’est pas potable. Allons bon. Je monte vers la petite ville de Xabia puis redescend vers la plage. Ça au moins ça ne change pas, ça fait toujours autant plaisir de voir la mer. Il commence à se faire tard et toute la zone où je me trouve est pleine de maisons… Compliqué de me trouver un coin de forêt pour la nuit. Camping fermé, je me rabats sur un petit parc un peu à l’écart en espérant que personne ne viendra me déranger…

La plage, encore la plage
Moraira, halte d’un soir

Le lendemain, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Bonne nouvelle : personne n’est venu pendant la nuit. Mauvaise nouvelle : ma roue arrière se dégonfle. Encore… J’ai envie de partir donc je mets juste un coup de pompe en espérant que ça tienne jusqu’au soir. Mauvaise idée. J’ai à peine le temps d’admirer les vues sur le rocher d’Ifach, de faire le tour du marais salant de Calpe, de grimper un petit col quand je me rends compte que ma roue arrière chasse dans la descente vers Benidrom. Encore à plat, pour de bon cette fois. Je m’arrête, cherche encore une pointe, un bout de verre, de plastique, quelque chose. En vain. Je commence à me dire que je vais devoir aller voir un réparateur – pour une roue crevée ça fait pas sérieux – quand je me rends compte que l’intérieur de mon pneu est abîmé et que ça me flingue les chambres à air. Super. Je mets un bout de sparadrap sur le pneu et me dit qu’il va falloir en changer rapidement. Cartagena peut-être ? Ou alors Almeria ? On verra.

Le rocher d’Ifach
Le marais salant de Calpe

On enchaîne ensuite : montagne, plage, plage, montagne, route en bord de mer, avec vue sur une île au large, on dirait que les immeubles sortent directement de l’eau. Je me cherche un endroit pour bivouaquer et je tombe sur une pinède en bord de plage. Il y a plein de gens qui se promènent encore donc je joue la montre en attendant que tout ce petit monde rentre chez soi. Je répare mes chambres à air, nettoie mon vélo. Puis je me faufile dans le bois vers un coin isolé. Isolé. Quelle blague. Je croise non pas une, ni deux, ni trois, ni quatre, ni cinq mais bien six personnes qui semblent aussi apprécier cet endroit isolé. Super. Je décide d’attendre un peu avant de monter la tente, je mange, puis me vient une idée de génie : je vais ramasser les ordures qui traînent un peu partout autour de moi et je dirai à l’éventuel gardien qui viendra me demander pourquoi j’ai planté ma tente dans ce parc que c’est mon moyen de paiement : un sac de 35 litres plein contre une nuit de camping. Il m’a fallu à peine 25 minutes pour le remplir et je n’ai même pas eu besoin de quitter mon vélo des yeux… Je vous laisse imaginer l’état du bois… et bien sûr personne n’est venu mais j’avais mon excuse toute prête au cas où.

Lever de soleil dans la pinède

Le lendemain, ma roue n’est pas encore à plat ! Donc je décide que le pneu attendra Almeria. Petite pause déjeuner à Cartagena, tour de la ville et on continue. J’ai deux cols qui m’attendent dans les 30 prochains kilomètres et je me décide à en monter un avant de m’arrêter pour le soir. Ça passe tranquille, et dans la descente je me cherche un endroit où dormir. Je galère un peu et je commence à me dire que je vais devoir me rabattre sur un camping quand je vois un petit sentier qui part de la route. Bingo ! Parfaitement abrité du vent, avec une jolie vue sur les montagnes, j’ai trouvé mon coin de paradis !

Encore un joli lever de soleil

Le lendemain est une longue suite de montées et de descentes, avec les claques mentionnées en haut des cols, j’ai mal aux jambes mais je me régale ! Et il y a toujours une jolie plage que je longe pendant quelques kilomètres. Et une tortue qui traverse la route devant moi et que je m’empresse de mettre en sécurité dans l’herbe sur le bas-côté. Puis une montée, une descente, et encore ma roue arrière qui se met à chasser. Un coup d’œil au pneu me montre rapidement que la technique du sparadrap ne fonctionne pas sur le long terme : on changera donc de pneu à Almeria. D’ici là, je mets 3 épaisseurs pour que ça ne bouge pas pendant les deux prochains jours (je croise les doigts), je me fais offrir une bière par des espagnols qui campent à côté de l’endroit où je répare (le vélo attire la bière apparemment) et je repars ! Encore de belles routes avant la nuit, que je passerai au sommet d’une montagne avec vue sur la mer ! C’est plein de cailloux, certes, mais j’ai un bon matelas et la vue vaut le coup ! Et même un phare qui veille si jamais je fais des cauchemars…

On a fait pire comme vue depuis la fenêtre de sa chambre…

Dernière étape avant Almeria, je ne suis pas encore certain de l’itinéraire : soit le plus court, plus facile, par la route. Soit une portion de piste, le long de la mer, promesse de jolis points de vue mais qui me rajoute 30 kilomètres et 500 mètres de dénivelé. On est là pour voir du pays non ? Je choisis la voie longue. Effectivement c’est plein de cailloux, ça secoue. Ça fait même bouger Bob qui semble se tourner vers moi pour me dire « T’es sérieux là ? Tu pouvais pas faire les choses simplement pour une fois ? ». Mais j’ai le vent dans le dos, et de quoi rêver pendant des années. Je m’arrête quasiment toutes les 5 minutes pour faire une photo. C’est tout simplement magnifique.

Ça secoue mais ça vaut le coup !

Arrivé en haut, je me rends compte que le réparateur chez qui je voulais aller pour le pneu ferme à 13:30. Il est 11:50. Il me reste 37 km et une grosse montée. C’est jouable mais il ne va pas falloir trainer. J’enclenche le mode contre-la-montre : la montée est effacée en un éclair, descente encore plus vite puis vient une longue ligne droite de 30 kilomètres le long de la plage. Je pousse, je pousse. Arrive une bifurcation qui indique : « Almeria (par la plage) – 25 km / Almeria (par la route) – 30 km ». Je jette un coup d’œil, le côté plage a tout de même l’air pavé – Feu – MAIS QUELLE ERREUR !!! IL AURAIT DU REFLECHIR !!!! Qui dit plage, dit sable. Qui dit sable dit impossible d’avancer avec un vélo chargé. Qui dit sable dit même compliqué de pousser le vélo. Je m’entête en espérant que la route pavée va bientôt revenir (Christelle, on reparlera de l’effet de gel à l’occasion…) mais je finis par me rendre à l’évidence au bout de quelques kilomètres à ramer : ce sera sable jusqu’à la fin. Je trouve un petit chemin, moitié sable, moitié cailloux, qui me ramène à la route : j’ai perdu 45 minutes et je ne serai jamais à l’heure au magasin. Recherche rapide : j’en trouve un autre qui ne ferme qu’à 14:00. Il est 13:07. 20 kilomètres. Tout plat. On repart en contre-la-montre. J’avale les 19 premiers kilomètres à quasiment 30 km/h, je commence à me dire que je vais y arriver, je rentre en ville et je dois traverser une espèce de canal, avec une flaque de boue en plein milieu. J’y enfonce Jay jusqu’aux moyeux et moi-même jusqu’aux chevilles. Simple je vous disais. Quand je repars je me prends des projections plein les yeux. Après il parait que c’est bon pour la peau… J’arrive finalement au magasin à 13:52, juste à temps pour trouver un nouveau pneu. Une journée bien remplie qui va se terminer par un petit resto, une petite balade en ville et une grosse nuit dans un lit !

Prochaine étape, Grenade ! D’ici là portez-vous bien !!

¿ Donde vas?

Day 248, Valencia, 12.410 km

I’ve played out the scene in my head at least four or five times over the past few days. Especially yesterday, when I saw a sign in the distance that said « State of alert! Access only to people with authorization ». The passage from Catalonia to the Valencian Community. A police car blocks the road. « Where are you going? – To Valencia – Do you have an official authorization? Well, I’m currently doing a bike tour of Europe, and I’m writing a blog about it. So you could say that I am a journalist and that professionally I have to continue this trip. – A blog, really? Do you think we’re stupid? » Then follows a confused discussion in a mixture of English, Spanish and French that ends with a quick ride to the nearest train station for a flight back to France… Damn Spain, it was not my war…

As I said above, this scene played out over and over in my head. The sign I mentioned did exist, but in reality, no one controls anything inside Spanish territory. So yes, I have a little shiver every time I see a police car (and they are driving around quite a lot), but in the end I reached Valencia without any other adventure than a little headwind or a quick passage on a freeway interchange…

From Barcelona Jay, Bob and I leave, accompanied by a very nice escort! Thibault and Arnaud decided to make a small part of the road with us to see Jay and Bob at work. Arnaud stiffens a little the pace in the Montjuic, even makes us make a small detour to show the big percentages that he usually swallows for breakfast, but we hang on with Thibault. Easy. Follows a long passage by the industrial zone, which has the kindness to be empty in this Saturday, what despite not giving us pretty landscapes to admire allows us at least to have a not too chopped conversation. Then we finally arrive on the beach, along the coast, in Castelldefels. Arnaud decides to turn back unfortunately, but I manage to convince Thibault to make the 20 km, which remain until Sitges (I do not mention the difference in height, otherwise the conversation would have been potentially more complicated…). We see the approaching mountains, and I try to convince myself that we are going to pass by the side close to the coast, the one that does not climb too much. In fact not. The slope is steep, the road is narrow but fortunately, the cars wait for it to be free to overtake, Thibault yelled after by the cops who do not want him to stop in a curve, but at least we are in the sun and the sight is worth the detour!

Photo moment in Castelldefels with the Dream Team
The road to Sitges

After a short lunch break, I leave Thibault at the station and start the next stage of the day. A little bit of big road, but with little traffic and wind in the back, a nice one. Tarragona. I pass near the beach, along the railroad. Not great, but I’m a bit lazy to go up to see the city center. So I continue. And I’m right: I’m on a bike path, along the beach, with the wind at my back and the sun in my eyes. A real treat! Then I go through the Catalan version of Miami Beach: Miami Platja. Funny. On the other hand, it’s very ugly, and all the fountains I see don’t work so I start to be short on water. I finally find a park where a sign forbids using the fountain but it works anyway. Phew. I can start looking for a place to sleep. I see a small wood next to the railroad. When I get closer, I realize that it’s a real dumping ground. Fail. I finally find a nice place a little further.

The road along the sea
The beach, again

The next day, it’s a hard morning… I guess I got used to sleep in a real bed quite quickly. But the sun which rises and which warms me up gives me what I need to start the day. I get a little confused with my GPS which makes me go through all the stony paths of the surroundings and I decide to cut by the departmental road (or the Spanish equivalent, in this case the N-238). A good decision for Mr Lunet! I have the road for me alone, I avoid to climb too much, perfect for a Sunday ride! Then pass by orange trees, that smells good and that makes me want to pick one or two fruits for the breakfast tomorrow (in the end I did not dare… one day maybe!). Then we go on by a Green Path (the road is literally painted in green by moments!), and when there is a mountain which blocks the way we pass simply through!

A highway for a bicycle!
Straight through the mountain

I find myself again in water shortage, and on top of that it starts to be late and I look for a place to sleep. I find a cemetery on the way: closed. And I realize that my rear wheel is flat. I fix it and start looking for water again. A fountain. Closed. A park, another fountain. This time they have removed the tap. What a hell… Finally I find water but I’m in the middle of the city and I don’t see myself riding 20 km to get out. And I don’t dare to sleep on the beach, it’s clearly forbidden, with a sign every 15 m to make sure that people like me are aware of it. I finally find a parking for motorhomes. It’s gravel, but at least I’m not alone and I have an army of bodyguards for the night. Moreover I discuss with the neighbor, a German, who offers me a beer! Very good choice!

The sun rises on my army of motorhomes

The next day, I’m awake early enough to see the sunrise, which is a good omen for the rest of the day! Legs are a little bit heavy, I am a little bit fed up with the wind (but I think that I have to face the truth, proximity of the sea says wind, I can’t have everything). On my left, often the beach: with palm trees, no palm trees. With gravel, no gravel. In any case I don’t know if it’s Spain or the Mediterranean sea, but they didn’t miss out on their beaches. And when I’m not by the sea I’m in the oranges.

The sea …
… and the oranges

To finish, I follow a Green Path, in straight line, during 15 km, until I arrive in Valence. Not much to add. At least I arrive early enough to have a real meal and a little tour in town.

The Plaza de la Virgen
The Palace of Arts and the Hemisfèric

Very nice evening at the hostel, I discuss with a cyclist who makes the road in opposite direction. Exchange of blogs and tips for the way to Portugal, I’ll have stuff to read for the evenings in the tent. Tomorrow we continue towards the south by following the coast, I don’t know yet where I will stop, but I promise to keep you informed! 

Jay through Spain!

¿ Donde vas ??

Jour 248, Valence, 12.410 km

Je me suis joué la scène au moins quatre ou cinq fois pendant les derniers jours. Surtout hier, quand j’ai aperçu au loin un panneau qui disait « Etat d’alerte !! Accès uniquement aux personnes munies d’une autorisation ». Le passage de la Catalogne à la Communauté de Valence. Une voiture de police barre la route. « Vous allez où ? – A Valence – Vous avez un justificatif ? Eh bien figurez-vous que je fais en ce moment un tour d’Europe à vélo, et j’en fais un blog. On peut donc dire que je suis journaliste et que professionnellement je me dois de continuer ce voyage. – Un blog, vraiment ? Vous nous prenez pour des abrutis ? » S’ensuit une discussion confuse dans un mélange d’anglais, d’espagnol et de français qui se termine par un raccompagnement illico à la gare la plus proche pour un rapatriement vers la France… Foutue Espagne, c’était pas ma guerre…

Comme je l’ai dit plus haut, cette scène s’est déroulée à plusieurs reprises dans ma tête. Le panneau mentionné a bel et bien existé, mais en réalité personne ne contrôle quoi que ce soit à l’intérieur du territoire espagnol. Alors oui, j’ai un petit frisson à chaque fois que je vois une voiture de police (et ils tournent pas mal en plus les bougres), mais au final je suis parvenu à Valence sans autres péripéties qu’un petit vent de face ou un nouveau passage sur un échangeur d’autoroute…

De Barcelone on part donc, accompagnés d’une belle escorte en plus ! Thibault et Arnaud ont décidé de faire un petit bout de route pour voir Jay et Bob à l’œuvre. Arnaud durcit un peu l’allure dans le Montjuic, nous fait même faire un petit détour pour montrer les gros pourcentages qu’il s’avale pour le petit-déjeuner habituellement, mais on s’accroche avec Thibault. Faciles. S’ensuit un long passage par la zone industrielle, qui a la gentillesse d’être vide en ce samedi, ce qui à défaut de nous donner de jolis paysages à admirer nous permet au moins d’avoir une conversation pas trop hachée. Puis on arrive enfin sur la plage, le long de la côte, à Castelldefels. Arnaud décide de faire demi-tour malheureusement, mais je parviens à convaincre Thibault de faire les 20 km qui restent jusqu’à Sitges avec moi (je ne mentionne pas le dénivelé, sinon la conversation aurait potentiellement été plus compliquée…). On voit les montagnes qui se rapprochent, et j’essaie de me (nous!) convaincre qu’on va passer par le côté tout près de la côte, celui qui ne monte pas trop. En fait non. Ça monte fort, la route est étroite mais heureusement les voitures attendent qu’elle soit libre pour doubler, Thibault se fait invectiver par les flics qui ne veulent pas qu’il s’arrête dans un virage, mais au moins on est au soleil et la vue vaut le détour !

Instant photo à Castelldefels avec la Dream Team
La route qui va à Sitges

Après une petite pause déjeuner, je laisse Thibault à la gare et me lance dans la suite de l’étape du jour. Un peu de grosse route, mais avec peu de trafic et du vent dans le dos donc agréable. Tarragona. Je passe près de la plage, le long de la voie ferrée. Pas top, mais j’ai un peu la flemme de monter voir le centre-ville. Du coup je continue. Et bien m’en prend : je suis sur une piste cyclable, le long de la plage, avec le vent dans le dos et le soleil dans les yeux. Le kiff ! Je passe ensuite par la version catalane de Miami Beach : Miami Platja. Marrant. Par contre c’est très moche, et toutes les fontaines que je croise ne fonctionnent pas donc je commence à manquer d’eau. Je finis par trouver un parc où un écriteau interdit de se servir de la fontaine mais celle-ci fonctionne quand même. Ouf. Je peux commencer à chercher un endroit pour dormir. Je vois un petit bois à côté de la voie ferrée. Quand je m’approche je me rends compte que c’est un vrai dépotoir. Echec. Je trouve finalement un coin sympa un peu plus loin.

La route le long de la mer
La plage, encore

Le lendemain, le réveil est un peu piquant… On s’habitue assez vite à dormir dans un vrai lit au final. Mais le soleil qui se lève et qui me réchauffe me donne le petit coup de fouet qu’il me faut pour lancer la journée. Je me brouille un peu avec mon GPS qui me fait passer par tous les chemins caillouteux des environs et je décide de couper par la départementale (ou l’équivalent espagnol, dans ce cas précis la N-238). Une bonne décision pour Mr Lunet ! J’ai la route pour moi tout seul, j’évite de trop monter, parfait pour une promenade dominicale ! Ensuite on enchaine par des orangers, ça sent bon et ça donne envie de cueillir un ou deux fruits pour le petit déjeuner demain (au final j’ai pas osé… un jour peut-être !). Ensuite on enchaine par une voie verte (la route est littéralement peinte en vert par moments !), et quand il y a une montagne qui bouche le chemin on passe tout simplement à travers !

Une autoroute pour un vélo !
Tout droit à travers la montagne

Je me trouve encore en galère d’eau, en plus il commence à se faire tard et je cherche un endroit pour dormir. Je trouve un cimetière sur le chemin : fermé. Et je me rends compte que ma roue arrière est crevée. Je répare et me remet en quête d’eau. Une fontaine. Fermée. Un parc, une autre fontaine. Cette fois ils ont carrément enlevé le robinet. Quel enfer… Finalement je trouve de l’eau mais je suis en pleine ville et je me vois mal faire encore 20 km pour en sortir. Et je n’ose pas dormir sur la plage, c’est clairement interdit, avec un panneau tous les 15 m pour être sûr que les gens comme moi soient au courant. Je trouve finalement un parking pour camping-cars. C’est du gravier, mais au moins je ne suis pas tout seul et j’ai une armée de gardes du corps pour la nuit. En plus je discute avec le voisin, un allemand, qui m’offre une bière ! Encore un bon choix !!

Le soleil se lève sur mon armée de camping-cars

Le lendemain, je suis réveillé assez tôt pour assister au lever du soleil, de bon augure pour la suite de la journée ! Les jambes sont un peu lourdes, j’en ai un peu marre du vent (mais je pense qu’il va falloir se rendre à l’évidence, qui dit proximité de la mer dit vent, on ne peut pas non plus tout avoir). A ma gauche, souvent la plage : avec des palmiers, pas de palmiers. Avec des graviers, pas de graviers. En tout cas je sais pas si c’est l’Espagne ou la Méditerranée mais ils ne les ont pas ratées leurs plages. Et quand je ne suis pas au bord de la mer je suis dans les oranges.

La mer…
… et les oranges

Pour finir, je suis une voie verte, en ligne droite, pendant 15 km, jusqu’à Valence. Pas grand-chose à ajouter. Au moins j’arrive suffisamment tôt pour pouvoir faire un vrai repas et un petit tour en ville.

La Plaza de la Virgen
Le Palais des Arts et l’Hemisfèric

Soirée à l’auberge de jeunesse bien sympa, je discute avec un cycliste qui fait la route en sens inverse. Echange de blogs, ça me fera de la lecture pour les soirées dans la tente. Demain on continue vers le sud en longeant la côte, je ne sais pas encore trop où je m’arrêterai, mais promis je vous tiens au courant !  

Jay à travers l’Espagne !