Un retour (presque) sans histoires…

Jour 394, Leipzig, 27.684 km

Vienne – Leipzig. Un peu moins de 600 km. 4 jours. 2 frontières. Rien à signaler. Voilà. Un article qui s’écrit tout seul, même pas besoin de faire grève pour faire court cette fois…

Certains l’ont sûrement remarqué, il y a une parenthèse dans le titre. Avec un mot de sept lettres à l’intérieur. « Presque ». Qui bien entendu change tout… Pour ceux qui veulent en savoir plus sur « presque », la suite de cet article est faite pour vous. Pour les autres, contentez-vous de regarder les photos, ou même mieux, prenez un des articles précédents et regardez-en les photos, ça vous fera voyager un peu plus loin…

Au cours de la soirée viennoise, je prends conscience d’un détail qui va me suivre jusqu’à la fin du voyage : après plus de 27.000 km, le matériel est en train de lâcher… Ma montre ne fonctionne plus depuis la Slovénie, et là c’est le câble du chargeur qui ne fonctionne plus. Probablement un peu trop maltraité. Mais rien d’irremplaçable, un petit tour en ville et j’ai un nouveau câble, prêt à charger mon téléphone jusqu’à Hambourg ! En repartant, j’emprunte la même route que l’été dernier pendant quelques kilomètres, les souvenirs affluent, j’ai l’impression de rembobiner tout le voyage en accéléré…  Je profite une dernière fois de chouettes vues sur le Danube, avant de traverser un pont et de m’élancer vers la République tchèque.

Un dernier regard sur le beau Danube bleu

La suite, elle tient en un mot : campagne. Je garde encore un souvenir ému des montagnes autrichiennes, de ces fleuves scintillants et ces gorges abruptes, impressionnants malgré les nuages, le brouillard et la pluie. Cette fois j’ai le droit à la campagne, des champs à perte de vue : du maïs, du blé, du tournesol, des vignes, et même d’autres plantes plus surprenantes (je vous laisse deviner en regardant les photos), mais rien d’illégal à priori. Des maisons de hobbits aussi, mais qui disparaissent aussi rapidement qu’elles sont apparues…

Qu’en dirait le général ?
Bienvenue dans la Comté

Commence la montée tranquille vers la frontière tchèque. Au vu de mes dernières expériences, je ne sais pas trop à quoi m’attendre cette fois. Contrôlera ? Contrôlera pas ? Je croise bien les postes frontières de rigueur, mais totalement vides cette fois. Enfin une frontière comme on les aime !! Je retrouve avec plaisir la République tchèque, et le voyage dans mes souvenirs continue : les villages aux noms imprononçables, les panneaux jaunes des pistes cyclables et ceux bleus des routes départementales avec leurs flèches pas toujours bien placées. Je me souviens aussi qu’il y a très peu de fontaines publiques, qu’il faut le plus souvent trouver les cimetières… Je galère un peu, commence à être assoiffé et trouve un puit avec un écriteau à demi-effacé. Je fais appel à un ami, Google Translate, qui me transcrit le panonceau par « Water to drink, even after overheating ». Je me dis qu’il y a un sens caché dans la phrase que je ne comprends pas, mais je retiens essentiellement le début de la phrase et m’empresse de boire un bon litre de l’eau de ce puit… Excellente idée. Un peu plus tard, je croise un autre puit avec cette fois un écriteau en bon état. Pris d’un doute, je demande à nouveau à Google de m’aider, et cette fois la réponse est sans appel : « Water not to drink, even after overheating ». Très malin, mais vu que tout semble aller pour le mieux, je m’empresse d’oublier ce que j’ai bu et me concentre sur mon chemin tout en évitant les puits qui me paraissent suspects…

Après une bonne nuit de sommeil dans la forêt, sur un tapis de mousse bien moelleux, mon histoire tourmentée avec l’équipement continue : c’est maintenant le compteur kilométrique qui ne fonctionne plus. Excellent ! On va donc naviguer à vue, avec pour seul repère le temps qui passe, indiqué par l’heure sonnée par les clochers des villages traversés. Ce n’est pas forcément un mal, ça me permet aussi de plus profiter du paysage…

Les pécheurs sur le lac
Le village de Vajgar

Ce que j’avais un peu occulté, mais que la route s’efforce continuellement de me rappeler, c’est à quel point la République tchèque n’est pas plate. Pas un seul kilomètre. Toujours à monter ou à descendre. En plus, avec ma manie d’ignorer toute interdiction, je passe sur une route fraichement goudronnée et me retrouve avec des pneus tout collants qui ramassent tout ce qui traîne… Avec le mélodieux grincement de mes pédales, j’ai aussi le droit à la douce musique des cailloux qui raclent mes garde-boues… Un régal ! Fatigué par tant de relief, j’appelle de tous mes vœux une portion un peu plus plate. Et comme par magie, la Vlatva (que j’avais déjà remontée pour arriver à Prague, on continue le voyage dans les souvenirs) tombe du ciel. Du plat, enfin ! En revanche, je vous parlais matériel, et bien je me rends compte que j’ai cassé non pas un mais deux rayons de ma roue arrière. Super. Impossible de continuer comme ça. L’atelier où je m’arrête me dit qu’ils ne peuvent pas s’en occuper le soir mais le lendemain à la première heure. Il ne me reste plus qu’à trouver un coin où dormir la nuit dans les environs…

La Vlatva
Souvenirs, souvenirs…

Le lendemain, j’ai à nouveau une roue avec tous ses rayons et je m’élance vers l’Allemagne. La route conseillée par le GPS fait moult tours et détours, du coup je décide de couper court et de prendre l’autoroute (pas la vraie, rassurez-vous, plutôt une route nationale) pour avancer plus vite. Ça me rappellera l’Italie ! Au départ tout roule, puis arrive une zone de travaux. Je me dis « Chouette, c’est le bon moment pour emprunter cette route, les gens vont rouler moins vite ». Alors certes, les gens roulent moins vite, mais il n’y a quasiment pas de place pour doubler et un moins vite en voiture reste toujours un trop vite pour un vélo quand le véhicule passe à 40 centimètres de vous… Heureusement ça ne dure pas et je finis par atteindre Chomutov, dernière grande ville avant la frontière… Ravitaillement en eau et c’est reparti ! Une piste cyclable dans la forêt qui monte tranquillement vers le sommet, je me dis que je vais finir la République tchèque comme je l’avais commencée l’été dernier. Puis je me rappelle qu’il y avait aussi eu des cailloux. Les cailloux arrivent, entrecoupés de bandes de bitume, parfois de seulement quelques mètres de long, histoire de dire » Tu vois, c’est confortable hein ! Et bien reprends une dose de cailloux ! ». Le passage de la frontière est sans histoires : je suis de retour en Allemagne !

Un dernier regard
Agréable cette frontière…

Il ne me reste plus qu’à rejoindre Leipzig. Une petite journée tranquille. Du moins c’est ce que je pense. La nuit est agitée, la sirène des pompiers est déclenchée vers 2h30 du matin, je me demande un court instant si la forêt où je me suis installé est en train de brûler. Mais ça ne dure pas et je me rendors. En me réveillant le lendemain, j’ai l’estomac tout barbouillé. « Water not to drink » rappelez-vous. Impossible de manger quoi que ce soit. Pratique pour faire du vélo. Un peu faible, je me mets tout de même en route. C’est dur, je me dis que je souhaiterais presque être déjà rentré. Une petite sieste en milieu d’étape me donne un peu de forces mais on est loin d’une étape plaisir. En plus je suis censé longer des lacs, du moins c’est ce que me dit le GPS, mais ils sont tous cachés par des usines. Génial ! Leipzig arrive enfin, dernier arrêt avant Hambourg, avec une bonne douche et un bon lit !

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