Jour de grève

Jour 390, Vienne, 27.096 km

Voilà plus d’un an que je suis parti de Hambourg, plus d’un an que je vous donne, vous fidèles lecteurs, régulièrement (plus ou moins) de mes nouvelles, chroniquant dans mes articles le temps et les kilomètres qui passent. Et tout ça sans avoir exercé une seule fois un droit fondamental du travailleur : le droit de grève. Eh bien voilà, c’est pour aujourd’hui. Des revendications ? Aucunes. Des raisons ? Il est bien plus agréable de passer la soirée à jouer avec Thaïs et Louis et à discuter avec Marion et Sinan qui m’ont accueilli à Vienne que de me cacher derrière mon ordinateur pour écrire un article… Alors j’espère que vous me pardonnerez, mais ce sera rapide et concis aujourd’hui…

Je vous avais laissé à Ljubljana, en pleine semaine d’ « échanges intellectuels ». Les échanges furent intenses, émaillés de (courtes) phases de sommeil (ça prend du temps de rédiger un traité de philosophie proto-économique), de randonnées épiques, d’une migration vers Dutolvje, dans la vallée de Karst (je dois avouer que j’ai triché : j’ai honteusement profité de la voiture de Louis et Rémy pour transporter mes sacoches et me suis contenté de me transporter moi-même à vélo…), de mets locaux ou moins locaux et d’un petit tour à la mer.

Randonnée au lac de Bohinj
La fenêtre naturelle d’Otlica
Le soleil se couche sur Piran

Après tant d’échanges, il faut tout de même penser un peu à pédaler, et puis Jay et Bob ne vont pas rentrer tous seuls à Hambourg, donc on se remet en route ! Première étape : Bled, où je dois retrouver Hélène et Rémi. La route la plus facile me fait repasser par Ljubljana, la plus courte trace tout droit à travers les montagnes… Comme d’habitude, je choisis la route non-facile, en me disant que ce sera probablement un des derniers massifs que je serais amené à traverser avant de rentrer… Autant en profiter ! Comme lors de mon passage de la frontière slovène, mon adage « Plus c’est haut, plus c’est beau » ne se vérifie malheureusement pas… Mais les belles descentes, notamment les 25 derniers kilomètres avant d’arriver à Bled, compensent largement. Le passage au spa avec mes hôtes et le petit restaurant perdu au fin fond de la campagne m’offrent une fin de journée en apothéose (pour de bon cette fois !).

La vallée de Sorica
Bled

Ensuite, direction l’Autriche. Une nouvelle frontière à traverser. Je choisis une route qui me semble propice à mon passage et me lance à l’assaut du col de Loibl (ou Ljubelj, selon le côté de la frontière que vous choisissez). Cette route s’avère être interdite aux vélos (interdiction que je m’empresse d’ignorer) et débouche sur un tunnel qui doit me mener en Autriche. Après un dernier regard lancé aux montagnes slovènes, je m’engouffre dans ce dernier. En passant la frontière au milieu du tunnel, je me dis que j’ai encore passé une frontière sans encombres. En retrouvant la lumière du jour, j’ai la joie de me trouver nez-à-nez avec un douanier qui me demande un test COVID… Pour changer. Heureusement, j’ai eu le temps de contacter un faussaire à Bled et présente un certificat de test, effectué la veille (!) à Montpellier (!!). « Très bien, merci, vous pouvez y aller ». Finalement ce n’était pas si compliqué…

Au revoir Slovénie …
… et à bientôt

Après un passage éclair par Klagenfurt, je suis une piste cyclable pour rejoindre la Styrie. Quel régal de ne pas avoir à se préoccuper des voitures qui vous frôlent, des camions qui klaxonnent ou des motos qui vous enfument… Et il y a même des fontaines de temps en temps pour remplir les gourdes ! Après une bonne nuit de repos, je rejoins la vallée de la Mur. Les plus assidus d’entre vous se souviendront que j’ai déjà suivi la Mur, deux fois même, entre Leoben et Bruck an der Mur, mais j’ai beau mobiliser toute la puissance de mes neurones, rien ne vient. Aucun souvenir, si ce n’est le stade où je me rappelle avoir fait une pause et le centre-ville où je me rappelle avoir fait une photo… Comme quoi après un an les souvenirs sont déjà flous…

Friesach
Voie cyclable le long de la Mur

Après la Mur, je longe la Mürz, toujours sur une voie cyclable. Petit passage en altitude à la station de Semmering, nuit agitée (entre les visiteurs nocturnes qui se demandent ce qu’une tente fait à côté du stade municipal, l’orage qui éclate au milieu de la nuit et les promeneurs qui me réveillent le matin) puis piste cyclable à nouveau vers Vienne. Je n’en reviens toujours pas de ne plus avoir constamment la compagnie des voitures. C’est comme si je commençais un nouveau voyage… Je finis par arriver à Vienne, où les souvenirs reviennent un peu plus nombreux que le long de la Mur. Je suis rassuré sur l’état de ma mémoire ! En revanche, un peu fatigué, j’oublie de déclipser une pédale en m’arrêtant à un feu et m’étale lamentablement au milieu de la route. Le cycliste devant moi se retourne et sourit : apparemment j’ai l’air drôle et d’aller bien… Ou alors il voit tellement de cyclistes tomber qu’il sait qu’ils ne se font jamais mal… Il est bon de faire du vélo à Vienne !!

Ces voies cyclables…
… quel régal !

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