Cecillia

Jour 346, Palerme, 21.850 km

J’entends d’ici les réactions de certain-e-s : « Quoi ? Encore un article ? Mais ça fait à peine trois jours… Il devrait passer plus de temps à pédaler qu’à écrire ses âneries… ». Et puis juste après : « Cecilia. Mais qui est-elle ? Qu’est-ce qu’il a été nous inventer encore ? ». Ne vous inquiétez pas, je ferai court pour aujourd’hui, de toute façon il ne s’est pas non plus passé des tonnes d’événements marquants dans les trois derniers jours. Et Cecilia n’est dans ce cas qu’une chanson (désolé pour ceux qui voyaient déjà naître le concept « L’amour est sur le vélo », ce ne sera pas pour cette fois…), une chanson qui me trotte dans la tête depuis quelques jours (je vous mets le lien ici, ça vous évitera de chercher). Et quand j’entends le refrain, j’entends « Sicilia ». Et vu que je suis en Sicile ça valait bien un titre d’article non ?

Je pars un peu tard de Messine, je n’ai pas eu le courage de finir l’article la veille au soir du coup ça me prend un peu de temps le matin, et ensuite il faut se préparer, faire les sacs, et la chaleur déjà étouffante n’incite pas à s’activer plus que de raison. Je commence par suivre la côte jusqu’à Torre Faro, au bout de la pointe Nord-est de l’île. Mon hôte m’a dit : « tu verras, c’est magnifique, très naturel, en plus il y a deux lacs salés qui communiquent avec la mer, une tour, je te le recommande vraiment ! » Mouais. Il y a effectivement des lacs, et sur l’un d’eux des barques et des déchets. Une tour métallique aussi. Et une plage. Mais magnifique ne serait pas forcément le mot que j’aurais choisi… On peut jeter un coup d’œil pour une dernière fois au continent, puis on se lance dans le tour de l’île…

Le lac, la ville de Margi, et les montagnes du continent au fond

La route passe ensuite pendant quelques kilomètres dans la pinède, très agréable, surtout que la température est plus clémente (c’est drôle comment 32°, un peu de vent et quelques nuages font une température agréable…). Mais rapidement, je me retrouve en ville, au milieu des zones industrielles et des camions. Pas top. J’essaye bien de me rapprocher de la plage, mais on est plus sur des plages un peu tristes, grises, avec des gros tas de déchets qui viennent cacher la mer. Moyen. Même quelques gouttes de pluie. Mais vraiment quelques gouttes : le temps de sortir la capuche de Jay il a cessé de pleuvoir… Facile. Puis arrive une petite grimpette qui précède la partie sympa de l’étape : un faux-plat descendant délicieux, en bord de falaise, avec un léger vent de dos et le soleil qui sort des nuages… Que du bonheur !

Je me fais rattraper par un groupe en vélo électriques, ce qui me donne l’occasion de faire ma deuxième blague en italien, que je prépare depuis quelques jours. « No elettricita ? No, solo pizza i pasta ». Le type lance un regard qui dit : « Qu’est-ce qu’il me raconte celui-là ? ». Je me frotte le ventre pour ajouter l’image au son, mais ça n’a pas l’air de le convaincre… Il me lance un sourire gêné et me dit qu’il doit rejoindre ses potes. Ha Ha Ha. Moi elle me fait rire cette blague, il faudra la retenter ! Le soir je galère un peu à trouver un bivouac mais finalement je repère une usine abandonnée en bord de plage : parfait ! Et en plus je suis à l’abri du vent !

Le lendemain, étape courte vers Palerme. Il fait à nouveau une chaleur torride, et je passe la journée à chercher de l’eau pour remplir mes gourdes. Heureusement, ce ne sont pas les fontaines qui manquent ! Je croise plein de petits village avec des noms marrants : hier j’ai eu Mortelle (pas super gai comme ambiance), Olivieri (tous les habitants doivent s’appeler Olivier j’imagine), Rometta (aucune ressemblance avec Rome, si ce n’est le nom), Sparte (je n‘ai malheureusement pas croisé Léonidas), Tarantonio (en hommage au cousin italien du réalisateur), et aujourd’hui c’est Finale (pourtant la route ne s’arrête pas) et le clou du spectacle : le Mont San Calogero. Je dois monter en haut d’un belvédère, mais j’arrive à le prendre sur le fait : il fait face à la mer.

Le mont San Calogero, face à la mer, depuis le belvédère de Termini Imerese

Je continue jusqu’à Palerme, avec de jolies vues sur la mer et les rochers. Arrivé en ville, je m’offre une pizza avant de rejoindre l’auberge de jeunesse. Je me rends compte en repartant que quelqu’un est passé par là pendant que je mangeais (même pas de pizza en plus, ils ne les faisaient que le soir) : plus de câbles pour charger montre et téléphone, plus de batterie d’appoint ni de système de chargement branché à la dynamo… Ça m’apprendra à laisser mon vélo sans surveillance… Et pour couronner le tout, mon pneu arrière est à plat. Quand ça veut pas…

Du coup je décide de rester un jour de plus à Palerme, histoire de pouvoir tranquillement remplacer ce qu’on m’a volé, réparer mon vélo et visiter un peu la ville…

Bagheria
La cathédrale de Palerme

4 commentaires sur « Cecillia »

  1. Célèbre chanson reprise par le Jo Dassin de ma jeunesse … Elle me trotte aussi dans la tête maintenant ! Je n’ai plus qu’à aller pédaler aussi 🙂
    Bises et encore merci de nous faire voyager.

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  2. « Du coup je décide de rester un jour de plus à …  » Admirable zénitude dans laquelle on reconnait le voyageur au long cours. N’importe qui aurait voué aux gémonies l’indélicat malandrin, toi tu en profites pour visiter !
    Bravo !

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