Tous les chemins mènent à Rome!

Jour 336, Rome, 20.683 km

Plus je passe du temps en Italie, plus je trouve mon application GPS nulle. Des détours inutiles par des routes pourries, des dénivelés annoncés ridiculement élevés (ça doit être les tunnels, mais tout de même), donc j’essaie de plus en plus de suivre les panneaux. En plus j’allais à Rome, et comme le dit l’adage, difficile de trouver le chemin qui ne m’amènerait pas à destination… En revanche, je ne suis pas encore tout à fait au point sur certaines subtilités du système métrique italien : je suis sur la route de Sienne. On m’annonce la ville à 25km. Deux kilomètres plus loin, Sienne est à 32 km. Toujours sur la même route. Puis 18 un peu après… De quoi déclencher quelques questionnements métaphysiques sur le temps et l’espace, mais pour le moment je suis toujours parvenu à bon port… Pour le moment…

A Florence, une fois prêt à partir, je me rends compte que tous les rayons de ma roue arrière sont complètement détendus. Le retour des problèmes de rayons !! Moi qui croyait en être débarrassé pour toujours… Je fais le tour des réparateurs de vélo de Florence : le premier n’a pas le temps. Le deuxième n’a pas l’air d’avoir très envie, me dit qu’il n’a pas le temps. Le troisième me dit qu’il peut le faire pour 18h. Allons bon. Passé le premier moment de frustration, je me console en me disant que ça me laisse une journée pour profiter de Florence, manger, dormir, bouquiner… Pas si terrible comme programme finalement ! Une fois le vélo récupéré, je pars de Florence, avec tous les gens qui y travaillent et qui vivent à l’extérieur de la ville. Super ! Heureusement ça ne dure pas, et je retrouve une route un peu moins encombrée vers 19h30… Avec en prime un premier aperçu des collines de la Toscane, de ses vignobles, de ses petits villages perchés et de ses châteaux, le tout sous la lumière orangée du soleil qui commence à se coucher… Régal !

Le lendemain, je commence par une pause petit-déjeuner à Sienne, après quelques tours à essayer de suivre les indications troublantes des panneaux. Très joli centre-ville médiéval, même si les pavés et les grosses montées ne sont pas des plus agréables…

La vieille ville de Sienne…
… et sa cathédrale.

Je trouve ensuite ce que j’ai repéré sur la carte comme une piste cyclable qui doit me mener à Rome : la Via Francigena. Au début, c’est très agréable de rouler sur des routes sans voitures. Puis je me retrouve sur une petite piste qui grimpe dans les collines. Ça change un peu. Heureusement il y a des arbres et un peu d’ombre pour me protéger du cagnard. Ça se transforme de plus en plus en chemin de randonnée. Je croise deux marcheuses. La première me dit « Ave ». Je me dis « Tiens, on se rapproche de Rome, les gens se mettent à parler latin ! Intéressant » Quand la deuxième me salue à son tour, je comprends ce qu’a dit la première : « Salve ». Pas de latin finalement… Le chemin ne s’arrange pas, devient de moins en moins agréable. Après quelques rapides recherches, je me rends compte que cette Via Francigena est plutôt, à l’instar du chemin de Compostelle, un chemin de pèlerinage vers Rome. Je croise même plusieurs endroits où il est possible de faire tamponner sa crédenciale. Mais tout cela ne m’aide pas vraiment à avancer sur mes deux roues, et je finis par me rabattre sur la route… Heureusement, celle-ci n’est pas trop fréquentée et offre de jolies vues sur le paysage alentour !

Puis je quitte (déjà) la Toscane. Les collines verdoyantes et les vignobles sont remplacés par des bouquets de genêts et de la roche nue. Pas moins joli mais un peu plus désertique. Surtout que les villages s’espacent, que je croise seulement de temps en temps une station-service fermée ou une zone « industrielle » qui a souvent l’air à l’abandon. Difficile de trouver de l’eau. Mais je m’en sors toujours bien. La fin de la journée approche et je profite d’un passage près du lac de Bolsena pour piquer une tête, me rincer et me rafraîchir (il fait toujours aussi chaud, dans les 35° dans l’après-midi).

Jay aimerait bien se jeter à l’eau
Le soleil commence à se coucher sur Bolsena

Le lendemain, petit déjeuner à Viterbo, jolie petite ville qui a l’avantage de posséder un magasin de vélo et un Décathlon ! J’en profite pour changer de chaîne (on va essayer de faire durer la transmission cette fois), et me ravitailler en gaz et crème solaire. Je pousse le plaisir jusqu’à me prendre une belle gamelle en sortie de parking : j’oublie de déclipser ma pédale, du coup c’est un peu plus compliqué de tenir debout sans les pieds. Je me relève rapidement, vérifie si il y a des témoins de mon exploit. Tout va bien, personne en vue, mon honneur est sauf !

Le reste de l’étape est plutôt tranquille, chaud aussi, mais une bonne portion dans l’ombre des noisetiers rend le tout assez supportable. J’arrive à Rome, comme d’habitude l’entrée de la ville est assez horrible. Alors que j’avais prévu de repartir vers Naples dès le lendemain, je décide finalement de m’octroyer une journée de pause, et j’en profite pour faire un tour de la ville avant de déguster une excellente pizza et m’offrir une bonne nuit de sommeil… Ça me laisse encore une journée pour écrire, flâner et encore manger, quel programme !

Le Forum
Défilé de voitures sur la place Barberini

Pour finir, le point géographie : je dirais que j’en suis à la moitié de la descente, soit à peu près 1/5ème du tour de l’Italie !

2 commentaires sur « Tous les chemins mènent à Rome! »

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