Vingt Mille Lieues sur la Terre

Jour 332, Florence, 20.367 km

Si un jour je me mets à faire des recherches généalogiques (il parait que c’est un phénomène dont la probabilité d’occurrence augmente fortement avec l’âge, sait-on jamais) et que je me découvre une lointaine filiation avec Jules Verne (une branche cachée résultant du premier mariage de son fils Michel Verne peut-être), il faudra que j’écrive un roman en hommage à Arrière-Arrière-Grand-Papy, que j’appellerai bien-sûr comme cet article. Il faudra par contre que je prenne certaines libertés vis-à-vis de la réalité : Jay deviendra le Terrilus, sera pourvu d’une suite pour les invités, d’un salon panoramique et de 7 salles de bains. Pour ce qui est de la propulsion, j’aurai été l’inventeur génial d’une machine qui, à partir d’un coup de pédale, libère l’équivalent de mille chevaux. Bob sera renommé Nemo, sera de taille humaine et pourvu de bras (notez bien de détail, il va avoir de l’importance par la suite)… Il faudra accessoirement que le Terrilus disparaisse sans laisser de traces entre Milan et Gênes, après avoir accompli un long périple à travers l’Europe…

20.000 km donc. Je savais en partant en juillet dernier qu’il était de l’ordre des possibles que j’atteigne ce total, il n’empêche que c’est une chose d’imaginer 20.000 km (exercice très compliqué cela étant dit), et c’en est une autre de les pédaler. Mais curieusement, le 20.000ème km m’a moins marqué que le 1.000ème par exemple, l’habitude j’imagine. Je ne me suis même pas arrêté pour laisser une trace de mon passage…

En revanche, une belle piste cyclable pour la première fois depuis que je roule en Italie : entre Milan et Pavie, presque 20 km le long du Canal « Pavese ». C’est plaisant, propre, plat, et surtout plein de cyclistes en ce samedi matin. La plupart ne sont pas là pour rigoler et ont à peine le temps de m’adresser un vague signe de la main en passant. D’autres me font de grands gestes, sourires et me lancent même des encouragements. Et certains vont même jusqu’à discuter pendant un petit bout de chemin (un seul en fait). La route défile vite jusqu’à Pavie…

Le canal
Pavie, sur les rives du Ticino

Le reste du temps, de la route, en plein soleil. Et des conducteurs énervés. L’un d’eux me klaxonne en doublant et me fait une queue de poisson. Quand je lui fais signe que la route est bien assez large pour nous deux, même si je ne suis pas collé à la barrière de sécurité, il a un geste qui se passe de traduction… Ambiance… Il fait chaud aussi. C’est la première fois depuis que je suis parti que je me dis qu’il fait vraiment chaud. Le compteur m’indique 35°. Ma montre 32°. Et mon téléphone n’indique plus rien, il surchauffe… À Gênes, j’ai le temps de me perdre 15 fois dans les rues du centre-ville en cherchant un resto, mais je peux tout de même profiter un peu de l’ambiance du samedi soir avant de m’écrouler dans mon lit…

Etroites ruelles, …
… on voit à peine le ciel!

Le lendemain, je longe la mer jusqu’au Parc des Cinque Terre, dont on m’a moult fois vanté les mérites et la beauté incomparable (et j’en rajoute à peine). C’est dimanche, il fait déjà 28° à 10h du matin, et tout le monde a sorti son scooter pour aller à la plage. Ça ne rend pas le trajet des plus agréables, mais les vues sur la mer et les différents villages valent le détour. Et on fait le grand huit en permanence : ça monte, ça descend, pas un moment de plat…

Puis ça ne descend plus et on attaque l’ascension du col du Bracco. 615m. Une paille me dis-je. Eh bien non. On a beau avoir fait les Alpes, un col reste un col, même « petit »… Dans la descente, je coupe au plus court pour rejoindre Levanto, et je passe à côté de ce qui semble être la plus belle partie du trajet. Qu’à cela ne tienne, à moi les 5 Terres maintenant !! Je m’attaque à la montée vers Monterosso, le premier des 5 villages. Il fait toujours aussi chaud, et ça grimpe toujours aussi fort. Je transpire autant que je bois, et je remplis mes gourdes quasiment toutes les heures. Mais je tiens en me disant que la vue en haut sera superbe… Ha ha. LE nuage de la journée, le SEUL et UNIQUE nuage de la journée, plutôt que de me donner de l’ombre dans la montée, se décide à faire son apparition quand je suis tout en haut et à me boucher la vue. Sous tous les angles. Génial.

Première tentative
Dernière tentative

Je continue, ma route, en me disant que la suite ne peut qu’être mieux ! Effectivement, ça se dégage un peu, mais je n’ai pas non plus des vues incroyables sur des villages perchés sur des falaises, avec des vignobles en terrasse comme on me l’a vendu… Bizarre. Je me décide à faire quelques recherches, et me rends compte que la meilleure manière de visiter ces villages est soit le train, soit le bateau, soit les pieds. Mais certainement pas le vélo. Jackpot. Je continue sur la route, qui offre tout de même des vues sympas de temps en temps et atteins une bifurcation qui descend vers Vernazza et Carniglia. Je me dis que tant qu’à faire, je peux descendre au moins faire une photo. Je ne suis pas à 4,5 km près (à 400m de dénivelé peut-être, mais ça c’est une autre question…). Je descends, je fais ma photo, et je remonte. En remontant cette pente atroce, une idée fugitive me traverse l’esprit : et si la vue était aussi belle de là-haut, simplement en continuant sur la route ? Non, tout de même pas… Eh bien pas loin…

Avant la remontée
Après la remontée

Pour finir, quand j’arrive au dernier village, avec de belles vues dégagées, il est un peu tard et je suis en plein contre-jour. Déjà qu’à l’œil nu on n’y voit pas grand-chose, même l’iPhone a du mal à en faire une photo potable… Bilan des 5 Terres : il faudra revenir le faire à pied.

Après une nuit sans histoires près de La Spezia, je me remets en route vers Pise puis Florence. Je pique une tête à la première plage que je trouve, c’est une manière plutôt agréable de commencer la journée ! Surtout que le soleil est déjà haut et chaud. Je fais une petite pause goûter au pied de la tour de Pise, en regardant tous les touristes faire la même photo (celle où ils essaient de « retenir » la tour…) Vous avez dit original ? J’arrive assez tôt à Florence pour pouvoir faire un tour de la ville avant de manger deux pizzas et une part de tiramisu, et faire une promenade digestive après pour faire passer tout ça (avec une petite glace bien sûr, je m’autorise tous les excès culinaires en ce moment !)

La Piazza del Duomo de Pise
La cathédrale de Florence
Le Ponte Vecchio
Encore un qui essaye de marcher sur l’eau…

Et pour finir, je dois vous avouer que Bob a tout de même voulu « retenir » la tour de Pise lui aussi, mais sans bras ça reste compliqué… ou alors il faut les imaginer très fort !

5 commentaires sur « Vingt Mille Lieues sur la Terre »

  1. 20 000 kms …. Rien ne l’arrête …
    Oui, les cinq terres, à pieds, à travers les vignes, c’est l’idéal !
    Encore de belles photos !!!
    Merciiiiiiiiii !

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