Entre lacs

Jour 329, Milano, 19.907 km

Après les lacs en Autriche, les lacs en Suisse, voici les lacs en Italie ! Passage obligé selon tous les guides que j’ai pu consulter avant de partir, je peux confirmer que ça vaut le détour : des cygnes blancs sur des eaux bleues, avec en arrière-plan des sommets enneigés et au-dessus de tout ça un ciel sans nuages (pas tout le temps mais passons sur ce détail…), tous les ingrédients pour passer un bon moment…

On va tout de suite parler des lacs, et passer assez rapidement sur le trajet entre Turin et Sesto Calende, sur le lac Majeur. Ça se résume de toute manière très bien en 4 mots : boue, plat, champs, moches. Pour développer un peu (sinon vous n’aurez même pas le temps de finir votre café en lisant cet article), je sors de Turin en suivant une piste « cyclable » : 5 km de route et 15 km de BOUE. J’en ai assez rapidement marre et je rejoins la route pour continuer. C’est PLAT, assez ennuyeux. Je longe des CHAMPS : blé, maïs, riz, c’est assez morne comme paysage. Et les rares villages que je traverse sont MOCHES… Voilà voilà… Et pour preuve supplémentaire, alors que je dégaine l’appareil photo assez facilement en général, je n’ai fait de cette partie du trajet qu’une seule photo…

La Photo

Me voici donc enfin au lac Majeur, et j’ai repéré une « zone naturelle » qui me semble propice à bivouaquer une dizaine de kilomètres un peu plus au nord en suivant la rive. Quand j’y arrive, j’ai même l’agréable surprise de trouver une petite plage, déserte à cette heure-ci, où je peux me rafraichir de ma belle journée avant de planter ma tente pour la nuit… Un plan parfait qui se déroule sans anicroche (si on excepte la présence intempestive des moustiques, mais j’imagine qu’à moins de repartir dans la montagne il va falloir que je m’y fasse…) ! Et en bonus, un petit ballet de lucioles quand la nuit est tombée me fait tout doucement glisser dans les bras de Morphée…

Coin parfait pour un bivouac
Coucher de soleil

Le lendemain, les nuages se sont un peu levés, et je peux apercevoir les sommets enneigés des Alpes suisses dans le lointain en faisant le tour du lac. Seul inconvénient, et il est de taille : il n’y a pas du tout de piste cyclable. Et comme les italiens sont loin d’être les conducteurs attentionnés qu’on m’a vantés (désolé Benoit, on n’a pas dû croiser les mêmes), en plus de respirer des gaz d’échappements toute la journée, je me fais quelques petites frayeurs : un camion qui manque de m’écraser contre la paroi, un type en face qui arrive tellement vite que je verse presque dans le fossé, sans parler des motos qui doublent à 90 km/h dans les tunnels, en plus de faire un boucan d’enfer ça fait aussi assez peur… Mais heureusement, les paysages compensent bien tout ça…

Arrivé à Luino, je prends la direction de Côme, ce qui implique longer le lac de Lugano et même un petit passage en Suisse ! Je vais pouvoir vérifier que je suis toujours aussi expert à passer les frontières et que mon banquier n’a pas dilapidé la fortune que je lui ai confiée. Au final, la fortune s’est bel et bien volatilisée (mais vu qu’elle n’a jamais existé ce n’est pas vraiment une surprise) et les frontières sont toujours aussi poreuses… Personne à l’entrée en Suisse et j’ai à peine le droit à un regard quand je rentre à nouveau en Italie à Côme… Jay et Bob rigolent bien quand je leur parle de restrictions… Entre temps, j’ai aussi longé le lac de Lugano, qui vaut également le coup d’œil !

Côme donc, et je commence à faire le tour du lac. Toujours pas de piste cyclable, et au départ énormément de villas et autres hôtels de luxe qui bouchent la vue… Ça va un peu mieux plus on va vers le Nord. Le temps est plutôt ensoleillé, le vent me pousse, la route est relativement plate, et chaque fois que la route offre une vue dégagée sur le lac, j’ai l’impression que la vue est encore plus belle que la fois d’avant. A la pointe nord du lac, on peut en plus admirer les sommets des montagnes-dont-je-n-ai-pas-réussi-à-retrouver-le-nom, qui avec le ciel qui tourne au gris ont un air menaçant qui les rend d’autant plus impressionnantes…

Je me trouve un petit chemin privé pour bivouaquer, la maison à laquelle il mène semble vide, et si jamais les proprios se pointent pendant la nuit on essaiera de discuter… En revanche, je me rends compte que j’avance beaucoup plus vite que prévu, et qu’à ce rythme-là, je serai à Milan dès le jeudi, alors que je n’y suis attendu que vendredi soir… Que faire… Heureusement, il y a des montagnes au bord du lac ! En plus de me faire faire un petit (gros) détour, je suis sûr de ne pas avancer aussi vite que sur le plat. (L’idée de passer une partie de la journée sur la plage à bouquiner m’a aussi traversé l’esprit, mais a été assez rapidement écartée…). Et c’est parti, quasiment sans échauffement, pour 1.000 m d’ascension. Heureusement je fais ça en début de journée, il ne fait pas encore trop chaud ! De très belles vues sur le lac en montant, sur des petits villages perchés sur le flanc des montagnes au milieu de la forêt en haut, et à nouveau des belles vues sur le lac en descendant. En plus de tuer le temps, je l’ai bien tué !

La montée par Dervio
Le village de Premana
On redescend à Bellano…
… retrouver le lac et ses montagnes

Et on reprend le tour du lac, d’abord avec une partie bien plate jusqu’à Lecco, qui hormis un passage par l’autoroute (c’était ça ou nager) est très agréable. Puis une partie plutôt tunnels jusqu’à Bellagio, un peu moins agréable, surtout quand le motard mentionné plus haut me double à 90, mais au moins c’est plat et vite passé. En enfin une partie franchement vallonnée pour rejoindre Côme, j’en viendrai presque à regretter les tunnels… Mais toujours au soleil, toujours au bord de l’eau, toujours aussi beau…

Puis on repasse par Côme, ville pleine de voitures et de travaux… Et en sortir vire au cauchemar : en plus de devoir grimper une grosse côte (j’ai déjà 1.700 m de dénivelé dans les pattes, je commence à le sentir), je dois le faire avec l’ensemble de la population Comasque (si si, c’est comme ça que Wikipédia appelle les habitants de Côme) qui a apparemment décidé de quitter la ville au même moment que moi. Et en plus de posséder une conduite de type non-détendue, ces gens sont aussi des énervés du klaxon… Super. Heureusement ça ne dure pas, je retrouve bien vite un coin de forêt, des moustiques et des lucioles pour mon bivouac de la nuit…

Le lendemain, mini-étape jusqu’à Milan (j’espère que vous vous souvenez que tout nom précédé du préfixe mini doit se prononcer avec une voix aigüe), tout plat, tout droit, avec même en prime une petite balade en ville avant une bonne pizza, un café sympa pour écrire et des retrouvailles avec des amis autour de quelques verres et autres aperitivo…

Jay où-vous-savez…

2 commentaires sur « Entre lacs »

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