Tour d’Europe, Acte V

Jour 320, Marseille, 18.704 km

Après l’Europe Centrale l’été dernier, le Nord à l’automne, la France en hiver et la Péninsule Ibérique au printemps, je vais me lancer dans le cinquième acte du Tour d’Europe : l’Italie. Je ne sais pas encore ce qui me réjouit le plus : l’idée de pouvoir m’arrêter dans des petits villages et déguster une salade tomate-mozza avec un filet d’huile d’olive, celle des côtes méditerranéennes qui m’attendent le long de mon trajet, ou encore la perspective de pouvoir m’empiffrer de pâtes et de pizzas matin, midi et soir… En tout cas j’ai hâte d’y être. Et j’ai même mis les 15 derniers jours à profit pour me reposer, mais aussi pour faire un peu de montagne histoire de m’entraîner pour le passage des Alpes… A quelques jours près j’attrapais la caravane du Giro !

Avant le repos, il faut tout de même arriver à Avignon. Départ de Valence aux aurores, je veux être chez ma Tante Catherine pour le déjeuner. Heureusement, la Via Rhôna c’est plat et en plus, contrairement à la veille, j’ai le vent dans le dos cette fois. Ça défile. Je croise ou double beaucoup de cyclistes, certains qui ont l’air de voyager comme moi, à croire que le retour des beaux jours les a fait sortir de chez eux… Après Montélimar, je commence la partie de la route que je ne connais pas. Longues lignes droites le long du Rhône. Avalées à plus de 30 km/h. Puis un panneau « Route inondée ». Intéressant. Ce n’est pas le genre de message que j’ai envie de prendre au sérieux : il fait beau depuis 3 jours et j’ai pas envie de faire un détour… Je roule un peu dans la boue, certes, mais pour une route inondée, elle est tout à fait praticable. Je m’auto-congratule et je continue. Toujours sur un gros rythme, l’apéro m’appelle ! Puis vient un second panneau « Route inondée ». Ha Ha Ha. Ça doit être pour les gens qui ont peur de salir leurs pneus. Effectivement, il y a un peu plus de boue cette fois. Mais ça passe quand même. Jusqu’à ce que ça ne passe plus. Un mètre d’eau et pas moyen de faire le tour. C’est ça de faire son malin. Demi-tour, jusqu’à trouver un chemin à travers champs qui me ramène à la départementale que je suis jusqu’à Bourg Saint-Andéol où je peux retrouver une via Rhôna non inondée… Je suis tellement inquiet à l’idée de manquer mon rendez-vous que je ne prends même pas le temps de faire une photo….

Au final, j’arrive un peu après l’heure légale de l’apéro en Provence mais le Pastis m’est tout de même servi chez Catherine. Et le déjeuner aussi, bienvenu après cette course contre la montre le long du Rhône. Le reste du trajet vers Avignon se fait sans histoires, vent dans le dos et sur le plat. Ma transmission commence à montrer des signes de fatigue, il faudra repasser chez mon réparateur préféré pour refaire une beauté à mon cher Jay. Nettoyage de printemps pour le vélo, repos des guerriers pour Bob et moi, je profite de la famille, des amis, et du cerisier dans le jardin de Jean Claude et Annie. Et comme j’ai du mal à ne pas faire de vélo, je décide de faire l’ascension du Mont Ventoux. Faudrait pas trop se reposer non plus…

Je suis chanceux sur la météo : très peu de vent, du soleil mais pas trop chaud, et surtout pas de sacoches sur le vélo, c’est plus facile pour grimper les cols. J’ai la chance d’avoir un supporter qui m’encourage et qui immortalise le moment. Et sans mes bagages qui me tirent en arrière, j’ai presque l’impression que la montée est facile… pendant les 2 premiers kilomètres, les 16 suivants un peu moins. Passé le Chalet Reynard, je roule dans le désert : des cailloux blancs partout, le soleil aveuglant qui s’y reflète, pas une goutte d’eau à l’horizon… Le Col des tempêtes est un peu « décevant » : on m’avait promis l’enfer, un vent à décorner les bœufs. Dans les faits : calme plat. Mais une très belle vue. Le sommet ensuite. Encore un monument des cyclistes à cocher sur ma liste. La descente vers Malaucène est un régal, des lignes droites interminables, une pointe à 75 km/h, une superbe vue sur le massif des Ecrins, et Jean Claude qui m’attend en bas pour un petit resto. Parfait. Je rentre tranquillement à Avignon en passant par les Dentelles de Montmirail (je rajoute au passage un col à ma collection de la journée). Ventoux : check

Montée dans le désert
Jay au sommet
Vue depuis le Col des Tempêtes

Le lendemain, le COVID frappe. Juste à côté, ça tombe sur ma tante Annie. Mais ça veut quand même dire une semaine à l’isolement. Pas de bol. J’en profite pour continuer à me reposer, pour bouquiner (ça fait moins de livres à emporter sur le vélo) et pour refaire le Ventoux. Du moins essayer. Il y a 3 routes pour y monter. Il m’en manque donc deux. Les plus « faciles » en plus. Je commence par celle de Malaucène, c’est beau, on a vite la vue sur les Alpes, et c’est un peu moins dur que la montée depuis Bédoin. En revanche, quand j’arrive au 2/3 du trajet, un camion bloque le passage. Le col est fermé, aussi pour les vélos cette fois. Du coup je décide de faire le tour pour quand même aller faire les 2/3 de la 3ème montée depuis Sault. Superbe route par les gorges du Toulourenc. Sans un mètre de plat. Je suis cuit en arrivant à Sault et il faut encore remonter jusqu’au Chalet Reynard avant de rentrer. Heureusement cette partie est roulante, plutôt facile, et les 20 kilomètres de descente qui suivent me permettent de me reposer. J’ai été un peu ambitieux et je souffre même sur le plat à la fin. 212 km avec 3.100m de dénivelé, même sans bagages c’est un peu beaucoup. Même après 18.000 km… Je saurais ça pour la prochaine fois…

Le tour du Ventoux…
… par les gorges du Toulourenc

Le lendemain, bonne nouvelle, test COVID négatif. Petit weekend à Lyon pour fêter ça et ensuite on repart ! J’en profite pour changer un peu de sport et faire une belle rando : jolies vues sur la vallée de l’Ain et arrivée à la cascade de Glandieu. Et enfin, on s’y remet ! Venelles d’abord, pour aller voir Mamie et Sylvie. Marseille ensuite, avec un petit détour par Saint Maximin et Aubagne pour admirer la Sainte Victoire, la Sainte Baume et traverser le pays de Pagnol…

La vallée de l’Ain
La cascade de Glandieu

Sur ce, je vous laisse, on a quelques pintes à écluser…

6 commentaires sur « Tour d’Europe, Acte V »

  1. Ravi de t’avoir accueilli pour cette nouvelle étape marseillaise !
    C’est toujours un plaisir de discuter avec toi 😉.
    Tu es of course le bienvenu quand tu veux 👍

    J'aime

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