Le Tour De La France, c’est fait aussi!

Jour 300, Valence, 18.006 km

Valence – Valence. 250 jours après. Arrivée par le Sud cette fois pour boucler la boucle. Les plus pointilleux noteront que le quart nord-ouest de la France a été un peu négligé. Que les bretons et les normands me pardonnent, mais le COVID est passé par là. Si vous avez des réclamations, contactez le Service Client au 0800-1000-1000, ils se feront un plaisir d’enregistrer votre demande… Cette omission mise à part, j’ai donc bouclé mon Tour de La France. Il ne me reste plus qu’à redescendre vers le Sud et ensuite direction l’Italie !

Le Tour

J’ai repris sur un rythme plutôt tranquille ces derniers jours : plus de nuits dans un lit que sous la tente, plus de repas préparés avec amour par mes hôtes que de plats cuits au réchaud, plus d’apéros, plus de bière et un peu moins de vélo. Mais surtout plus d’amis et de famille! Mais quand je fais du vélo, je choisis les bonnes conditions : vent, pluie, froid, tout y passe en ce moment. Mais vu que je dors plus souvent au sec, ça reste assez supportable.

Weekend à Toulouse donc, j’ai le temps de revoir tous ceux que j’avais vu lors de mon passage en décembre et même de rajouter des étapes ! Bilan : des bons gueuletons, des bonnes discussions, et toujours autant de plaisir à revoir la ville rose. Une terrasse inaugurée aussi, avec un weekend entre copains comme au bon vieux temps, ça fait plaisir !

Une folle partie de Cap’s
La fine équipe d’inauguration !

Je me remets en route le dimanche dans l’après-midi, sous un ciel un peu gris et je suis le canal du midi. Petit passage au bord du campus Supaéro, ça rappelle quelques souvenirs émus de retours de soirée interminables, de petits footings du samedi matin ou encore du trajet pour rejoindre le Bikini… Ah les années étudiantes… Puis c’est l’inconnu. Une route bitumée, des platanes, et surtout du vent. Beaucoup de vent. De face bien sûr. Et les platanes qui ne me protègent pas vraiment. Donc je galère. Moi qui voulait bien avancer pour avoir une petite étape le lendemain, je me résigne à planter la tente juste après Castelnaudary, même pas 90 km après le départ, le long du canal, alors que la pluie commence à tomber. Un petit vieux qui passe s’exclame : « C’est dur hein !! » Je ne vous le fais pas dire monsieur…

Chouette Campus !
Castelnaudary, tout gris…

La nuit est plutôt calme au final, et je suis même au sec le lendemain matin. Les orages de grêle ont dû rester au-dessus de Toulouse. Je discute avec des promeneurs du matin, notamment avec un militaire à la retraite, que nous appellerons Adjudant-Chef pêcheur pour les besoins de la narration, qui me parle pendant 20 minutes du dopage dans le cyclisme. Qui me demande « Mais qu’est-ce que vous fumez?» avec son accent chantant du sud-ouest quand je lui dit que je pense aller faire un petit tour dans les Alpes sur le chemin de l’Italie, qui s’exclame « Mais vous êtes un sportif de haut niveau en fait ! » quand je réplique que je viens de faire le Tourmalet, et qui conclut pas un magnifique « Ingculé » quand je lui dit que j’ai prévu de faire 140 km dans la journée. Merci Adjudant-Chef pêcheur, vous avez fait ma matinée ! Je longe encore un peu le canal jusqu’à Carcassonne puis la route, vent de dos, dans les vignes, jusqu’à Argeliers pour y retrouver Olivier, un de mes tontons cyclistes !

Carcassonne et sa cité médiévale
Des vignes, et encore des vignes

Oncle et neveu continuent à suivre le canal du midi, jusqu’à Béziers, même si parfois on est plus sur un chemin de randonnée bien boueux que sur une piste cyclable, et je profite des connaissances encyclopédiques de mon oncle pour en apprendre plus sur ce qui s’offre à nous : Le tunnel pour canal de Malpas, l’étang de Montady, les 9 écluses et le pont canal à Béziers entre autres. Puis on suit une nationale, et il se met à pleuvoir des cordes, ce qui me donne moins d’occasions de profiter des connaissances sus-citées. Mais la douche chaude à l’arrivée et le repas qui suit n’en sont que plus agréables…

Le tunnel canal
Le pont canal

Le lit est tellement confortable et le petit-déjeuner tellement fourni que je ne parviens à décoller que vers 11 heures. Direction les Cévennes. Beaucoup de vent mais pas de pluie. Et une belle montée vers le mont Aigoual qui se profile à l’horizon. Je suis tellement en jambes que je fais un petit détour pour aller voir le pic Saint-Loup d’un peu plus près (pas trop non plus quand même). Puis je longe l’Hérault, bien haut et qui charrie beaucoup de branches : il a bien plu ces derniers jours mais pour moi c’est plutôt le soleil qui domine. Je trouve une jolie voie cyclable, qui entre tunnels et ponts m’évite pas mal de dénivelé. Malheureusement, le GPS est persuadé que tous les tunnels sont praticables, même ceux barrés d’un panneau « Danger, accès interdit ». J’en prends un, mais pas deux, et je dois me résoudre à passer par-dessus la montagne…

L’Hérault
Sumène

Je retrouve ensuite les gorges de l’Hérault, et me lance dans l’ascension du mont Aigoual. 26 km. Même à 4% ça fait mal aux jambes. Surtout que le vent n’aide pas. Enfin pas toujours. La route étant en lacets, je me retrouve à ramer comme un galérien sur des pentes à 2% ou à bondir comme un cabri quand la montée est plus aux alentours de 10%. Intéressant. Mais la vue est magnifique, d’autant plus que je peux l’apprécier lentement à mesure que la route s’élève et que mon regard porte de plus en plus loin vers le fond de la vallée. Et des cascades. Tout le long de la route, sur les parois de la vallée, devant, derrière, partout. Un régal. En revanche, je « paye » mon départ tardif et vers 20h50, alors que le jour (et la pluie) se met à tomber, que la température passe lentement sous les 4° et que le vent redouble de violence, je décide d’arrêter de croire que je vais arriver en haut de l’ascension avant la nuit et me trouve un coin dans la forêt pour dormir.

Froide nuit d’ailleurs. Malgré les chaussettes que j’ai gardées j’ai l’impression d’avoir des glaçons à la place des pieds. Et de n’avoir dormi que 3 heures. En plus j’ai la visite d’un mulot qui s’est frayé un chemin à coups de dents jusqu’à l’intérieur de ma tente ! On se regarde droit dans les yeux. Puis il a l’air de décider qu’il est plus prudent de repartir d’où il est venu… J’en suis quitte pour une aération supplémentaire dans la tente… Je finis la montée du mont Aigoual et je me dis que j’ai bien fait d’attendre qu’il fasse jour pour arriver au sommet : ça aurait été dommage de ne pas profiter de la vue…

Je prends ensuite la route de Florac. Un panneau annonce : « Route difficile et dangereuse ». Marrant. Une belle descente qui serpente à flanc de montagne, avec le Tornon en contrebas, des petits moments de frayeur quand je quitte la route des yeux un peu trop longtemps pour regarder le paysage, et le soleil qui me fait instantanément oublier la froideur de la nuit… Je fais une petite pause ravitaillement à la boulangerie de Florac, et après avoir englouti une quiche, un pain au chocolat, une part de flan et un truc à l’amande, je me lance dans les gorges du Gardon d’Alès. Je reste sur la nationale, j’ai décidé d’arrêter de suivre les conseils malavisés du GPS. La route est agréable, peu de voitures, encore un bon choix pour Mr Lunet !

Arrivée à Florac
Beau point de vue depuis la N106

Puis arrive le moment où je dois sortir de la vallée. Après 500m sur une route goudronnée je me retrouve sur un chemin de randonnée. Amusant. Surtout venant du type qui veut éviter les conseils malavisés de son GPS. Mais bon, ça faisait longtemps que je n’avais pas monté un col par un GR. Je rigole. La route est pleine de cailloux, je glisse, je dérape, je me retrouve dans la boue, je rigole moins mais j’avance. Puis arrive le sommet du col et son château. Je me réjouis en pensant que je retrouve la route et que je ne vais plus la quitter. En fait non, le GR est de retour quelques kilomètres après. Puis la forêt. Puis le chemin disparaît. Puis je suis perdu. Je ne rigole plus du tout. J’essaie de suivre la trace bleue sur mon téléphone mais il n’y a que des arbres et une pente à 45° en face de moi. Et d’autres arbres couchés en travers de la pente. Et des ronces. Je passe 20 minutes à tourner en rond et à me demander où aller. Je repère un chemin sur la carte qui semble être en contrebas. Je retiens Jay qui veut se jeter dans la pente et dans tous les arbres qui se trouvent sur sa trajectoire. Je finis par enlever les sacoches et porter le vélo sur les 500 derniers mètres. J’ai perdu une bonne heure mais je suis de retour sur une route… Sacré GPS

Le château de Portes
Le chemin a disparu

Je décide de ne plus quitter la route, quitte à faire des détours et à grimper plus de cols qu’il n’en faut (j’en suis déjà à 6 pour la journée !). Au final je suis probablement le chemin le plus court et le plus rapide, le plus plat aussi et j’arrive chez mes cousins juste à temps pour commencer l’apéro, déguster les pizzas et raconter quelques-unes de mes bêtises à leurs petites filles…

Le lendemain, après un petit-déjeuner bien copieux, un autre de mes cousins me rejoint pour faire la route jusqu’à Valence. Un peu de vent mais sur le plat, le long du Rhône, au soleil. Une journée parfaite pour une bonne balade à vélo. Je lui confie même Jay pour la seconde moitié du trajet, j’ai l’impression de voler avec son vélo de route tout léger… Et on arrive à Valence, là où (presque) tout a commencé…

Jay s’enfuit…

6 commentaires sur « Le Tour De La France, c’est fait aussi! »

  1. Ton 3° passage ici fut encore une fois un plaisir … même mouillé ! Un réel régal qui me donne l’envie folle de repartir sur les routes. Bon courage pour la suite.

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