Una Vuelta de Iberica…

Jour 290, Pau, 17.066 km

Et voilà. Avec cette nouvelle escale à Pau chez Marie et Florent, j’ai complété mon tour de la péninsule ibérique. Ce fut montagneux (beaucoup), pluvieux (surtout vers la fin), un peu long parfois, un peu solitaire aussi, mais avant tout magnifique. Des paysages à couper le souffle, la mer, la montagne, du dénivelé (Jay se sent capable de monter l’Everest maintenant, j’essaie de le convaincre de commencer par les Pyrénées), du vent, des Pasteis de Nata, des tapas, des restos, des bars, des rencontres, et des heures à pédaler et à profiter. C’est une page qui se tourne, on va plutôt aller vers l’Est à partir de maintenant, mais c’est certainement une des belles pages de ce voyage, bien remplie de souvenirs, d’images, d’odeurs, d’instants, de tout et de rien…

La Vuelta esta completa

Au départ de Santander, mon GPS me mène sur une « Carril Bici », une piste cyclable, et je n’ai tellement pas l’habitude d’en trouver que je la suis le plus longtemps possible, quitte à faire un petit détour. J’ai même l’occasion d’admirer l’aéroport de Santander de très près. On se régale! Je rejoins ensuite la côte, et une très jolie plage à Langre. C’est à ce moment-là que la pluie (qui me pendait au nez depuis le départ) se met à tomber. Une bonne grosse pluie qui trempe, avec juste assez de vent pour qu’elle m’arrive dans les yeux… Parfait. J’abandonne mes explorations de plages et je trace sur la route nationale en attendant que ça se calme. Ce qui finit par arriver vers Isla Playa, où je trouve une autre jolie plage…

Langre
Isla Playa

Le reste de la route jusqu’à Bilbao est une alternance de montées et de descentes, d’averses et de périodes de « sec » (mais pas de soleil non plus, faut pas trop en demander), de jolies petites villes, de zones industrielles et de longues portions de route en bordure de champs.

Sur la route de Bilbao
Encore une plage

Bilbao s’offre à moi sous la pluie, pour changer… Heureusement, l’auberge de jeunesse est très sympa, et j’ai même le plaisir d’y retrouver un autre cycliste, qui fait la route dans l’autre sens, et avec qui on passe la soirée à échanger sur nos expériences respectives, à se promener en ville et à boire des coups jusqu’au bout de la nuit…

La nuit tombe sur Bilbao
Le pont Zubizuri

Le lendemain, après un petit-déjeuner de champion, je me lance à l’assaut de la côte basque. Pour ne pas arriver trop vite à San Sebastian, je coupe directement vers la côte, ce qui me fait prendre la route la moins plate qui sort de Bilbao. J’ai des regards de pitié de tous les gens que je croise et je suis en nage au bout de 5 minutes, mais au moins je ne souffre pas du froid ! Et le soleil est de la partie donc je ne vais pas m’en plaindre. Je rejoins la côte à Lekeitio, ce qui s’avère être une excellente idée : une jolie ville, une jolie plage, et une super route en bord de mer où je croise plus de piétons que de voitures. Et qui à chaque virage m’offre une vue impressionnante sur les falaises qui se jettent dans la mer. Un régal

Lekeitio et sa plage
La mer
Les meilleurs arriveront à distinguer Biarritz
La plage de Getaria

Je longe un fleuve pour finir par arriver à San Sebastian (qui selon certaines sources serait la ville la plus propre d’Europe… Il y a quand même des cannettes vides qui trainent sur le bord de la plage, comme un peu partout malheureusement…). Pour une fois, je n’ai pas à me plaindre de l’entrée dans la ville : des pistes cyclables partout (et même un tunnel cyclable !) et des automobilistes qui font vraiment attention aux vélos, on se croirait de retour en Allemagne… J’ai le temps de déguster une énorme pizza et de m’offrir une promenade digestive à la nuit tombante avant l’heure du couvre-feu…

Arrivée à San Sebastian
Le soleil se couche

Le lendemain, dernier jour en Espagne, j’ai le plaisir de faire une trentaine de kilomètres sur une voie verte en allant vers Pampelune. Beaucoup de cyclistes et de promeneurs au départ (effet 1er mai j’imagine), mais rapidement j’ai la piste, la forêt et la rivière pour moi tout seul. Encore une fois il ne pleut pas, il ne fait pas non plus trop chaud, les conditions sont idéales. Je traverse aussi beaucoup de tunnels, certains éclairés (un peu) et d’autres pas. Quand le tunnel fait un coude, j’ai un petit frisson au moment où je suis complètement dans le noir, mais à chaque fois la lumière revient assez vite. Je crois avoir tout vu en matière de tunnels quand je me retrouve coup sur coup avec : 1. Un tunnel non éclairé de 650m. Il a beau être tout droit, je ne vois très rapidement plus le vélo (alors que je suis assis dessus et que j’ai toujours les mains sur le guidon). Le concept de « lumière au bout du tunnel » prend tout son sens. Je suis content qu’un petit plaisantin n’ait pas mis un trou ou un caillou sur mon chemin et ravi d’en sortir entier. 2. Un tunnel de 4,5 kilomètres. Dans un semi éclairage, ça parait très long et c’est pas très rassurant…

La Via Verde
La lumière au bout du tunnel

Juste avant d’arriver À Pampelune, je me rends compte que mon chargeur de téléphone ne fonctionne plus. Il me reste 30% de batterie. On est dimanche. Tout est fermé. Ennuyeux. Qui dit plus de batterie dit plus de GPS, plus d’appareil photo, plus de moyen de contacter des gens. Dit compliqué. Je fais un tour de la ville mais je suis un peu trop préoccupé par cette histoire de téléphone donc j’avale un rapide casse-croûte et je me remets en route. J’ai pris soin de regarder l’itinéraire sur mon téléphone au préalable, j’ai noté les villes par lesquelles je suis censé passer et une fois que je suis sûr d’être sur la bonne route j’éteins le téléphone. Je me sens un peu tout nu. Et dire que je pensais avoir bien travaillé sur cette addiction au portable…

Leitza, nichée dans sa vallée
Pampelune

Je monte dans les Pyrénées, sous le soleil. Un premier col, le col d’Erro (Erro s’avère également être un village, une rivière et une vallée…), puis une descente dans la vallée éponyme et on remonte. Deuxième col, deuxième descente, vers Roncevaux cette fois. Il y a un monument qui commémore la légende de Rolland et une église mais c’est à peu près tout ce qu’il y a à voir. La route continue à monter et je ne sais pas trop quand je vais arriver au sommet du col. Il commence à se faire tard et à faire froid. J’avise une sorte de bunker sur le côté de la route, mais il y a de l’eau qui stagne au fond. Tant pis on continue. 500m plus loin, je suis au sommet du col d’Ibañeta. Facile de ne pas avoir de GPS en fait. Et il y a un petit chemin sur le côté qui mène à un coin d’herbe plat. Vraiment trop facile…

Le lendemain, la tente est couverte de givre et il fait froid. Mais j’ai encore tout l’équipement d’hiver. Malin ! La descente est agréable, je m’offre même le luxe de rattraper un camion (qui me distance à nouveau dès que la route est plate, mais bon, on pouvait s’y attendre). Je passe ensuite la frontière. Encore une fois pas de panneau, de douanier ou de barrière… Merci Schengen ! Je me rends compte que je suis en France parce que la N-135 est devenue la D933 et que les voitures qui me doublent passent plus près et plus vite… Super. Je m’arrête dans le premier supermarché que je trouve pour m’acheter une carte IGN de la région. À l’ancienne, je me prépare à rejoindre Pau en suivant carte et panneaux ! Un petit vieux vient me voir en sortant du supermarché, je me réjouis de pouvoir avoir une conversation fluide avec un « local » : « Bonjour – Bonjour Monsieur – Vous avez le droit de circuler ? – Ben, je le prends – Ah c’est bien ». Il s’en va. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Apparemment la seule chose qui compte lorsqu’on croise un voyageur c’est de savoir s’il a le droit de circuler…

Le reste du trajet est sans histoires, la descente du col d’Osquish m’offre une superbe vue sur les sommets enneigés des Pyrénées. Le tout sous un soleil radieux. Un petit sandwich acheté dans la première boulangerie que je croise fait une pause déjeuner tout à fait acceptable. Je passe aussi par la ville de Navarrenx. Très jolie de l’extérieur mais complètement vide une fois passées ses portes… Arrivé à Pau, avant d’aller retrouver Marie et Florent, je trouve un magasin où me procurer un nouveau câble de chargeur. Le téléphone fonctionne toujours. Ouf. C’était marrant avec la carte mais je ne me voyais pas faire le reste du voyage comme ça…

6 commentaires sur « Una Vuelta de Iberica… »

  1. bon retour en France !
    alors que n’avions pas le droit de dépasser les 10 km autour de chez nous, moi aussi, en te lisant toutes les semaines j’ai voyagé un petit peu…. mais au sec !
    Merci et Bravo pour les photos et les cartes !
    17 000 KM ?!

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  2. Ça y est… de retour dans ta terre natale !
    C’est toujours une joie de lire tes lignes et d’admirer tes photos…
    Merci de nous avoir permis de découvrir un peu d’Espagne et de Portugal !
    Vivement tes prochaines aventures !
    Bisous.

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