Qui se prépare au pire supporte le moins…

Jour 283, Oviedo, 16.170 km

L’enfer m’était promis : des orages, du vent, et surtout beaucoup de pluie. Au final, je suis passé à travers les gouttes, j’ai parfois pris la pluie de vitesse, ou juste eu de la chance, je ne sais pas, en tout cas il semblerait qu’une bonne étoile veille sur moi ces derniers temps…

Le matin, je fais un petit tour de Compostelle, déguste un brunch pour avoir quelque chose dans le ventre pour la journée, puis me mets tranquillement en route. Pour répondre à certaines réactions au dernier article, Compostelle, comme Dresde ou Bratislava avant elle, a décidé de rénover un de ses monuments, dans ce cas la cathédrale, au moment de mon passage, comme pour ne me montrer qu’une partie de ses charmes. En revanche, il était tout de même possible de faire un tour dans la cathédrale et d’admirer le fameux encensoir, immobile malheureusement…

C’est l’heure du départ. Le temps est à l’orage, et le ciel est bien gris. La route monte, pour changer, et est loin d’être spectaculaire : comme à l’arrivée la veille, stations-service, concessionnaires ou encore zones industrielles se succèdent. Puis je me trouve un peu plus dans la campagne, mais on reste sur une route de type plutôt non-changeant: champs, forêts, forêts puis champs. Je fais deux photos dans la journée, deux rivières qui viennent rompre un peu la monotonie du paysage. Rivières qui se ressemblent fortement au demeurant. De pluie peu de traces, seulement quelques gouttes qui écourtent une de mes pauses. Je décide de m’arrêter dans un champ pour la nuit, et au moment où je finis de monter la tente, l’orage éclate. Clutch.

Rivière n°1
Same same, but different (comme disent souvent mes amis indiens)

Ça tonne fort pendant la nuit, ça tombe même assez près une ou deux fois mais ça ne m’empêche pas de dormir comme un loir. Le lendemain, il ne pleut plus quand je me lève mais je me prends une grosse averse quelques minutes après le départ : je dois avouer que c’est pas idéal pour l’échauffement… La route monte encore un peu, mais je me retrouve assez rapidement dans une belle descente, avec le soleil qui commence à sortir de derrière ses nuages. La route est bien plate en plus, ça fait du bien après les gros dénivelés des derniers jours. Je décide de faire un petit détour pour me rapprocher de la mer, essayer d’apercevoir quelques plages, grand bien m’en prend ! Je suis la côte pendant une dizaine de kilomètres et je m’en mets plein les yeux…

Je retrouve la nationale pendant quelques kilomètres, puis à nouveau la plage, les falaises, les rochers, la mer. Tout ça toujours sous le soleil, avec quelques nuages dans le ciel qui semblent repoussés loin de la mer, loin de ma route… j’en profite ! Je traverse la jolie ville de Luarca, qui me rappelle un peu Karlovy Vary en République tchèque, et me lance à l’assaut de la petite route de montagne qui doit m’amener à l’endroit que j’ai repéré pour m’arrêter cette nuit. Ça louvoie dans la forêt, ça passe et repasse sous l’autoroute, dans des petits villages, en vue de la mer ou un peu plus dans les terres, sous un ciel bien gris mais toujours pas de pluie. J’arrive à la Playa del Silencio (très poétique comme nom), magnifique, et je repère une petite cahute en contrebas qui me fera un abi parfait contre le vent. Manque de pot, cette cahute semble être la garçonnière de quelqu’un, ce quelqu’un étant justement en train de repeindre son toit (il doit probablement être hussard ce garçon…). Raté. Heureusement, il y a un petit bout de terrain plat un peu plus haut sur la falaise : meilleur spot de bivouac du monde, et je pèse mes mots !

Luarca
la Playa del Silencio
Le hussard sur le toit…
The Spot

Comme la veille, la pluie se met à tomber au moment où je suis à l’abri. Je regarde la météo pour essayer de me rassurer pour le lendemain : raté, ils annoncent de la pluie toute la journée. Génial. Il ne me reste plus qu’à dormir et espérer… Il pleut toute la nuit, mais encore une fois pas le matin quand je me réveille… Que demande le peuple ! La journée se passe encore une fois sous le soleil, peu de péripéties, sauf quand la nationale que je suis se transforme en autoroute, ou que je suis tellement absorbé par mon GPS que je rentre dans une voiture à Oviedo. Bilan : une sacoche à jeter et une bonne frayeur mais sinon tout va bien !

Cudillero
La campagne avant d’arriver à Oviedo

J’ai le temps de faire un petit tour d’Oviedo entre les gouttes de pluie et les verres de cidre, et je trouve des statues un peu partout, ça doit être un sujet de campagne électorale pour les maires d’Oviedo : à qui ajoutera le plus de statues ! Sur ce, à plus !

Woody Allen
Mafalda
La Maternidad, de Botero
La Régente

3 commentaires sur « Qui se prépare au pire supporte le moins… »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :