Au Portugal, il ne pleut (pas?) que sur les cons!

Jour 269, Lisbonne, 14.727 km

Si vous avez un jour parlé de pluie à un breton, il vous a probablement répliqué ce fameux adage, en vous regardant d’un air condescendant… On m’avait dit du Portugal que c’était un pays magnifique, mais très pluvieux. Et jusqu’à présent, pluie ? Que nenni, uniquement du soleil et même des températures déjà estivales (désolé d’en rajouter pour tous ceux qui sont dans le froid, la pluie, la neige, mais je donne tout pour qu’un peu de soleil vienne par chez vous…). Et puis, en regardant la météo vendredi soir, je vois qu’il est annoncé de la pluie pour le lendemain. Allons bon. Je vérifie bien le matin que tout est étanche, ressors la « rain Jay-cket », et me prépare à pédaler sous le déluge. Quelques gouttes par ci. Quelques gouttes par là. Le soleil sort même le bout de son nez. Plus la journée avance, plus je commence à me dire que j’ai évité le pire. Le ciel est gris mais c’est le cas depuis le matin. Je pense à tous ces gens qui m’ont dit qu’il pleuvait au Portugal et me vois leur faire une réplique dans le genre : « Ah oui, il pleut au Portugal ? Ça doit être comme en Bretagne alors, seulement sur un certain type de personnes. » Je me marre bien jusqu’à 17h05 à peu près. Puis après plus du tout. Vent, pluie, tout arrive d’un coup. Petite accalmie de 5 minutes, j’ai le temps de penser : « Finalement, c’était pas si terrible », et rebelote. J’imagine que tous les Portugais rigolent bien en ce moment. Au final je monte la tente, je mange et je dors sous la pluie. En effet, il pleut sur tout le monde au Portugal… Mais soyons honnêtes, il a donc plu 8 heures depuis que je suis au Portugal, dont 6 passées à dormir, donc je ne vais pas me plaindre du temps, bien au contraire !!

C’est gris, mais ça tient…
… jusqu’à ce que ça ne tienne plus.

Mais reprenons le cours de notre histoire. Sous le soleil. Enfin pas tout a fait. Quand je quitte Faro, il fait gris. J’ai le moral un peu en berne aussi. Le fait que tout était vide et fermé probablement. J’espère que ce ne sera pas comme ça partout au Portugal. Je me lance à l’assaut de la nature. Du moins c’est ce que je crois, parce qu’au début du trajet, c’est plutôt décharges, chantiers et sable. Bof. Puis des villes. Ferragudo. Portimão. Lagos. Parfois de jolies vues, des plages, quelques falaises, mais toujours un bar ou un resto (fermés) pour gâcher un peu la vue. Et le gris du ciel ne m’encourage pas à flâner dans les rues, donc je continue, en espérant que le meilleur est à venir…

Ferragudo
Portimão
Lagos

J’en ai un peu marre des hôtels, des campings, des résidences de luxe, et ça tombe bien, je suis un peu plus dans la nature. Moins de gens, de voitures aussi sur la route, c’est agréable. Une route pavée même, une côte à 20% (c’est le panneau qui l’a dit), et plein de vert. J’arrive à la fin de l’étape du jour, à Sagres, pays de surfeurs. Une belle plage et de belles falaises. Mais je suis globalement mitigé. On m’avait tant vendu le Sud du Portugal, j’en serais presque un peu déçu…

La route pavée, et la côte derrière (pas pavée celle-là)
Sagres, son fort, ses falaises, ses surfeurs…

Le lendemain, on repart vers le Nord. Il fait beau, chaud, la route est belle, dans la forêt, peu de vent, beaucoup de plaisir ! Puis arrive la petite ville de Carrapateira. Je vois que la piste cyclable fait un petit détour pour passer en bord de mer. « On n’est pas là pour suivre les départementales, me dit Bob ». Excellente idée. C’est la nature qui déclenche les hostilités. J’en prends plein la vue, à coup de falaises, de plages, de rochers à fleur d’eau, de criques toutes plus magnifiques les unes que les autres, avec quasiment personne sur la route. Je m’arrête tous les 200 mètres pour faire une photo. Et ça dure pendant des kilomètres. À peine le temps de me remettre de mes émotions, la route descend et je me retrouve sur une mini-plage, avec en tout et pour tout 5 personnes. Parfait pour une petite pause. En plus j’ai le vent dans le dos. Et ça continue. Des falaises, des fleurs, des couleurs, je n’ai pas assez d’yeux pour regarder. J’hésite à me baigner, mais les 5 minutes passées à me tremper les pieds me suffisent. Encore un peu froide cette eau. Au final j’ai pris près de 60 photos sur la journée… En voici une petite sélection :

Nuit sans histoires, mais avec moustiques (je commence à avoir l’habitude…). Et le lendemain, c’est vendredi. Jour de pluie. Journée en deux temps donc. Première partie tranquille. Je fais même un petit détour pour aller voir un lac artificiel. Bien mais pas top. Puis j’arrive à Évora. C’est censé être une petite ville moyenâgeuse, sympa pour se balader dans ses rues et prendre un café ou une bière en terrasse. Alors c’est vrai que c’est joli, mais tout est pavé (en vélo c’est pas génial), il n’y a personne dans les rues et tout est fermé. Impossible de trouver un café ouvert. J’aurais pu visiter toutes les pharmacies de la ville, mais pour le reste, niet. Nada. Nichts. En plus l’heure fatidique de 17h05 arrive. Je n’en peux plus. Je devins fou moi ici. Je veux quitter cette ville. Toute cette violence. Cap sur Lisbonne donc. Je fais une petite pause à Montemor-O-Novo pour me procurer de quoi me remonter le moral le soir. Puis je commence à chercher un endroit pour ma tente. Propriétés privées. Tout est grillagé. Y’en a marre. En plus il pleut et j’en peux plus. Il y a un arbre au bord de la route. Entre décharge et toilette publique, je suis partagé. Mais bon. Ça me donne un abri relatif pour monter la tente et je me mets un peu plus loin. Et pour couronner le tout, je renverse la moitié de mon dîner par terre. Je regarde la météo pour essayer de trouver une raison de me réjouir. Vent de face pendant les 2/3 du trajet demain. Super. Je m’endors au bruit des gouttes de pluie et des voitures qui passent à moins de 5 mètres de moi…

Le barrage de Vale do Gaio
Montemor-O-Novo

Mais il semble écrit qu’après un jour pourri, il y a toujours un jour où tout souri ! Le vent de face annoncé est une légère brise de côté. Je croise des grappes de cyclistes qui ont tous un mot ou un signe d’encouragement. La route descend. Au milieu des forêts de chêne-liège. Et le soleil prend son temps mais fini par se montrer. Je traverse le Rio Tejo à Vila Franca et je tourne vers Lisbonne. Ligne droite. Vent arrière. J’ai même toute l’après-midi pour me promener en ville…

Les chênes ont perdu leurs chaussettes
Traversée du Rio Tejo

Mis à part les gens le long du fleuve, la ville est vide. Les cafés aux terrasses qui débordent, la musiques, les gens assis sur les escaliers dans Bairro Alto, rien n’est comme dans mon souvenir. Dimanche ou COVID, on verra demain. Ça ne m’empêche pas de me goinfrer de Pasteis de Nata et de monter des milliers de marches d’escaliers !

Le parc des expositions
Depuis les hauteurs de la ville

Journée de repos puis on continue vers le Nord à partir de mardi matin ! A très vite !

Jay et Bob à Lisbonne

5 commentaires sur « Au Portugal, il ne pleut (pas?) que sur les cons! »

  1. Et qu’as tu fait de Jay quand tu as monté des milliers de marches?
    Bon les Pasteis de Nata! Covid ou pas, on en fabrique encore… en voilà une bonne nouvelle:)

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  2. Allez, c’est bon pour la peau la pluie … 😦
    On pense bien à toi et on espère que tu auras de bonnes surprises sur ton chemin. Bises.

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