Le meilleur plan, c’est encore de ne pas en avoir…

Jour 257, Malaga, 13.393 km

Avant de partir, quand on me demandait ce que je comptais faire de mon année sabbatique, je répondais inévitablement : « je ne sais pas trop, je ne veux pas trop faire de plans, juste profiter du temps que je vais avoir… ». Au final j’ai quand même fait des plans, d’abord celui de faire un tour à vélo de tous les amis et de la famille que j’ai en Europe… Ensuite continuer mon tour en longeant la mer, en Espagne et au Portugal… Arrivé à Valence, je fais la rencontre de Chris, un cycliste qui fait aussi son propre tour d’Europe, venant du Portugal et remontant vers le Nord. Chris me dit : « Si tu ne veux pas absolument suivre la côte, va faire un tour du côté de Tabernas, tu verras c’est super joli… Et puis si tu peux passer par Grenade, ça vaut vraiment le détour ! ». Changement de plans donc, on ne suit plus la côte mais on rentre un peu dans les terres. Bien m’en a pris ! 5.550 m de dénivelé sur les quatre derniers jours, les jambes qui tremblent encore de toutes ces montées, mais en termes de paysages, on est probablement dans le Top 3 de tout le voyage !

Départ d’Almeria, direction le nord ! Je ne le sais pas encore, mais les spécialistes reconnaîtront le tracé de la 12ème étape de la Vuelta 2009 : Almeria, Rioja (je n’ai pas vu beaucoup de vignes, normal, la région viticole est située dans le nord de l’Espagne), puis la montée vers Tabernas. Je longe malheureusement l’autoroute pendant la plupart du trajet, un petit vent de face assez désagréable m’accompagne, mais le moral est bon. Je passe aussi au large des studios Fort Bravo, qui sont le site de tournage en Europe de tous les films de type westerns. Jusqu’ici, tout va bien.

Premier contact avec la Sierra Nevada
Mini Hollywood

On passe ensuite aux choses sérieuses : une petite transition en pente douce avant d’attaquer la montée du col de Velefique, classé première catégorie (!!). Je monte d’abord au village de Senés, avec des superbes vues sur la vallée en passant. Le vent est toujours là, un peu plus frais que le matin (on est déjà autour des 1.000m d’altitude). Je loupe la bifurcation, un petit kilomètre de montée en rab, et on continue de monter. Ma belle route goudronnée se transforme en chemin de terre et de cailloux (ça serait bien trop facile sinon, merci le GPS), et continue de monter. J’aimerais pouvoir dire que je sens l’air se raréfier, mais à part le fait qu’il fait un peu plus frais et que j’ai un peu plus mal aux jambes je ne sens pas grand-chose… La fin de la montée est plutôt douce, je finis même par rejoindre la route et par arriver en haut du col. Pas de panneau pour la photo, mais le conducteur d’une camionnette qui m’applaudit en passant, c’est tout aussi bien !

La montée depuis Senés
La dernière partie de l’ascension, avec le Tetica de Bacares qui domine

Une fois montés, on peut redescendre ! Et cette descente vers Bacares est tout simplement magnifique : la route est large, avec des lacets pas trop serrés, je fais une pointe à 70 km/h, et la vue est superbe. Petit détail qui va avoir son importance par la suite, je vois le chemin qui remonte pour sortir de la vallée, et cette montée s’annonce corsée. Mais pour le moment je descends, j’en profite, et j’aimerais avoir une paire d’yeux supplémentaires pour regarder le paysage pendant que je surveille la route…

Le début de la descente
L’arrivée à Bacares

Je m’accorde une petite pause dans le village, le temps de manger un bout et de recharger les batteries avant la dernière montée, mon second col de première catégorie de la journée : le col de Calar. 15km. 800m de dénivelé. Je suis reposé, prêt à en découdre. Je me fais sanctionner par la pente dès le premier kilomètre de montée. Impossible d’avancer, j’ai l’impression que mon cœur va exploser, je suis en train de me liquéfier (alors qu’il est 18h et que les températures commencent à descendre), je fais une pause. Il me reste 12km à monter. Je reprends mon souffle, me dégourdis un peu les jambes, et je repars. Après un mini-replat (mais vraiment tout petit), c’est reparti pour une sanction. J’ai l’impression que le vélo pèse des tonnes, que la route s’accroche à mes roues, je refais une pause. Il me reste 11km500 à monter. Je commence à me dire que je vais y passer la nuit. Petit excès de confiance peut-être ? Finalement, le plus dur était en bas et le reste de la montée se passe plutôt bien (toutes proportions gardées). Je finis par arriver en haut du col, presque à 2.000m d’altitude (pour les puristes, la fameuse étape de la Vuelta est montée encore un peu plus haut, puis ils sont redescendus et remontés une deuxième fois par le col de Velefique. J’avoue, je n’ai pas eu le courage d’aller jusque-là…). Je m’arrête donc pour la journée. 2.700m de dénivelé avec les bagages, on a un nouveau record !

L’arrivée au sommet
La vue depuis le bivouac

Le lendemain, je commence par une descente de 20km. Je devrais faire ça plus souvent (en revanche ça veut dire monter sans descendre la veille, dilemme…). 40 km/h de moyenne. Sans pédaler. Facile. Puis quelques collines à passer et je me retrouve à longer l’autoroute, sur une voie de service goudronnée (c’est pas tous les jours le cas, ça je peux vous le dire) avec le vent dans le dos et les sommets enneigés de la Sierra Nevada qui me regardent. On est plutôt bien !! S’ensuit une dernière montée avant d’arriver à Grenade (col à 1.300 m, mais vu ce que je me suis mangé la veille, j’ai l’impression d’être en vacances) et une looooongue descente dans la Sierra Nevada, splendides vues, je dois même m’arrêter tous les 200 m pour faire une photo, c’est pour vous dire ! Je suis de très joyeuse humeur en arrivant, et une bande sympathique de voyageurs avec qui partager des tapas et discuter le soir ne fait qu’ajouter à cette journée parfaite !

La Sierra Nevada dans le lointain
La descente vers Grenade
Encore et toujours la descente vers Grenade

Le lendemain, je décide de passer une partie de la journée à visiter Grenade, avant de faire deux petites étapes pour rejoindre Malaga. Bien m’en prend ! La visite de l’Alhambra, un complexe de palais qui surplombe la ville me laisse sans voix, un passage par les jardins de Generalife un peu rêveur, et un petit repas en ville prêt à affronter la route à nouveau !

Ces reliefs… quels détails !
Le quartier d’Albaicin vu depuis le complexe
C’est le printemps et les arbres sont en fleur !
Grenade vue d’en haut

Petite étape prévue, me dis-je, et je compte mettre en œuvre la technique découverte l’avant-veille : faire toute la partie qui monte aujourd’hui et ne garder que la descente pour le lendemain. Quelle bonne idée ! Sauf que le vent est de la partie, que je quitte la route assez vite et mange quelques kilos de poussière dans la montée, et qu’en plus une rafale ou deux sont à deux doigts de me faire tomber dans le fossé. J’adore. J’ai tout de même de belles vues sur les champs d’oliviers, et la montagne me fait le plaisir de m’ouvrir un petit passage pour descendre vers Malaga ! Que demander de plus !

Dans la vallée, les oliviers
La belle descente !

Après une nuit calme sous un olivier justement, je descends tranquillement jusqu’à la côte à Torre Del Mar puis longe la mer jusqu’à Malaga. Petite pause sur la plage pour attendre que l’auberge soit ouverte, douche rapide et visite de la ville avant une soirée tranquille et une bonne nuit dans un lit !

On retrouve la mer
La plage, meilleur endroit pour une petite sieste
Belle vue sur la ville depuis le Castillo de Gibralfaro

Prochaine étape, Séville, pour le weekend de Pâques et quelques jours de repos ! Bonsoir !

Petit point de géographie…

6 commentaires sur « Le meilleur plan, c’est encore de ne pas en avoir… »

  1. Bravo bien sûr. Et la Semaine Sainte en Andalousie est vraiment spectaculaire ! Essaie de voir une procession du Vendredi Saint. Je garde un souvenir ému d’un Vendredi de la Passion à Antequerra … Émouvant !
    Bonne suite

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  2. 🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠🐠

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