¿ Donde vas ??

Jour 248, Valence, 12.410 km

Je me suis joué la scène au moins quatre ou cinq fois pendant les derniers jours. Surtout hier, quand j’ai aperçu au loin un panneau qui disait « Etat d’alerte !! Accès uniquement aux personnes munies d’une autorisation ». Le passage de la Catalogne à la Communauté de Valence. Une voiture de police barre la route. « Vous allez où ? – A Valence – Vous avez un justificatif ? Eh bien figurez-vous que je fais en ce moment un tour d’Europe à vélo, et j’en fais un blog. On peut donc dire que je suis journaliste et que professionnellement je me dois de continuer ce voyage. – Un blog, vraiment ? Vous nous prenez pour des abrutis ? » S’ensuit une discussion confuse dans un mélange d’anglais, d’espagnol et de français qui se termine par un raccompagnement illico à la gare la plus proche pour un rapatriement vers la France… Foutue Espagne, c’était pas ma guerre…

Comme je l’ai dit plus haut, cette scène s’est déroulée à plusieurs reprises dans ma tête. Le panneau mentionné a bel et bien existé, mais en réalité personne ne contrôle quoi que ce soit à l’intérieur du territoire espagnol. Alors oui, j’ai un petit frisson à chaque fois que je vois une voiture de police (et ils tournent pas mal en plus les bougres), mais au final je suis parvenu à Valence sans autres péripéties qu’un petit vent de face ou un nouveau passage sur un échangeur d’autoroute…

De Barcelone on part donc, accompagnés d’une belle escorte en plus ! Thibault et Arnaud ont décidé de faire un petit bout de route pour voir Jay et Bob à l’œuvre. Arnaud durcit un peu l’allure dans le Montjuic, nous fait même faire un petit détour pour montrer les gros pourcentages qu’il s’avale pour le petit-déjeuner habituellement, mais on s’accroche avec Thibault. Faciles. S’ensuit un long passage par la zone industrielle, qui a la gentillesse d’être vide en ce samedi, ce qui à défaut de nous donner de jolis paysages à admirer nous permet au moins d’avoir une conversation pas trop hachée. Puis on arrive enfin sur la plage, le long de la côte, à Castelldefels. Arnaud décide de faire demi-tour malheureusement, mais je parviens à convaincre Thibault de faire les 20 km qui restent jusqu’à Sitges avec moi (je ne mentionne pas le dénivelé, sinon la conversation aurait potentiellement été plus compliquée…). On voit les montagnes qui se rapprochent, et j’essaie de me (nous!) convaincre qu’on va passer par le côté tout près de la côte, celui qui ne monte pas trop. En fait non. Ça monte fort, la route est étroite mais heureusement les voitures attendent qu’elle soit libre pour doubler, Thibault se fait invectiver par les flics qui ne veulent pas qu’il s’arrête dans un virage, mais au moins on est au soleil et la vue vaut le détour !

Instant photo à Castelldefels avec la Dream Team
La route qui va à Sitges

Après une petite pause déjeuner, je laisse Thibault à la gare et me lance dans la suite de l’étape du jour. Un peu de grosse route, mais avec peu de trafic et du vent dans le dos donc agréable. Tarragona. Je passe près de la plage, le long de la voie ferrée. Pas top, mais j’ai un peu la flemme de monter voir le centre-ville. Du coup je continue. Et bien m’en prend : je suis sur une piste cyclable, le long de la plage, avec le vent dans le dos et le soleil dans les yeux. Le kiff ! Je passe ensuite par la version catalane de Miami Beach : Miami Platja. Marrant. Par contre c’est très moche, et toutes les fontaines que je croise ne fonctionnent pas donc je commence à manquer d’eau. Je finis par trouver un parc où un écriteau interdit de se servir de la fontaine mais celle-ci fonctionne quand même. Ouf. Je peux commencer à chercher un endroit pour dormir. Je vois un petit bois à côté de la voie ferrée. Quand je m’approche je me rends compte que c’est un vrai dépotoir. Echec. Je trouve finalement un coin sympa un peu plus loin.

La route le long de la mer
La plage, encore

Le lendemain, le réveil est un peu piquant… On s’habitue assez vite à dormir dans un vrai lit au final. Mais le soleil qui se lève et qui me réchauffe me donne le petit coup de fouet qu’il me faut pour lancer la journée. Je me brouille un peu avec mon GPS qui me fait passer par tous les chemins caillouteux des environs et je décide de couper par la départementale (ou l’équivalent espagnol, dans ce cas précis la N-238). Une bonne décision pour Mr Lunet ! J’ai la route pour moi tout seul, j’évite de trop monter, parfait pour une promenade dominicale ! Ensuite on enchaine par des orangers, ça sent bon et ça donne envie de cueillir un ou deux fruits pour le petit déjeuner demain (au final j’ai pas osé… un jour peut-être !). Ensuite on enchaine par une voie verte (la route est littéralement peinte en vert par moments !), et quand il y a une montagne qui bouche le chemin on passe tout simplement à travers !

Une autoroute pour un vélo !
Tout droit à travers la montagne

Je me trouve encore en galère d’eau, en plus il commence à se faire tard et je cherche un endroit pour dormir. Je trouve un cimetière sur le chemin : fermé. Et je me rends compte que ma roue arrière est crevée. Je répare et me remet en quête d’eau. Une fontaine. Fermée. Un parc, une autre fontaine. Cette fois ils ont carrément enlevé le robinet. Quel enfer… Finalement je trouve de l’eau mais je suis en pleine ville et je me vois mal faire encore 20 km pour en sortir. Et je n’ose pas dormir sur la plage, c’est clairement interdit, avec un panneau tous les 15 m pour être sûr que les gens comme moi soient au courant. Je trouve finalement un parking pour camping-cars. C’est du gravier, mais au moins je ne suis pas tout seul et j’ai une armée de gardes du corps pour la nuit. En plus je discute avec le voisin, un allemand, qui m’offre une bière ! Encore un bon choix !!

Le soleil se lève sur mon armée de camping-cars

Le lendemain, je suis réveillé assez tôt pour assister au lever du soleil, de bon augure pour la suite de la journée ! Les jambes sont un peu lourdes, j’en ai un peu marre du vent (mais je pense qu’il va falloir se rendre à l’évidence, qui dit proximité de la mer dit vent, on ne peut pas non plus tout avoir). A ma gauche, souvent la plage : avec des palmiers, pas de palmiers. Avec des graviers, pas de graviers. En tout cas je sais pas si c’est l’Espagne ou la Méditerranée mais ils ne les ont pas ratées leurs plages. Et quand je ne suis pas au bord de la mer je suis dans les oranges.

La mer…
… et les oranges

Pour finir, je suis une nouvelle voie verte, en ligne droite, pendant 15 km, jusqu’à Valence. Pas grand-chose à ajouter. Au moins j’arrive suffisamment tôt pour pouvoir faire un vrai repas et un petit tour en ville.

La Plaza de la Virgen
Le Palais des Arts et l’Hemisfèric

Soirée à l’auberge de jeunesse bien sympa, je discute avec un cycliste qui fait la route en sens inverse. Echange de blogs, ça me fera de la lecture pour les soirées dans la tente. Demain on continue vers le sud en longeant la côte, je ne sais pas encore trop où je m’arrêterai, mais promis je vous tiens au courant !  

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