Un vélo à la mer !!

Jour 92, Rouen, 7.592 km

Une nouvelle expérience initiatique pour Jay et Bob ces derniers jours: on a été voir la mer ! Il est vrai qu’on parle de la mer du Nord, je n’ai pas non plus osé aller faire trempette, mais ça reste la mer ! Et sous le soleil en plus (il semblerait que l’affirmation de mon dernier post disant qu’il faisait froid et moche dans le nord soit erronée… ou alors la limite entre le nord et le sud se trouve à Lille…). Et vu que personne n’avait été mis au courant qu’il pouvait aussi faire beau en octobre dans la région, on était plutôt tranquilles pendant les derniers jours !

Mais retournons d’abord à Bruxelles… mon cousin Antoine qui m’accueille à Lille m’a demandé de ne pas arriver avant 18h, du coup je profite d’une matinée tranquille pour prendre un énorme petit dèj, discuter avec Anaïs et Tunc et bouquiner un peu. Il ne pleut pas, ne fait pas trop froid et il y a très peu de vent, un temps idéal pour le vélo ! Je sors assez vite de Bruxelles et traverse une partie de la campagne flamande. Les villages ont tous des noms plus imprononçables les uns que les autres, et je ne parle pas des noms de rues… Mon GPS est décidément très facétieux ces derniers temps et m’emmène faire un petit tour à travers champs (je ne sais pas qui a dit qu’il y avait une piste cyclable à cet endroit-là mais il devrait essayer d’y aller lui-même en vélo…). Ça doit être l’air de la Belgique qui le rend un peu bizarre. Pour me simplifier la vie, je décide de plus me fier aux panneaux qu’au GPS, et je m’en sors assez bien. Jusqu’au moment où quelqu’un décide de mettre des escaliers au milieu de la piste cyclable… concept intéressant, surtout avec un vélo qui pèse 45 kilos…

Ah la belle piste cyclable!

Je me retrouve à longer le canal de l’Espierres et me fait alpaguer au passage par un contingent d’oies qui manifestent… je n’ai pas tout compris à leurs revendications mais c’est encore un signe de la tension sociale actuelle… si même les oies s’y mettent… Ce canal m’amène jusqu’en France. Encore une fois, pas de frontière, de panneau ou un quelconque signe qui indique le passage d’un pays à l’autre. Seulement un peu plus d’arbres sur les bords du canal, qui s’appelle tout de même canal de Roubaix à présent.

Les oies contestataires
Le canal avant…
… et après la frontière.

Un autre signe du passage en France : les bâtiments. Des briques partout. Rouges. Et des cheminées en briques. Rouges. Le tout a un air un peu sinistre sous le ciel gris. L’ambiance des classiques cyclistes est encore présente, et je me dis que je ne ferai pas Paris-Roubaix cette année mais Roubaix-Paris (en passant par Boulogne sur Mer et Rouen, pas certain que ce soit validé par les organisateurs… et avec une semaine d’avance en plus). Je reste ensuite tout le reste du trajet en ville et finis par arriver à Lille. Je passe probablement tout près de l’endroit où ont habité les parents, mais je n’ai pas assez de souvenirs pour reconnaitre. La journée se finit à boire des bières et refaire le monde avec Antoine.

Le lendemain en revanche, je suis mis à la porte à 7h30. Antoine doit « aller en cours »… On sait tous ce que font les étudiants le matin et « aller en cours » fait rarement partie des activités favorites… (Vu qu’il ne lira probablement pas ces lignes, Antoine ne m’en voudra pas trop j’espère…). Mais au moins je me dis que je vais pouvoir potentiellement avancer un peu plus vite que prévu en direction de Rouen (330 km prévus sur 3 jours). Je file donc vers la mer. C’est plat, j’ai le vent dans le dos, j’avance bien. Dans le ciel la bataille fait rage entre les bleus et les gris et j’ai peur de faire partie des victimes collatérales. Heureusement les bleus ne se laissent pas abattre et ne restent jamais trop loin. Saint-Omer. Moche. Les arbres changent le long de la route. Ça sent la mer. Boulogne sur Mer. Décevant. Heureusement j’arrive au bord de la plage avec un petit bout de soleil. Ça valait tout de même le coup de faire ce petit détour !

La mer

Je me suis réjoui toute la journée en me disant que j’allais suivre le chemin de la mer du Nord. Bête comme je suis, j’imaginais une piste cyclable sur le front de mer, bercé par le bruit des vagues, poussé par une petite brise iodée… En guise de front de mer, j’ai le droit à une départementale, le bruit des moteurs remplace celui des vagues et les gaz d’échappement l’odeur du sel. Super… En revanche le vent est toujours là à me pousser, et quand je commence à chercher mon bout de forêt pour la nuit je me rends compte que j’ai quasiment fait 190km. Du coup je pousserai un peu plus fort sur les pédales le lendemain pour arriver à Rouen dès le vendredi soir !

Réveil matinal et à la fraiche (4° quand je pars) et je fais un premier arrêt par un réparateur de vélo : j’ai encore cassé un rayon, il va falloir que je songe sérieusement à m’alléger, à moins que ce ne soient les pavés qui aient eu raison de celui-là… Le soleil est présent mais il a du mal à se faire sentir. En milieu de matinée la campagne a toujours l’air endormi. Et j’ai finalement le droit à mon bout de route le long de la mer. Entre le Tréport et Criel-Plage, je suis en haut des falaises, j’ai la mer à ma droite, le soleil dans les yeux et le vent toujours dans le dos !

Vue sur le Tréport depuis les falaises
La route se jette dans la mer
La piste cyclable en haut des falaises

Emporté dans mon élan, je profite de la descente et du vent et me dis que tous les chemins mènent à Dieppe. Manque de bol, je me retrouve à faire un détour par une centrale électrique. Un savant mélange de panneaux et de GPS devrait être la solution… Dieppe, ma dernière étape sur la côte avant de bifurquer vers Rouen. Je tente de faire un tour dans le centre-ville mais je décide rapidement de me trouver plutôt un parc… Ces villes du nord sont décidément un peu tristes…

Dernière ligne droite jusqu’à Rouen. C’est effectivement tout droit, légèrement vallonné (le genre de faux-plat qui se voit de loin et qui fait plus mal à la tête qu’aux jambes), et ça commence à être un peu long. Heureusement ça descend sur la fin et je finis par arriver chez ma tante Flo et mon oncle Laurent (tout ça avant 21h bien sûr, il faut déjà prendre des bonnes habitudes !!).

On a par ailleurs trouvé un jeu intéressant pour se donner une idée des distances: 7.500km, c’est à peu près la distance que j’aurai dû parcourir si j’avais voulu aller de Rennes à Kaboul en vélo… ou alors faire 7,5 fois Paris-Milan.

Sur ce, à la prochaine !!

Bruxelles – Lille
Lille – Quend
Quend – Rouen

5 commentaires sur « Un vélo à la mer !! »

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