Le jour le plus long

Jour 73, Barr, 6.084 km

Ça m’a traversé l’esprit d’un coup, alors que je planifiais mon trajet entre Beaune et Barr : « Et si… ». Puis c’est reparti aussi vite et je n’y ai plus pensé. Et sur la route de Besançon c’est revenu : « Et si je le faisais en un jour… ».  Et plus j’y pensais, plus j’avais envie d’essayer, juste pour voir si je pouvais le faire. J’en ai parlé à Béné (ma sœur) à Besançon, et je me suis convaincu que c’était une bonne idée : faire le trajet de Besançon à Barr en une journée : 220 km, relativement plat. Avec ma moyenne autour des 20 km/h je partais pour une journée de 11 heures sur le vélo… Une longue, très longue journée…

Mais avant ça, il me faut arriver à Besançon : je pars de Beaune en fin d’après-midi pour « l’étape » du jour et parcours les 5 km qui me séparent de Pommard où je vais passer la nuit chez mon oncle et ma tante. Promenade, paella, vin et tisane composent le menu du soir qui se termine par un peu de lecture (notamment un petit bijou de BD que je serai ravi de recommander aux intéressés). Le lendemain, au moment de partir, ma tante décide de faire de moi un panneau publicitaire ambulant pour le Domaine Lejeune et je repars chargé comme un missile : un tee-shirt des vendanges 2020 (que je dois porter tous les jours), un gilet jaune (pour aller manifester pour la sauvegarde du pinot noir), une bouteille de grand cru, sans oublier un pot de terrine de sanglier, un sandwich, une orange et une moitié de gâteau pour le midi. Je n’ai jamais été aussi bien équipé pour faire face à une journée de vélo !

Le temps est un peu couvert, il a plu le matin mais il fait sec quand je pars. Espérons que ça tienne ! Sur la route, un peu avant le village de Bonnencontre (faut le faire tout de même un nom pareil), je rattrape un couple de cyclistes, Arnaud et Valérie, qui rentrent chez eux en Alsace après un périple de quelques semaines. On fait un petit bout de route ensemble en discutant un peu. Ils me donnent quelques astuces pour les voyages à vélo (ils n’en sont pas à leur coup d’essai), notamment une communauté qui propose une douche chaude et un hébergement aux cyclistes de passage. Il faudra absolument que j’essaie ça au lieu de dormir dehors un de ces jours ! On fait finalement une petite pause déjeuner au bord de la Saône. Ça change de mes fruits secs et autres graines habituels !

Je les quitte malheureusement après le repas, ils ont prévu de s’arrêter à Dole alors que je veux pousser jusqu’à Besançon pour retrouver Béné. La pluie commence à tomber. Je longe le canal du Rhone au Rhin. Je fais même la course avec une péniche (pour une victoire sans appel). Je retrouve le Doubs vers Dole. Ça doit être joli mais vu qu’il s’est mis à pleuvoir plus fort je ne m’attarde pas. Et puis je commence à avoir un peu froid. Je longe donc le Doubs jusqu’à Besançon. A part l’entrée de la ville où les pistes cyclables sont tellement étroites que j’ai peur de me faire écraser à tout moment, le reste du trajet est sans histoires. Je suis content d’arriver, de pouvoir prendre une bonne douche et mettre des habits secs !

Dole sous la pluie
Le Doubs

Je profite du lendemain pour visiter Besançon, me prendre une belle averse, monter jusqu’à la citadelle (dessinée par Vauban lui-même), jouir d’une belle vue sur la ville sous le soleil (on passe de la pluie au soleil en moins de 20 minutes, assez impressionnant), boire quelques bières dans un bar associatif, manger une fondue et même faire des jeux jusque tard dans la nuit. Une journée bien remplie en somme !

La citadelle surplombe Besançon…
… et le Doubs l’entoure.

Le lendemain c’est le grand jour : Je me lève plus tôt pour partir au lever du soleil et tenter d’arriver à Barr dans la journée. Départ à 7h45. Le ciel est gris. Il fait froid. Mais j’ai le vent dans le dos, et ça fait une belle différence ! Le début de l’étape est superbe : la vallée du Doubs est assez encaissée, je suis entouré par les montagnes, le soleil pointe même le bout de son nez entre les nuages, et le vent continue de me pousser. A 11h21, je décide que je serais à Barr chez ma sœur le soir avant que Nina (ma nièce) ne soit couchée. Je pousse donc de plus belle sur les pédales, ne m’arrêtant que pour mettre ou enlever des couches de vêtements et boire une rasade de thé. Des cyclistes qui me doublent s’étonnent même que Jay ne soit pas électrique.

Les rives du Doubs
Encore le Doubs

Je passe aussi le kilomètre 6.000. Pour les adeptes du Pélurinage, vous pourrez vous rendre à Mulhouse (qui sera bientôt rebaptisée Millhouse) : je n’y suis pas vraiment passé mais si on regarde la carte d’assez loin, on pourrait presque croire que si. Dans un élan un peu mégalo, je comptais me mettre en scène, j’avais même préparé un petit discours que je comptais clamer devant Jay et Bob sur une colline surplombant le vignoble alsacien et qui se serait conclu par : « Du haut de ces collines, 6.000 kilomètres vous contemplent… ». Au final je ne surplombe rien du tout, il pleut depuis 3 heures, je suis trempé et je commence à avoir froid. Peut-être pour les 7.000 km…

Heureusement la route est belle, dans les vignes, loin des voitures. Les Vosges surgissent de temps en temps des nuages au loin quand la pluie se calme un peu. Avec à leurs flancs des petits villages aux maisons colorées et de temps à autre un château coiffant un sommet.

On grimpe dans les vignes
Un château dans le lointain

La route est aussi longue. Je n’ai jamais été aussi loin en une journée et les jambes commencent à tirer. En plus, j’ai laissé le plat derrière moi dans la vallée du Doubs et j’ai l’impression de me vider de mon énergie restante à chaque fois que je dois grimper une côte. Mais comme toujours, je finis par arriver après 228 kilomètres et 9h48 de vélo (merci le vent de dos!). Je ne ferais pas ça tous les jours, et heureusement que j’ai une semaine pour me reposer pour profiter de l’Alsace et de la famille (Nina a d’ailleurs très vite adopté Jay et Bob) !

Nina avec son nouveau vélo

Pour finir, un petit aperçu du chemin parcouru…

Beaune – Pommard
Pommard – Besançon
Besançon – Barr

8 commentaires sur « Le jour le plus long »

  1. Bien essayé le salivage à coup de terrine de sanglier et de grand cru, mais tu nous auras pas deux fois non plus. Le petit bijou de BD faudra quand même que tu le divulgues.

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  2. Si si, le grand cru était très bon ! Merci le tonton et la tata ! Ainsi que le gâteau… Bravo pour ce super parcours, profite bien de ton repos en famille 😉👏

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  3. Je confirme : la terrine était très bonne !
    Merci pour ces kilomètres partagés, à comparer nos GPS facétieux, à échanger sur nos expériences respectives. Nous n’en sommes certes pas à notre premier bike-trip, mais tu as déjà cumulé plus de kilomètres que nous !
    Et si j’en crois ta carte, tu n’es pas passé loin du tout de la maison. Pour un peu, tu aurais pu y faire ta première expérience de Warmshower 😉.
    Bonne route pour la suite. Ton voyage est magnifique !

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  4. Ton trip m’a tout l’air d’être devenu un gastronomique tour !!!
    J’appelle Christian Prudhomme pour inscrit l’étape Besançon > Barr au prochain Tour de France… la bise

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  5. Bravo pour cette grosse étape, j’essaye de rattraper le fil de tes aventures après avoir été occupé par ailleurs.

    Au passage, je veux bien la recommandation BD à l’occasion, car tu le sais on a « quelques » BD chez nous et on est toujours content d’avoir de nouvelles suggestions 🙂

    A bientôt ! (pas l’impression que tu te rapproches de Toulouse encore… bientôt j’espère !)

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Répondre à "Tante" Chantal Annuler la réponse.

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