Ne jamais dire jamais

Jour 60, Lyon, 5.228 km

C’est terminé, mon immunité pneumatique n’est plus… La question revenait souvent lors des conversations sur le chemin : « Et les incidents mécaniques ? – Vraiment de la chance jusqu’à maintenant, juste un rayon à changer et des plaquettes de frein un peu usées – Pas une seule crevaison ? – Pas une ! » En arrivant chez Coco et Morgane, on rejoue la même pièce en sirotant une bière : « Aucune crevaison en plus de 5.000 km, pas mal ! ». On décide d’aller faire un tour de vélo dans les collines du Beaujolais avant un petit pique-nique au bord de la Saône, et plein de confiance, je dis : « Je ne vais pas prendre le matériel pour réparer, si j’ai pas crevé pendant 5.000 km c’est pas maintenant que ça va m’arriver… » Je prends le vélo pour partir et je me rends compte que le pneu avant fait un bruit bizarre. Et il a l’air bizarre aussi. Après une analyse poussée, il s’avère qu’il est à plat, tout simplement… Je me dis qu’il vaut mieux que ça m’arrive à ce moment-là qu’au sommet d’un col, sous la neige… Bref, première crevaison après 2 mois et 5.000 km, espérons que la prochaine se fasse attendre au moins aussi longtemps !!

Vous allez me dire que j’en fais un peu des tonnes pour une chambre à air percée (en plus percée d’un mini-trou (à prononcer avec une voix aiguë, je le précise encore, mais j’espère que vous apprenez), vraiment pas de quoi en faire un drame), mais sur le plan cycliste c’est l’un des rares événements marquants des derniers jours… Au départ de Clermont, rien à signaler. Passage par Thiers, ville construite sur une colline, ce qui fait qu’entre le bas et le haut de la ville il y a au moins MILLE mètres de dénivelé (et j’exagère à peine). Sachant que la ville elle-même n’est pas bien grande… Je passe le kilomètre 5.000 sans artifice, on fera la fête au prochain mille… La route s’élève un peu, un peu beaucoup même et au moment où j’attaque les gros pourcentages mon GPS me recommande de bifurquer dans la forêt. Mauvaise idée : chemin de terre, plein de cailloux, ça glisse, du coup je pousse Jay pendant une bonne part du chemin. J’appelle à l’aide mais personne ne vient… Heureusement ça ne dure pas trop longtemps…

Personne pour nous aider ??

Je retrouve également la Loire, qui a bien grandi depuis l’Ardèche. Malheureusement, elle n’est pas encore longée par une belle piste cyclable et je dois assez rapidement retrouver la départementale. Je fais une petite pause dans la « charmante » bourgade de Balbigny (les guillemets marquent bien entendu une certaine ironie, je ne recommande à personne un weekend à Balbigny), et je me rends compte qu’à la vitesse à laquelle j’avance, il ne me restera même pas 20 kilomètres à faire le lendemain. J’avise un petit lac un peu plus au Nord et me dis que ça me fera une belle halte en fin de matinée le lendemain. Je trouve un petit coin de forêt pas trop en pente pour y dresser ma tente et je m’arrête là pour la journée. Le lendemain matin est bien ensoleillé, et je me trouve au bord du Lac des Sapins vers midi pour une petite baignade et une pause déjeuner. Que demander de plus !!

La Loire
Le Lac des Sapins

Il ne me reste plus qu’une petite trentaine de kilomètres à parcourir dans les collines du Beaujolais pour arriver chez Coco et Morgane. La route est sympa, bordée par les vignes, pas trop fréquentée, mais toujours ensoleillée. Je traverse également plusieurs villages aux jolies maisons de pierre caractéristiques de la région : les pierres dorées. L’accueil à l’arrivée est royal : une bonne douche, un burger, des bières, que du bonheur ! Le lendemain Jay fait une belle rencontre pendant que nous préparons la balade avec Coco : petit tour dans les collines puis descente vers la Saône avant de la longer pendant quelques kilomètres pour rejoindre Morgane et d’autres amis pour un pique-nique. Deux nouvelles orgies culinaires plus tard, je me dirige le dimanche après-midi vers Lyon. Je longe la Saône et plus je me rapproche de la ville, plus les jet skis, les bateaux, les bars et les stands de canoé ou paddle se font nombreux… Au détriment de la nature malheureusement… J’escalade la Croix Rousse pour rejoindre le Rhône, et après une petite pause dans le parc de la Tête d’Or je retrouve Louis, Christelle et Sandrine. On continue de faire un peu moins de vélo et de profiter un peu plus des amis ! Départ mercredi pour la prochaine étape : Grenoble puis un gîte au nord de Chambéry pour l’anniversaire de Louis le weekend prochain !

L’arrivée dans le Beaujolais
Jay en pleine discussion avec son nouvel ami
Avec Coco sur la route !

Autre événement marquant : j’ai été faire un tour chez le coiffeur (concept que nous essayons de transformer en tradition avec Loubs : le Bro-bier, néologisme composé du dérivé de l’anglais « Bro » et de la dernière syllabe du mot « barbier », qui décrit l’action d’aller de manière décontractée chez un barbier, de boire un café (le Bro-bier de luxe propose éventuellement cigare et whisky) et de se faire couper les cheveux et tailler la barbe entre potes). Rassurez-vous, la longueur de la barbe est intacte, le plus gros du travail ayant été effectué au niveau des cheveux.

Après le passage chez le Bro-bier

Pour finir, la leçon de géographie : on change de format cette fois, avec un résumé de l’ensemble du trajet depuis le départ d’Hambourg, il y a quasiment deux mois !

Itinéraire depuis le départ

5 commentaires sur « Ne jamais dire jamais »

  1. Ah ! Balbigny … Aurais-tu manqué le superbe viaduc en S ?
    Ah ! Lyon en septembre 2020 … Je ne t’ai pas vu dans le reportage sur le tour de France … Ah oui, toi tu joues dans le tour d’Europe !
    Bravo !

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  2. Quel plaisir de t’avoir reçu ce week-end dans le beaujolais et d’avoir pu partager quelques heures en vélo avec toi ! Bonne continuation et à vendredi à la Feclaz

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  3. Thiers, qui est la capitale française de la coutellerie et le plus gros bassin coutelier européen avec près de cent entreprises dans ce domaine et un musée qui lui est consacré.
    Sachez-vous que plus de 80 % des couteaux produits en France pour la poche, la cuisine ou la table sont fabriqués par des entreprises thiernoises?
    C’était le point Jean-Paul « Wiki » Ollivier.

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